Projection de films

Thèmes : cinéma, sciences.
Conférence du mardi 26 janvier 1982

Séance consacrée à la projection de films

Le Mardi 26 janvier, quatre films ont été présentés à une soixantaine d’adhérents du Cercle de Documentation et d’Information :

  • 2 films de la Société ESSO : 1 et 2 : La France vue du ciel.
  • 2 films de Marcel Sire :
    • Le développement de l’embryon de poulet,
    • Et la Terre cessa d’enfanter.

 

I. LA FRANCE VUE DU CIEL.

1. Le jardin de la France.

Nous survolons en hélicoptère d’abord la Vallée de la Loire et de ses affluents et les grands Châteaux de France ; celui d’Amboise qui domine la vallée, le Lude et ses tours, Chaumont avec ses toits en poivrière, Luynes sur le coteau avec son château édifié au XIIIe siècle plusieurs fois remanié.

Chaque vallée a ses joyaux.

Bord du Cher où Villandry expose ses jardins géométriques, méandres de la Creuse où veille l’Abbaye Romane de Fontevrault, remarquable spécimen de l’art religieux.

La vallée de la Mayenne dominée par le château de Laval.

Sur la Maine, Angers et les tours rondes de son château.

La vigne, richesse de tout le pays de Loire, sur les coteaux qui s’étagent depuis Sancerre (vin de Sancerre) jusqu’à Nantes (Muscadet) en passant par Bourgueil, Vouvray et l’Anjou ; l’arboriculture s’enrichit des derniers progrès de la technique.

Le paysage bucolique se révèle comme une véritable tapisserie.

Des sites mélancoliques et pittoresques : Nohan où George Sand vint achever ses jours.

La Sologne, domaine de la chasse ; à Cheverny, le château sévère et digne abrite un musée de la vénerie.

Blois : son histoire pendant plus d’un siècle se confondit avec celle de la royauté.

Bourges est fière de sa merveille gothique, l’Hôtel Jacques Cœur.

Le Château d’Argy et celui de Mehun, émouvant rappel du passé berrichon.

Poitiers, limite géographique et historique, constitue la halte la plus méridionale de notre grand jardin. Au-delà, c’est l’Aquitaine. Citons encore Chinon, lourde forteresse.

De la cathédrale du Mans, on perçoit l’écho des « 24 heures du Mans ».

L’Abbaye de Solesmes toute proche.

Saumur et son château du XVe siècle.

Déjà province maritime, la riche Vendée gagne sa terre sur les eaux.

Les Sables-d’Olonne dont le seul nom évoque les vacances.

Saint-Gilles avec son étendue dorée sous le soleil.

Saint Jean-de-Monts et sa plage rectiligne.

Joies de la mer et du sable qui contrastent avec la forteresse rocheuse de l’Ile d’Yeu.

Les vacances, c’est aussi Noirmoutier.

Les calmes plans d’eau sont aussi d’immenses réservoirs d’énergie, tel le barrage d’Eguzon qui alimente des tries.

L’électronique à Angers, les manufactures de Châteauroux, l’industrie automobile au Mans ou celle des pneumatiques à Tours, sont autant de témoins d’une économie moderne active.

Nançay et son gigantesque radar, c’est déjà l’an 2000, comme ce monde de l’atome qui s’établit à la Centrale de Saint Laurent des Eaux sur la Loire.

Par un lac artificiel qu’alimente le Cher, nous atteignons Tours, centre touristique et nœud de communication.

Cruellement éprouvée par la guerre, mais conservant miraculeusement sa cathédrale Saint-Gatien, Tours a relevé ses ruines.

Val de Loire, le Château de Ducey évoquant le palais de la « Belle au Bois Dormant ».

Château de Langeais ; musée médiéval et Valençay résidence de Talleyrand.

L’inattendue pagode de l’amitié élevée à Chanteloup par Choiseul.

Blotti entre les arbres, le ciel et l’eau, Azay-le-Rideau.

Chenonceaux, qui ne se lasse jamais de ses reflets dans l’eau.

Chambord, le magnifique, flamboyant bouquet de tours.

Un grand jardin où les hommes ont aimé vivre.

Berceau d’un humanisme serein, carrefour de richesses et de beauté, tel est notre grand jardin de France.

