Thèmes : géographie, histoire.
Voyage du dimanche 24 au dimanche 31 mai 1992

DIMANCHE 24 MAI
4 h 45 – Garches est endormie. Seule animation autour de la mairie : trente personnes montent dans un car pour Roissy -Destination Israël – Arrivée à 12 h 25 à l’aéroport Ben Gourion à Lod.
Michel Sultan, notre conférencier nous attend. Il ne nous quittera plus.
Première étape, un déjeuner à Yehud près de l’aéroport. A 15 h 00 nous partons. Tel Aviv est derrière nous. Elle compte un million d’habitants, soit le quart de la population du pays.
Les collines de Judée se fondent dans le lointain. Nous empruntons la route côtière jusqu’à Ashdod Ashquelon puis nous pénétrons dans les terres jusqu’à Arad en passant par Qiryat-gat.
Nous sommes dans le désert du Néguev. L’irrigation, grâce à l’eau du lac de Tibériade, permet la culture du blé et du tournesol. L’eau est amenée sur les hauteurs de Galilée. Un canal à ciel ouvert la conduit jusqu’à la plaine côtière, puis vers le Sud par une grande conduite nationale d’eau.
Le long de la route nous croisons des Bédouins. Encore nombreux (environ 60 000), sur cette terre désertique et semi-désertique, ces bergers recherchent de la nourriture pour les animaux près des points d’eau. Aujourd’hui, grâce au modernisme, des puits ont été creusés un peu partout et les Bédouins commencent à se sédentariser. De plus la voiture a peu à peu remplacé le dromadaire !

Un tiers des Bédouins vit dans des campements de tentes traditionnels, un tiers vit dans la tente ou dans la maison, et les autres dans un village où ils deviennent agriculteurs. Ces nomades sont tous de religion musulmane. Leur seule propriété est le cimetière, le reste appartient à Dieu.
Nous pouvons observer autour de nous le travail de l’eau dans les oueds. Chaque année, les routes sont coupées à cause des crues.
A gauche, à l’entrée d’Arad, des ruines sur une colline : l’emplacement de la vieille ville qui date de 2700 av. J.-C. (âge de bronze). La cité s’appelle le « Tel Arad ».
Tout près de l’hôtel, un belvédère nous offre un magnifique spectacle : le désert, et au loin la mer Morte. Une impression de calme et d’immensité. Certains se promettent d’aller tôt le matin assister au lever du soleil sur la mer Morte.
Une première journée déjà bien remplie.
Nous nous installons à l’hôtel « Nof Arad ».
Arad est située à 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer Morte et à 600 mètres au-dessus du niveau de la mer Méditerranée. Les conditions climatiques exceptionnelles de cette région désertique non polluée favorisent le traitement de l’asthme.

