Thèmes : civilisation, géopolitique, société.
Conférence du mardi 13 janvier 1987.
Le mardi 13 janvier, Monsieur M’BAYE, Professeur de mathématiques à l’Université de Toulouse et consultant à la division jeunesse de l’U.N.E.S.C.O., est venu nous parler de cet organisme (United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization).
L’U.N.E.S.C.O. s’occupe essentiellement des problèmes d’éducation, de sciences, de culture et de communication. Mais on ne peut sortir de nos jours du contexte politique, quelque donnée que ce soit de la vie humaine. L’avenir du monde devient planétaire.
I – NAISSANCE DE L’U.N.E.S.C.O.
L’U.N.E.S.C.O. n’aurait sans doute jamais vu le jour ou ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui si des conditions très particulières ne s’étaient trouvées réunies à Londres durant la Seconde Guerre mondiale.
Une bonne partie de l’Europe était alors occupée par les forces de l’Axe ; la capitale anglaise, ravagée par les bombardements, abritait les gouvernements en exil de sept pays alliés et le Comité français de libération nationale du Général de Gaulle, ainsi que les hommes d’État, des diplomates et des généraux, des intellectuels et des réfugiés venus de toute la planète combattre pour la liberté.
Parmi eux se trouvaient les ministres de l’éducation des gouvernements alliés en exil qui, à une étape décisive de la lutte contre les puissances de l’Axe, eurent la clairvoyance et la hardiesse d’entreprendre, en prévision de la fin de la guerre, la reconstruction de leurs systèmes éducatifs.
La première réunion de la conférence des ministres alliés de l’éducation (C.M.A.E.) se tint à Londres en 1942. Elle allait être à la fois la mère et la marraine de l’U.N.E.S.C.O., la jeune organisation qui vit le jour le 16 novembre 1945.
La Seconde Guerre mondiale touchait à sa fin lorsque se réunit à San Francisco, le 25 avril 1945, la conférence des Nations Unies en vue d’établir la Charte de l’organisation des Nations Unies.
Le 24 octobre, elle entra en vigueur.
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Timbre commémoratif de la signature de la Charte de l’Organisation des Nations à San Francisco, le 26 juin représentant le Memorial Opera House, où eut lieu la cérémonie, et portant l’emblème des Nations Unies. |
Elle commença à fonctionner alors avec 20 États membres. Elle en compte actuellement 158. Le siège de l’U.N.E.S.C.O. se tient à Paris.
Il a été inauguré officiellement en 1958. A l’avant de la structure en Y, on voit à gauche bâtiment construit au-dessous du niveau de la place Fontenoy, ouvert sur des jardins en patios et occupé dès 1964. L’ensemble s’avéra rapidement insuffisant et il fallut édifier 3 autres bâtiments hors du site, l’un rue Miollis (1970), les 2 autres rue François-Bonvin (1978).

L’U.N.E.S.C.O. repose sur le principe que la paix ne peut être assurée que par un équilibre des forces. Comme le proclame le préambule de son acte constitutif, « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ».
Monsieur M’Baye développa sa conférence autour de nombreuses diapositives.
II. LES MISSIONS DE L’U.N.E.S.C.O.
1 – L’éducation.
C’est le plus important programme de l’U.N.E.S.C.O.
a – L’alphabétisation.
Il y a environ 900 millions d’analphabètes dans le monde dont de femmes.
L’U.N.E.S.C.O., qui a mis au point des méthodes appropriées, aide les pays à lancer des campagnes nationales et a ainsi contribué à alphabétiser des milliers de personnes.

Une d’alphabétisation des adultes dans la région des chutes du Nil en Éthiopie. En 1980, les analphabètes représentaient plus de 60% de la population adulte en Afrique, plus de 37% en Asie et plus de 20% en Amérique latine. C’est dans les pays où le taux de scolarisation primaire est le plus faible que l’analphabétisme est le plus répandu. Par ailleurs, l’égalité d’accès à l’éducation pour les deux sexes est loin d’être réalisée. Bien que les effectifs scolaires féminins aient presque doublé dans le monde entre 1970 et 1980 les femmes et les jeunes filles constituaient 59% de la population analphabète adulte.
L’U.N.E.S.C.O. considère comme jeunes tous ceux que la société dans laquelle ils vivent considère comme tels.
Un programme sur la jeunesse a été mis en place.
L’U.N.E.S.C.O., de par sa mission et sa vocation mêmes, est l’organisation des Nations Unies la plus concernée par les problèmes de la jeunesse.
