SORTIE-VISITE : la Conciergerie et l’Hôtel de Ville de Paris

Thèmes : histoire, peinture, sculpture.
Visite du 4 Novembre 1982.

 

Le jeudi 4 novembre et le mercredi 24 novembre, deux groupes sont allés visiter la Conciergerie et l’Hôtel de Ville de Paris.

Deux autres visites sont prévues en 1983.

 

I. LA CONCIERGERIE.

Jusqu’à l’époque de Charles V qui a été vivre au Louvre, ces bâtiments servaient de palais. On appelait Conciergerie, dans l’ancien palais, les lieux soumis à l’autorité d’un haut personnage, le concierge, gouverneur de la maison du roi.

Nous entrons dans la salle des gens d’armes, l’une des magnifiques salles gothiques élevées au 14e s. par Philippe le Bel. (Il existe 2 autres salles des gens d’armes en France ; au mont St Michel et au Palais des Papes à Avignon).

Elle mesure 66m de longueur, 27m de largeur et 9m de hauteur. Ici mangeaient trois mille gens d’armes.

Par un petit escalier nous atteignons les cuisines.

Également de style gothique, elles présentent aux angles de monumentales cheminées où les viandes rôtissaient à la broche ou bouillaient dans de vastes chaudrons.

Elles furent construites vers les années 1350 sous le règne de Jean le Bon.

La Seine donnait directement sur les cuisines. Des bateaux déchargeaient directement les vivres pour la famille royale et la suite … (5000 personnes environ).

On appelait la dernière travée de la salle des gens d’armes, la rue de Paris. Elle recevait, pendant la Révolution, les détenus sans ressources qui couchaient sur la paille : c’était les « pailleux ». Au premier étage, les prisonniers aisés logeaient « à la pistole », avec cellule individuelle et nourriture plus soignée.

La rue de Paris donne dans la galerie des prisonniers.

Encadrés par des gendarmes, les prisonniers descendaient de la Grande Chambre du Parlement au 1er étage. Ils étaient rassemblés dans une pièce occupée maintenant par les cuisines du buffet du Palais. De là, on les conduisait, un par un dans une salle voisine où on les installait sur un escabeau sans dossier. Là, les aides du bourreau Sanson procédaient à leur toilette, échancraient le col de leur chemise et leur coupaient les cheveux sur la nuque. Ils franchissaient ensuite la porte du guichet du greffe donnant sur la cour du Mai et montaient dans la fatale charrette. On les dirigeait alors Place de la Révolution (place de la Concorde) ou Place du Trône renversé (place de la Nation) ou bien Place de Grève (place de l’Hôtel de Ville). Là, une guillotine les attendait.

Donnant sur le couloir se trouve le cachot que Marie Antoinette occupa du 2 août au 16 octobre 1793, modifié quand en 1816 on en fit une chapelle expiatoire.

L’ameublement se composait d’un lit de sangle, d’une chaise, d’une table. La reine était séparée par un paravent des gendarmes qui la gardaient jour et nuit.

Dans la cellule voisine, Danton puis Robespierre furent enfermés.

Un peu plus loin, se trouve la Chapelle des Girondins.

Les prisonniers entendaient la messe derrière les grilles qu’on aperçoit à l’étage.

On peut y voir le crucifix, le fauteuil, un bénitier, et divers objets ayant appartenu à Marie-Antoinette ainsi qu’une lettre écrite le 16 octobre 1793 à Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI, pour lui recommander ses enfants. Cette lettre ne lui parvint pas. On voit également un facsimilé du billet écrit à l’aide d’une épingle par Marie-Antoinette au Chevalier de Rougeville. L’original est aux Archives Nationales :
« Je suis gardée vue, je ne parle à personne, je me fie vous, je viendrai ».

 

On peut également voir un couperet de guillotine, et une porte de prison.

Au mur sont accrochés des tableaux (19e s.). Le premier représente Marie Antoinette recevant la communion, le deuxième Madame Élisabeth disant au revoir Marie Antoinette, le troisième, Marie Antoinette à la prison du temple.

De la chapelle, on passe dans la cour des Femmes.

Des cachots étaient aménagés dans les bâtiments qui l’entourent. Ils étaient occupés par des femmes. Les arcades du rez-de-chaussée recevaient les « pailleuses », l’étage les « pistolières ».

 

II. L’HÔTEL DE VILLE.

1. Histoire.

En 1246, Saint-Louis créa la première institution municipale de Paris ; les bourgeois élirent leurs représentants auprès du pouvoir central, les échevins, dont le chef, appelé le prévôt des marchands, fut celui de la puissante hanse parisienne.

De ce fait, le sceau des marchands de l’eau devint le sceau de cette institution ; c’est la célèbre nef qui servait déjà d’emblème aux « nautae parisiaci », aux nautes parisiens, et qui devait former les armoiries de Paris (est venue s’y ajouter, en 1586, la devise « fluctuat nec mergitur » qui ne deviendra officielle qu’en novembre 1853 à la suite d’un arrêté pris par le préfet Haussmann).

Dès lors, et jusqu’à la Révolution, la municipalité de Paris comporta le prévôt des marchands et quatre échevins.

Au début, les membres de la hanse tinrent leurs réunions dans une maison commune, la maison de la Marchandise, qui prit au XIe siècle, le nom de Parloir aux Bourgeois.