LUNDI 25 MAI
8 h 00 -Descente vers la mer Morte, « lieu habité le plus bas du monde ».
Nous apercevons un gisement de gaz naturel. De la vallée du Zohar nous découvrons en face de nous la mer Morte partagée entre Israël et la Jordanie et au-delà la montagne de Moab (patrie de Ruth).
En été, la mer Morte s’évapore et le sel apparaît nettement. Un litre d’eau de la mer Morte contient environ :
- 212 g de chlorure
- 40 g de sodium
- 30 g de magnésium
- 16 g de calcium
- 7 g de potassium
- 5 g de bromure
Au Nord, le tourisme thermal se développe – rhumatismes, maladies de peau -. Au Sud, on exploite la potasse … A long terme la mer Morte risque de disparaître. Son assèchement pose un grave problème pour les différentes exploitations (magnésium, phosphate, brome), c’est pourquoi l’eau du bassin Nord est conduite vers le bassin Sud. De plus, un projet de canalisation est à l’étude entre la mer Méditerranée et le lac, avec des points de désalinisation sur le trajet pour l’irrigation.
De magnifiques flamboyants rouges bordent la route.
Au loin surgit dans le décor lunaire du désert de Judée, le haut rocher tabulaire de Massada. Le plateau s’élève à près de 500 mètres au-dessus de la mer Morte. Un téléphérique permet d’y accéder.
Notre guide Michel replace l’épisode de Massada dans l’histoire d’Israël.
1800 av. J.-C. : Abraham, Isaac et Jacob en Terre Promise après avoir quitté Ur en Chaldée (actuel Irak).
1250 av. J.-C. : Exode des Hébreux sous la direction de Moise après un long exil en Egypte. Ils reçoivent dans le Sinaï les Dix Commandements et l’enseignement monothéiste. Des tribus nomades s’installent aux côtés des Cananéens et se sédentarisent.
1000 av. J.-C. Saül chasse les Philistins de la montagne vers la côte. Au cours de ces batailles, le jeune berger David réussit à abattre Goliath. Il établit une dynastie qui durera près de quatre siècles, unifie les tribus et fait de Jérusalem sa capitale. Il soumet les Philistins puis, à l’Est du Jourdain, les Ammonites et les Moabites.
960-930 av. J.-C. : Son fils Salomon règne sur un empire pacifié s’étendant du Nil à l’Euphrate. Il construit le premier Temple. Après sa mort, le royaume est partagé entre les tribus du Nord qui forment le royaume d’Israël, avec Samarie comme capitale, et les tribus du Sud, en Judée, avec Jérusalem comme capitale (Dynastie de David).
7ème siècle av. J.-C. : Le royaume d’Israël est détruit par les Assyriens.
587 av. J.-C. : Destruction du royaume de Judée et du Temple par Babylone. La population est déportée et des colonies mésopotamiennes s’installent en Judée. Les Perses conquièrent l’Empire de Babylone.
539 av. J.-C. : Cyrus, Roi de Perse, autorise le retour des Juifs à Jérusalem. Le Temple est reconstruit. Un deuxième retour a lieu, conduit par Ezra (Esdras).
4ème siècle av. J.-C. : Alexandre le Grand passe par la Judée. C’est la période hellénistique.
2ème siècle av. J.-C. : Le pays d’Israël, pris entre l’Egypte de Ptolémée et la Syrie de Seleucus, tombe aux mains de ce dernier qui tente d’imposer le culte de Zeus dans le Temple. Cela provoque la grande révolte des Asmonéens. Judas Macchabée bat les troupes d’Antiochus, purifie le Temple et y restaure le culte juif.
128 av. J.-C. : Le pays devient indépendant et les Asmonéens accèdent à la monarchie. Aux Grecs succèdent les Romains.
37 av. J.-C. Hérode, fils du conseiller du dernier roi Asmonéen, persuade le second Triumvirat de le couronner roi de Judée. Il construit un nouveau Temple, la forteresse d’Hérodium et le fort de Massada, ainsi que deux cités hellénistiques : Cesarée et Sébastiya.
60 ap. J. C. : Les influences romaines et hellénistiques divisent la population juive. Une crise politique et morale profonde, le despotisme romain et l’expansion de l’idolâtrie poussent les Juifs à la rébellion (chute de Massada).
70 ap. J.-C. : Titus détruit le Temple lors d’un conflit qui se solde par le massacre d’un million de Juifs.
132-135 ap. J.-C. : Une dernière révolte dirigée par Simon Bar Kokhba (Fils de l’Etoile) se termine dans le sang. Jérusalem est détruite, rasée et labourée. Le lieu s’appellera Aelia Capltolina. Les Juifs en seront bannis sous peine de mort. La Judée s’appellera désormais Syria Palaestina.
Maintenant que nous avons la chronologie de l’histoire en tête, parlons de Massada.
Le nom de Massada vient de l’hébreu « Metzuda », forteresse. Construite par le chef des Macchabées qui y établit une garnison, la place forte est rendue « imprenable » par Hérode le Grand qui s’y réfugie en 42 av. J.-C. avec la princesse Myriam lorsque les Parthes s’emparent de Jérusalem. En six années de peine, une armée d’esclaves s’emploie à réaliser un chef-d’œuvre.
Hérode ne se contente pas de faire effectuer des travaux d’adduction d’eau et des pavements de mosaïque dans les salles majestueuses de ses palais. Flavius Josephe raconte : « Un refuge pour lui-même qu’il réalisa en prévision d’un double danger : l’un venant du peuple juif, dont il pouvait craindre qu’il ne le dépose …, l’autre, plus grand et plus inquiétant, venant de la reine d’Egypte, Cléopâtre …, il avait fait tailler dans le roc des citernes pour retenir l’eau … ».
Après la destruction de Jérusalem par Titus en 70 ap. J.-C., les Zélotes insurgés contre Rome s’en emparent. Les armes et les vivres leur permettent de tenir pendant plusieurs années. Mais en 73, les assiégés voyant que toute tentative de fuite est vaine, décident de se donner la mort. « Il vaut mieux mourir en homme libre que vivre en esclave car nous n’avons pas d’autre maître que Dieu ».
Le site est grandiose. La réalisation la plus impressionnante est le système hydraulique. On exploitait le phénomène des crues subites des torrents du désert qui se déversent chaque année à Massada à partir des collines environnantes. Hérode maîtrisait ces crues en barrant, au moyen d’une digue, les deux vallées à l’Ouest de Massada. L’eau était ensuite amenée, par des chevaux, de la réserve d’eau jusqu’aux douze citernes taillées dans la falaise et imperméabilisées par l’argile.
La piscine, les bains rituels, les entrepôts… De la terrasse supérieure, nous voyons, au pied de la colline, les traces des camps romains.
Prochain arrêt à Ein Guedi où ceux qui le désirent peuvent « flotter » sur la mer Morte, sans oublier de prendre une bonne douche après pour se « dessaler ».
A 12 h 30, nous sommes à table. De beaux flamboyants ornent les jardins du restaurant. Après le déjeuner, nous continuons notre route le long de la mer Morte jusqu’à Qumran. Nous passons l’ancienne frontière jordanienne (1948-1967). Nous sommes au point le plus bas de la surface du globe à 400 mètres au-dessous du niveau de la mer.
En 1947, un Bédouin, qui cherchait une bête égarée de son troupeau, découvre une grotte et au fond, des parchemins enroulés dans des amphores parfaitement scellées et enveloppées individuellement dans des bandes de lin. Par la suite, les archéologues alertés trouvent des manuscrits dans onze grottes.
Ils sont de deux types :
- des textes bibliques de l’Ancien Testament en Hébreu – des textes esséniens (Juifs orthodoxes ne reconnaissant pas la centralité des prêtres du Temple de Jérusalem).
Avant cette découverte, les textes bibliques hébraïques les plus anciens que l’on connaissait dataient du 10ème siècle ap. J.-C. : le Codex. Grâce aux Manuscrits, la recherche fait un bond de douze siècles en arrière. Seuls deux livres manquent, celui d’Esther et le deuxième livre des Macchabées. Les textes esséniens datent de l’occupation de Qumran, entre les années 150 avant et 68 après notre ère. C’est l’époque où les sectes des Esséniens établissent leur lieu de retraite physique et spirituelle loin des tentations de la ville. Là ils attendent la venue du Seigneur.
Nous passons par Jéricho, ville moderne à deux kilomètres de la cité biblique qui occupait l’emplacement de l’actuelle zone archéologique de Tel-al-Sultan. Ce site historique est chargé de légendes. Jéricho est évoqué dans de nombreux chapitres de la Bible qui racontent sa destruction par Josué. Celui-ci abattit sa muraille en faisant sonner les sept trompettes des Jubilés.