Les jeunes se trouvent, encore plus qu’auparavant, impliqués dans les choix créateurs. En particulier, ils doivent être en mesure de concilier les acquis les plus dynamiques de l’héritage du passé avec les exigences d’un progrès de plus en plus rapide.
900 millions d’adultes analphabètes, il faut ajouter 123 millions d’enfants d’âge scolaire qui ne peuvent pas aller à l’école car il n’y en a pas dans leur environnement immédiat.
b – La formation des enseignants.
Bien qu’il s’agisse là de la plus ancienne activité de l’U.N.E.S.C.O., c’est sans doute la moins connue hors des pays concernés. A l’heure actuelle, pour ne parler que de l’Afrique, 20 projets sont en cours d’exécution et chaque année des milliers de professeurs sont formés grâce à l’aide de l’U.N.E.S.C.O.
c – L’éducation des réfugiés.
En coopération avec l’U.N.R.W.A., l’U.N.E.S.C.O. fournit aujourd’hui du personnel à 650 établissements scolaires fréquentés par 336 200 enfants palestiniens réfugiés.
2 – La culture.
a – Sauvegarde des monuments.
C’est dans ce domaine que les activités de l’U.N.E.S.C.O. sont les plus connues, surtout depuis le succès des campagnes menées pour la sauvegarde des temples de Nubie (22 temples ont été sauvés), de Philae (une île située au milieu du Nil dont les monuments ont été transférés sur un nouveau site) et de Borobudur (où un temple bouddhiste vieux d’un millier d’années a été entièrement reconstruit). A l’heure actuelle, 29 campagnes sont en cours et à divers stades d’exécution, dont la campagne pour la sauvegarde de la ville la plus ancienne du monde, Moenjodaro, au Pakistan (plus de 4000 ans) pour laquelle l’Organisation cherche à réunir neuf millions de dollars sous la forme de contributions internationales.
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La construction du Haut-barrage, en vue d’augmenter la surface des terres arables et la production d’électricité, devait encore surélever le niveau des eaux du NIL au sud d’Assouan et jusqu’à la cataracte de Dal au Soudan, et entraîner la formation d’un lac immense, situé à 183 mètres au-dessus de la mer qui engloutirait à jamais tous les aspects de vie contemporaine ou anciens. Cette perspective incita le Gouvernement égyptien à l’U.N.E.S.C.O. de lancer un appel international pour sauver l’ensemble du patrimoine nubien. Il fut décidé de démonter les temples pierre par pierre et de les remonter sur l’île voisine d’Agilkia. |
L’action menée par l’Organisation pour protéger le patrimoine culture l et naturel du monde est un autre exemple du caractère interdisciplinaire de la démarche adoptée par l’U.N.E.S.C.O.
Une soixantaine de pays ont ratifié une convention internationale ayant pour objet de sauvegarder des sites aussi divers que le complexe de Head-Smashed-In Bison au Canada, la cathédrale de Chartres, le Parc national de Serengeti et Persépolis, pour n’en citer que quelques-uns parmi une centaine de sites tous remarquables et tous en péril. Le Fonds du patrimoine mondial contribue à l’exécution de ces projets de conservation.
b – Sauvegarde des traditions orales.
Entre autres activités dans le domaine de la culture, l’U.N.E.S.C.O. s’occupe aussi de la préservation des traditions orales, de la promotion des traductions et de l’octroi d’un statut aux créateurs et, par l’intermédiaire du Fonds international pour la promotion de la culture, elle aide toute une gamme d’activités qui vont de la cinématographie à la promotion de l’artisanat en passant par la formation.
3 – Communication.
Si les activités de l’U.N.E.S.C.O. en matière de communication ont récemment fait couler beaucoup d’encre, l’Organisation a toujours été active dans ce domaine puisque, conformément à son Acte constitutif, elle est chargée de « faciliter la libre circulation des idées, par le mot et par l’image ». L’Organisation a ainsi participé à la formation de journalistes et à la création d’agences nationales de presse. L’action qu’elle mène aujourd’hui n’est en fait qu’un prolongement des efforts déployés dans le passé et qui, vu la nécessité aux yeux du tiers monde d’instaurer ce que l’on a appelé un Nouvel ordre international de l’information et de la communication, ont désormais un caractère d’urgence. Le programme actuel de l’Organisation montre que ce nouvel ordre a pour objet de permettre aux pays en développement qui ne disposent pas de l’infrastructure nécessaire d’accéder de manière équitable aux installations de communication.