 

2. Le Sud-Ouest de la France.

Le Sud-Ouest, un golfe qui étale ses terres, entre les pourtours du Massif-Central, les collines de l’Angoumois et les collines des Charentes.

Une longue côte sableuse, que borde au Sud la Bidassoa parvenue au terme de son cours, et les Pyrénées.

C’est un très vieux pays que l’homme rechercha de longue date, comme en témoigne la multitude de sites préhistoriques, Lascaux, Cro-Magnon.

Dans ce golfe où régna la paix romaine, naît et se développe, après les invasions arabes et normandes, une civilisation à la vraie mesure de l’homme ; celle de l’art roman aves ses dômes, ses cloîtres … et l’art gothique avec la cathédrale d’Albi.

L’antagonisme des comtes de Toulouse et du roi de France, des Anglais et des Français fit éclore un grand nombre de cités neuves, les bastides, comme Villeneuve sur Lot.

Les plus anciennes ont conservé leur caractère médiéval : Foix, Cahors avec le pont Valentré.

Les deux métropoles de ce pays sont Bordeaux l’océane et Toulouse la terrienne.

A Bordeaux, la cathédrale St André et sa tour isolée. La ville doit son essor à la richesse de terroir et au commerce maritime.

Toulouse est aussi une cité commerciale, où le foisonnement des églises et des palais témoigne d’une tradition religieuse, intellectuelle et artistique.

De par la volonté des hommes est née la plus grande forêt de France, celle des Landes, favorisant l’implantation de complexes industriels. Des cultures nouvelles apparaissent comme celle du maïs.

A Lacq un immense réservoir d’hydrocarbures gazeux a été mis en exploitation.

25 mars 1954 : le 1er puits de Parentis se révéla producteur de pétrole.

La Rochelle est l’héritière d’une très vieille tradition maritime.

Bayonne dont le port est un centre d’échanges commerciaux importants.

Saint-Jean-de-Luz, dont les pêcheurs, dès le XIème siècle, apprirent au reste du monde à pêcher la baleine. Il y a 100 ans s’échoua sur cette côte un navire chargé d’huîtres portugaises. Le naufrage fut bénéfique au bassin d’Arcachon où l’ostréiculture compte plus de 3000 parcs. L’île d’Aix, les parcs à moules de l’Ile d’Oléron.

Dès l’époque romaine, la vocation viticole du pays s’affirma : de Bordeaux jusqu’aux vignobles de Cahors, Gaillac, Montbazillac, St Emilion, et le vignoble des Sauternes …

L’Armagnac a ses foudres et Cognac ses alambics.

Les collines verdoyantes du merveilleux pays basque, Tarbes, Rocamadour, halte prestigieuse sur la route de Compostelle, Lourdes illustre sanctuaire où viennent se recueillir les pèlerins du monde entier.

Charmes des sites historiques : Brantôme.

Beauté des Pyrénées : avec ses sommets, ses lacs (celui d’Artouste à 1964m d’altitude) et enfin le cirque de Gavarnie.

Ce vieux pays, tourné vers l’avenir, cultive, pour ceux qui l’aiment encore, le plus utile des arts : l’art de vivre.

 

II. Le développement de l’embryon de poulet, film réalisé en 1961 par Monsieur Sire.

Ce film a été conçu pour les élèves des classes terminales, ou des classes préparatoires aux grandes écoles, élèves qui avaient déjà des notions d’embryologie.

Avant la projection du film, Monsieur SIRE a présenté quelques schémas explicatifs.

 

a. Schémas.

Le schéma n°1 représente une coupe longitudinale d’un œuf. On peut y voir, le jaune, le blanc, la chambre à gaz, le germe constitué d’un amas de cellules, qui s’est développé dans le corps de la Poule avant la ponte.

Son évolution reprendra lors de l’incubation et donne ra naissance au disque germinatif.

Ce germe est sous la membrane qui entoure le jaune (= vitellus).

Le jaune est monté sur une espèce de tourillons, sur la gauche et sur la droite, autour duquel il peut tourner. Quelle que soit la position que l’on donne à la coquille, le germe est grâce à cela toujours situé dans le haut de l’œuf.

Le schéma n°2 nous montre le disque germinatif à la 14ème heure. On y distingue 3 zones ; l’aire transparente, l’aire opaque, l’aire vitelline qui s’étendra sur le jaune.