Sur la route de Jéricho
Nous arrivons au Mont des Oliviers. Nous découvrons Jérusalem derrière ses murailles.
Un premier contact bien impressionnant !
MARDI 26 MAI
8 h 00 – Nous partons découvrir une partie de Jérusalem, le matin le quartier juif, l’après-midi le quartier arabe chrétien.
Nous entrons par la Porte de Jaffa.
Michel nous explique : il y a environ 45 000 Chrétiens et Orthodoxes à Jérusalem qui se répartissent en Catholiques de rite romain, grec, arménien et maronite. La plupart des Chrétiens sont Arabes.

Depuis le 13ème siècle jusqu’en 1948, le quartier juif fut fréquenté par les rabbins et les étudiants des académies d’études hébraïques. Il était occupé par la légion jordanienne et presque entièrement détruit lors de la Guerre d’Indépendance. Par la suite, cette zone a fait l’objet de recherches archéologiques poussées et attendues. Les rues et les maisons ont été restaurées ou reconstruites après le Guerre des Six Jours, en 1967.
Un arrêt au Cardo, ancienne route romaine, devant la mosaïque du 6ème siècle, représentant Jérusalem à cette époque, puis face au rempart Sud et au Mont des Oliviers.
De là, nous gagnons le Mur des Lamentations. Symbole de la religion juive, point de référence et lieu de pèlerinage pour les Israélites du monde entier, l’Hakotel Hama’aravi est un fragment du mur de soutien qui se trouvait à l’Ouest du parvis du Temple. D’une hauteur de quinze mètres, il a été appelé « Mur des Lamentations » car c’est ici que les Israélites, pendant leur long exil, pouvaient revenir une fois par an pleurer la destruction du Temple.
Comme l’exige la loi juive orthodoxe, les hommes sont séparés des femmes. Nombreux sont les usages liés à ce Mur : l’un d’eux consiste à insérer dans les fissures entre les blocs de pierre, quelques petits morceaux de papier sur lesquels on écrit des souhaits et des prières.

