Histoire cathare, albigeoise, occitane

Thèmes : histoire.
Conférence du mardi 2 décembre 1986.

 

La critique et la réflexion actuelle appliquées à l’histoire des idées et des hommes :
hérésie cathare, croisades albigeoises et déclin du monde occitan

 

Le mardi 2 décembre, Madame Paillet, conférencière de l’Association Clio, est venue nous parler des Cathares.

S’agit-il d’une affaire religieuse ou d’une affaire politique ?

Pour répondre à cette question, il faut définir ce qu’est l’hérésie cathare.

 

I. – DOCTRINE CATHARE.

a. Origines de la doctrine.

Pendant 2 siècles (XIIe et XIIIe s.), s’affirment dans tout le monde occidental des sectes ou des hérésies autres que celles cathares. Leurs attitudes sont résolument anti-hiérarchiques et anti-romaines. Elles menacent l’unité spirituelle du monde chrétien d’occident. La naissance et le succès de ces hérésies ont souvent été expliqués par des influences orientales. En effet, la plupart de ces doctrines sont dualistes et avaient triomphé en Orient au début du IIe et IIIe s. (ex. en Perse avec Manes qui fonde la secte des Manichéens). Ces doctrines opposent toutes un dieu du bien à un dieu du mal.

Venu de Bulgarie à travers la Bosnie et l’Italie du Nord, le manichéisme apparaît en France au XIe siècle.

Cette présence intermittente et ponctuelle des Manichéens est très sensible à Sisteron, Cologne, Orléans.

Cependant cette doctrine orientale est toujours liée à un caractère philosophique, savant. Ce sont des cercles de docteurs qui se réunissent alors qu’en fait, l’hérésie cathare est surtout populaire et s’est répandue dans tous les milieux.

 

b. La doctrine : ses principes. Les rites.

La doctrine cathare est un néo-manichéisme.

Le manichéisme voyait le monde régi par deux forces égales, la force du bien et la force du mal. Un dieu du bien et un dieu du mal.

Le dieu du bien était, aux yeux des cathares, un être essentiellement immatériel. D’où le rêve de ceux qui le priaient, qui l’aimaient, qui voulaient aller vers lui, monter vers l’invisible.

Mais alors, qu’était-ce que le monde, la terre avec toutes ses beautés ? un leurre, une duperie, un piège. C’était le piège du dieu du mal.

A l’origine des temps, le dieu invisible, sorte de néant divin, tellement il était immobile et exempt de toute espèce de mouvement, parce que le mouvement, déjà, aurait pu être, pour lui, une imperfection, le néant invisible exhala quelques êtres qui commencèrent à le penser, à le contempler.

Parmi ces êtres, l’un d’eux voulut se révolter ; c’est un peu la révolte de Satan mais sous la forme cathare. Alors, pour combattre ce dieu invisible, ce dieu qui n’aimait que la pensée pure, le dieu du mal, Satan, créa le monde avec tous ses charmes. Les cathares prêchaient aux âmes de s’évader du monde.

A l’origine, toutes les âmes exhalées par le dieu avaient été, petit à petit, attirées et enfermées dans les corps humains par le dieu méchant. Et ce dieu les retenait par tous les liens de la terre, par la beauté du paysage, par les émotions de l’amour, etc. Âmes prisonnières ! Et ces âmes ne pouvaient remonter vers l’au-delà qu’en s’échappant et qu’en repassant par plusieurs vies. De sorte que les cathares croyaient en la métempsycose.

La doctrine cathare invitait les hommes à se dégager du monde et considérait que la multiplication des corps était la multiplication des prisons.

De telle sorte que le mariage, sans qu’ils allassent jusqu’à en faire un péché, ne pouvait être un sacrement.

D’autre part, les cathares interdisaient à leurs adeptes le serment parce que le serment lie l’homme à la société et, d’une autre manière, le retient encore à la terre.

Le catharisme comportait deux rangs, deux sortes d’adeptes. Au sommet, les parfaits : c’étaient, en somme, des moines errants. Toujours vêtus de noir, ils allaient deux par deux, le long des routes. Quand ils entraient dans la demeure d’un gentilhomme, ils s’occupaient d’instruire ses enfants. En même temps, petit à petit, ils inculquaient dans l’esprit et dans la pensée de ceux qui s’attachaient à eux, leur horreur de la matière.

Afin de rassembler plus d’adeptes, les cathares constituèrent ce que l’on a appelé les simples croyants. Ils devaient seulement s’engager à recevoir l’unique sacrement cathare qui s’appelait « consolamentum », à la fois baptême et extrême-onction. Ils devaient s’engager à le recevoir à leur heure dernière et, jusque-là, ils étaient assez libres. Quelques-uns se laissaient volontairement mourir de faim pour s’envoler plus vite vers ce monde de la contemplation pure. Et, s’il est faux de reprocher aux Cathares d’avoir fait du suicide un devoir, il est exact qu’ils respectaient le suicide et qu’ils le toléraient chez ceux qui ressentaient une véritable vocation de l’Invisible et de l’Esprit pur.

