Thèmes : visite.
Visite du mardi 21 juin 1988.
Dernière sortie avant les vacances. Il fait beau. Deux cars démarrent de Garches pour Conflans-Sainte-Honorine où nous attend le River’s King.

Nous embarquons. Vers 10 h 30, le capitaine lève l’ancre.
Conflans-Sainte-Honorine est la véritable capitale de la batellerie.

Le site de Conflans-Sainte-Honorine, capitale de la batellerie.
Il y a très longtemps, seul le nom de Conflans (déformation de confluent) désignait ce lieu, mais au IXème siècle, afin de soustraire à la convoitise des Normands les reliques de Sainte-Honorine, celles-ci furent transportées en amont jusqu’au confluent de l’Oise.
La présence des reliques suscita la création d’un pèlerinage, et Conflans devint Conflans-Sainte-Honorine.
Au XIXème siècle, Conflans-Sainte-Honorine est une plaque tournante de l’affrètement non seulement sur la Seine, mais aussi pour tout le réseau de voies navigables du quart Nord-Ouest de la France.
En aval de Conflans-Sainte-Honorine, Andrésy est aussi une cité batelière.

Ce village était, sous la domination romaine, le port d’attache d’une flotte de guerre chargée de surveiller les voies fluviales de la Gaule du Nord.
Nous passons devant Achères où est implantée une station d’épuration biologique. Conçue en 1929, elle fut réalisée par tranches successives dans le but d’épurer les eaux usées d’une grande partie de l’agglomération parisienne. Aux abords de celle-ci commencent les champs d’épandage créés au XIXème siècle pour recevoir les eaux usées de Paris.
Un méandre de la Seine, commencé au confluent avec l’Oise, se termine en amont de Meulan. En son creux, Poissy, ville natale de Saint-Louis, a vingt siècles d’existence.
Une société d’équipements mécaniques, puis la société des automobiles Ford construisirent des ateliers en bordure de Seine ; cette présence entraîna l’installation de nombreuses usines d’équipement automobile et de mécanique de précision. Du bateau, on aperçoit le clocher de l’église de Poissy.
Avant d’atteindre Meulan, la Seine borde Villennes et Médan sur sa rive gauche, Triel-sur-Seine et Vaux-sur-Seine sur sa rive droite.
L’île de Villennes, jadis inhabitée, fut transformée en un grand centre de tourisme et de loisirs auquel on n’accède qu’en bateau ; le château de Médan vit passer en ses murs de nombreux poètes, surtout au temps de Jean Brinon, Châtelain de Villennes et Médan, ami de Ronsard et des membres de la Pléiade.
Émile Zola possédait une maison dans le village de Médan. Il y recevait ses amis dont Guy de Maupassant. Là furent écrits ses principaux ouvrages.
Par une échancrure de verdure, apparaît la tour carrée de l’église de Triel-sur-Seine, monument de la fin de l’époque gothique et du début de la Renaissance.
Meulan est une cité aux origines celtiques fort anciennes. Dès le Haut-Moyen-Age, des remparts furent élevés et au Xème siècle un pont de 13 arches fut lancé entre Meulan et l’île principale. Deux siècles plus tard, l’autre bras de la Seine était franchi. Bientôt une ferme fut construite dans l’île principale tandis que Meulan devenait le siège d’un gros marché pour les paysans du Vexin.
Sur l’autre rive, Les Mureaux. Les Mureaux, dont le site fut occupé dès les débuts de la période historique, forme un village éloigné du fleuve. Au XIème siècle, une véritable migration fit abandonner ce premier emplacement pour un second plus proche de la Seine ; après le XIIème siècle, les deux ponts firent communiquer la cité nouvelle avec Meulan dont l’île du Long Boyau est fortifiée (d’où l’appellation actuelle : Le Fort). La localité des Mureaux restera cependant de peu d’importance : moins de mille habitants jusqu’au Second Empire, puis la croissance commence : 2 150 habitants en 1896, 5 000 en 1936, plus du triple aujourd’hui. La plaine basse et alluviale accueillera au XXème siècle des industries, non sans qu’une cité créée de toutes pièces naisse entre la voie ferrée et le fleuve : Elisabethville (Elisabeth, Reine de Belgique).
La ville des Mureaux accueillit au XXème siècle des industries dont la Société Aérospatiale.
Un peu plus loin, Porcheville, où l’abondance de l’eau a favorisé l’implantation d’une importante centrale électrique.