Nous quittons ce lieu saint juif pour atteindre le Parvis du Temple, un des lieux saints musulmans.
C’est le troisième lieu saint de l’Islam après la Mecque et Médine.
Après avoir reconnu que le Judaïsme et le Christianisme constituaient les sources d’inspiration première de la nouvelle religion qu’il venait de fonder, que Mahomet en vint à vouer tant de vénération à Jérusalem. D’après la tradition musulmane, ce fut de l’emplacement du Temple que le prophète s’éleva vers le ciel sur sa jument.
C’est également un lieu sacré pour les Israélites car ici l’Ange de Yahvé arrêta Abraham qui allait sacrifier son fils Isaac, et ici, s’élevait le légendaire Temple de Salomon.
Si les Juifs ne devaient pas et ne doivent toujours pas transgresser les limites de ce lieu saint, ce n’est pas tant en raison de l’interdit qu’allait un jour leur imposer l’Islam, qu’en raison de la présence sur la colline, du Saint des Saints auquel seul le Grand Prêtre, une fois l’an, au Kippour, avait accès. Mais à la suite de la destruction du sanctuaire en l’an 70 et de la dispersion du peuple juif, on perdit de vue son emplacement exact. Dans le doute les Juifs pieux s’abstiennent de pénétrer dans l’enceinte.
Après nous être déchaussés, nous pénétrons dans la Mosquée El Aqsa, d’une architecture dépouillée mais au sol couvert de riches tapis. Elle fut construite en 710 sur l’emplacement traditionnel du palais de Salomon et du palais des premiers rois de Judée.
En face, le Dôme du Rocher n’est pas un lieu de culte. Au centre se trouve un rocher nu, objet sacré pour les israélites et pour les Musulmans. Selon la légende, le rocher essaya de suivre Mahomet qui montait au ciel, l’Ange Gabriel l’arrêta et y laissa l’empreinte de sa main. Au-dessous du rocher, quelques marches mènent à une grotte que les Musulmans appellent le « Puits des Ames » parce que, selon leurs croyances, celles-ci se retrouvent toutes en ce lieu le jour du Jugement.

Le Dôme du Rocher
Michel nous rappelle les cinq grands principes de l’Islam :
- La croyance en l’unicité de Dieu : « Dieu est grand et Mahomet est son Prophète ».
- Les cinq prières journalières, tourné vers la Mecque.
- La charité et l’aumône.
- Le jeûne du Ramadan (mois où Mahomet a reçu sa révélation). C’est le symbole de la purification.
- Le pèlerinage à la Mecque si l’on peut.
Nous quittons l’enceinte du Mur et entrons, au Nord, dans le quartier musulman pour ressortir par la Porte de Damas pour rejoindre le restaurant « Petra ».

