Thèmes : Civilisation, Histoire, Littérature, Sculpture, Théâtre.
Conférence du mardi 14 décembre 1982.
Monsieur PENOTET a eu la gentillesse de remplacer le professeur BINET retenu auprès du directeur de l’Assistance Publique et de projeter une série de belles diapositives, dont il est l’auteur, sur la Grèce antique et moderne.
1. UN PEU D’HISTOIRE.
1. – La Grèce antique.
Les premiers habitants de la Grèce semblent avoir été des peuplades descendues des grandes plaines indo-européennes et irrésistiblement attirées par le soleil du sud : les Achéens.
Les poèmes homériques, qui nous renseignent sur cette période dans le langage chiffré de la légende, de même que les fouilles de l’Allemand Schliemann, par lesquelles les épisodes de l’Iliade se trouvent confirmés, ont valu à la civilisation achéenne d’être nommée mycénienne, du nom de Mycènes, la plus illustre cité de l’Argolide.
La Crète, entre autres îles, fut pour les Hellènes ce qu’était l’Étrurie pour Rome, une éducatrice.
Il y a soixante ans, on ne connaissait à peu près rien de la Crète. Puis en 1898, un Anglais, Arthur Evans, s’attaqua au site de Cnossos, l’ancienne capitale de l’île, et remua la pierre, le roc, pendant 25 ans. Avec stupeur, le monde put voir surgir de ce sol un palais, le légendaire palais de Minos, et auprès de ce palais, une ville, fort petite, mais cyclopéenne par l’épaisseur des murailles, la largeur des pavés, l’ampleur de la voûte des égouts …
Les archéologues ont constaté qu’au début du XIIe siècle avant J.-C. tous les sites mycéniens semblent avoir été ravagés par un incendie. Il faut voir là les traces d’une nouvelle invasion, celle des Doriens, bientôt suivis des Ioniens et des Éoliens, autant de peuplades descendues du Danube. Tandis que les Doriens s’installent dans presque tout le Péloponnèse (où ils feront surgir la célèbre Sparte), les Ioniens préfèrent l’Attique (dont la capitale sera Athènes).
Quant aux Éoliens, au nord, ils peupleront la Thessalie, la Béotie ; leur métropole sera Thèbes.
Les Hellènes avaient des mœurs simples, étaient pauvres, mais jouissaient d’une liberté inconnue en Orient.
La femme était honorée comme à Rome. Il existait trois catégories de femmes : « la fille de joie pour le plaisir, la concubine pour l’affection et la parade, la femme légitime pour la reproduction ».
Les hommes étaient énergiques. Le pays était rude et difficile à cultiver. Tout homme devait être soldat et chaque famille devait avoir des enfants. La stérilité était un déshonneur.
L’Administration. La Grèce était une vraie démocratie. Elle était gouvernée à Athènes par un Sénat composé de 30 membres élus par acclamation sur l’Agora. Le Sénat proposait des lois qui étaient votées par le peuple. Les sénateurs étaient nommés à vie.
La Religion. C’est une religion sans dogmes, collective ; son but est d’obtenir la protection du dieu aux divers groupes qui constituent la société : la famille, la tribu, la cité.
Elle est polythéiste. Au cours des siècles elle s’est transformée et s’est enrichie de nombreux apports. Les premiers envahisseurs hellènes ont amené avec eux leurs divinités comme Zeus, le grand dieu des Indo-européens. Ils ont trouvé en Grèce, outre la grande déesse des Crétois, la Terre-Mère, une foule de divinités locales personnifiant les forces de la nature ; ils les ont adoptées ou assimilées à leurs propres dieux. Les Grecs attribuaient aux dieux la forme (anthropomorphisme). Certes, ils sont immortels, plus grands et plus forts que les hommes. Mais des hommes, ils ont les passions et même les défauts. Les mythes ont inspiré les poètes qui ont donné des dieux une image qui s’est imposée à tous. Ainsi, pour un Grec de l’époque classique, les dieux sont tels qu’Homère les a dépeints ; leurs liens de parenté sont ceux qu’Hésiode a établis. De même les sculpteurs par leurs statues de divinités ont contribué à fixer pour leurs contemporains les traits, le caractère et les aventures des dieux et des héros.
Arts. L’art grec était un art religieux : le temple était le monument par excellence. Les statues représentaient surtout l’effigie des dieux ; citons Jupiter. Neptune. Apollon. Bacchus.
Il a été longtemps un art collectif ; les artistes travaillant en atelier étaient fidèles aux traditions et aux procédés locaux. Aussi connaît-on rarement le nom des auteurs des œuvres antérieures au Ve siècle. Il est caractérisé par le goût de l’harmonie, de la simplicité, de l’équilibre et une décoration parfaitement adaptée à l’ensemble. Avec les monuments de l’Acropole d’Athènes et les œuvres du sculpteur Phidias, le siècle de Périclès (fig. 1) marque l’apogée de l’art grec ; mais il a été précédé par une longue période d’activité artistique dont Athènes n’était pas le foyer unique. Les grandes œuvres du VIe siècle ont vu le jour en Ionie et en Grande Grèce.