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Retransmission d’un programme de télévision éducative par satellite en Inde. L’U.N.E.S.C.O. a participé à la formation des producteurs. |
Les activités dans ce domaine s’articulent autour du Programme international de développement de la communication, programme financé par des contributions volontaires et mis en œuvre à l’initiative des Etats-Unis. Il a contribué à la création de nouvelles agences de presse en Afrique et en Amérique latine, financé des activités de formation et fourni une aide à certaines entreprises, par exemple à un organe de la presse privée qui se trouvait en difficulté.
Ces activités couvrent non seulement les moyens d’information mais l’ensemble du domaine de la communication, et visent notamment à aider les pays du tiers monde à informatiser leurs services d’information ainsi qu’à encourager la production de livres. L’U.N.E.S.C.O. a patronné la Convention universelle sur le droit d’auteur dont le symbole protège désormais le livre dans le monde entier.
4 – Science.
La C.O.I., ou Commission océanographique intergouvernementale, coordonne de coûteuses recherches dans le domaine des sciences de la mer : le coût d’un navire océanographique atteignant jusqu’à 50 000 dollars par jour, elle assure le partage des temps d’utilisation des navires et le partage des données. En coopération avec le Service météorologique national des États-Unis, elle a mis en place un système d’alerte aux « tsunamis », ces vagues de fond provoquées par des mouvements sismiques qui ont causé des dégâts considérables et fait de nombreuses victimes dans les pays situés en bordure de l’Océan Pacifique.
M.A.B. (Man and Biosphère), l’homme et la biosphère : lancé dans les années 1970, ce programme porte sur la création dans le monde entier de 243 réserves de la biosphère pour protéger le précieux patrimoine génétique de la flore et de la faune. Un millier de projets sont aujourd’hui menés sur le terrain dans quelque 80 pays, avec la participation d’une dizaine de milliers de scientifiques.
P.I.C.G., Programme international de corrélation géologique : 48 projets ayant pour objet une meilleure connaissance de la croûte terrestre (ils portent évidemment sur les ressources minérales), sont exécutés dans le cadre de ce programme. Cent deux pays ont créé des groupes de travail.
P.H.I. Programme hydrologique international : ce programme vise à promouvoir l’utilisation et la gestion rationnelles des ressources hydrauliques de la terre, dont la demande devrait doubler d’ici à 30 ans. Il prévoit des recherches et des stages de formation ainsi que la mise à jour des données relatives au cycle hydrologique. Autre activité à vocation internationale : le programme relatif aux risques naturels qui vise entre autres à améliorer les méthodes de prévision des tremblements de terre et qui comporte des recherches sur les sources d’énergie nouvelles et renouvelables (l’accent est mis sur la biomasse, l’énergie éolienne et l’énergie solaire mais aussi sur la recherche concernant les petites centrales hydrauliques et géothermiques et l’énergie des vagues). Les renseignements recueillis se révèlent déjà fort utiles dans les pays en développement qui ne disposent pas de réseau électrique ni de combustibles fossiles.
Dans le domaine agricole, l’U.N.E.S.C.O. intervient également.
L’U.N.E.S.C.O. forme des agronomes qui apprennent aux agriculteurs à améliorer les rendements, à bien utiliser les engrais, etc. En Asie, elle a essayé d’allier la pisciculture à la riziculture.
Des poissons élevés dans des rizières sont exportés.
L’U.N.E.S.C.O. développe également des méthodes traditionnelles qui apparaissent pratiques pour l’utilisateur.
5 – Les publications.

Quelques titres de la Collection UNESCO des œuvres représentatives
(traduction française)
Les publications, considérées depuis l’origine comme un moyen d’action important de l’U.N.E.S.C.O., comprennent par exemple des périodiques destinés au grand public comme « le Courrier de l’U.N.E.S.C.O. » et un très grand nombre d’ouvrages qui s’adressent plutôt à des spécialistes.
D’une manière générale, les publications de l’U.N.E.S.C.O. entrent dans deux grandes catégories : des publications documentaires qui présentent des faits souvent accompagnés d’analyses ; et des publications d’idées destinées stimuler la réflexion sur des problèmes du monde contemporain et sur l’avenir.
III – FONCTIONNEMENT DE L’U.N.E.S.C.O.
Les programmes sont arrêtés par une conférence générale de tous les États membres qui se réunit tous les deux ans. Ce sont aussi les États membres qui alimentent le budget (300 millions de dollars pour 1986-1987) nécessaire à l’exécution de ces programmes. Le Conseil exécutif, composé de 51 membres, supervise l’exécution du programme par le Secrétariat.
Le personnel du Secrétariat où sont représentées plus de 130 nationalités et les disciplines les plus diverses, travail le soit au Siège Paris, soit dans les nombreux points du globe où sont exécutés les projets.
A sa tête, un Directeur général élu pour 6 ans qui est actuellement Monsieur Amadou-Mahtar M’Bow, élu en 1974 et réélu en 1980.
