L’ILE SEGUIN : TOUTE UNE HISTOIRE

Thèmes : Arts, Histoire, Sciences, Economie                                                                                                        Mardi 12 mars 2019

L’ILE SEGUIN : TOUTE UNE HISTOIRE

Par Patrice MECHIN,

Ancien responsable liaison au sol des véhicules Renault au bureau d’études de Renault.

INTRODUCTION

L’île Seguin est une île sur la Seine dans le département des Hauts-de-Seine. D’une longueur d’environ 1km pour une largeur maximale de 150m, elle dépend administrativement de Boulogne-Billancourt. L’île Seguin est d’origine alluvionnaire et bien que l’on ait retrouvé des traces d’activités humaines de l’époque néolithique sur les coteaux de Meudon, on peut penser qu’alors l’île n’existait pas. On ne trouve de traces écrites de l’île Seguin qu’à partir du Moyen Age et jusqu’à nos jours, cette petite île blottie sur un méandre de la Seine connaîtra une histoire mouvementée.

I – L’île et l’abbaye de Saint-Victor.

  L’abbaye Saint-Victor est fondée par Philippe de Champeaux en 1108 à Paris (Ve arrondissement actuel) et concurrence l’abbaye de Saint-Germain par l’important fond de sa bibliothèque ainsi que la qualité de son enseignement philosophique et théologique. L’abbaye Saint-Victor possédait une ferme dans la plaine de Billancourt qui dépendait du village d’Auteuil. En 1173 un seigneur, le chevalier de Chailley, dont le fils entre dans les ordres au sein de l’abbaye, fait don de l’île qui alors se nommait île de Billancourt ou Blignacourt ou Bulencort du latin Biliacum. L’abbaye décide de planter des saules car la zone très humide s’y prête parfaitement et le commerce d’osier est lucratif. A la fin du XIVe siècle, un conflit entre l’abbaye de Saint-Germain et celle de Saint-Victor éclate à propos des saules. Finalement l’abbaye de Saint-Victor obtient une compensation avec laquelle elle achète une autre petite île, toute proche, l’île Rocherel en 1542 où à nouveau sont plantés des saules. Pendant cinq siècles l’abbaye attribue des baux de location à des fermiers.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle Louis XIV fait construire Versailles et par un décret de 1664 décide la construction d’un pont dans le prolongement de l’actuelle rue du vieux pont de Sèvres. Le pont comporte dix arches du côté de Billancourt et onze arches du côté de Sèvres. C’est un pont en bois qui n’a que quatre mètres de largeur mais il est important pour les communications entre Paris et Versailles. C’est pourquoi à l’extrémité du pont côté Sèvres, on construit un octroi pour faire payer des droits de passage. On y trouve également une petite chapelle dédiée à St-Christophe desservie par les capucins de Meudon.

Si la rive de Billancourt reste inhabitée, sur la rive gauche se construisent le château de Meudon, le château de St-Cloud, la manufacture de la céramique de Sèvres et enfin en 1757 le château de Bellevue

En 1695, Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV, rachète l’île Rocherel pour prolonger les jardins du château de St-Cloud qui lui appartient. En 1757 Louis XV fait construire le château de Bellevue pour Madame de Pompadour qui sera cédé à ses filles à la mort du Roi en 1774. En 1779 l’île est annexée au domaine royal par décret de Louis XVI pour prolonger les jardins de Bellevue et devient « l’île Dauphine ». Mais cette annexion est vivement contestée par l’abbaye de Saint-Victor qui finalement récupère son bien en 1781 et l’île reprend le nom d’ »île au Pont ».

Les différentes crues de la Seine et l’usure du temps ont endommagé le pont et du personnel et des matériaux doivent rester à demeure sur l’île afin d’entretenir régulièrement l’ouvrage. Finalement en 1787 la ferme de Billancourt et l’île sont vendues à un riche bourgeois, Jean Riffé qui y construit une blanchisserie industrielle car il avait obtenu le monopole du nettoyage du linge des hôpitaux de Paris (Salpêtrière, L’Hôtel Dieu…) Riffé fera faillite à la Révolution et après avoir vendu ce qu’il pouvait, il s’enfuira.

II- La période révolutionnaire.

La Révolution entraîne un véritable imbroglio administratif à cause de la création des départements. Chaque ville fait valoir ses droits et des conflits de découpage apparaissent car les sources de revenus dépendent de la surface obtenue. Le milieu de la Seine est la limite entre les communes. L’île au Pont est revendiquée par Sèvres et Auteuil et l’île St Germain par Auteuil et Issy. Provisoirement les deux îles sont rattachées à Versailles. En 1794 Billancourt est rattaché à Auteuil et les îles au département de la Seine. En 1860 Napoléon III procède à l’extension de Paris en intégrant Auteuil au XVIe arrondissement de Paris et Billancourt en rattachant les deux îles à Boulogne.

