SORTIE-VISITE : le Château de Vaux-le-Vicomte et la cristallerie d’art

Thèmes : art, histoire, visite.
Visite du mardi 29 mars 1994.

 

 

Nicolas Fouquet (1615-1680)

En 1648, le trésor royal, c’est-à-dire l’État, avait fait banqueroute. Nicolas Fouquet fut nommé surintendant des finances en 1653 par le cardinal Mazarin, Premier ministre, avec mission de renflouer un trésor vide. Il avait servi fidèlement la royauté, particulièrement au moment de la Fronde.

Fouquet devait sa réussite à son intelligence et à son audace, hors pair. Il alliait à ces dons une grande générosité et une ardeur débordante à vivre avec luxe et raffinement. Il aimait toutes les formes de beauté et de volupté et prodiguait aux artistes son amitié en même temps que dons et emplois : il s’attacha ainsi La Fontaine et Molière, Le Nôtre, Poussin, Puget, Le Brun, etc.

En 1653, son objectif fut de rétablir la confiance et de faire réapparaître l’épargne pour alimenter le trésor royal. Il parvint à trouver l’argent nécessaire aux besoins de l’administration, de la guerre, des fêtes de la Cour et de l’immense avidité de Mazarin.

Chaque emprunt qu’il négociait pour le compte du roi était garanti sur sa fortune personnelle et lui laissait, comme c’était l’usage de son temps, une forte part de bénéfice.

Mais Fouquet eut trop confiance dans son étoile. Il ne soupçonna pas l’affront que son indépendance intellectuelle et que son luxe infligeait à l’orgueil du jeune roi.

Sa charge l’amenait fréquemment à collaborer avec le secrétaire privé du cardinal Mazarin, Jean-Baptiste Colbert, qui réalisait, lui aussi, des profits considérables sur les affaires de la couronne.

En mars 1661, à la mort de Mazarin, Fouquet est certain que sa contribution au redressement des finances lui vaudra de succéder au cardinal en qualité de Premier ministre, mais Louis XIV supprime cette fonction.

C’est alors que Colbert décide d’abattre Fouquet, « de se revêtir de sa dépouille » et « de s’élever sur les ruines du surintendant ». Pour y parvenir, il détourne sur Fouquet la responsabilité de toutes les « confusions financières ». Louis XIV est sensible à cette manœuvre, car en accablant Fouquet, elle blanchissait la mémoire de Mazarin.

Ainsi Colbert, jour après jour, insinue dans l’esprit du roi les raisons de se défier de Fouquet. Aux reproches fondés, il mêle des calomnies et fait croire à Louis XIV que le surintendant est à la tête d’un complot susceptible de contester le pouvoir royal.

Malgré les avertissements que lui prodiguent ses amis, Fouquet ne met de frein ni à son luxe, ni à ses audacieuses combinaisons financières que Colbert ne cesse de dénoncer au roi comme des obstacles à une saine gestion du trésor royal. Pire, Fouquet essaie de gagner la sympathie de Mlle de Lavallière, première favorite de Louis XIV que le jeune roi aime passionnément. Cette offense est impardonnable.

Dès lors, Louis XIV forge sa décision. Il exprime à Fouquet son désir de retourner à Vaux-le-Vicomte y admirer les derniers embellissements dont toute la cour parle avec éloges.

Le 17 août 1661, Fouquet offre au roi une fête inégalée dont les fastes sont souvent passés – à tort – pour la cause principale de sa chute. Voltaire lui-même contribua à cette légende en écrivant : « Le 17 août, à 6 heures du soir, Fouquet était roi de France, à 2 heures du matin, il n’était plus rien ».

Trois semaines plus tard, sur ordre de Louis XIV, d’Artagnan, capitaine des mousquetaires, arrête Fouquet. Malgré les pressions exercées par le roi sur les magistrats, le procès, en partie falsifié par Colbert, traîna plus de trois ans. Le roi comptait sur la peine capitale, les juges votèrent le bannissement.

Pour la seule fois de toute l’histoire de la France, le chef de l’État, détenteur du droit de grâce, brisa la sentence, non pour l’alléger mais pour l’aggraver. Louis XIV décréta la prison à vie pour son ancien ministre.

Fouquet, escorté par cent mousquetaires, fut envoyé à Pignerol, petite place forte des Alpes savoyardes, dominée par le donjon de la forteresse où il mourut le 23 mars 1680, après 17 années d’emprisonnement.

De la réussite fulgurante de Fouquet, il reste Vaux-le-Vicomte.