Fig. 1. Périclès.
L’art grec s’est lentement formé pendant la période archaïque.
Au début du Ve siècle tous ses éléments étalent constitués : les céramistes savent décorer leurs vases et leurs coupes d’animaux et de personnages groupés en des scènes expressives.
Les sculpteurs sont maîtres de leur technique ; leurs statues n’ont plus la raideur et la gaucherie des œuvres archaïques. Songeons à la Vénus de Milo, à la victoire de Samothrace.
Le plan du temple grec est définitivement constitué. Les ordres classiques : l’ordre dorique et l’ordre ionique sont nés.
Littérature : Citons les poètes tragiques : Eschyle (525456), Sophocle 496-405) « le destructeur »,
Euripide (480-406) ; les auteurs comiques : Aristophane ; les philosophes : Thalès, Pythagore, Socrate, Platon … Ajoutons Démosthène. Mettons à part Homère qui n’a peut-être jamais existé, l’Iliade et l’Enéide étant des œuvres collectives.
Quelques dates :
| 1580 av. J.-C. : 1400 av. J.-C. : 1180 av. J.-C. : 900 av. J.-C. : 776 av. J.-C. : 490 av. J.-C. : 480 av. J.-C. : 478 av. J.-C. : 461 av. J.-C. : 454 av. J.-C. : 324 av. J.-C. : 331 av. J.-C. : |
début de la période Mycénienne incendie du Palais de Cnossos. guerre de Troie. alphabet grec. premières olympiades. première guerre Médique. deuxième guerre Médique (Xerxès). troisième guerre Médique (lutte opposant les Grecs aux Perses). ère de Périclès. construction du Parthénon par Phidias. avènement d’Alexandre dont le nom fut donné à plusieurs villes. la Grèce devient province romaine. |
Le siècle de Périclès :
C’est entre la paix de Callias (449) et le début de la guerre du Péloponnèse (432) que se place la phase la plus brillante de l’histoire d’Athènes : ses institutions fonctionnent harmonieusement, sa marine est la première de la Grèce, son empire est à son apogée.
Grâce à Périclès le Sage, les plus pauvres purent devenir archontes et l’attribution d’une indemnité leur permit de remplir effectivement leur fonction à la Boulé et au tribunal de l’Héliée.
Les grands travaux qu’il fit entreprendre, notamment sur l’Acropole, eurent le double avantage d’embellir la ville et de donner du travail aux nombreux athéniens.
Il développa la marine et accentua l’autorité d’Athènes sur son empire. Il attira auprès de lui les plus grands esprits du temps, le sculpteur Phidias, le poète tragique Sophocle, l’historien Hérodote, le philosophe Anaxagore.
2. – Le Déclin et la Grèce moderne.
En 395 après J.-C., la Grèce est rattachée à l’empire d’Orient qu’on nomme « Byzantin », du nom de sa capitale, qui, désormais, éclipsera Rome, moribonde et bientôt pillée à l’envi par les Barbares.
L’empire byzantin dure jusqu’à la prise de Constantinople (1453) suivi de l’empire ottoman (1453).
En 1827 à la suite de la guerre d’indépendance, un traité est signé par les trois puissances : la Russie, l’Angleterre et la France décident d’imposer leur médiation entre le sultan et les Grecs, sur la base de l’autonomie de la Grèce, mais demeurée vassale de la Porte.
En 1862 le prince Guillaume de Danemark (Georges 1er) succède à Othon de Bavière.
L’issue du conflit gréco-turc à la suite de la première guerre mondiale (1919-1922) contraignit le successeur de Georges 1er, Constantin 1er, à abandonner le pays.
En 1924, un plébiscite proclama la république à une large majorité. La monarchie fut cependant restaurée par un nouveau plébiscite en 1935.
Attaquée par l’Axe (Alliance conclue entre l’Allemagne hitlérienne et l’Italie fasciste. 1936) en 1940, et occupée par lui 1941 après une résistance héroïque, la Grèce fut libérée en 1944. Deux rébellions communistes s’ensuivirent, une en décembre 1944, qui se termina par les accords de Vakista, l’autre qui dura de 1946 à 1949.
Un plébiscite (septembre 1946) rendit le trône à Georges II auquel succéda en 1947 son frère, Paul 1er, et à la mort de celui-ci (1964) son fils Constantin II.
En 1967 le régime des colonels mit fin à la royauté.
En 1981 eut lieu des élections libres. Le président est Constantin Caramanlis et le premier ministre Andreas Papandréou.
Géographie : La Grèce est en grande partie montagneuse, 68% du territoire a une altitude supérieure à 200 mètres. Un mont à 2218 m. est couvert de neige. Les reliefs arrivent presque toujours jusqu’à la mer et déterminent des côtes (15021 km) rocheuses, extrêmement articulées, riches en promontoires et en golfes. On compte 437 îles. Le peuple est un peuple de marins.
Le climat est essentiellement méditerranéen. On cultive l’olive, le raisin, le tabac, les agrumes. Le tourisme est très actif. De nombreux et beaux bateaux sont à la disposition des touristes.
II. – LES DIAPOSITIVES.