La ligne primitive va conditionner le développement de l’embryon. Elle est perpendiculaire à l’axe de l’œuf ; ce sera la position de l’embryon dans l’œuf.

SCHÉMA 2. Disque germinatif (blastoderme)
14ème heure d’incubation

Le schéma n°3 est celui de l’embryon à la 26ème heure. Dans l’aire transparente, qui est au centre du schéma, on voit l’embryon avec une partie antérieure renflée, une indication de la future moelle épinière (lames médullaires), les somites, c’est à dire les pro-vertèbres et, dans le bas, ce qui reste de la ligne primitive.

En haut et en bas du schéma, l’existence des 2 croissants est tout à fait remarquable.

SCHÉMA 3. 26ème heure

Ce sont 2 protubérances qui vont se rejoindre au-dessus de l’embryon, et former une poche = la cavité amniotique dans laquelle se trouve l’embryon. Autour de l’aire transparente se trouve l’aire opaque.

Le schéma n°4 représente une coupe transversale qui nous montre la format ion de la cavité amniotique.

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SCHÉMA 4. Coupe transversale.

On voit en haut à gauche et à droite les 2 croissants qui vont se rejoindre suivant les 2 lignes pointillées. Deux autres annexes se développent : celle du sac vitellin qui va entourer le jaune et celle de l’allantoïde, issue du futur tube digestif.

Le schéma n°5 représente l’embryon à 7 jours.

Il se couche sur le côté gauche. Il est toujours perpendiculaire à l’axe de l’œuf. On distingue deux seaux sanguins celui du sac vitellin et celui de l’allantoïde. L’allantoïde, le sac vitellin et l’amnios se rejoignent et forment le cordon ombilical qui aboutit à l’embryon.

Le schéma 6 représente l’embryon de 68 heures. On remarque sa tête avec un développement important de son œil, les vésicules de l’encéphale, les fentes branchiales, la moelle épinière, les somites, le cœur sous la tête. Le cœur a la forme d’un tube et se trouve à l’extérieur de l’embryon. Figurent aussi des vaisseaux importants.

Sur le schéma 7, l’embryon s’est développé. Son œil est particulièrement grand. On voit le bec, l’ébauche des ailes et des pattes, le sac vitellin et l’allantoïde.

SCHÉMA 5. 7 jours.

SCHÉMA 6. 68 heures.

 

SCHÉMA 7.

 

b. Le film.

L’incubation artificielle des œufs est faite dans une étuve ventilée dont la température est maintenue entre 38 et 39°.

Pour les examens, une fenêtre est percée dans la coquille.

L’œuf préparé est posé sur quatre pointes enfoncées dans une planche lestée. On le plonge dans l’eau à 39°, salée à huit pour mille.

14 heures d’incubation : La cicatricule présente une zone centrale claire, l’aire transparente parcourue par la ligne primitive qui définit l’axe du futur embryon.

A un plus fort grossissement, on la voit entourée d’une région plus sombre, l’aire opaque. Autour s’étend l’aire vitelline. L’ensemble du disque ou blastoderme s’est développé sous la membrane du jaune qu’il faut inciser afin de libérer le blastoderme pour l’examiner.

20 heures d’incubation : Le blastoderme est agrandi. Au centre, une structure est visible avec deux croissants antérieur et postérieur qui marquent les limites de l’aire transparente.

25 heures d’incubation : Un embryon de 25 heures a été coloré. On distingue le contour de la tête, les 2 lames médullaires, huit paires de somites. Une heure plus tard, même structure ; cependant, dans la région céphalique, on découvre la première vésicule cérébrale.

27 heures d’incubation : Le blastoderme ne cesse de s’agrandir. Il montre au centre l’aire transparente avec l’embryon. Un plus fort grossissement permet de distinguer l’ébauche céphalique.

31 heures d’incubation : Dans l’aire transparente une trainée longitudinale plus claire correspond à l’embryon que l’on distingue parfaitement.

32 heures d’incubation : De part et d’autre de la 1ère vésicule cérébrale on voit les 2 vésicules optiques.

