SORTIE-VISITE : Mosquée de Paris

Thèmes : art, civilisation, histoire.
Visite du mardi 25 novembre 1985.

 

Le mardi 25 novembre, 180 adhérents du Cercle de Documentation et d’Information, en complément de la conférence sur l’Islam et le monde islamique, ont visité la Mosquée de Paris.

Divisés en 3 groupes, ils ont pu déguster ensuite du thé à la menthe ou du café maure et quelques petits gâteaux.

 

LA VISITE. (photo 1)

 

 

Édifiée en 1925 sous l’égide du Gouvernement de la République Française et du Conseil Municipal de Paris, par une loi d’État pour perpétuer l’amitié franco-musulmane forgée au cours des combats de 1914 à 1918, elle fut inaugurée par le Maréchal Lyautey.

De pur style hispano-mauresque, son décor est l’œuvre d’artisans nord-africains choisis dans les 3 pays du Maghreb. Ils ont réalisé ses mosaïques, ses ciselures sur bois de cèdre et ses arabesques.

Nous arrivons par le grand patio (photo 2) devant la Salle des Prières, avec, au centre, une vasque pour les ablutions.

Étant donné le climat, elles se font dans deux pièces abritées.

L’ornement épigraphique des chapiteaux et la forme des arcs, propres à l’art musulman occidental, appelés arcs outre-passés ou « en fer à cheval » sont très beaux et chargés d’une signification historique et symbolique dont le sens, malgré les efforts de nos guides, ne nous est pas toujours très familier.

 

 

Notre guide nous ouvre les portes (photo 3) de la Salle des Prières (photo 4) pour nous permettre, sans y rentrer, de voir tout de même l’intérieur.

 

Photo 3

 

Photo 4

 

Au fond se trouve la chaire oratoire entièrement sculptée sur bois. Également en bois de cèdre, la coupole surplombant un grand lustre en cuivre ajouré, de style marocain. Par terre, se trouvent de très beaux tapis persans destinés à accueillir les fidèles.

Un tissu sépare la salle en deux. Un côté pour les femmes, un autre pour les hommes.

 

Photo 5

 

Nous nous dirigeons vers la Cour d’Honneur avec ses fontaines en marbre rose se dressant sur des vasques en mosaïque. Le jardin est le symbole du paradis musulman. En face se trouve le minaret (photo 5).

Dans les pays musulmans, de là, se font les appels à la prière. A Paris, ils sont faits cinq fois par jour devant la salle des Prières par le muezzin.

Nous terminons la visite par la salle de conférences de l’Institut Musulman après un exposé de notre guide, nous avons toute latitude pour poser des questions, parfois indiscrètes, mais auxquelles notre guide s’efforce de répondre souvent de façon précise ; au muphti, la loi à l’Iman le service de la Mosquée, au muezzin l’annonce des prières, mais quelquefois de manière plus évasive surtout quant aux questions actuelles sur les divers aspects de l’Islam : Chi’ites, Sunnites, …

 

Après ce tableau euphorique de nos adhérentes goûtant maintenant les nourritures terrestres, nous aurions pu conclure en vous donnant quelques recettes … mais sur ce sujet, vous en auriez sans doute beaucoup à nous apprendre.

Alors nous préférons vous emmener rêver :

  • A la chapelle de Mazar-i-Shari (Afghanistan), monument immense d’argile battue revêtue d’éclatantes tuiles émaillées.
  • A la mosquée de Cordoue où une forêt de fines colonnes soutient deux étages d’arcs superposés.
  • A la mosquée bleue d’Istanbul, rivale de Sainte-Sophie.
  • Au minaret de la Giralda à Séville.
  • A la grande mosquée de Delhi …

 

  • … et peut-être, et surtout, en baie de Palerme, dans l’harmonieux cloître de Monréale, merveilleux ensemble d’architectures romane, byzantine et islamique où les décorations abstraites de l’Islam, les mosaïques byzantines et les pures ogives de la Chrétienté occidentale confèrent au monument une harmonie irréelle.