Selon les Cathares, Jésus, Fils de Dieu, est descendu dans le monde impur de la matière sous une forme non charnelle pour venir enseigner aux hommes le salut. Il a laissé sur la terre une Église détentrice de l’Esprit-Saint à laquelle le Démon a su, dans sa ruse, substituer la sienne : la fausse, celle de Rome, dont les sacrements sont dénués de valeur et de sens et dont les symboles – la croix en particulier – ne sont que des idoles. En s’y opposant, ils entendent rétablir l’Église authentique et retrouver la pureté du christianisme primitif.

La position de la femme est très mal connue.

C’est vers 1200 que l’on a l’essor maximum de l’église cathare.

Madame Paillet nous a lu un Rituel occitan de Lyon datant de 1280 et dans lequel apparaît l’essentiel de la spiritualité cathare.

« O Seigneur, juge et condamne les vices de la chair ; n’aie pas pitié de la chair, née de corruption, mais aie pitié de l’esprit, qui est en prison, et accorde-nous jours et heures et génuflexions et jeûnes et oraisons, et prédications, comme c’est la coutume des bons Chrétiens, pour que nous ne soyons pas jugés ni condamnés au jour du jugement avec les félons. Benedicite, parcite nobis … ».

 

II. – ESSOR ET DÉVELOPPEMENT DE LA DOCTRINE.

Les premiers efforts de toutes ces sectes d’occident ne sont pas marqués à l’origine par la recherche d’un nouveau dogme, mais s’inscrivent dans le cadre de la Réforme Grégorienne. Grégoire VII voulait réaliser une purification de l’église. Il va lancer une réforme qui consistait à former des nouveaux prêtres capables de pureté évangélique.

C’est à ce moment-là que sont consacrées plus de 20 églises dans le sud de la France (1080 : St-Sernin de Toulouse). Cette nostalgie de l’église primitive tente aussi tous ceux qui vont se convertir aux hérésies. Dans le courant du XIIe siècle, ces hérésies vont rejeter l’Église constituée.

Les Cathares sont nombreux en Toscane, en Ombrie, en Languedoc, dans la région d’Albi.

Vers 1150 se tient le premier concile cathare.

 

Pourquoi ce succès ?

En face des cathares, il y avait le clergé de l’époque.

Ce clergé était dans une période de profonde décadence. Les évêques vivaient dans un luxe excessif, ignoraient ou méprisaient les curés de campagne, et les curés de campagne vivaient dans la plus indifférente ignorance. Un tel clergé ne pouvait guère lutter contre les cathares qui, eux, au contraire, leur opposaient la plus haute exaltation mystique.

 

Économie et société du midi de la France au 12e et 13e siècle.

On assiste à un dérèglement des mœurs qui n’affecte pas seulement le clergé. Les États du Languedoc sont en effet très riches. L’argent y circule. L’économie monétaire prend beaucoup d’importance et avec elle, une nouvelle classe marchande qui anime les villes qui grandissent et accueillent les pauvres de la campagne. La classe féodale des seigneurs est relativement menacée. Les seigneurs ont une vie de plaisir mais également intellectuelle. La langue d’Oc s’épanouit. Il y a un essor de la poésie du troubadour.

Les terres du midi relèvent du comte de Toulouse qui a profité de la dispersion féodale des pouvoirs vers l’an 1000 (famille des Raymond de Toulouse). Raymond IV de St-Gilles est duc de Narbonne, marquis de Provence et son domaine s’étend de la Garonne au Rhône. Ses vassaux sont également puissants. Ils sont entourés aussi d’un réseau de châtelains fidèles. Vicomtes, barons ont des fiefs et une fortune rurale.

 

 

Cette fortune rurale est menacée par l’importance de l’économie monétaire qui augmente, par les classes marchandes des villes. Il y a rivalité entre les comtes et les vicomtes et entre les comtes et les villes.

Les laïcs ne luttent pas contre l’hérésie. Ces immenses terres ne pouvaient manquer de susciter les envies du roi de France, car en France, à partir de 1100, il y a expansion du domaine royal. Cette expansion se heurte au particularisme des régions. Elle peut être pacifique (mariage, achat de terres …) ou guerrière (conquêtes, confiscations de fiefs).