 

***

*

 

Vaux-le-Vicomte

Fouquet avait acheté en 1641, à l’âge de 26 ans, la seigneurie de Vaux-Ie-Vicomte située presque à mi-chemin entre le château de Vincennes et celui de Fontainebleau, séjour d’été de la cour.

Il entreprend de réaliser une demeure correspondant à son rang et à sa fortune : l’architecte Louis Le Vau signe les plans du château, Charles Le Brun réalise la décoration et fonde à Maincy, le village voisin, l’atelier de tapisserie, qui, transféré à Paris à la chute de Fouquet, deviendra l’atelier des Gobelins, André Le Nôtre crée les jardins.

Louis XIV confiera à ces artistes la réalisation de ses palais de Versailles, Trianon et Marly.

La presque totalité du mobilier et des chefs-d’œuvre qui abondaient à Vaux seront réquisitionnés ou achetés par le roi pour enrichir ses collections et embellir le Louvre et Versailles. Quant au domaine, il sera placé sous séquestres et ne sera rendu à Madame Fouquet et à l’aîné de ses fils que douze ans plus tard.

En 1705, après la mort de son fils aîné, Madame Fouquet vendit le domaine au Maréchal de Villars. Les terres furent érigées en Duché-pairie et le château prit le nom de Vaux-Villars. Les Villars n’apportèrent aucune modification significative, ni au château, ni aux jardins mais ils complétèrent considérablement le mobilier.

Le maréchal de Villars mourut en 1734 et sa veuve cessa d’habiter Vaux devenu propriété de son fils. Débauché, sans descendance directe et fort endetté, il se révéla incapable d’entretenir le domaine. Après avoir déterré toutes les tuyauteries des jardins pour en vendre le plomb, il céda le duché au duc de Choiseul-Praslin.

Le duché prit alors le nom de Vaux-Praslin. Le duc de Choiseul n’apporta aucune modification, si ce n’est la bibliothèque actuelle et des aménagements de confort au premier étage. Sa descendance conserva le domaine pendant six générations.

En 1875, les Choiseul-Praslin décidèrent de mettre le domaine en vente publique. Alfred Sommier, alors à la tête d’une des cinq premières raffineries françaises, se porte acquéreur. II entreprit de remeubler le château dans un style contemporain du décor de la maison. Son goût le porte vers le mobilier du XVIIème siècle.

Le rétablissement des jardins du XVIIème siècle ne fut achevé qu’au bout de cinquante ans. Cette restauration des jardins était presque achevée à sa mort en 1908. Son fils Edme Sommier (1873-1945) et sa belle-fille, née Germaine Casimir-Périer (1881-1968) achevèrent son œuvre.

Le château, les communs et les jardins furent classés Monuments historiques en 1929 et cette mesure fut étendue à l’ensemble du domaine en 1965. Les jardins furent ouverts aux visiteurs en 1919 et le château en 1968.

 

***

*

 

La visite

Après avoir gravi le perron, on accède au vestibule de forme carrée, flanqué de douze colonnes doriques, qui abrite les bustes géants des empereurs Septime Sévère et Lucius Verus et deux statues en marbre antique ayant appartenu à Fouquet.

Aux murs de l’Antichambre sont accrochées certaines des toiles célèbres (*) qu’avaient collectionnées Fouquet. Le sol est recouvert de nattes en jonc tressé d’un usage courant au XVIIème siècle où les tapis de laine étaient d’une grande rareté. Au centre, le bureau dit « Mazarin » annonce le style Boulle par sa fabrication en ébène incrusté de filets de cuivre doré.

(*) -Reproductions dues à la bienveillance des musées du Louvre, de Lyon et de Rennes.

C’est dans son cabinet que le surintendant devait conférer dans la plus stricte intimité avec ceux qui venaient le visiter, et notamment le cardinal Mazarin.

La Chambre où Fouquet a dormi pour la dernière fois avant son arrestation à Nantes a été extraordinairement respectée au cours des siècles.

Seule pièce intacte de l’ancien appartement de Madame Fouquet, son Cabinet, ainsi que sa chambre à coucher, était orné d’un grand nombre de petits miroirs (dont il ne reste rien). Cette décoration imaginée par Le Brun préfigurait la décoration de la Galerie des Glaces à Versailles.

Le Cabinet Louis XV, qui occupe une partie de l’emplacement de l’ancienne chambre à coucher de Madame Fouquet, réunit les commodités de la toilette en usage au XVIIIème siècle : baignoire, bidet, chaise percée, etc. Cette installation avait été ordonnée par le maréchal de Villars.

