Thèmes : art, histoire, visite.
Visite des mardi 1er et jeudi 3 juin 1993.

Lors de sa conférence sur le jardin du Luxembourg, mardi 30 mars 1993, Madame d’Arneville nous avait promis de nous faire visiter les lieux. Elle tint parole et reçut par deux fois un groupe du C.D.I. Ils retrouvèrent donc, avec les souvenirs de la conférence, des souvenirs personnels d’années plus ou moins lointaines, d’enfance ou d’études, et surtout surent apprécier l’atmosphère des parterres, de jardins et des ombrages.
Mais je ne crois pas avoir reçu de souvenirs plus émouvants que ceux que me fit parvenir une amie, que j’avais d’ailleurs fort attristée en ne venant pas fêter ses quatre-vingt-dix ans. Sa mémoire est fidèle et sa plume fort alerte. Les souvenirs datent de 1910 et cette respectable dame était alors une fillette de sept ou huit ans.
» Après le déjeuner, nous allions au Luxembourg où maman avait fait la connaissance d’une dame qui devint notre amie et qui, comme elle, amenait chaque jour ses enfants au bon air du jardin. Leur emplacement préféré était contre l’orangerie, l’endroit que nous appelions « derrière le musée ». Nous arrivions par la porte de la rue de Vaugirard et retrouvions nos amis Suzanne et Jean, et maman, leur mère. Ces dames brodaient ou faisaient de la dentelle d’Irlande tout en surveillant les ébats de leurs enfants : j’étais l’aînée de la petite bande.
Nous jouions au « sabot », ce jeu consistait à faire tourner une toupie de bois avec un fouet constitué par un manche auquel était attachée une fine lanière de peau d’anguille. La toupie était maintenue en rotation, le plus longtemps possible par de légers coups de fouet.
Un kiosque fournissait tout ce matériel et était approvisionné chaque jour vers quatre heures, de délicieux croissants chauds que nos mères nous envoyaient chercher dès que le livreur de la pâtisserie les apportait.
En grandissant, nous avons joué au cerceau, puis mon jeune frère ayant reçu un beau bateau, nous avons été le faire naviguer sur le bassin autour duquel des filles plus grandes jouaient au « jeu de grâces ». Deux à deux, elles s’envoyaient, à l’aide de deux baguettes, de petits cerceaux qu’elles devaient recevoir exactement et de la manière la plus élégante possible.
Nous jouions aussi au « diabolo », jeu qui consistait à envoyer verticalement en l’air une sorte de double toupie à l’aide d’un fil brusquement tendu entre deux baguettes, puis à le recevoir de la même façon. L’emplacement réservé à ce jeu était situé entre le bassin et la porte qui mène à l’observatoire.
Il y avait aussi le manège de « chevaux de bois » qui sont restés longtemps les mêmes et dont chacun avait un nom. Mon préféré était « Sultan » le lion, ou la girafe dont j’ai malheureusement oublié le nom.
Dans ces nouveaux lieux de délices, les gaufres chaudes remplacèrent les croissants.
Le « Guignol » nous accueillait aussi, d’autrefois, mais j’avais une peur panique du polichinelle qui surgissait en sifflant à la fin de la représentation. J’appréhendais sa venue autant que l’arrivée des machines à vapeur en gare du Luxembourg, où nous prenions souvent le train pour aller voir des amis à Massy. Comme je préférais le balancement de la charrette de l’ami de mon père qui venait parfois le surprendre dans son atelier de la rue du Dragon et qui m’emmenait passer quelques jours délicieux à la campagne … à Massy !
Reviennent aussi à ma mémoire, quelques personnages disparus : quelques nounous coiffées de bonnets blancs enrubannés, tenus par des épingles à grosses boules dorées et vêtues d’une ample cape grise promenaient leurs petits maîtres ; et à la tombée de la nuit, le tambour annonçait la fermeture des portes en accompagnant ses battements par les avertissements : « on ferme, on ferme ! » G.P.
Arrêtons-là ces souvenirs du début du siècle, on ferme, on ferme Mais nous y reviendrons peut-être.
E.B.
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