ARTS ET MUSIQUE DE LOUIS XIV A NOS JOURS

Thèmes: Arts, Musique                                                                                                                                            Mardi  05 JANVIER 2016

ARTS ET MUSIQUE DE LOUIS XIV A NOS JOURS

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par Madame Janine VICTOR, pianiste, soliste de la Radio et professeur honoraire des Conservatoires Municipaux de Paris.

Madame Victor nous fait traverser quatre siècles d’histoire de la musique tout en nous rappelant les grands chefs d’oeuvre de la littérature et de la peinture de cette même période. Madame Victor nous fait écouter un extrait d’une célèbre oeuvre musicale qui illustre chaque époque évoquée. Ainsi la conférence débute t-elle par un extrait d’une oeuvre de Lully, musicien de Louis XIV et se clôture t-elle par un extrait de la bande originale « Les demoiselles de Rochefort » composée par Michel Legrand. Nous avons également le plaisir d’écouter des extraits de Bach, Haendel, Mozart, Beethoven, Chopin, Debussy, Fauré et Ravel.

I – Sous le règne du Roi-Soleil

En 1660 Louis XIV a vingt deux ans et la France rayonne en Europe. Louis XIV illumine la cour de Versailles et Lully le fait danser sur des menuets et des sarabandes. Lully est le véritable fondateur de l’opéra en France en créant des ballets de cour et des comédies-ballets avec Molière autre grande figure de l’époque. Racine triomphe avec des tragédies comme Phèdre ou Andromaque qui sont jouées par des filles de bonne famille mais ruinées. Par ailleurs, Madame de Sévigné se plaît à écrire sur les ragots de la Cour et la vitalité du Roi. Militairement la France est en continuelle guerre car le Roi Soleil cherche à asseoir son pouvoir en Europe. Les guerres font de tels ravages que le Roi fera construire l’Hôtel des Invalides en vue d’assurer un asile aux soldats mutilés. De son côté Bossuet tonne contre les turpitudes des courtisans et prône le retour à une vie plus morale.

Les XVIèm et XVIIèm siècles verront des peintres fabuleux, Véronèse, de Vinci et Michel Ange avec la chapelle sixtine en Italie, Velazquez le peintre de Philippe IV en Espagne et, Rubens et Rembrandt aux Pays-Bas.  En 1715 c’est la mort de Louis XIV dans d’horribles souffrances.

II – Le XVIIIèm siècle.

Dans le monde des arts, le XVIIIèm siècle se caractérise par son raffinement. En peinture on peut admirer les tableaux de Watteau et ses fêtes galantes ou ceux de Gainsborough et ses paysages préromantiques. Les grands musiciens du siècle sont Bach en Allemagne, Haendel en Angleterre et Scarlatti en Italie. Ils sont les plus célèbres représentants de la musique baroque.

Jean Sébastien Bach est né en 1685. Il est organiste et compose une musique riche et savante, quasi mathématique. Son oeuvre est gigantesque et se compose de concertos, préludes, sonates et fugues. Haendel est contemporain de Bach et bien qu’allemand il a toujours vécu et composé en Angleterre. Son oeuvre est elle aussi très abondante et comporte des pièces pour orgue, clavecin, des pièces orchestrales et des opéras. La mort de Bach en 1750 termine l’époque baroque.

En Russie, Catherine la Grande est fascinée par la culture française et invite à Saint Pétersbourg des philosophes en vogue tels Voltaire et Dalambert. Toute la vaisselle du palais est commandée à la manufacture de Sèvres et on parle français à la Cour.

Le milieu du siècle voit la mort de Bach et en 1756 c’est la naissance de Mozart. Sa musique est pure et majestueuse. Wolfgang Amadeus Mozart est un génie qui compose sa première oeuvre à six ans. En proie, la plupart du temps, à de graves soucis matériels, il s’épuise rapidement dans un labeur acharné et meurt en 1791 dans la misère.  Parmi ses plus grandes oeuvres on peut citer les opéras « Les noces du Figaro », « Don Giovanni » ou « La flûte enchantée » ou les symphonies n°40 et n°41. A la mort de Beethoven en 1827 s’annonce le romantisme musical.

A la fin du XVIIIèm siècle la violence éclate avec la révolution. Marie-Antoinette connaîtra l’horreur de voir mourir toute sa famille.   

En 1770 naît Ludwig van Beethoven. La nouveauté de ses rythmes et de ses constructions s’exprime à travers trois grands genres : la symphonie, la sonate et le  quatuor. Parmi ses oeuvres les plus connues l’opéra « Fidélio » et les symphonies n°5 n°9 avec choeurs. Son existence, tourmentée par de multiples difficultés matérielles et morales, fut assombrie par la surdité à partir de 1800. Il introduit massivement les instruments à vent et les cuivres dans ses oeuvres et il ouvre la voie aux grandes symphonies de Wagner.

III – Le XIXèm  siècle.

En ce tout début de XIXèm Napoléon Ier devient empereur en 1804. Jacques Louis David peindra un magnifique tableau de son sacre. Avec Napoléon Ier l’Etat est réformé et restructuré, le code civil est rédigé. En 1809 il répudit Joséphine de Beauharnais et épouse en 1810 Marie-Louise de Habsbourg, fille de l’Empereur d’Autriche.  Napoléon mettra l’Europe à feu et à sang mais subira en Russie une défaite cuisante près de la Berezina restée célèbre.