Au 12e et 13e s. on retient deux dates :

  • la lutte contre l’empire Plantagenêt (1150-1250). Les Plantagenêts ont un empire plus grand que les Capétiens.
  • le problème du Languedoc – des pays de Langue d’Oc. Prenant prétexte de l’hérésie, les rois de Francs Philippe-Auguste, Louis VIII et Louis IX lancèrent les croisades des Albigeois. Grâce à elles, le roi s’empare des états du Languedoc.

Le prétexte de la croisade fut donc religieux.

 

III. – DÉROULEMENT DES CROISADES.

1. – Déclenchement de la 1ère croisade.

Le pape Innocent III, soucieux de l’ordre chrétien, s’inquiéta des progrès du catharisme. Dans leur douceur, les cathares mettaient une violence : c’était leur haine de l’Eglise de Rome. Ils ne manquaient pas une occasion de prêcher à leurs adeptes contre cette Rome qui, selon eux, relevait du « dieu satanique » parce qu’elle organisait la vie sur terre.

Innocent III envoya d’abord des légats. Ces légats échouèrent. Ils s’en allaient à travers les campagnes dans de luxueuses litières et parlaient de trop haut.

Alors parut le véritable apôtre, et ce fut Saint-Dominique, une des figures les plus calomniées de l’Histoire. Saint-Dominique opposa aux Cathares les moyens purs et généreux dont ils se servaient eux-mêmes, c’est-à-dire s’en alla de village en village, sa besace sur le dos conviant les Cathares ou les adeptes du catharisme sur les places publiques, à discuter de la doctrine et de la théologie.

Mais si les parfaits étaient des êtres bons, ils avaient autour d’eux la masse des croyants qui, eux, s’abandonnaient au fanatisme et à la violence si bien que Saint-Dominique fut très souvent menacé de mort. Il n’en tint aucun cas et, lorsqu’on lui disait que la mort l’attendait dans un village, il y allait d’un pas allègre en chantant des cantiques.

Cependant, St Dominique, s’il obtint quelques conversions, n’arriva point à déraciner l’hérésie. Alors le pape Innocent III, de plus en plus inquiet, envoya son légat, Pierre de Castelnau, pour parler très fermement au comte de Toulouse, pour lui dire : « Vous êtes le chef de ce grand pays, mais vous êtes indifférent en matière religieuse et votre indifférence devient coupable parce qu’elle facilite le progrès des ennemis de la catholicité et de la chrétienté. Il faut agir ». Raimon VI n’avait aucune envie d’intervenir. Il paya le légat de bonnes paroles et, dans son entourage, les fanatiques du catharisme, un jour, entourèrent le légat Pierre de Castelnau et l’assassinèrent.

C’est alors que le pape déclara qu’ayant usé depuis plusieurs années de la persuasion et de la douceur, il était obligé de recourir à la force. Ainsi se déchaîna la première croisade (1209).

Le comte de Toulouse est excommunié et ses terres sont déclarées « à saisir ».

Guerre religieuse au départ, elle ne tardera pas à se transformer en guerre de conquête : riche de ses échanges avec le monde méditerranéen, l’Occitanie est un pays propre à exciter les convoitises des seigneurs du Nord. Biens et terres sont offerts comme butin aux appétits des Croisés.

La ruée du Nord se déchaîna lors de l’affreux massacre de Béziers. La vicomté de Béziers fut offerte à plusieurs seigneurs qui la refusèrent. Enfin, Simon de Montfort l’accepta et continua la lutte. Les seigneurs cathares se réfugièrent dans leurs châteaux : Lastours, Termes, Roquefixade, Puivert, etc.

La prise de Toulouse marqua la fin de cette 1ère croisade en 1215.

En 1216, est fondé le premier monastère dominicain à Prouille à quelques kilomètres de Carcassonne, en pleine terre cathare.

Sous un prétexte religieux, c’est une guerre de seigneurs, de pillards qui avait été engagée.

L’expédition dictée et organisée par le pape pour réprimer l’hérésie cathare avait dévié en opération politique de récupération de terres.

 

 

2. – IIème croisade (1226).

Elle sera menée par le roi de France Louis VIII lui-même.

Il réussit à s’emparer des États du Languedoc. Le comte de Toulouse est estimé hors-la-loi et le roi, après avoir rallié à sa cause plusieurs villes (Avignon, Béziers, Nîmes), va pacifier le Languedoc.

Cette 2ème croisade se termina en 1229 par le Traité de Meaux, par lequel le comte de Toulouse s’engage à demeurer fidèle au roi, à purger son pays de l’hérésie, à aller en Terre Sainte et à marier sa fille à Alphonse de Poitiers, frère du roi Louis IX.

N’ayant pas d’enfant, les terres iront à la couronne de France. C’est ainsi que le royaume du Languedoc fut rattaché au royaume de France.