Une première série de diapositives nous a fait visiter DELPHES.
De tous les sanctuaires grecs, DELPHES, au versant sud-ouest du mont Parnasse, est le plus visité de nos jours et le mérite, tant par ses ruines étagées sur d’étroites terrasses, que par son·style grandiose.
Le grand temple d’Apollon fut construit au IVème siècle sur l’emplacement de deux temples anciens.
On a pu identifier les restes de nombreuses chapelles, ainsi que les trésors de Corcyre ; d’Athènes, de Sparte, de Corinthe, de Cnide … Il y a là d’admirables portiques dont celui des athéniens (fig. 2).

Fig. 2. Delphes, le Trésor des Athéniens commémorant la victoire de Marathon
Au musée de Delphes, édifié par l’école française d’Athènes, est conservé le Sphinx de Naxos assis au haut d’une colonne, ayant pour ailes des faucilles.
Une salle est réservée aux restes du grand temple d’Apollon, dont les plus fameuses reliques sont d’une part l’aurige de bronze verdi, du Vème s. av. J.-C., tenant les rênes d’un attelage fantôme, d’autre part un bel Antinoüs, du temps d’Hadrien (fig. 3).
Entre Delphes et Corinthe nous rencontrons le monastère orthodoxe d’Ousios Loucas renfermant de nombreuses mosaïques (le Christ avec son évangile, la vierge et l’enfant).
A Corinthe, célèbre autrefois par son isthme et aujourd’hui par son canal rectiligne, il ne subsiste plus que sept colonnes du grand temple antique d’Apollon (fig. 4.).

Fig. 3. L’aurige (conducteur de char). Statue de bronze (Delphes). Début du Ve siècle.