 

  • Rêver et espérer.

 

ANNEXE 1

 

Le terme « mosquée » est le calque moderne d’un vieux mot latin du Moyen-Age, moshet, ou bien de l’italien moschete, eux-mêmes dérivés de l’arabe masdjid. Tel est le nom de l’édifice dans lequel le fidèle accomplit sa prière rituelle ; toutefois, seul l’édifice où la foule se réunit obligatoirement pour la prière solennelle du vendredi et pour écouter l’allocution prononcée par l’imam, est véritablement une mosquée.

« Prière » est un mot auquel on est habitué, mais il est impropre : la prière rituelle est un acte d’adoration de la divinité à laquelle il serait malséant d’adresser une demande. Dans la mosquée, la prière est présidée par l’imam et pour que tous les assistants le voient bien, les rangs des fidèles se développent en largeur avant de s’échelonner en profondeur. En effet, les personnes présentes répètent, en même temps que l’imam, le formulaire consacré et accomplissent les rites de prosternation, d’inclination, de station assise et debout, que comporte la prière musulmane.

Ces faits ont influé sur le plan de la mosquée.

 

ANNEXE 2

 

Les cinq piliers de l’Islam.

L’Islam est basé sur cinq piliers :

  1. – Le témoignage qu’il n’y a de Dieu que Dieu et que Mahomet est le prophète de Dieu.
  2. – La prière.
  3. – L’aumône légale « Zakat ».
  4. – Le jeûne « ramadane ».
  5. – Le pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam pour les croyants qui ont la possibilité physique et matérielle de le faire.

« Les prières conduisent à mi-chemin du ciel, le jeûne nous conduit à l’entrée mais ce sont les aumônes qui nous en ouvrent les portes ».

 

La prière.

Pour faire sa prière, un croyant doit remplir les conditions suivantes :

  1. – Il faut être propre et laver certaines parties du corps avec de l’eau pure, c’est-à-dire non altérée avec un corps impur.
  2. – Être décemment habillé.
  3. – Être orienté vers la Ka’ba.

 

Les ablutions.

  1. – Avoir l’intention de pratiquer ces ablutions et invoquer le nom de Dieu.
  2. – Laver les mains jusqu’aux poignets.
  3. – Mettre l’eau dans la bouche – se rincer.
  4. – Puis laver le nez par absorption et dégagement d’eau dans les narines.
  5. – Laver tout le visage 3 fois.
  6. – Laver les bras jusqu’aux coudes 3 fois.
  7. – Passer les deux mains mouillées sur les cheveux en faisant un mouvement du front jusqu’à la nuque, essuyer les oreilles par introduction de l’index mouillé dans les deux orifices auriculaires.
  8. – Laver les pieds, en frottant avec les mains, orteil après orteil.

 

Jeûne du Mois de Ramadan.

Le jeûne commence à une nouvelle lune et se termine à la vue de la nouvelle, soit une durée d’un mois lunaire.

Les musulmans, en âge adulte, s’abstiennent de manger, boire ou fumer du lever du soleil jusqu’au coucher du soleil.

Le repas avant le lever du soleil s’appelle le « shor » ; celui du coucher du soleil « Iftar ».

Sont dispensés de faire le jeûne :

  1. – Les malades,
  2. – Les vieil lards,
  3. – Les enfants,
  4. – La femme enceinte ou allaitant un bébé.

 

Conséquences de l’utilisation de l’année lunaire.

1. – Il n’y a pas concordance entre le millésime de l’année de l’Hégire et de l’ère chrétienne, cette non-concordance n’étant pas seulement un décalage par rapport au point de départ – 622 Hégire ou exode de Mahomet – l’année musulmane étant plus courte que l’année chrétienne (lunaire au lieu de solaire, environ 348 jours, au lieu d’environ 365)

2. – Les prescriptions religieuses de l’Islam (essentiellement le Ramadan) ne se retrouvent pas à date « solaire » fixe, l’immatérialité des symboles, naissance, résurrection, jeûne, rejoint ici l’abstraction de l’art.

 

 

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