Fin 1793 c’est le régime de la Terreur et la confusion administrative règne. L’île au Pont est devenue bien national après la faillite et la fuite de Riffé. C’est alors que Jean-Baptiste Vandenyver, un homme d’affaire hollandais, banquier de la comtesse du Barry, achète l’île. Le vol des bijoux de la comtesse dans sa demeure de Louveciennes fait grand bruit et après enquête on retrouve ses bijoux en Angleterre où Madame du Barry se rend plusieurs fois afin de tenter de les récupérer mais par la même elle y rencontre les royalistes français. A son retour en France après un dernier voyage elle est arrêtée ainsi que Vandenyver et ses deux fils qui seront décapités tous les quatre le 8 décembre 1793. L’île sous séquestre redevient bien national et on y entrepose des chevaux de l’armée, malades ou fatigués.

A cette époque, Armand Seguin, qui laissera son nom à l’île, et Antoine Lavoisier sont deux chimistes qui travaillent sur la respiration humaine. Les deux scientifiques publient de nombreux mémoires à l’Académie des Sciences. Seguin travaille dans plusieurs domaines dont les gaz, l’eau et les produits pharmaceutiques. En 1793 le Comité de Salut Public demande à Berthollet et Sédillot, deux membres de l’Institut, une solution pour réduire le temps de tannage des cuirs. Seguin est désigné pour proposer une solution. En s’inspirant d’un procédé anglais Seguin propose de tremper les peaux dans de l’acide sulfurique au lieu de la chaux, puis de les tremper dans des solutions de tan en augmentant la concentration progressivement. On passe d’un procédé durant deux ans à un procédé de trois semaines. Le Comité de Salut Public est conquis.

En octobre 1794 on décide donc de créer une tannerie sur l’île du Pont en reprenant les locaux de la blanchisserie Riffé. De gros avantages sont accordés à Seguin pour cette nouvelle activité qui est très rentable. Ainsi on aménage les locaux et on l’équipe en matériel aux frais de la République, on lui accorde le monopole du tannage des peaux de bœuf pour Paris et on lui prête les grandes écuries de Versailles pour le stockage des peaux à tanner. Il obtient également la propriété de Ravannes à Ecuelles, près de Nemours pour préparer le tan et comme centre administratif, la maison Brancas qui actuellement abrite la mairie de Sèvres. Des protestations montent du voisinage à cause des nuisances olfactives et aussi des tanneurs parisiens qui ont vu baisser considérablement leurs activités. Vers 1800 Seguin a amassé une fortune considérable mais avec les conquêtes napoléoniennes la France se fournit désormais en cuir dans les pays conquis et la tannerie arrête sa production vers 1805. Seguin meurt en 1835 après une fin de vie fort mouvementée. Des malversations financières lui vaudront notamment d’être emprisonné par Napoléon en 1809. Il sera libéré en 1815 à la chute de l’empire.

En 1808 Napoléon décide de faire construire un nouveau pont car l’ancien est très endommagé par les crues et les hivers rigoureux. De plus il est trop étroit. Cependant, les travaux traînent à cause des guerres et du manque d’argent.

En 1815, les Prussiens sont aux portes de Paris et pour protéger la capitale, le pont de l’île Seguin est brûlé. En 1824 le nouveau pont en pierre est terminé mais il enjambe la Seine directement sans appui sur l’île qui redevient sauvage, toute activité économique ayant cessé. Seules s’y trouvent quelques habitations d’artistes et de royalistes forcés à la discrétion comme l’ancien valet de chambre de Louis XVI.

III – Le temps des peintres et des guinguettes.

Redevenue une île à proprement parler, l’île Seguin offre un cadre naturel intéressant pour les artistes, ainsi près de deux cents peintres investissent la région notamment Corot, Sisley, Courbet ou Turner. Un peintre en particulier y travaillera longuement, Paul Huet. Né en 1803 à Paris c’est un condisciple du fils Lelièvre, peintre animalier, installé sur l’île et c’est aussi l’élève de Jean Antoine Gros et un grand ami de Delacroix. Huet est un peintre aquarelliste spécialiste des paysages en plein air. Son travail se situe à mi-chemin entre les paysagistes anglais et l’école de Barbizon qui naîtra un peu plus tard. Il sera celui qui lance le courant artistique de l’île Seguin. A la mort de Huet en 1869, l’île Seguin est déjà délaissée par les artistes notamment à cause de l’arrivée du train, qui permet de s’éloigner plus facilement et plus rapidement de Paris. La création de l’école de Barbizon et l’établissement des impressionnistes à Giverny prendront le relais. L’île Seguin devient un lieu de loisirs nautiques et un espace de tir au pigeon voit le jour à la pointe de l’île. Par ailleurs, de nombreux bars et guinguettes s’établissent sur l’île St-Germain.