Il y eut quand même quelques poches de résistance qui se polarisent autour de deux centres : la vicomté de Fenouillède et de Carcassès (Saissac, Lastours, Peyrepertuse). Mais ce fut un échec. L’une des dernières étapes de cette croisade albigeoise fut celle de Montségur.

Les Cathares et surtout leurs adeptes, les croyants, ceux qui portaient les armes, s’étaient réfugiés dans le lieu célèbre de Montségur, cette sorte de reliquaire d’histoire, avec ses restes de murailles sur un cône immense entouré de précipices et que les Pyrénées décorent de leur majesté !

Une armée commandée par le Sénéchal de Carcassonne et l’archevêque de Narbonne investit la place. Le siège dura 6 mois. Les assauts ne parvinrent pas à l’ébranler. Par surprise, Montségur fut enfin saisi (1243). Les vainqueurs accordèrent la vie sauve aux simples combattants. Quant aux parfaits et aux croyants qui professaient vraiment cette hérésie, ils leur donnèrent le choix entre l’abjuration et le bûcher. Plus de 200 hérétiques furent brûlés.

Le château fut démantelé et rasé de moitié.

 

 

Un autre piton rocheux résista également : Quéribus. Il marqua une frontière entre les terres de l’Aragon et du roi de France.

Pendant la croisade contre les Cathares, le château fut commandé par le chevalier Chabert de Barbavia.

Après la chute de Montségur, son rôle augmente.

En 1255, Chabert échangera sa liberté contre la citadelle.

 

IV. – APRÈS LA CONQUÊTE.

Par le traité de Meaux en 1229, toutes les provinces orientales du Languedoc sont directement rattachées à la cour de France. Elles sont organisées et administrées par des sénéchaux, recrutés habilement dans la noblesse locale. Ce sont les sénéchaussées de Beaucane et de Carcassonne. Carcassonne devient une place forte royale. C’est le début de la construction de la cité telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Pour la région de Toulouse, le gouvernement est confié à Alphonse de Poitiers qui épouse la fille du comte de Toulouse.

 

Reconquête spirituelle ?

Le comte ou les sénéchaux ont juré de faire entrer dans la religion romaine les hérétiques. Ceux-ci seront donc pourchassés, jugés par un tribunal spécial : le tribunal de l’Inquisition.

Les inquisiteurs commirent d’affreux abus, si grands que le pape d’un côté, et le roi de l’autre, intervinrent souvent pour les réprimer.

Il faut souligner la longue durée de cette guerre et son extraordinaire férocité ; ce sera une des plus cruelles et des plus meurtrières du Moyen-Age.

Ses conséquences seront de la plus haute importance :

  • le rattachement du « Languedoc » à la Couronne permettra aux Capétiens d’accroître leurs ambitions territoriales et l’accès à la mer leur offrira les perspectives d’une politique méditerranéenne.
  • la réduction des libertés occitanes qui constituaient dans le monde féodal une menace pour l’ordre établi.
  • le coup d’arrêt porté à l’essor culturel (création de l’Université de Toulouse, dont l’enseignement joue un rôle réducteur, censure exercée par le tribunal de l’Inquisition, déclin de la poésie occitane désormais bridée dans son inspiration et menaces de recul de la langue d’Oc devant la langue du pouvoir).

 

 

POÈMES CATHARES

 

Quan entendrai marsha din l’erbo sou le ben
Ramassan flou de batismo
Acullerai la joio
Sou un poumié airè
a atendrè


Quand j’entendrai marcher dans l’herbe sous le vent
Ramassant des fleurs de baptême
J’accueillerai la joie
Sous un pommier j’irai
Et j’attendrai

*

Din le granié des amos delleishados
Culliren nostri flous


Dans le grenier des âmes délaissées
Nous cueillerons nos fleurs

*

 

Enlleban les tets
Noustri moisoun soun mortos
Deishan le soulell e la plejo entra
Per aprendre a las amos le gaîta dei cels
Souflan la pousiero
Nostri coulou soun noubios sou la cousho de sejo
Qu’a feit la matiero
Que cruso la bido
Supriman nostri cors
e bestison nous de nueos blancos
Lou bounur s’aresto
A la ligno dei cor’
Demouran su la creetio
Oun
Soun
Li mor.

 

Enlevons les toits
Nos moissons sont mortes
Laissons le soleil et la pluie entrer
Pour apprendre aux âmes le regard des cieux
Soufflons la poussière
Nos couleurs sont neuves sous l’enduit de suie
Fait par la matière
Que creuse la vie
Supprimons nos corps
Et habillons-nous de nuages blancs
Le bonheur s’arrête à la ligne des corps
Restons sur la crête où montent les morts

 

 

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