La plupart des États membres ont établi une commission nationale pour l’U.N.E.S.C.O. en vue d’associer à son œuvre les milieux de l’éducation, de la science, de la culture, de l’information et les principales institutions du pays. A la fois organes d’information, de consultation et d’exécution, les commissions nationales publient des ouvrages, assurent la participation du pays des programmes internationaux, organisent des réunions, diffusent les idéaux de l’U.N.E.S.C.O. De nombreux États membres ont aussi installé une délégation permanente auprès de l’Organisation.
En outre, plus de 500 organisations internationales non gouvernementales entretiennent avec elle des relations de travail et d’information mutuelle. Ces « O.N.G. » qui ont des branches nationales dans de nombreux pays groupent les milieux directement concernés par le programme de l’U.N.E.S.C.O. : éducateurs, scientifiques, artistes, bibliothécaires, muséologues, informaticiens, journalistes. Certains groupes importants, comme les syndicats, les coopératives ou les mouvements féminins, peuvent contribuer à faire connaître et à soutenir dans le monde entier les objectifs de l’U.N.E.S.C.O.
1 – Les grands programmes votés.
I. Réflexion sur les problèmes mondiaux et études prospectives.
II. L’éducation pour tous.
III. La communication au service des hommes.
- IV. Conception et mise en œuvre des politiques de l’éducation.
- V. Éducation, formation et société.
VI. Les sciences et leur application au développement.
VII. Systèmes d’information et accès à la connaissance.
VIII. Principes, méthodes et stratégies de l’action pour le développement.
- IX. Science, technologie et société.
- X. Environnement humain et ressources terrestres et marines.
XI. La culture et l’avenir.
XII. Élimination des préjugés de l’intolérance du racisme et de l’apartheid.
XIII. Paix, compréhension internationale, droits de l’homme et droits des peuples.
XIV. La condition des femmes.
Les États-Unis ont été en désaccord avec les programmes III, XII et XIII.
Tout ceci a motivé le départ des États-Unis de l’U.N.E.S.C.O. à la dernière conférence de Sofia.
Deux autres pays se sont également retirés la Grande-Bretagne et Singapour.
2 – Le départ des U.S.A. de l’U.N.E.S.C.O.
Les États-Unis ont eu des reproches à faire au sujet du programme de l’U.N.E.S.C.O. voté la dernière conférence de Paris en 1983 par tous les pays y compris par les États-Unis représentés par le directeur général de la Mobil Oil et non pas par le ministre de l’éducation.
Lorsqu’il s’est agi de mettre les programmes en pratique, les États-Unis se sont insurgés car, dans ce pays, une fondation subventionnant beaucoup d’organisations dans le monde s’est créée.
3 – Pourquoi les États-Unis n’ont-ils qu’une voix ?
Chaque pays a une voix. Un pays ou un groupe de régions peut adhérer à l’U.N.E.S.C.O. Si les 50 états des États-Unis adhéraient à l’U.N.E.S.C.O., ils auraient 50 voix. L’Union Soviétique a fait adhérer 3 de ses états. Les pays paient leur cotisation en fonction de leur Produit Intérieur Brut. 506 organisations internationales non gouvernementales coopèrent avec l’U.N.E.S.C.O.
Monsieur M’Baye a terminé son exposé en répondant à de très nombreuses questions d’une façon directe et objective.
ANNEXES
I – Les précurseurs de l’U.N.E.S.C.O.
Si la conférence des ministres alliés de l’éducation (C.M.A.E.) allait être à la fois la mère et la marraine de l’U.N.E.S.C.O., la jeune organisation qui vit le jour le 16 novembre 1945 pourrait, en remontant quelque 20 ans en arrière, retrouver ses origines dans un organe subsidiaire de la Société des Nations, l’Institut international de coopération intellectuelle et une institution qui fut au départ une organisation non gouvernementale indépendante, le Bureau International d’éducation.
1 – L’Institut international de coopération intellectuelle.
En 1922, sur une proposition de Léon Bourgeois, ancien Président du Conseil français et lauréat du prix Nobel de la paix de 1920, la Société des Nations créa une Commission internationale de coopération intellectuelle (C.I.C.I.), composée de douze membres et chargée de la coopération intellectuelle internationale.
Véritable aréopage de la pensée, cette Commission comptait parmi ses membres des personnalités tell es que Henri Bergson – qui fut son premier président -, Marie Curie, Albert Einstein et Gilbert Murray. Malheureusement, faute de moyens financiers, elle en était réduite à un échange de correspondance et à tenir une fois par an des réunions qui n’étaient pratiquement pas suivies d’effet.