Porte de Damas
Après le déjeuner en dehors de l’enceinte, nous pénétrons dans la vieille ville par la Porte d’Hérode ou Porte des Fleurs qui donne accès au quartier musulman. A droite s’ouvre le séminaire dirigé par les Pères Blancs et l’enceinte de l’église Sainte-Anne qui abrite une piscine mise à jour par les religieux.
Un arrêt au couvent des Dames de Sion.
Michel nous explique que l’Antonia, ainsi nommée par Hérode le Grand en l’honneur du Triumvirat Antoine, fut élevée par le roi des Juifs en 37 av. J.-C. Cette forteresse fut utilisée par les procurateurs romains pour surveiller le Temple où se fomentaient d’ordinaire les séditions.
Mais ils avaient également une résidence dans le palais d’Hérode localisé dans la Citadelle où, généralement, ils préféraient séjourner car elle était à l’écart des quartiers populaires. De la sorte, on n’est nullement assuré que le Christ ait bien été jugé dans l’Antonia, ce qui, du même coup, laisse planer un doute sur l’exactitude du tracé de la Via Dolorosa, tel qu’il fut défini par les Croisés.
Dans l’église se trouvent les restes de l’ancien dallage romain, le Iithostratos. Sur certaines dalles, des signes gravés se rapportent au jeu de dés. D’après la tradition chrétienne, c’est ici que les soldats romains auraient tiré au sort les vêtements du Christ en jouant aux dés.
Nous empruntons la Via Dolorosa qui est en fait une « mémoire » d’un trajet parcouru par le Christ. Ce chemin de croix comprend quatorze stations.
Nous montons un escalier qui nous mène à un couvent éthiopien sur le toit du Saint-Sépulcre. Nous assistons à un court service religieux. Le prêtre éthiopien tient dans sa main le Nouveau Testament en forme de croix.
Le Saint-Sépulcre : on pénètre sur le parvis par une petite porte. Les Catholiques latins, grecs orthodoxes, arméniens et coptes se partagent ce sanctuaire. Cet édifice est, dans ses grandes lignes, composé d’une église franque de la première moitié du 12ème siècle qui fut érigée sur le site d’une partie du spacieux monument consacré par l’Empereur Constantin en 335, l’autre partie étant occupée par diverses constructions médiévales qui furent morcelées par les communautés chrétiennes se partageant le Saint-Sépulcre.
A l’époque, cet endroit se trouvait hors des murs de la ville et servait de nécropole. Il devint, à l’époque romaine, un lieu de supplice. On l’appelait Golgotha, qui veut dire « La Colline du Crâne » d’une part, en raison de sa forme arrondie, et d’autre part, parce que la légende y situait la sépulture du crâne d’Adam.
On rejoint le Golgotha par un escalier raide. En haut, deux chapelles, l’une catholique, l’autre gréco-orthodoxe. La chapelle catholique marque l’endroit de deux stations, l’une où le Christ fut dévêtu, l’autre où il fut crucifié. Dans la chapelle grecque, la douzième station marque l’endroit où le Christ mourut sur la croix. Au-dessus de l’autel, un trou dans le rocher indique l’endroit où fut plantée la croix.
La sépulture du Christ se trouve dans une construction au centre de l’Anastasis. Dans une petite chapelle est conservé un fragment du rocher sur lequel se serait assis l’Ange quand les saintes femmes se rendirent au sépulcre déjà vide. La chambre mortuaire est aussi la dernière station du Chemin de Croix.
Nous sortons et nous nous arrêtons devant la Pierre de l’Onction, endroit où le corps du Christ, descendu de la croix, a été aspergé d’un « mélange de myrrhe et d’aloès » et pleuré par sa mère avant d’être enfermé dans le sépulcre.
Une journée bien remplie. Nous rentrons à l’hôtel.
MERCREDI 27 MAI – LA GALILÉE
Avec étonnement, nous découvrons le Jourdain, ruisseau et non fleuve comme on se l’imaginait. Nous le longeons jusqu’au lac de Tibériade (en hébreu : Yam Kinneret, la mer en forme de lyre). Sa vallée est cultivée toute l’année car l’hiver y est très doux : fruits, légumes, vignes … Michel profite du trajet pour nous parler de « l’Israël contemporain ».
La route est longée à droite par des barbelés. Il s’agit de la ligne de cessez-le-feu entre la Jordanie et Israël. Tout un système de surveillance est installé entre les barbelés et le Jourdain pour éviter l’infiltration palestinienne.
De 1967 à 1970, on ne pouvait emprunter la route car la Jordanie servait de camp d’entraînement et de base pour les Palestiniens. En septembre 1970, le roi Hussein voit se créer un Etat dans son Etat. 70 % de la Jordanie est palestinienne. Il craint que l’OLP ne veuille le renverser. C’est le fameux « Septembre Noir ». Les Jordaniens massacrent les Palestiniens et détruisent les infrastructures militaires de l’OLP qui doit quitter la Jordanie pour aller au Sud Liban.
Cette région du bord du Jourdain est très importante pour la Jordanie car c’est la seule région fertile. Jordaniens et Israéliens sont donc, tous les deux, intéressés par la stabilité de la région.
Reprenons l’histoire de la région :
- 60 à 330 : Romains
- 330 à 638 : Byzantins
- 638 à 1099 : Islam
- 1099 à 1291 : Croisés
- 1260 à 1517 : Mamelucks
- 1517 à 1917 : Empire ottoman
Qu’est-ce que la Palestine ?
C’est au 2ème siècle ap. J.-C. qu’elle apparaît. Les Romains donnent ce nom à l’ancien Israël et débaptisent la Judée. La Palestine, c’est donc Israël, la Jordanie et une partie de la Syrie.
En 1921, la Palestine est placée sous mandat britannique. La France reçoit un mandat sur la Syrie et le Liban. On distingue alors géographiquement la Palestine transjordanienne (Est du Jourdain) et cisjordanienne (Ouest du Jourdain).
En 1923, la Palestine transjordanienne reçoit son autonomie politique. C’est l’Émirat de Transjordanie. La Palestine devient le territoire qui se trouve à l’Ouest du Jourdain (Cisjordanie). Là, deux nationalismes qui s’opposent (Juifs et Arabes) luttent contre les Anglais. C’est un conflit en triangle. L’Angleterre ne peut plus diriger le pays.
En 1947, l’Angleterre pose le problème à l’ONU et lance un ultimatum : le 14 mai 1948, le dernier soldat britannique quittera la Palestine.
Le 29 novembre 1947, les Nations Unies décident de partager le mandat entre Juifs et Arabes palestiniens. Les Juifs acceptent ce partage, mais les Arabes le refusent. Le nouvel état d’Israël qui venait de naître est attaqué de toutes parts par ses voisins arabes. Ce conflit est connu sous le nom de « Guerre d’Indépendance de 1948 ». Un an et demi plus tard, on arrive à un cessez-le-feu et on fixe les lignes de démarcation (jusqu’en 1967). Toute la vieille ville de Jérusalem tombe sous le contrôle de la Jordanie et la partie occidentale, plus moderne, sous celui d’Israël.
Au cœur même de Jérusalem, on dresse un mur qui, pendant 19 ans, séparera la population des deux secteurs.
Actuellement, il y a :
- les Arabes palestiniens citoyens israéliens
- les Arabes palestiniens citoyens jordaniens
- les Arabes palestiniens du Liban
- les Arabes palestiniens de Syrie
Une grande partie de la population, à la suite de ces conflits, doit se réfugier. Dans les territoires occupés, il y a des réfugiés palestiniens et des Palestiniens non réfugiés qui ont toujours vécu là, en Judée et Samarie.
Nous nous arrêtons au site archéologique de Beit shean, très important à l’époque de Jésus et qui fut détruit en 700 ap. J.-C. par un tremble ment de terre.