Le 7 juillet 1357, Étienne Marcel transporta le lieu de la réunion municipale dans une maison de la place de Grève appelée, à cause de ses arcades, la maison aux piliers. Elle se trouvait située, comme l’Hôtel de Ville actuel, sur le côté oriental de la place. Cet hôtel fut reconstruit deux siècles plus tard ; la partie sud sous François 1er et Henri II, la partie nord sous Henri IV et Louis XVIII, d’après les plans de Dominique, originaire de la ville de Cortone en Toscane. Il fut agrandi en 1803 et en 1837.

Le 24 mai 1871, sous la commune installée à l’Hôtel de Ville depuis le mois de mars précédent, ce superbe édifice fut arrosé de pétrole, puis livré aux flammes qui le détruisirent complètement avec ses précieuses archives.

L’hôtel actuel est une reconstruction par Ballu et Deperthes, dont le projet fut agréé parmi les 66 qui furent soumis au jury. Dix années (1873-1883) ont été nécessaires pour cette reconstruction.

 

2. Visite.

 

Nous sommes montés directement au deuxième étage pour visiter les salles de réception.

Les éléments de décor des salons sont « Renaissance » mélangés avec un style typiquement fin du 19e siècle.

Un des premiers salons est décoré de peintures exécutées par Jean-Paul Laurens.

Louis VI (Louis Legros) est représenté donnant aux parisiens leurs premières chartes inscrites sur le rouleau de parchemin qu’il tient à la main.

Une autre scène nous montre Étienne Marcel, le prévôt des marchands sauvant la vie du dauphin.

C’est la guerre de cent ans ; le roi Jean le Bon est prisonnier des Anglais. Il ne reste plus à Paris que son fils, le futur Charles V. Le peuple de Paris sous la conduite d’Étienne Marcel envahit le palais royal dans l’intention de tuer le dauphin. Au moment où il allait être assassiné, Étienne Marcel lui sauve la vie.

Une fresque représente un homme se faisant décapiter car il avait voulu tuer le collecteur d’impôts.

La peinture la plus intéressante est celle où l’on voit le 17 juillet 1782, devant l’hôtel de ville, le maire Bailly recevant le roi Louis XVI en lui offrant une cocarde bleu et rouge. La Fayette se trouve également là.

Une vitrine renferme les signatures de nombreuses personnalités telles que les présidents de la République Française, la Reine Élisabeth II, Juan Carlos 1er et la Reine d’Espagne, Giovanni Leone, président de la république italienne, Alessandro Pertini, Jean Paul II, Antonio Segni, Léopold Sedar Senghor, la Reine des Pays-Bas, Leonid Brejnev, Eisenhower, Kennedy, Reagan, Chirac …

Se trouvent également un buste exécuté par Rodin représentant la République, les armes de Paris : le bateau sur un fond bleu et rouge et la devise « Flotte mais ne sombre pas », les trois décorations remises à Paris : la croix de guerre par Clémenceau après la 1ère guerre mondiale), la croix de la libération (remise par le de Gaulle après la 2ème guerre mondiale) et la légion d’honneur.

De la seconde salle nous voyons à travers les fenêtres, l’Ile de la Cité, Notre-Dame, la statue d’un cavalier : Étienne Marcel. Nous sommes dans le salon des arcades. Il est divisé en 3 parties, avec trois thèmes différents de décoration : les Sciences, les Arts, les Lettres.

Dans le salon des Sciences, on peut voir des portraits de savants français : Ampère, Arago, Cuvier, Lavoisier.

En dessous, les 4 éléments : la Terre (la femme offrant les produits de la Terre), l’eau (le rameur), l’air (le marin bordant sa voile), le feu (le forgeron). Ils encadrent une grande cheminée de style Renaissance. Sur les piliers sont accrochées des vues de Paris il y a 100 ans (Val de Grâce, vue de la Seine …).

Dans le salon des Arts, se trouvent des portraits d’artistes français : Cujé (sculpteur), Poussin (peintre), Rameau (musicien), Delorme (architecte) ; en dessous, la sculpture, l’architecture, la peinture et la musique et sur les murs, des peintures des environs de Paris.

Plus loin le salon des lettres avec au plafond les Muses, dans les médaillons : Molière, Victor Hugo, Michel et Descartes. Une grande cheminée renaissance fait pendant à l’autre. Au mur on voit également des vues de Paris (Notre-Dame, Pont St Michel, Fontaine Médicis …).

Deux magnifiques peintures de Puvis de Chavannes, représentant l’été et l’hiver, se trouvent près des deux somptueux escaliers d’honneur dûs à Philibert Delorme.

Lorsqu’il y a une réception de chef d’état, le traditionnel tapis rouge est installé et les gardes républicains présentent les armes.

Le maire et la personnalité montent par un des escaliers et les invités par l’autre. Tout le monde se retrouve dans la grande salle qui peut recevoir environ 2000 personnes. Au fond se trouve une estrade. Cette salle rappelle la galerie des glaces de Versailles.

Au-dessus se trouve une galerie. Seule la partie du fond est utilisée par les musiciens de la garde républicaine qui exécutent les hymnes nationaux à l’arrivée des chefs d’états.

Au-dessus des peintures de femmes représentant les grandes régions de France : la Normandie avec des pommes, la Provence avec des oranges, la Bretagne avec du poisson, la Bourgogne avec du raisin.

Le plafond est décoré avec les armes de Paris, la devise « liberté, égalité, fraternité », et des peintures qui représentent la danse et la musique à travers les âges, les fleurs, la ville de Paris symbolisée par une dame dans un bateau, les parfums.

Des lustres de cristal éclairent cette salle.

Le reste de l’Hôtel de Ville ne se visite pas. Il comprend les appartements du maire, et des bureaux.

Au total 38000 personnes travaillent sous l’autorité du maire.

 

 

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