La chambre Louis XV, également à l’emplacement de l’ancienne chambre de Mme Fouquet, a été aménagée pour recevoir les amis du Maréchal et de la Duchesse de Villars.

La chambre Louis XVI, décorée de boiseries par le Duc de Praslin pour y loger ses invités, comporte cinq pièces distinctes : une chambre à coucher avec alcôve, un cabinet de toilette, une antichambre, une chambrette de service et un dégagement.

La Grande chambre carrée est la seule pièce du château qui comporte un plafond traditionnel dit « à la française » dont les poutres sont apparentes et décorées dans le style du XIIIème siècle. Au centre de la pièce, le billard de dimensions exceptionnelles a été exécuté en style Boulle en 1877.

Les neuf muses du plafond peint par Le Brun donnent leur nom au Salon des Muses où Molière, protégé de Fouquet, interpréta, le 12 juillet 1661, « L’École des Femmes » devant Henriette de France, Reine d’Angleterre et sa fille la Duchesse d’Orléans.

Décoré de fleurs, d’amours et d’écureuils, le Cabinet de jeux est la pièce la plus gaie et la plus intime du rez-de-chaussée. Au centre du plafond, Le Brun a réalisé son chef-d’œuvre « Le Sommeil ».

Le thème choisi par Le Brun pour le Salon d’Hercule est celui du symbole de la force, donc de la puissance et de la réussite de Fouquet. Les deux tables en marbre et noir sont les deux seuls meubles de Fouquet qui n’ont jamais quitté Vaux-le-Vicomte.

Le 17 août 1661, lors de la fête offerte par Fouquet au roi, le Grand Salon (longueur 18 m, hauteur 18 rn) était inachevé. A l’exception du ciel peint vers 1840, ce salon n’a pas été modifié depuis le jour où les travaux furent interrompus par l’arrestation de Fouquet.

Au centre du plafond de la Bibliothèque, un grand caisson est bordé de couples d’écureuils, emblème de Fouquet. Le corps de la bibliothèque en acajou, de style Louis XVI, a été mis en place avant la Révolution par le Duc de Choiseul-Praslin.

La Chambre du roi présente, pour la première fois dans l’art français, le style de décoration qui sera le modèle de Versailles et qui s’épanouira dans toute l’Europe. Il était de tradition que les maisons des grands seigneurs comportent une chambre à coucher d’apparat, toujours prête à recevoir le Souverain si, au cours d’un déplacement, il demandait l’hospitalité pour la nuit. Aucun roi n’a jamais couché à Vaux.

Les Anciens cabinets du roi attenants à la chambre royale sont demeurés inachevés.

La Salle des Buffets, probablement la salle à manger de Fouquet, abritait les consoles chargées d’orfèvreries où étaient disposés les plats apportés des lointaines cuisines sur des brancards munis de réchauds. Les convives, selon l’usage de l’époque, prenaient place autour de tables volantes qui étaient dressées au moment du repas.

La Chambre de La Fontaine est consacrée au souvenir de l’ami de Fouquet, qui malgré sa disgrâce lui resta fidèle et publia d’importantes suppliques pour obtenir la grâce de Louis XIV, notamment la célèbre « Elégie aux Nymphes de Vaux ».

 

***

*

 

Notre prochaine visite à Vaux-le-Vicomte sera consacrée aux sous-sols du château où furent aménagées les cuisines et aux jardins, chef-d’œuvre de Le Nôtre.

 

***

*

 

LA VERRERIE D’ART

Le 26 janvier 1993, Monsieur Darras nous a présenté l’histoire du « verre et de la lumière ». Aujourd’hui, à la verrerie d’art de Soisy-sur-École, nous avons pu suivre le travail des maîtres-verriers et admirer leurs créations.

 

***

*

 

En 1959 a lieu aux États-Unis un congrès d’art où un artiste, Harvey Littleton, évoque la possibilité pour des artisans et artistes de créer leur propre atelier de soufflage. Sa foi en cette nouvelle expression artistique et son dynamisme sont assez forts pour qu’en quelques années, de nombreux ateliers s’ouvrent un peu partout aux États-Unis, ainsi qu’une multitude d’écoles de verre. Le mouvement s’étend à l’Europe et à la France. C’est ainsi que l’on peut parler aujourd’hui de renouveau dans l’art du verre. C’est à la fin des années 70 et surtout 80 qu’ont été créés en France des ateliers individuels.