Beit Shean
Assis sur les gradins d’un amphithéâtre romain, Michel nous donne très belle définition d’un « Tel » archéologique : éminence que crée l’histoire en jetant un suaire de sable sur le lit de mort d’une ville.
Fin du désert. Tibéria se trouve à 36 km. Les deux rives du Jourdain sont maintenant israéliennes. Nous faisons un arrêt à Yardenit, l’endroit où le Jourdain quitte la mer de Galilée, et où, selon la tradition, Jésus fut baptisé par Jean-Baptiste.
Nous prenons un bateau à Tibéria sur la côte Est qui nous conduit à Ein Gev sur la rive Ouest. Nous déjeunons dans un Kibboutz au bord du lac.

Sur le lac de Tibériade
Le premier kibboutz a été créé en 1909. Seuls 3 % des Israéliens y vivent. C’est une vie communautaire agricole. « Je donne à la communauté ce que je peux et je reçois ce dont j’ai besoin ».
Après avoir mangé le classique Saint-Pierre, nous longeons le lac vers Capharnaüm.
Nous sommes dans le Golan. Jusqu’en 1973, cette région appartenait aux Syriens. Maintenant la frontière a reculé de 40 km.
Capharnaüm :
Jésus s’y est établi après avoir quitté Nazareth. Il reste un témoignage de l’antique cité : une vieille synagogue que l’on ne peut cependant pas identifier comme celle où Jésus donnait ses premiers enseignements à ses disciples.