2 jours d’incubation : Le blastoderme recouvre près de la moitié de la surface du jaune ; celui-ci change d’aspect et devient plus fluide. L’aire transparente est toujours limitée par les 2 croissants. L’embryon se couche sur le côté gauche. Les boursouflures de la tête font deviner les diverses parties de l’encéphale. Le cœur a des battements rythmés. Il a la forme d’un tube ondulé. Dans la région médiane on remarque les 2 artères omphalo-mésentériques et la veine vitelline antérieure.

50 heures d’incubation : L’embryon montre de profil les vésicules de la partie céphalique du système nerveux ; le cœur semble pendre à la face inférieure de l’embryon. Les somites sont, par paires, de part et d’autre des 2 lames médullaires.

Vue agrandie de la région de l’embryon d’où partent les 2 artères ; le cœur n’est plus un simple tube, il a plusieurs portions qui se contractent à tour de rôle.

64 heures d’incubation : Un embryon de cet âge, coloré artificiellement, présente le télencéphale et la vésicule optique, le mésencéphale, les 3 fentes branchiales et au-dessus la vésicule auditive, le cœur, ventricule en oreillette au-dessus, puis la chaîne des somites ; l’ébauche du membre antérieur apparaît comme un long bourrelet ; on retrouve les lames médullaires ; enfin l’ébauche des membres postérieurs apparaît elle aussi comme un bourrelet.

3ème jour : Les 2 artères omphalo-mésentériques se ramifient. La moitié antérieure de l’embryon est comme encapuchonnée par une membrane, l’amnios.

4ème jour : Par la fenêtre de la coquille, on aperçoit l’embryon couché sur le côté gauche, quelque peu enfoncé dans le jaune ; son œil sombre est bien indiqué avec le cristallin plus clair au centre. Le réseau sanguin s’est étendu.

Bien que l’embryon grossisse et que les tissus s’épaississent, on aperçoit encore les battements du cœur. Les examens in situ deviendront de plus en plus malaisés parce que l’embryon est au sein du liquide de la cavité amniotique, que ses tissus s’épaississent et qu’il est de plus en plus difficile de voir au travers.

5ème jour : L’embryon, enveloppé de l’amnios, montre l’œil, le moignon d’une aile, le cœur ; le cristallin de l’œil est clair ; sa cupule est pigmentée. Comme appendu à l’embryon, le jaune ; l’aire vasculaire le recouvre et se raccorde à l’embryon par un cordon. L’aire vasculaire est limitée par le sinus périphérique. Un ballonnet s’échappe de la face ventrale de l’embryon : c’est l’allantoïde. La chambre à gaz s’est agrandie.

6ème jour : L’embryon est enveloppé par l’amnios. En déplaçant l’allantoïde, on voit que le réseau sanguin est différent de celui du sac vitellin qui entoure le jaune.

Un très gros plan de la tête montre que le bec se dessine. Les membres se précisent ; l’embryon a une queue.

8ème jour : Le contenu de l’œuf est jeté sur une assiette. L’embryon est vu en totalité à travers la membrane amniotique. L’œil s’est transformé ; le bec a sa forme définitive, la mandibule supérieure porte le diamant, les membres ont une forme reconnaissable, la queue est en voie de régression.

9ème jour : L’embryon est animé de mouvements parfois violents dans la cavité amniotique. On le sort de la cavité amniotique. Les doigts des membres postérieurs ont pris forme, l’œil et l’orifice de l’oreille externe sont voisins ; des papilles rassemblées en plaques sont régulièrement disposées sur tout le corps. Chaque papille donnera un bouquet de duvet.

10ème jour : L’embryon a grandi aux dépens des réserves du jaune dont le volume s’est considérablement réduit.

La masse de l’albumen est rejetée vers le petit bout de l’œuf.

Du cordon ombilical s’échappe l’allantoïde qui s’est tellement développée que son feuillet externe s’applique sur toute l’étendue de la membrane coquillère interne.

L’embryon à sec est couché sur le dos. La patte a ses 4 doigts bien formés. Les papilles du duvet sont sur le point de se diviser en bouquets de barbes. Les paupières supérieures et inférieures de l’œil se sont rejointes ce qui ferme l’œil jusqu’alors ouvert.

La supérieure est couverte de papilles.

Une coupe longitudinale de la région antérieure d’un embryon de 10 jours montre successivement : un hémisphère cérébral, le cervelet, le bulbe, la moelle épinière, l’œil, la langue.

