LA SANTÉ ENVIRONNEMENTALE SOUS LE PRISME DE L’EAU

Thèmes: Médecine, Société, Civilisation                                                                                                         Conférence du mardi 18 avril 2023

LA SANTÉ ENVIRONNEMENTALE SOUS LE PRISME DE L’EAU

Par Madame Angélique JAUNEAU, consultante en santé environnementale.

INTRODUCTION

L’environnement est considéré depuis quelques décennies comme une donnée essentielle pour notre santé. On ne peut concevoir une population en bonne santé sans un environnement sain. La qualité et la gestion de l’eau jouent un rôle essentiel car il n’y a pas de vie sans eau.

Plusieurs facteurs (croissance de la population, agriculture intensive …) ont contribué à une demande toujours plus forte de l’eau, l’or bleu du XXIe siècle. L’eau étant une ressource menacée, il est donc essentiel de gérer correctement cette énergie et de l’utiliser à bon escient.

I – L’eau : un élément essentiel à la vie.

Notre planète est composée à 70% d’eau dont 97% d’eau salée. Notre corps est lui aussi composé d’une grande quantité d’eau (environ 65%) et si l’être humain peut passer plusieurs jours sans nourriture il ne peut vivre plus de deux jours sans eau. La faune et la flore sont elles aussi constituées d’eau et totalement dépendantes de cet élément.

L’eau est également une énergie nécessaire pour boire, se laver, s’alimenter mais aussi se vêtir. L’eau est l’élément le plus précieux de notre planète.

L’eau douce ne représente que 2% de l’eau disponible sur Terre, par ailleurs c’est une ressource inégalement répartie. En effet, l’eau douce provient de glaciers, de lacs, de nappes phréatiques, des cours d’eau etc. Les plus grandes réserves d’eau douce de la planète sont l’Antarctique et le Groenland donc de l’eau difficile d’accès. Il est donc important de recréer ou stimuler le cycle naturel de l’eau. En milieu naturel, après la pluie, l’eau s’écoule, occupe des points bas, alimente ainsi des mares ou des étangs avant de s’infiltrer dans le sol pour revenir recharger les nappes. Une partie s’évapore, formant des nuages ce qui entraîne des précipitations. Ce cycle est fortement perturbé par la déforestation massive et l’urbanisation du territoire et même si nos hydrosystèmes peuvent se régénérer, ils ne peuvent pas le faire indéfiniment.

II – Mobiliser et utiliser l’eau.

L’agriculture utilise les 3/4 des ressources en eau de la planète et 20% des terres cultivées fournissent 40% de la production agricole mondiale. L’élevage intensif, la culture massive du maïs et du soja et la culture intensive comme en Andalousie par exemple sont des causes de cette consommation toujours croissante d’eau. Une meilleure gestion de l’eau s’impose mais la financiarisation de l’eau ainsi que la concurrence que se livrent les villes, les régions et les entreprises ne facilitent pas une utilisation optimale de cette ressource.

Doit-on transformer notre modèle agricole pour économiser l’eau ? En effet, il faut de 5 à 20 fois plus d’eau pour produire une calorie animale qu’une calorie végétale.  En partant de la base 1 calorie=1litre d’eau, on constate que certains aliments sont extrêmement coûteux en eau notamment la viande. Ainsi pour produire 500g de bœuf il faut 4 500 litres d’eau, pour 300g de blanc de poulet 1 170 litres, alors qu’une tomate de 100g ne requiert que 131 litres.

L’eau a aussi joué un rôle clé pour l’industrialisation : machines à vapeur, barrages pour l’énergie électrique, solvants pour l’industrie chimique etc. Ainsi il faut 10 900 litres d’eau pour fabriquer un jean, 400 000 litres pour une voiture, 8 000 litres pour une paire de chaussures en cuir et 324 litres pour un kilo de papier.

Si l’agriculture est le secteur économique qui consomme les plus grandes quantités d’eau, la demande croissante en énergie entraîne également une consommation croissante d’eau. En effet, l’extraction non conventionnelle des carburants fossiles (pétrole et gaz) et la production d’électricité requièrent de grandes quantités d’eau. La production énergétique représente 15% des prélèvements en eau.

Quelques solutions individuelles sont possibles :

– consommer utile en biens manufacturées

– manger moins de viande

-faire usage de la co-mobilité

– faire preuve de sobriété et de résilience

– privilégier le vert au béton.

III – Une ressource menacée.

Au cours des dernières décennies on note une dégradation incontrôlée de la qualité de l’eau due aux diverses pollutions industrielles (PFAS), à la pollution agricole (pesticides) et à notre consommation personnelle (médicaments). La dégradation des écosystèmes entraîne une menace pour la santé.

Dans les pays du Sud, le non assainissement des eaux usées provoque des maladies telles que la dysenterie, le choléra ou l’hépatite A. Dans les pays du Nord, la souffrance des systèmes aquatiques entraîne des maladies caractéristiques des pays industrialisés : cancer, diabète etc.

L’eau est un révélateur des inégalités mondiales, elle est aussi au cœur de conflits internationaux comme entre Israël et la Syrie pour le plateau du Golan, principal réservoir d’eau de la région.

La situation devient difficile même dans les pays tempérés et des plans eau sont mis en place dans divers pays européens comme la France.

Le dernier plan eau français de 2023 propose 53 mesures concrètes pour améliorer la gestion de l’eau dont un objectif de sobriété, le recours aux eaux usées, la réduction des fuites, la mise en place d’une tarification progressive et l’utilisation de stockages artificiels d’eau pour l’agriculture.

De manière générale, la qualité de l’eau baisse partout dans le monde en raison des activités humaines : croissance démographique, urbanisation rapide, rejet de nouveaux organismes pathogènes et de produits chimiques provenant des industries.

CONCLUSION

La qualité de l’eau est un paramètre important qui touche à tous les aspects du bien-être des écosystèmes et de l’homme tels que la santé d’une communauté, les denrées alimentaires à produire, les activités économiques, la santé des écosystèmes et la biodiversité. Par ailleurs, la qualité de l’eau joue un rôle sur les niveaux de pauvreté, de richesse et d’éducation de l’homme.

Il est essentiel de maintenir des écosystèmes sains et de réduire la consommation d’eau douce au niveau mondial.

 

 

 

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