Capharnaüm
A 40 km se trouve Nazareth.
A Nazareth, ville arabe, 60 % de la population est musulmane, 40 % chrétienne. Capitale administrative de Basse Galilée, elle compte 60 000 habitants.
Nous visitons la Basilique de l’Annonciation construite sur l’emplacement de la grotte légendaire où Marie reçut l’annonce de l’archange Gabriel.
Au centre de la nef principale s’ouvre l’entrée de la crypte où se trouve la Grotte de la Vierge. Dans l’église supérieure, une grande mosaïque centrale représente le « Triomphe de l’Église Universelle ». Nous quittons Nazareth pour aller rejoindre la Méditerranée et Césarée,
Césarée, construite en l’an 20 par Hérode sur le site d’un ancien port phénicien, la tour de Straton, ainsi que le relate Flavius Josephe. Pendant 600 ans, Césarée fut la capitale de la province romaine de Judée et hébergea une communauté juive prospère. Paul partit de Césarée pour ses missions à l’étranger après y avoir été emprisonné. En 66 la révolte juive contre les Romains commença en ce lieu.
Le christianisme s’y installa vite.
Césarée tomba aux mains des Musulmans en 646. Citadelle des croisés, elle se développait bien, quoique n’ayant que le dixième de sa superficie hérodienne jusqu’à sa prise par le sultan mamelouk Beybar en 129l, où elle fut abandonnée.
Césarée reprit vie en 1940 avec l’installation d’un kibboutz.
Nous serions bien restés nous promener le long de la mer, mais il fallait retourner à Jérusalem.
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JEUDI 21 MAI
Ce jour est consacré à la visite de la ville moderne.
La Knesset : Nous pénétrons dans la salle de séance où une conférencière nous explique le fonctionnement de cette institution.
L’Assemblée Nationale israélienne siège dans cet édifice inauguré en 1966 et dont la construction a été financée par James de Rothschild. La Knesset comprend 120 membres élus tous les quatre ans. Il y a 20 partis politiques.
Les 120 sièges de la salle de séance sont placés en forme de chandelier à sept branches (Ménorah). Le chiffre 7 est le chiffre de la plénitude dans la Bible, le monde s’est créé en 7 jours et ce chiffre revient souvent dans la Bible.
Dans la salle de réception, une grande tapisserie de Marc Chagall représentant l’histoire du peuple juif, et une mosaïque décorent les murs.
Devant l’édifice se dresse une grande menorah de bronze décorée de 29 scènes de l’histoire d’Israël. C’est un don du Parlement italien au Parlement israélien.
Quand le Temple est détruit, la menorah devient l’emblème du judaïsme bien avant l’Etoile de David. Avec les deux rameaux d’olivier, elle devient l’emblème d’Israël.
Le Musée du Livre : Vaste programme en deux heures.
Ce très grand musée comprend plusieurs départements. Chacun fait son choix et élabore sa visite individuellement. Michel nous accompagne jusqu’au « Sanctuaire du Livre » qui abrite les fameux Rouleaux de la mer Morte, des documents écrits sur parchemin, et divers objets provenant des grottes situées à l’Ouest de la mer Morte et datant du 1er siècle av. J.-C. et du 1er siècle de notre ère.
Il est difficile d’expliquer tout ce que l’on peut trouver dans ce musée. Ce serait trop long et incomplet. Alors les curieux devront y aller.
Nous quittons le musée pour déjeuner à l’hôtel Holyland. En début d’après-midi, nous découvrons, dans les jardins de l’hôtel, une maquette de Jérusalem sous Hérode. Cette maquette évolue avec les fouilles archéologiques. Elle nous permet de visualiser tout ce que Michel nous a expliqué.

Maquette de Jérusalem sous Hérode
Nous montons au Mémorial Kennedy à l’Ouest de Jérusalem. Dans le nouveau quartier, les maisons sont recouvertes de pierres du pays, ce qui offre au regard une unité agréable. Du Mémorial, une très belle vue de Jérusalem.
Yad Vashem : « Je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs une place et un nom qui ne périra pas » (Esaîe LVI,5).
Yad Vashem a été établi en 1953, pour perpétuer la mémoire des six millions de juifs anéantis et les milliers de communautés florissantes détruites par l’Allemagne nazie. Cela a donné lieu à un débat passionné : fallait-il ou pas reparler de ces évènements ? Aujourd’hui, il n’y a plus de discussion ; la réponse est unanime : oui !
Le Mémorial de Yad Vashem sert à la commémoration et à l’étude de la tragédie la plus profonde de l’histoire juive, la Shoah.
Une partie de Yad Vashem est un centre de recherche, le plus grand centre de documentation de la période nazie. Son but est de recueillir le plus de renseignements possibles sur cette période pour les transmettre aux générations à venir, afin que cela ne se reproduise plus jamais.
Yad Vashem est aussi un lieu de cérémonies, un musée qui retrace l’histoire des persécutions de 1936 à 1948 et un musée d’art où sont exposées des œuvres de personnes victimes des camps, des ghettos…
Dans le jardin dédié à la mémoire des enfants, un édifice souterrain commémore le souvenir d’un million et demi d’enfants juifs exterminés pendant l’Holocauste.

Colonnes symbolisant l’enfance brisée
Après être descendu dans une première salle où des photos d’enfants en trois dimensions sont exposées, le visiteur pénètre dans le hall commémoratif. Cinq bougies allumées se multiplient à l’infini, symbolisant ainsi l’âme des enfants massacrés. En fond sonore, leurs noms résonnent.
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Après le diner, nous partons assister à un spectacle folklorique sympathique et joyeux.
VENDREDI 29 MAI
Mont des Oliviers
Il a toujours eu un sens spécial pour le peuple juif.
La légende veut que le Messie entre au Temple par la Porte Dorée, venant du Mont des Oliviers. C’est pour cela que les Juifs pieux ont, depuis de nombreuses générations, choisi ce lieu comme sépulture, pour être parmi les premiers à suivre le Messie au jour de la Rédemption.

