Thèmes: Art, Histoire, Société, Sortie – Visite
Visite commentée de la Cité Internationale Universitaire de Paris,
Ce 27 mars 2026, notre petit groupe de 23 personnes était rassemblé autour de notre guide Florencia Lemiña pour une balade de 2 heures dans cette CIUP. La température un peu basse pour une matinée de fin mars n’a pas eu raison de notre curiosité.

Un peu d’histoire : « Au lendemain de la Première Guerre mondiale, un projet ambitieux voit le jour : créer un lieu de vie ouvert aux étudiants du monde entier, fondé sur la paix, le dialogue des cultures et la coopération internationale. Portée par des personnalités engagées, des intellectuels visionnaires et des philanthropes, comme le mathématicien Paul Appell ou l’industriel lorrain Emile Deutsch de la Meurthe, la Cité internationale universitaire de Paris naît de cette volonté de bâtir un monde plus juste à travers l’éducation et les rencontres humaines. Un lieu unique, pensé comme une « école des relations humaines », où l’architecture, le savoir et le vivre-ensemble s’enracinent dans un même idéal ». (d’après https://www.ciup.fr/histoire/ )
Trois noms qui ont fait de ce projet un succès :
« André Honnorat, l’un des fondateurs de la Cité universitaire, formule dès 1919 le vœu de créer « un lieu où les jeunes de tous les pays puissent, à l’âge où l’on fait des amitiés durables, avoir des contacts qui leur permettent de se connaître et de s’apprécier ».
Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts en 1920, il imagine avec Paul Appell, mathématicien et recteur de l’Université de Paris, une Cité destinée à accueillir les étudiants des universités parisiennes. Pour les deux hommes, défenseurs d’un pacifisme internationaliste et membres influents de cercles œuvrant autour de la Société des Nations, l’éducation des jeunes et les échanges entre pays peuvent fournir une assise à la paix et empêcher le retour d’un conflit mondial.
Pour atteindre cet idéal, ils trouvent en la personne d’Émile Deutsch de la Meurthe, industriel prospère, à la tête des Pétroles Jupiter devenus SHELL France, le premier grand mécène qui financera entièrement en 1925 la toute première résidence, la Fondation Emile et Louise Deutsch de le Meurthe. » (source https://www.ciup.fr/histoire/ )

Inaugurée en 1925, la Cité Internationale abrite aujourd’hui près de 6 000 étudiants de 61 nationalités dans 45 Maisons aux architectures du monde dont 28 Maisons de Pays. Les étudiants doivent être inscrits dans les écoles et universités de Paris ou d’Ile-de-France. La sélection est faite au mérite (les bonnes notes !). Une règle : 70% d’originaires, 30% d’étrangers ; dans les faits, les étrangers sont essentiellement des français. Les loyers sont modiques, mais la durée d’hébergement ne peut dépasser deux ans. Le loyer permet l’accès aux terrains de sport, piscine, théâtre, etc.
Nous avons parcouru ce campus universitaire de 34 hectares – un campus sans université, à l’opposé du modèle anglo-saxon -, du nord au sud et de l’est à l’ouest, en s’attardant à la Fondation Deutsch de la Meurthe, à la Maison du Japon et à la Maison du Brésil.
La Fondation Deutsch de la Meurthe, avec ses bâtiments périphériques, est la première construction de 1925. D’une architecture classique inspirée de collèges anglais, la maison est dans son état d’origine, avec ses boiseries, son carrelage, sa grande salle du rdc, et les tribunes à l’étage. Son haut plafond est tapissé de vert bouteille, couleur symbole qui rappelle le vert des anciennes bibliothèques, le savoir et la sagesse. Voire les abat-jour des lampes de bureau.
Et cette LETTRE DE Mr É DEUTSCH de la MEURTHE A Mr LE RECTEUR APPELL, le 27 SEPT. 1921

La maison, son parterre gazonné et ses six bâtiments périphériques cachés dans les arbres forment un ensemble très homogène, un havre de quiétude. Le campanile se dresse fièrement sur le côté de la Maison est porte l’horloge.
Une pierre portant l’inscription « 1842, bastion 82, nous rappelle que nous sommes sur l’emplacement des fortifications et de leur glacis de l’enceinte de Thiers qui protégeaient Paris.


Après avoir longé la Maison des Étudiants Canadiens, la Maison de l’Argentine, traversé la grande zone d’accueil de la Cité, longé la Fondation des États-Unis, jeté un coup d’œil à la Maison du Mexique, laissé le Collège Franco-Britannique sur notre droite, nous arrivons à la Maison du Japon, deuxième étape du circuit de découverte. Si certaines Maisons ne se caractérisent pas par leur architecture, ce n’est pas le cas de cette Maison du Japon, immédiatement identifiable par son architecture typique et ses jardins caractéristiques. A l’intérieur, nous sommes accueillis par les œuvres de Tsuguharu Fujita, ce magicien du trait, exécutées en 1929.



L’occasion de se rappeler la conférence de Madame Anne le Diberder Foujita, un artiste entre deux rives du 6 février 2024 suivie de la visite de la maison-atelier de Léonard Foujita le 21 mars 2024 à Villiers-le -Bâcle. (CR sur notre site).
Nous reprenons la balade avec un petit arrêt devant la Fondation suisse / Pavillon Le Corbusier.

Longeant la Maison de la Norvège, nous arrivons à la Maison du Brésil, troisième étape de notre découverte. Dans les années 1950, l’Institut brésilien confie un projet de construction à Lucio Costa, qui fait appel à son ami Le Corbusier, qui modifie considérablement l’esquisse initiale. La réalisation sera typique du Corbusier de cette période.

Le hall d’accueil surprend par sa hauteur de plafond – une conséquence du modulor ? – mais on retrouve bien les couleurs franches de Le Corbusier, que ce soient les murs, les plafonds ou les vitrages/vitraux.
Un petit regret : que nous n’ayons pas eu accès au grand salon avec ses peintures de Le Corbusier et son mobilier de Charlotte Pérriand.
Mais quel bon endroit pour notre photo de groupe, en bons élèves studieux, et pour remercier chaleureusement notre guide Florencia Lemiña pour toutes ses explications.

Cette Maison du Brésil est l’occasion de rappeler la conférence de Michel Triballeau L’œuvre architecturale de Le Corbusier, une contribution exceptionnelle au mouvement moderne le 14 mai 2019, et les visites de la Villa Savoye, la Villa La Roche et l’appartement-atelier de Le Corbusier. (CR sur notre site).
Midi : est venu le moment de se séparer, et de se retrouver pour certains au Comptoir coréen pour découvrir -et apprécier- la cuisine coréenne et en particulier les bimbimbap et autres mandoo. Un bon moment de convivialité.
Jean-Michel BUCHOUD
Crédit photos : Marie-Laure VARELLES et Jean-Michel BUCHOUD
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