15ème jour : L’embryon est animé de mouvements. Il est entouré de l’amnios. On incise l’amnios ce qui libère en particulier les barbes du duvet. L’embryon semble sensible à la lumière puisqu’il entrouvre ses paupières. Le jaune est en grande partie digéré.

Le bec toujours muni du diamant est devenu dur ; les doigts ont leur forme définitive. Ils sont munis de griffes.

On devine l’apparition des écailles sur les pattes ; le duvet apparaît sous forme de longs filaments.

De la région ombilicale, sortent des vaisseaux sanguins qui irriguent le sac vitellin et l’allantoïde. On découvre les anses de l’intestin hors de l’organisme. Plaqué contre la coquille, le feuillet externe de l’allantoïde, riche en vaisseaux sanguins.

17ème jour : L’embryon s’agite. Toute trace de blanc a disparu.

20ème jour : Par l’ouverture de la coquille, on aperçoit l’embryon, l’allantoïde, membrane respiratoire, est collée à la face interne de la membrane coquillière interne dont elle est restée indépendante.

21ème jour : La coquille a reçu de son occupant son 1er coup de diamant. Elle est brisée en un point. Le poussin, dans la coquille, effectue entre chaque coup de bec un mouvement léger de rotation. Il arrive ainsi du côté du gros bout à détacher une calotte.

Il déchire les annexes embryonnaires et les membranes coquillières, et bientôt il sera libre de toute entrave. Il chante un faible gazouillis pour célébrer sa venue au jour.

Finalement, il se dégage et se retrouve sur le ventre. Les doigts restent repliés sur eux-mêmes comme ils l’étaient dans la coquille. Il est encore rattaché à la coquille par le cordon ombilical.

Le cordon ombilical est rompu. Le duvet sèche. Les pattes sont à peine assez fortes pour supporter le poids du poussin. Peu à peu, le jeune animal se redresse, le duvet est complètement sec ; les paupières sont ouvertes. Le poussin tient debout. Les doigts bien écartés, il donne son premier coup de bec, puis il piaille.

 

CONCLUSION.

Les Vertébrés se développent suivant deux types :

1. L’un se rencontre chez les Poissons et les Batraciens : le développement se fait à partir des réserves nutritives contenues dans une vésicule attachée à la face ventrale de l’embryon : la vésicule ombilicale ou sac vitellin.

2. L’autre caractérise les Reptiles, les Oiseaux, les Mammifères.

A la vésicule ombilicale s’ajoutent deux annexes embryonnaires : l’amnios et l’allantoïde qui assurent la protection et la nutrition de l’embryon.

3. Chez les Mammifères, Homme compris, les annexes embryonnaires vont se modifier considérablement (voir schéma 8) :

  • la vésicule ombilicale reste rudimentaire.
  • l’amnios s’appelle chez l’Homme la poche des eaux.
  • l’allantoïde, chez la majorité des Mammifères, va jouer un rôle capital.

Elle va former une membrane complexe qui s’applique contre la paroi de l’utérus et forme le placenta ; c’est par le placenta que les échanges nutritifs s’établissent entre la mère et l’embryon et que les produits de désassimilation suivent le chemin inverse.

La cavité allantoïdienne reste tout à fait rudimentaire.

4. La présence de fentes branchiales (voir le schéma de l’embryon de Poulet) établit que tous les Vertébrés, au cours de leur développement, passent par un stade Poisson ; chez les Vertébrés exclusivement aériens, ces fentes se referment et ne servent jamais à la respiration. Elles sont un témoignage de l’évolution générale des Vertébrés.

 

III. ET LA TERRE CESSA D’ENFANTER.

Images de Monsieur Sire. Montage de Fattori – Musique d’Erik Satie – Textes de Pline l’Ancien, Pline le Jeune, Lucrèce, Virgile.

Le texte qui suit sert de base à de très belles images sur les petites bêtes de chez nous.