Cimetière juif
Quant aux Chrétiens, ils vénèrent le Mont des Oliviers pour son lien avec les derniers jours de Jésus et la colline abonde de mausolées chrétiens.
La Mosquée de l’Ascension : au centre d’une cour octogonale, les Croisés élevèrent cet édifice. Les Musulmans ont refait la coupole primitivement à ciel ouvert, qui abrite le rocher où la tradition vénère le lieu de l’Ascension. C’est presque le sommet du Mont des Oliviers.
Le Carmel du Pater, première église construite par Hélène, retrace le souvenir de l’enseignement du Pater Noster aux disciples de Jésus. C’est dans la chapelle franciscaine Dominus Flevit que Jésus a pleuré alors qu’il prévoyait la ruine de Jérusalem.
Nous descendons la route que Jésus avait empruntée avant qu’il ne soit arrêté.
Nous entrons dans le Jardin de Gethsémani (pressoir à huile) où sont plantés des oliviers, vieux de mille ans (d’après les botanistes). « Le Lieu Saint protège l’arbre et l’arbre protège les Lieux Saints ».
Nous reprenons le car pour Bethleem à quelques kilomètres de Jérusalem.
Après le déjeuner, nous gagnons la Basilique de la Nativité.
Bethléem signifie : « Maison du Pain » en Hébreu « Beit Lehem » et « Maison de la Viande » en Arabe « Beit Lahm ».
L’Impératrice Hélène, mère de Constantin, fit ériger en 325 la Chapelle Sainte-Hélène naturellement dédiée à celle qui consacra sa vie à la piété et au culte des Lieux Saints.
Avec émotion, les pèlerins s’approchent de l’étoile d’argent posé sur le sol de la Nativité. Au fond de la grotte, une porte conduit à l’oratoire où Saint-Jérôme rédigea la Vulgate, version latine de la Bible.
La grotte de la Nativité est reliée à une série de grottes dans lesquelles on peut entrer en passant par l’église Sainte-Catherine.
Une statue de Saint-Jérôme se trouve dans le cloître, ornée de fleurs et de palmes.
Après un déjeuner dans un restaurant arabe, retour à Jérusalem dans le quartier arménien où nous assistons à une partie d’un office.
Nous terminons notre journée au Mont Sion, à l’extérieur du quartier arménien, à l’église bénédictine de la Dormition, construite entre 1900 et 1910, élevée à l’emplacement où la Vierge serait tombée « dans un sommeil éternel ». Une statue de Marie allongée se trouve en effet dans sa crypte.
SAMEDI 31 MAI
Dernière matinée avec Michel. Samedi après-midi et dimanche matin : journées libres.
Nous partons pour la Ville Nouvelle assister à la grande synagogue à une partie de l’office. De magnifiques chœurs, graves et émouvants, s’élèvent dans le temple.
Michel nous explique.
Il y a trois prières journalières : le matin, l’après-midi et le soir. Les jours de fête et le jour du Shabbat, elles sont plus festives. A ces prières s’ajoutent alors la lecture des cinq premiers livres de la bible et le commentaire.
Les prières suivent une certaine liturgie. La lecture totale se fait sur une année. Le même passage est lu, la même semaine, dans le monde entier. Le commentaire est effectué par une personne de l’assemblée.
Les Juifs sont « familiers » avec Dieu. La synagogue n’est pas un lieu saint, ni consacré, c’est le lieu de l’Assemblée. On peut y étudier, discuter, etc.
Le brouhaha cesse quand on sort le rouleau de la Torah, puis il reprend. Les hommes sont séparés des femmes qui pendant une certaine période du mois sont considérées comme impures.
Certains hommes portent un châle de prière où pendent des franges sur lesquelles il y a plusieurs nœuds correspondant à une lettre. Chaque lettre en hébreu correspond à un chiffre. L’ensemble forme le mot YHVH (Yahvé).
Toutes les synagogues sont orientées vers Jérusalem et celles de Jérusalem vers le Temple.
Nous quittons la Ville Nouvelle pour pénétrer dans les remparts, au Musée de la Citadelle. Il retrace l’histoire de Jérusalem.
Une nouvelle occasion pour Michel de nous faire pénétrer dans les différentes civilisations qui se sont succédées à travers les siècles.
Dans cette citadelle, nous assisterons ce soir à un spectacle Son et Lumière.

La Citadelle du roi David
L’après-midi, tout le monde se disperse pour revoir un quartier, faire des achats ou nager dans la piscine de l’hôtel.
DIMANCHE 31 MAI
C’est le départ.
Un voyage passionnant dans un pays de contraste avec un conférencier exceptionnel.

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