Fig. 4. Temple d’Apollon.
A sept kilomètres d’Athènes nous atteignons le couvent des Kaisariani, où nous découvrons de nombreuses fresques.
Le périple continue : au sortir de la plaine d’Argos, comme s’ils étaient encastrés dans la montagne, les gradins du théâtre d’Epidaure surgissent au-dessus des pins.
Là, chaque année, revivent les héros d’Eschyle, de Sophocle, d’Euripide, et, durant un mois, le théâtre se couvre, comme jadis, de spectateurs accourus de toutes les villes de Grèce pour suivre les représentations du festival, données en grec moderne par les acteurs du Théâtre national d’Athènes.
L’auditorium, dont on a restauré l’aile gauche, peut contenir plus de 14000 personnes, et l’acoustique y est d’une telle qualité que le moindre chuchotement ou le froissement d’un papier parviennent avec une incroyable netteté aux spectateurs les plus éloignés.
Mycènes, lieu sinistre de la légende et de l’histoire, qui se dressait sur un piton abrupt, triangulaire, rattaché seulement, à l’est, par un étroit passage aux montagnes qui l’entourent.
Il reste de cette citadelle, le « trésor d’Atrée » (fig. 5), souterraine funéraire du roi Agamemnon et, dans l’enceinte même, le cercle des tombes découvert par Schliemann ; surtout dans le mur de l’enceinte, la fameuse « porte des Lionnes » (fig. 67), enfin les ruines du palais, des maisons, des poternes, avec la citerne secrète.

Fig. 5. L’entrée du trésor d’Atrée

Fig. 6. Fronton de la porte des Lionnes

Fia. 7. Porte des Lionnes à (XIVe s. av. J. C.). Mur « cyclopéen » ;
au-dessus du linteau d’une seule pierre, un bloc plus mince dans lequel ont été sculptées deux lionnes.

ATHÈNES et l’Acropole (fig. 8). Athènes devint, à partir de Périclès, une enceinte religieuse, un magnifique piédestal consacré à la gloire d’Athéna, protectrice de la ville et des héros de l’Attique, et dont le temple, le Parthénon, fut construit d’après le projet de Périclès et sur les plans de l’architecte Ictinos, en marbre du Pentélique. En 1687 il a beaucoup souffert de l’explosion d’une poudrière installée dans ses murs, au cours d’une guerre entre les Vénitiens et les Turcs. En 1811, il fut mutilé par l’Anglais Lord Elgin, qui fit arracher les bas-reliefs de la frise et les statues du fronton pour en orner le British Museum.
L’Erechthéion, temple de Roséidon Erechthée, et à la fois d’Athéna Polias, a aussi beaucoup souffert de ces avatars, qui en firent un harem, puis une église byzantine. Il réunissait jadis les plus vieilles reliques d’Athènes.
Par la voie sacrée, on passait d’abord devant le petit temple dorique dit d’Athéna « la Victorieuse » ou de la Victoire (sans ailes) (fig. 9).

Fig. 9. Temple d’Athéna Niké ou de la Victoire sur l’Acropole.
Construit en pur style ionique la mort de Périclès ; la cella en marbre du Pentêllque a 4 m. de côté.
L’état actuel est dû à une restauration.
Puis le vestibule monumental des Propylées construit par conduisait à la terrasse de l’Acropole.
Là s’élevait la haute statue d’Athéna Promachos, œuvre de Phidias, qui tout armée semblait veiller sur la ville ; puis le Parthénon construit en marbre du Pentélique (fig. 10-11) et l’Erechthéion qui abritait une antique idole en bois d’olivier représentant la déesse (fig. 12).
Nous voici au musée archéologique d’Athènes. Nous pouvons admirer des vases Crétois (3000 av. J.-C.), des masques en or (fig. 13) (celui d’Agamemnon trouvé à Mycènes), des bijoux, le taureau (vase sacré), la coupe de Vaphio, des urnes funéraires, une tête de vieillard, une tête de femme, un cheval en bronze trouvé dans la mer, des pierres funéraires (fig. 14), de magnifiques sculptures de Dieux (Zeus, Hermès, Poséidon, …)

Fig.10. Athènes. Le Parthénon vu des Propylées, troisième quart du Ve siècle av J.-C.