Nous avons coutume d’entreprendre de longs voyages, de passer les mers pour voir des choses que nous négligeons lorsqu’elles sont sous nos yeux, soit que nous nous trouvions naturellement froids pour ce qui nous environne, et plein de curiosité pour ce qui est loin de nous, soit que toutes les passions qu’il est aisé de satisfaire nous laissent toujours tièdes, soit enfin que nous différions toujours de nous arrêter à ce que nous pourrions voir quand il nous plairait. Quoiqu’il en soit, il y a près de nous, beaucoup de merveilles que non seulement nous n’avons jamais vues, mais dont nous n’avons même jamais entendu parler et que nous aurions vues, dont nous parlerions, si elles étaient en Grèce, en Asie, en Egypte, ou dans l’un quelconque de ces pays qui sont très fertiles en merveilles et qui se plaisent à les vanter.

Nous admirons les cous des taureaux, les crinières des lions … alors que la nature n’est nulle part plus entière que dans les tout-petits. Chez les grands animaux, le travail était facile, la matière s’y prêtant par son abondance. Chez ces animaux, si petits, si voisins du néant, quelle sagesse la nature a-t-elle montrée.

Quelle puissance, quelle mystérieuse perfection. Avec quelle habileté n’a-t-elle pas attachée les ailes, allongée les pattes … avec le même soin que si elle travaillait dans le grand.

Faut-il ignorer la voix des Insectes, le bourdonnement bruyant des Abeilles, le chant des Grillons …

Que dire des yeux, la partie la plus précieuse du corps.

Par l’usage qu’ils font de la lumière et des formes, ils distinguent la mort de la vie. Au commencement du monde, la jeune Terre engendra d’abord les herbes et les arbrisseaux et ne créa qu’ensuite les êtres vivants. Les animaux en effet ne sont pas tombés du ciel et n’ont pas surgi miraculeusement de l’onde salée.

Il faut donc reconnaître à juste titre que la Terre a reçu le nom de Mère. Mais il y a un terme à toute fécondité et la Terre cessa d’enfanter, telle une femme épuisée par son âge. Ce dont elle était capable, au commencement, elle ne l’est plus. L’évolution du monde est le fruit du temps. Aucune chose ne reste semblable à soi. Tout s’en va, tout change, tout se métamorphose par la volonté de la nature. Toute existence peu à peu tombe en poussière tandis qu’une autre grandit à sa place. C’est la loi. Il fallait un nouveau concours de circonstances, pour que les espèces parviennent à durer en se reproduisant.

Il fallait des germes féconds distribués dans l’organisme, d’où ils puissent ensuite s’écouler hors du corps alangui, et pour que la femelle désire se joindre au mâle, des organes qui leur permettent d’entremêler leur plaisir …

Certains Insectes, dit-on, naissent de la rosée. Au printemps, elle se dépose sur les feuilles et chauffée par le soleil, elle se réduit à la taille d’un grain de millet. De là sort un petit vermisseau qui en trois jours devient une chenille. Celle-ci grandit, se recouvre d’un étui de corne, l’enveloppe se rompt ensuite, et il en sort un papillon.

D’autres Insectes, à ce qu’on dit, naissent de la pluie dans la terre humide …

Le travail de métamorphoses au long des jours s’accomplit et l’homme, extasié devant toutes ces merveilles, se montre prêt parfois à aider la nature dans la tâche qui se perpétue …

Entre la naissance et la mort, à tous les échelons, la vie se manifeste par le mouvement aussi bien et mieux encore que par l’usage des sens. A ce qu’il se déplace sur l’eau, on reconnaît qu’un navire est guidé par le maître de bord et poussé par le vent. De même les images du monde qui trouble l’esprit des animaux, cheminent dans toutes les parties de leurs corps et les animent comme fait l’image d’un rêve quand nous dormons.

Partout dans la nature c’est la lutte, c’est la guerre. Ainsi les êtres vivants sans attendre la décrépitude qui marque la longueur du chemin de vie, hâtent-ils leur marche vers la destruction, à la manière de ces milliers de soldats qui chantent sous les enseignes et que livre à la mort un seul jour de combat.

Mais la mort ne saurait nulle part triompher de la vie. On dit qu’il y a chez certains Insectes une parcelle de l’intelligence divine et des étincelles du feu divin. Selon les anciens sages, Dieu est répandu à travers toute la création : les terres, l’immensité des mers, les profondeurs du ciel …

Monsieur SIRE a été vivement applaudi pour les deux films projetés : le premier très intéressant, le deuxième très beau ; ce dernier a été présenté par Monsieur SIRE, en 1964, au Festival international du Cinéma, série Courts Métrages, de Berlin.

 

 

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