En réponse à l’appel que lança en 1924 son président, Henri Bergson, le gouvernement français offrit à la Commission de mettre à sa disposition les fonds et les locaux nécessaires pour créer à Paris un Institut international de coopération intellectuelle ; et c’est ainsi, qu’avec la bénédiction de l’Assemblée de la S.D.N., naquit l’H.C.I.
Doté de moyens financiers appropriés et d’un secrétariat permanent, l’H.C.I. put insuffler une nouvelle vie à la coopération culturelle internationale. Il se structura en sept sections, respectivement chargées des affaires générales, des relations entre les universités, les bibliothèques et les associations scientifiques, des questions juridiques relatives à la propriété intellectuelle et aux conditions du travail intellectuel, de la traduction et de l’échange d’œuvres littéraires entre les pays, des musées et des échanges artistiques, de l’information et des relations avec la presse et d’autres médias.
On voit déjà l’avenir se profiler en pointillés.
2 – Le Bureau international d’éducation.
Après la Première Guerre mondiale, malgré les appels insistants de certains éducateurs et intellectuels pour la création d’une organisation chargée de promouvoir la coopération internationale en matière d’éducation, les États avaient tendance à considérer que les questions éducatives faisaient partie de leur domaine réservé et se montraient à cet égard très jaloux de leur souveraineté. De fait, la Société des Nations limita les activités éducatives de l’H.C.I. à la recherche pédagogique théorique, en précisant que l’Institut devait s’abstenir d’intervenir dans les questions éducatives qui relevaient de l’autorité souveraine des États membres.
Ceci n’eut toutefois pour effet que de susciter des actions indépendantes. C’est ainsi qu’en 1925 fut créée à Genève une organisation non gouvernementale, le Bureau international d’éducation, grâce au parrainage de l’Institut Jean-Jacques Rousseau de l’Université de Genève. Malgré le soutien de cette prestigieuse institution, le B.I.E. fut très vite paralysé par le manque de ressources. En 1929, quelques États se réunirent à Genève et le dotèrent de nouveaux statuts, qui en firent un organisme intergouvernemental. Le B.I.E. n’en conserva pas moins, après cette réforme, son indépendance vis-à-vis de la Société des Nations.
Le B.I.E. devait essentiellement faire office de centre d’information en matière d’éducation, réunir des renseignements relatifs à l’éducation publique et privée et entreprendre des recherches scientifiques ainsi que des enquêtes statistiques dans son domaine d’activité.
Durant la Seconde Guerre mondiale, les activités du B.I.E. se ralentirent considérablement. Son action la plus importante fut son œuvre humanitaire d »‘aide intellectuelle aux prisonniers de guerre » de toutes nationalités ; il envoya ainsi 600 000 volumes scientifiques ou littéraires dans les camps de prisonniers.
Avec la création de l’U.N.E.S.C.O., il devient évident que la nouvelle organisation était mieux à même d’assumer une bonne partie des tâches du B.I.E., et en 1947, un arrangement provisoire fut conclu entre les deux institutions en prévision de leur unification ultérieure. En 1968, à la suite de la signature d’un nouvel accord, l’ancien B.I.E. cessa d’exister et ses fonctions furent entièrement dévolues à l’U.N.E.S.C.O. Un centre international d’éducation comparée, également appelé Bureau international d’éducation et faisant partie intégrante de l’U.N.E.S.C.O., fut alors créé à Genève.
Une ère nouvelle commençait.
II. – Tableau des sigles.
O.N.U. : Organisation des Nations Unies.
H.C.R. : Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.
U.N.I.C.E.F. : Fonds des Nations Unies pour l’enfance.
U.N.R.W.A. : Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche Orient.
F.M.I. : Fonds Monétaire International.
F.A.O. : Organisation pour l’alimentation et l’agriculture.
O.M.M. : Organisation Météorologique Mondiale.
O.M.S. : Organisation Mondiale de la Santé.
U.I.T. : Union Internationale des Télécommunications.
III.

Ce graphique explique comment l’augmentation de la population en Inde retarde l’alphabétisation.
En 1951 80% d’une population de 216 millions d’êtres étaient illettrés (en noir). En 1961, bien que les illettrés ne soient plus que 76%, la population ayant doublé, ce total s’est accru.
Ainsi, malgré les efforts considérables effectués en faveur de l’alimentation et de l’alphabétisation, ces deux problèmes restent étroitement liés au problème démographique.
IV. – Évolution du nombre d’États membres (E.M.) et du nombre des Commissions nationales (C.N.) par décennie, de 1946 à 1985.


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