En 1850 les promoteurs commencent à s’intéresser à la région. Les plaines de Billancourt sont loties et on met en place des navettes qui facilitent le lien avec Paris.

En 1901 la propriété Seguin située sur l’île est cédée par les héritiers au comte de la Valette Morlhon, membre de la vieille aristocratie aveyronnaise. L’île est revendue en parcelles et un autre comte, le comte de Lambert achète les deux tiers des lots. Le comte de Lambert est un aviateur qui projetait de traverser la Manche mais qui s’était fait devancer par Blériot. Il fera parler de lui peu après pour avoir survolé la tour Eiffel. Sur l’île on ne trouve alors que quelques maisons secondaires, la propriété du comte de Lambert et le restaurant Sarreste qui ouvre en 1913 et qui deviendra un des plus prisés de Billancourt.

IV – La période Renault.

Une nouvelle page de l’histoire de l’île Seguin s’ouvre avec l’arrivée de Renault. Alfred Renault a fait fortune dans la draperie et les boutons ; il achète huit lotissements dans la plaine de Billancourt. Son fils cadet, Louis, construit sa première voiture dans un atelier de fortune au fond du jardin familial en 1898. L’entreprise se développe rapidement et compte déjà 5000 ouvriers en 1914. En 1918, elle emploie 23 000 personnes car la guerre avait entraîné un essor considérable avec la fabrication d’obus, de moteurs d’avions, de chars et de camions. A partir de 1919 Renault loue puis rachète les terrains du Comte de Lambert et des autres propriétaires, mais il ne parvient pas à acquérir une parcelle qui appartient à un certain M. Galice, un polytechnicien qui méprise Louis Renault. En attendant de pouvoir construire sur l’île, il y crée un club nautique qui formera des sportifs célèbres et il met en place des jardins ouvriers.

Entre 1919 et 1927 d’important travaux sont réalisés sur l’île : rehaussement de 3 à 6 mètres pour échapper aux crues récurrentes, ce qui nécessite quelques 500 000 m³ de terre et de gravas amenés par bac et répartis à l’aide d’une voie ferrée construite à cet effet en bordure de l’île, puis consolidation du sol par enfoncement de milliers de pieux en béton. Tous ces travaux sont financés avec les fonds propres de Renault.

En 1928 Renault dépose une demande de construction d’une usine sur l’île. On commence par la lui refuser, en lui indiquant que les lieux devaient être réservés à la création d’espaces publics. Mais suite à l’annonce par Renault des frais colossaux déjà engagés, remboursables en cas d’expropriation, et de la menace de délocaliser son industrie en cas de refus, le permis est finalement accordé.

 En 1929 l’organisme de gestion des eaux de la Seine demande l’élargissement de la passe entre l’île Seguin et l’île St-Germain pour faciliter la navigation et l’écoulement, ce qui diminue notablement la largeur utile de la pointe amont de l’île.  En contrepartie Louis Renault obtient l’autorisation de consolider les contours de l’île en maçonnerie à 2,5 mètres au dessus de la Seine et de construire sur le domaine public une passerelle au dessus de la Seine devant la propriété Galice afin de relier ses deux parties de terrain, ce qui permet de relier le reste de l’île à la Centrale thermique qui sera construite sur la pointe avale.

A la suite, la construction du pont Daydé permet outre l’accès direct à l’île depuis Billancourt, l’alimentation électrique, l’arrivée d’eau potable, le retour eaux usées et le passage d’une voie ferrée reliée au réseau public. Dans le même temps est construit le pont Siebert qui relie l’île à Meudon.

En 1929 c’est la crise économique mondiale et on constate une baisse des ventes de voitures mais grâce à la diversité de la production de ses usines, Renault évite la faillite. L’usine moderne construite sur l’île doit permettre de retrouver la rentabilité perdue mais le manque de place, impose de construire sur quatre étages, ce qui complexifie la fabrication, d’autant que la production est très diversifiée, incluant en plus de modèles populaires des voitures de grand luxe à faible cadence, des autorails, des camions….

Une piste d’essai est rajoutée en 1934 en sous-sol.

La modernité des installations est mise en valeur par le tournage d’un film sur la chaîne de montage, des visites d’usine par des journalistes et des politiques, des publicités avec le slogan accrocheur « Renault l’automobile de France ».

Louis Renault engage le photographe Doisneau, qui deviendra célèbre pour ses clichés parisiens, pour faire des photographies artistiques des installations de l’entreprise et en assurer la publicité. En 1939 est créée la première revue d’entreprise dont les premières couvertures sont des vues de la pointe amont et aval de l’île.