Fig. 11. Le Parthénon vu du côté Ouest

Fig. 12. L’Erechthéion et le portique des Caryatides (à droite).

Fig. 13. Masque d’or trouvé dans une tombe de Mycènes.

Fig. 14. Stèle funéraire de Rhamnonte, vers 320 av. J.-C.
Nous voyageons jusqu’au Cap Sunion où se trouve 2 temples, l’un dédié à Athéna, l’autre à Poséidon, les deux divinités qui protégeaient la métropole d’Athènes.
« Notre voyage » nous conduit dans des îles grecques, Patmos où nous découvrons un couvent, Rhodes la plus importante des îles du Dodécanèse.
Capitale intellectuelle du monde antique, avec Alexandrie et Pergame, devenue la ville des chevaliers hospitaliers de Saint-Jean, qu’enrichirent au Moyen Age les biens des Templiers, Rhodes, pourchassa avec eux les pirates et les infidèles.
A l’intérieur de la ville, une rue montante relie l’ancien hôpital des chevaliers au palais des Grands Maitres (fig. 15).

Fig. 15a. Château des Chevaliers à Lindos

Fig. 15b. La cour de l’ancien hôpital des Chevaliers, à Rhodes
On gagne par la route lalysos, dont l’acropole montre les fondations du temple d’Athéna et le château, restauré, des chevaliers de Saint-Jean ; puis Camire, avec son antique acropole, plantée de pins ; enfin Lindos, à l’acropole crénelée, et dont le temple d’Athéna, aux colonnes, semble plonger à pic dans les eaux (fig. 16).

Fig. 16. Ruines de Lindas, port de l’Île de Rhodes.
Ce comptoir achéen fondé vers 1300 av. J.-C. posséda un grand sanctuaire qui,
dédié à Athéna, rayonnait jusqu’en Égypte.
Nous arrivons en CRÊTE, pays des rois mystérieux, les minos, dont les Grecs ont tiré le nom propre de Minos, de qui la fable veut qu’après sa mort il devint, tant il était sage, l’un des trois juges siégeant aux Enfers (fig. 17, 18, 19, 20).
Nous visitons le musée de Cnossos (fresques, poteries crétoises, vase en forme de taureau …), et le palais reconstitué.
Une dernière étape nous amène à l’île de SANTORIN, ancien volcan effondré. On atteint le village de Thira à dos de mulets.

Fig. 17. Palais de Cnossos : le propylée du Nord

Fig. 18. Palais de Cnossos. : Les cornes de Minos

Fig. 19. Palais minoen de Cnossos

Fig. 20. Pithoï (jarres) dans les celliers du palais Cnossos
ANNEXE 1
MYTHOLOGIE DES DIEUX
Les Olympiens – Les grands dieux, Poséidon et Hadès exceptés, habitaient le sommet du mont Olympe, on les appelait « les Olympiens » ; ils se nourrissaient d’un breuvage merveilleux « l’ambroisie ». Les plus anciens sont les enfants de Cronos : Hestia Démèter, Héra, Poséidon, Hadès et Zeus.
Hestia est la déesse du foyer, Déméter la terre féconde qui fait pousser les moissons, Héra épouse de Zeus, est la divinité du mariage. Poséidon règne sur les mers : de son trident, il ébranle la terre et les flots. Hadès aux Enfers est le maître du royaume des morts. Zeus qui brandit la foudre règne sur le ciel ; c’est le maître des dieux, le modérateur, le garant de la justice. On lui attribue bien des aventures amoureuses tant avec des déesses qu’avec des mortelles qu’il approchait ingénieusement travesti : taureau pour Europe, pluie d’or pour Danaé ; il était cygne pour Léda.
Les autres olympiens sont les enfants de Zeus ; Arès est le dieu de la guerre, Aphrodite, qu’une autre légende fait naître de l’écume de la mer, est la déesse de la beauté, de la fécondité et de l’amour ; elle a armé le bel Adonis et Arès (fig. 23). Elle a pour fils Eros (l’Amour) et Enée, l’ancêtre du peuple romain. Les jumeaux de Léto, Apollon et Artémis, ont vu le jour dans l’île de Delos. Apollon, le soleil, le plus beau des dieux, est le maitre de la divination, de la musique et de la poésie : il dirige le Chœur des Muses. Artémis est la vierge pure (fig. 24), la chasseresse ; son temple d’Ephèse était célèbre. Héphaïstos, boiteux depuis que Zeus l’avait précipité du haut de l’Olympe, est le divin ouvrier. Il est l’époux malaimé d’Aphrodite. Athéna (fig. 25) sortie toute armée du cerveau de Zeus est la protectrice d’Athènes qu’elle a dotée de l’olivier. Elle est la guerrière casquée portant la lance, le bouclier et l’égide (arme de Zeus hérissée de serpents ayant en son milieu la tête de Gorgone. Il la prête à Athéna qui la porte sur la poitrine).