De nouveaux matériaux, fibres céramiques, colles, verres spéciaux, ont permis de nouvelles techniques comme l’assemblage et la déformation de plaques de verre dans des fours électriques ou à gaz.

Ainsi, le verre est une matière bien vivante évoluant au des siècles.

 

***

*

 

Le travail du verre

L’équipe de verriers qui produit un même modèle se nomme une place, dont la composition varie selon l’article à fabriquer.

Pour un verre à pied, par exemple, la place comprend :

. Le cueilleur qui va cueillir dans le four au bout de sa canne creuse une boule de verre en fusion « la poste » ou « paraison » selon qu’elle sera suivie ou non d’un autre cueillage. Il souffle légèrement pour lui donner de la forme.

La canne est un tube d’acier creux de 1,20 à 1,40 m de longueur et de 15 à 25 mm de diamètre.

. Le souffleur, qui ne fait souvent qu’un avec le cueilleur, va ébaucher la forme en la façonnant à l’aide d’une « mailloche » (sabot en bois) et en la soufflant dans un moule pour respecter les dimensions. La mailloche est régulièrement plongée dans l’eau pour qu’elle ne s’enflamme pas et ne s’use pas trop vite.

Le souffleur poursuit l’ébauche de la pièce avec des « fers », sortes de pinces. Pendant tout ce temps, il doit faire rouler sa canne sur les bras du banc, pour éviter que la masse de verre ne se déforme. Selon les modèles, le verrier souffle ou non dans un moule en bois ou en fonte qui donne à la pièce une forme plus précise.

. Le mouleur doit ensuite « trancher », c’est-à-dire marquer une gorge à l’extrémité de la canne pour pouvoir détacher la pièce par la suite (si c’est une pièce sans pied ni jambe, c’est à ce moment qu’il détache dans le « berceau »).

. Le cueilleur de jambe apporte au bout d’un « ferret » (petite canne pleine) un petit morceau de verre que le poseur de jambe coupe à l’aide de ses ciseaux, fixe à la « paraison » et façonne.

. Le cueilleur de pied et le poseur de pied effectueront la même opération pour le pied de verre.

Un même verrier pourra seul poser la jambe et le pied, et un autre cueillir seul cette jambe et ce pied.

On achève la pièce travaillée par son ouverture. Pour cela il faut coller sur le pied du verre le « pontil« , canne chauffée au rouge à son extrémité. Une fois le pontil collé, un petit coup sec sur la gorge permet de séparer la pièce de la canne à souffler.

 

. Le pontilleur réchauffe alors la pièce au « petit four » et la donne à l’ouvreur, verrier plus qualifié qui est le chef de « la place ». Celui-ci donne la forme désignée au bord de la pièce avec des fers et des lames de bois. Si besoin est, il rogne avec des ciseaux et réchauffe alors une dernière fois la pièce pour arrondir l’arête vive due aux ciseaux.

Pour certaines pièces, il ne lui reste plus qu’à « coller » à l’aide de ciseaux spéciaux les accessoires éventuels (anse). La pièce est alors détachée d’un petit coup sec donné sur le pontil et porté avec des pinces ou des fourches dans le moule à recuire. Celui-ci, chauffé à 500°, permet de débarrasser le verre des tensions internes dues aux chocs thermiques subis durant le travail à chaud.

 

***

*

 

FICHE DE VISITE

VAUX-LE-VICOMTE

En cette journée de printemps, nous sommes invités à nous promener dans la demeure de Nicolas Fouquet, surintendant des Finances de Louis XIV, vicomte de Vaux.

Homme de goût, magnifique et prodigue, entouré d’artistes et d’écrivains, au sommet de sa puissance, Fouquet voulut bâtir un château à sa dimension. Il choisit sa seigneurie de Vaux, située à une lieue de Melun et appela auprès de lui l’architecte Le Vau, le peintre Le Brun et le « jardinier » Le Nôtre. Cinq ans plus tard, les talents conjugués de ces trois jeunes artistes donnaient naissance à l’un des joyaux de l’architecture française du 17ème siècle. C’est le début de la seconde période du style Louis XIV, c’est la préfiguration par ces mêmes artistes du château de Versailles.

La 17 août 1661, une fête splendide est donnée par le surintendant des Finances à son roi. Vatel, le majordome, se surpasse. La table du roi est garnie d’un service d’or massif, les jardins sont animés par 1200 jets d’eau et cascades. Bals, concerts, comédies, carrousels, feux d’artifice se succèdent. Le surintendant des Finances ne se doute pas que cette fête marque le début de sa chute.