Lorsque la guerre éclate Louis Renault part quelques semaines aux Etats-Unis pour tenter d’y implanter une usine de chars mais sans succès. Il revient en septembre 1940 lorsque l’usine est réquisitionnée par les Allemands. On y fabrique alors du matériel militaire (camions, voitures, moteurs d’avions et engins blindés) ce qui entraînera plusieurs bombardements par les Anglais et les Américains en mars 1942, en avril et septembre 1943 provoquant à chaque fois plusieurs centaines de morts.

A la libération de Paris, Louis Renault, malade, sera incarcéré en septembre 1944 pour commerce avec l’ennemi et décédera quelques semaines plus tard dans des conditions troubles. Les usines sont réquisitionnées puis nationalisées à la Libération et on y lance la production de la 4CV étudiée en secret pendant la guerre. La production est simplifiée en passant à un modèle unique produit en masse.

Renault est alors la plus grande usine de France avec 30 000 employés. L’usine devient en même temps un bastion du syndicalisme, notamment pendant les événements de mai 1968.

 En 1947 la veuve Galice vend son terrain et apparaît le projet Laprade qui vise à aménager la pointe aval de l’île. L’île est cette fois complètement bâtie.

En 1961 la R4 remplace la 4CV et en 1967 on ajoute aux bâtiments un cinquième étage pour moderniser les installations de peinture. Entre 1981 et 1984, l’usine est totalement réaménagée pour la moderniser : robots, convoyeurs aériens, postes ergonomiques, etc. On doit également injecter des tonnes de béton pour stabiliser le sol qui s’était enfoncé au fil du temps. On y lance la fourgonnette Express qui succède à la R4. Depuis les années 1980 Renault est en grande difficulté financière et finalement en février 1989, le gouvernement Rocard annonce la fermeture de l’usine qui, enclavée, avec un schéma de production beaucoup trop complexe, n’est pas compétitive. L’activité cessera totalement en mars 1992.

V – L’ère moderne.

A la suite de l’arrêt des activités de Renault la société Anonyme d’Economie mixte Val de Seine (64% la ville de Boulogne, 26% les Hauts-de-Seine et 10% la Caisse des Dépôts et Consignation) est créée afin de racheter l’île et gérer le projet post-Renault. Dans un premier temps Renault consulte plusieurs grands architectes, comme Renzo Piano ou Alexandre Chemetov, qui proposent tous de réutiliser au moins partiellement les bâtiments existants. Une polémique surgit peu après entre les partisans d’une conservation de l’existant comme témoin du passé ouvrier de l’ile et les partisans d’une refonte totale du bâti, ce qui aura pour effet de retarder les décisions. Finalement en 2000 est annoncé le projet de la Fondation Pinault qui souhaite créer un centre d’exposition pour sa collection d’art contemporain. En plus de la Fondation Pinault, l’île doit accueillir des administrations comme l’Institut National du Cancer ou l’Université Américaine de Paris.

Cependant, ces projets ne sont pas très rentables et rien n’est réellement entrepris. Face à ces lenteurs François Pinault renonce et part implanter sa fondation à Venise. Face à cette situation, un nouveau projet est lancé en 2008 qui prévoit un jardin des sculptures au centre et des activités de services qui doivent générer des recettes fiscales sur le reste de l’île. Cependant, un changement de majorité à la Mairie de Boulogne entraîne la désignation d’un nouvel architecte, Jean Nouvel dont le projet prévoit beaucoup d’espace construit, cinq tours de bureaux dont une de 120 mètres de haut. Le projet est vivement contesté par les riverains et un nouvel PLU est adopté afin de limiter la hauteur maximum constructible à 50 mètres.

Un nouveau projet est lancé et donne enfin naissance à la Seine Musicale construite sur la pointe aval et livrée en avril 2017. La partie centrale de l’île est acquise par Vivendi qui doit y implanter un campus dédié aux médias du numérique et des équipements sportifs. L’extrémité amont gérée par la société Emerige devrait recevoir notamment un hôtel de luxe et un centre d’art multiplex.

CONCLUSION

L’île Seguin a depuis le Moyen-âge connu une histoire mouvementée et appartenu à de nombreux propriétaires privés ou publics. Si elle a souvent été le siège d’activités économiques comme la blanchisserie industrielle, les tanneries ou plus récemment l’industrie automobile de Renault, elle a été au XIXe siècle le cadre bucolique de nombreux peintres notamment Paul Huet. De nos jours elle reprend son rôle culturel avec la construction de la Seine Musicale qui accueille de nombreux concerts et spectacles.

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