C’est en dégustant un apéritif, création du River’s King, et pendant le déjeuner, que nous admirons ces paysages variés.
Soudain, sur la rive Gauche, une paroi blanche, verticale : les carrières de Guerville, exploitées par des entreprises de fabrication de ciment. Le ciment utilisé pour la construction du pont Alexandre III à Paris venait de Guerville par péniche. Un port équipé occupe la berge.
On arrive à Mantes-la-Jolie.
Sur la Vaucouleurs (petit affluent de la Seine), 12 moulins tournaient au début du XIXème siècle. Il n’en reste que deux en activité moins de cent ans plus tard.
La meunerie fit alors place à la briqueterie et à la tuilerie, tandis que des scieries mécaniques, fonctionnant à partir de l’énergie de l’eau, fournissaient le bois de construction nécessaire au développement des villes. Bientôt se créa une industrie nouvelle, la lutherie. Le bois servit aussi à la fabrication des stores. La fabrique s’était installée sur les bords de la Seine, mais dut se replier sur le plateau en raison des crues.
La construction de la Collégiale Notre-Dame commença en 1170, et s’est étendue jusqu’au 13ème siècle.

Cette église inspira Corot dont le « Pont de Mantes » est à son œuvre ce que le « Pont de Moret » est à celle de Sisley.

Sur le plateau du Vexin, à Limay, sur l’autre rive, Charles V fonda un couvent occupé par les Célestins.
C’est l’époque où les côteaux étaient plantés de vignes.

Après Mantes, la Seine redevient rurale. Finies les grandes agglomérations. Des villages se succèdent ; Rosny-sur-Seine, son château et le souvenir de Sully, Rolleboise qui doit son nom à Rollon, chef normand, Méricourt et son barrage, Mousseaux-sur-Seine, Lavacourt et Moisson qui entourent une base de loisirs, puis Freneuse, Bonnières-sur-Seine, Jeufosse et Port-Villez.
A partir de Vétheuil, la falaise de craie réapparait. Une falaise ravinée, blanche, inhospitalière, que ponctuent, ici l’église de Vétheuil, là l’une des rares églises troglodytiques, au milieu d’autres habitations similaires, à Haute-Isle, où Boileau vint plusieurs fois.
Notre croisière se termine à la Roche-Guyon.
Son château s’insère entre cette falaise et la Seine.
C’est d’ici que fut tirée la pierre nécessaire à la construction de plusieurs monuments parisiens : l’Arc-de-Triomphe, l’église de la Madeleine, le Pont d’Iéna. Le pont de pierre de Rouen fut construit également de cette pierre au grain très fin que des chariots conduisaient jusqu’à la Seine pour charger les bateaux qui la porteraient à destination.
Cette mini-croisière sur la Seine a permis à tous d’admirer des paysages typiques d’Ile-de-France où le souvenir des poètes, des peintres, mais aussi celui des bâtisseurs était présent. Notre environnement immédiat était celui de l’avenir, puisque de jeunes enfants faisaient partie de cette promenade et ne manquaient pas de s’enthousiasmer avec force tout au long de la journée.
Après les jeux et les rires des écoliers, on quittait le bateau, heureux de se retrouver au calme d’une nature apaisante.
Après avoir fait un petit tour à pied dans la Roche-Guyon, nous rentrons à Garches par la « Route des crêtes ». Cette route offre de très beaux points de vue sur la Vallée de la Seine.
Vers 18 h 30, nous sommes à Garches.
Bonnes vacances à tous !
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Au cours de la réunion de la Commission Permanente du 27 septembre dernier, Monsieur Brichard a présenté au nom de Monsieur Labigne la motion suivante :
« Au moment où les circonstances ont conduit Madame Chamond à renoncer à ses responsabilités au sein du C.D.I., les membres de la Commission Permanente tiennent à lui exprimer leur sympathie et leurs vœux de réussite dans ses nouvelles fonctions, ainsi que leur gratitude pour sa collaboration efficace au développement du Cercle ».
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