Issu d’une famille de robe fortunée, Nicolas Fouquet, fidèle à la devise familiale « Quo non ascendet » (jusqu’où ne montera-t-il pas) connut une ascension rapide. Procureur général du Parlement de Paris, il est nommé en 1653 surintendant des Finances par Mazarin qui le charge de renflouer les caisses de l’État vidées par les malversations et les guerres. Il redresse effectivement les finances du royaume et comme c’était l’usage, et à l’image du cardinal, il augmente conséquemment et substantiellement sa fortune.

Ignorant les menées de Colbert qui voit en lui un obstacle à sa propre réussite, ne soupçonnant pas la jalousie que suscitent chez Louis XIV ses immenses richesses et son attitude galante envers Mademoiselle de Lavallière, Nicolas Fouquet offre au roi et à toute la cour cette fête somptueuse qui le perdra.

Louis XIV eut-il ces mots que lui prêta Alexandre Dumas ? « Ah ! le misérable ! Non seulement il me vole mes finances, mais avec cet or, il me corrompt secrétaires, amis, généraux, artistes, il me prend jusqu’à ma maîtresse. Il me ruine ! Cet homme est trop pour moi ».

Peut-être pas, mais trois semaines plus tard, Fouquet est arrêté par d’Artagnan. Condamné au bannissement par la Chambre de Justice, il voit sa peine alourdie par Louis XIV en internement à vie au fort de Pignerol où il mourut 19 ans plus tard.

Le domaine de Vaux, chef-d’œuvre qui a outragé l’orgueil du Roi Soleil et inspiré Versailles, demeure le décor intact du plaisir et de la beauté où, comme il l’écrivit en prison, Fouquet voulut « laisser quelques marques de l’Etat où il avait été ».

 

LA VERRERIE D’ART DE SOISY-SUR-ÉCOLE

C’est au fond d’un vieux parc, à la fin d’une allée sinueuse longeant la rivière, que nous découvrirons la Verrerie d’Art de Soisy-sur-École : deux bâtiments résolument modernes.

L’un fourmille de mille coupes, verres, suspensions, lampes, assiettes, vases de toutes formes et de toutes couleurs : rouge, vert, jaune, bleu, grenat… L’autre, d’où provient cette multitude colorée, instruit le profane aux mystères du travail du verre et le plonge plusieurs siècles en arrière.

De la boule pâteuse, incandescente puis refroidie, réchauffée, tournée, soufflée, façonnée par les verriers va naître très vite un vase « tulipe » charmant et unique.

Substance solide à la température ordinaire, transparente et fragile, obtenue par la fusion à 1450° d’un mélange de silice (oxyde de silicium dont il existe en abondance plusieurs variétés naturelles) et de carbonate de sodium, de calcium ou de potassium, le verre est un des plus anciens matériaux utilisés par l’homme, évoluant sans cesse au gré de l’apparition de nouvelles techniques, et trouve à notre époque d’innombrables applications dans le domaine industriel.

Des premières perles fabriquées il y a 4000 ans en Mésopotamie ou en Égypte, à partir de matières premières voisines du verre par leurs constituants, jusqu’à nos jours, le travail du verre a toujours été l’un des modes de l’expression artistique.

Presque toutes les techniques actuelles de décor ont été trouvées dès le 1er siècle de notre ère et se sont répandues dans l’Empire romain.

Au cours des siècles, les verreries fleurissent en Orient, s’épanouissent en Italie à Murano et à Altare, puis en Bohème et à Nuremberg. Au XVIIIème siècle, les Anglais ajoutent à la silice de l’oxyde de plomb et obtiennent un verre blanc, sonore que l’on appellera improprement le cristal.

A la fin du siècle dernier, E. Galle, à Nancy, fabrique du verre opaque et décore ses vases en s’inspirant de ce qu’il voit dans la nature.

Plus près de nous, de nombreux artisans et artistes ouvrent des ateliers de soufflage aux États-Unis, en Europe, en France et sont dans le droit fil d’un passé prestigieux.

Nul doute que nous emporterons de la Verrerie d’Art de Soisy-sur-École, le meilleur souvenir.

Elisabeth Schmelck

 

 

Découvrez + de 1100 textes des conférences du CDI sur le site du CDI de Garches 

Vos commentaires et vos conseils contribuent à l’amélioration de nos parutions.
Vous disposez de l’espace « COMMENTAIRES » ci-dessous pour les exprimer.
Merci  et à bientôt pour votre prochaine visite.

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.