Fig. 23. Aphrodite la Vénus d’Arles.
Elle est aussi la déesse de la paix, la bonne ouvrière qui protège fileuses et tisserands. Elle est enfin l’intelligence et la raison. Hermès, aux sandales ailées, est le subtil messager des dieux ; il a pour attribut le caducée. Il protège les bergers, les commerçants, les voyageurs mais aussi les larrons, il accompagne aux Enfers l’âme des morts. Dionysos, cher aux campagnards de l’Attique est le dieu de la vigne et du vin.
Il existe en outre une foule d’autres dieux ; Amphitrite, l’épouse de Poséidon, Asclépios, Koré, les trois Grâces, les neuf Muses, les Nymphes, les trois Parques …

Fig. 24. Artémis dite « Diane de Gables », réplique d’une œuvre du IVe slècle. (Musée du Louvre).

Fig. 25. Athéna, d’un groupe de Myron (Athéna et le Satyre Marsyas). Musée de francfort.
ANNEXE II
MYTHES SUR L’ORIGINE DES DIEUX ET DES HOMMES
Origine des dieux – Au commencement était le Néant d’où sont sortis le ciel Ouranos et la terre Gaïa. Leur union donna naissance aux Titans, aux Cyclopes et aux Géants. Le plus jeune des Titans, Cronos, détrôna son père et pour ne pas subir à son tour la même mésaventure, dévora ses enfants, les dieux, à mesure qu’ils naissaient. Mais Rhéa son épouse, pour sauver son dernier-né Zeus, lui substitua une pierre bien langée qu’engloutit le vorace Cronos. Le jeune Zeus fut élevé secrètement dans une caverne de Crète, nourri du lait de la chèvre Amalthée. Devenu grand, Zeus obligea son père à restituer les enfants qu’il avait dévorés et avec leur aide enchaîna aux Enfers Cronos et ses alliés, les autres Titans.
Il livra aux Géants une longue guerre, la Gigantomachie. Zeus vainqueur put désormais régner sur les dieux maîtres du monde.
Origine des hommes – Les hommes n’ont pas été créés par les dieux, mais plutôt malgré eux ! Prométhée, fils d’un Titan, aurait créé les hommes ; il déroba pour eux le feu du ciel ; Zeus pour le punir l’enchaîna sur le Caucase où un aigle dévora son foie sans cesse renaissant. La première femme, Pandore, fit le malheur de l’humanité : ne pouvant réfréner sa curiosité, elle ouvrit une jarre où étaient enfermés tous les maux qui se répandirent partout : seule au fond de la jarre resta l’espérance consolatrice. Puis Zeus pour détruire les hommes déchaîna sur la Terre le Déluge : tous périrent sauf Deucalion, fils de Prométhée, et sa femme qui recréèrent une nouvelle humanité en jetant par-dessus leur épaule des pierres qui devenaient des-hommes et des femmes.
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