C’est aussi au début du XVIIIèm que naissent Johann I Strauss, Chopin et Liszt, et on peut inclure dans ce groupe de compositeurs Schubert bien que né en 1797. La période romantique débute en musique mais aussi en littérature avec des écrivains tels que Hugo, Musset ou Lamartine. En peinture on peut citer Delacroix qui utilise des couleurs vives qui permettent d’exalter les sentiments.

Richard Wagner naît en 1813 et sera le musicien de Louis II de Bavière qui lui permettra de construire un théâtre à l’acoustique révolutionnaire conçu pour ses oeuvres dont les plus célèbres sont « Le vaisseau fantôme » et la tétralogie « l’Anneau du Nibelung ». Brahms est un autre romantique né en 1833, il y a dans son oeuvre une force surtout étayée par les instruments à vent.

En 1860 la France est sous le règne de Napoléon III, petit-fils de Joséphine de Beauharnais. C’est le début de l’ère industrielle et de l’immobilier de luxe symbolisé par le Baron Haussmann. Economiquement et socialement la grande bourgeoisie remplace l’aristocratie. Les auteurs en vogue sont Baudelaire, Verlaine, et Mallarmé.  A partir des années 1880 on peut admirer les peintures des impressionistes Monet, Manet ou Renoir qui inspireront Ravel, Debussy ou Fauré. Gabriel Fauré compose une oeuvre où est exaltée la délicatesse des sentiments et l’ambiance feutrée des salons du XVIIIèm siècle. Maurice Ravel d’origine catalane est toujours inspiré par l’Espagne comme le montre son « Boléro ».   

Dans cette deuxième partie de XIXèm siècle éclatent de nombreux talents en Russie dont Tchaïkovski auteur notamment de ballets tels « Le lac des cygnes » et « Casse-noisette » qui seront dansés au Bolchoï devant le tsar. En littérature des écrivains comme Tolstoï et Dostoïevski décrivent à merveille la société russe. Quand au musée de l’Ermitage, agrandi par Nicolas Ier, il regorge de trésors.

IV – Le XXèm siècle.

En 1900 les Français ont oublié la défaite de 1870 et veulent s’amuser. La misère décrite par Zola de la fin du siècle passé ne préoccupe plus et c’est le temps des bals musette et de l’insouciance. Montmartre avec ses artistes souffle un vent de nouveauté dans les arts. C’est le début du cubisme avec Picasso et Braque. Dans les cabarets on danse le cancan. La littérature aussi se renouvelle avec des auteurs comme Breton et Eluard.

A la fin de la Grande Guerre, c’est l’explosion du cinéma, un nouvel art est né. Hollywood avec ses stars comme Rudolph Valentino, Charlie Chaplin, Gloria Swanson et Louise Brooks  devient la capitale du 7èm art. Avec l’avènement du parlant de nouvelles stars apparaissent, Greta Garbo, Marlène Dietrich, Bette Davis, et font rêver le monde entier.

De nouvelles musiques, venues du nouveau monde apparaissent dans les années 1920. A Buenos Aires c’est l’explosion du tango et en 1925 naît à New York le Cotton Club, temple du jazz, musique héritière du blues et des chants gospels des esclaves noirs du Sud. Le jazz gagnera ses lettres de noblesse avec des musiciens comme Louis Amstrong, Sydney Bechet ou Duke Ellington. Le charleston est adopté par tous les danseurs du moment.

En Russie, les ballets du Bolchoï connaissent un grand succès avec des danseuses étoiles comme la Pavlova.

En 1930, Maurice Chevalier est au faîte de sa gloire et se produit au Casino de Paris. Joséphine Baker provoque une révolution en faisant son entrée en scène avec pour tout costume une ceinture de bananes. C’est également l’âge d’or des comédies musicales dont le couple Astaire-Rogers sera la plus brillante incarnation. A partir des années 1930 les musiques de film prennent aussi une importance croissante et Gershwin leur donne leurs lettres de noblesse. Juste avant la guerre, Arletty marquera le cinéma français avec ses célèbres répliques dans « Hôtel du Nord ». En 1939 Charles Trénet chante lors des derniers jours de paix avant que n’éclate la seconde guerre mondiale. Après 1945 on peut noter l’orchestre de Glenn Miller aux Etats-Unis et en France le compositeur Michel Legrand qui a composé un grand nombre de musiques de film dont « Les demoiselles de Rochefort ».

V – Les musiques du monde.

Quand on pense à la musique espagnole l’opéra « Carmen » de Bizet nous vient à l’esprit. Mais on peut également évoquer Isaac Albéniz qui créera l’oeuvre « Iberia » ou le compositeur Manuel de Falla qui rénova la musique espagnole. Sa plus célèbre composition reste « Nuit dans les jardins d’Espagne ». Autre spécificité espagnole, le flamenco qui est né sous les talons des gitans de Grenade. Dans les thèmes de flamenco la passion est exaltée et la femme se prête elle ne se donne pas. C’est le pendant féminin de Don Juan.

Sur le continent américain, diverses musiques naissent. Au Brésil lors des carnavals la samba a une place de choix et apparaît également la bossa nova. En Argentine le tango est roi. Né dans les bas fonds de Buenos Aires il se diffuse partout et connaît un grand succès dans le monde. A Cuba, les influences africaines donnent naissance à la salsa et à la rumba, devenues des musiques typiques des caraïbes.

En Europe, on peut écouter les musiques tziganes originaires de l’Inde et qui ont subies diverses influences locales en Europe centrale. Parmi ces musiques celle des Juifs de Hongrie ou de République tchèque et qui ont été utilisées notamment pour le célèbre film « Rabbi Jacob ».

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