SORTIE-VISITE : une journée à Orléans

Thèmes : art, géographie, histoire, peinture, visite.
Visite du mardi 25 octobre 1994.

 

Fiche de visite de Monique Broutin

 

Un contrecoup du plissement alpin aurait détourné – il y a quelques trente millions d’années – la Loire, jusque-là affluent de la Seine, vers l’Atlantique. Ce serait l’ébauche du val orléanais qui a tenu dans l’histoire une position maîtresse, carrefour des communications, et l’a appelé à un destin de premier plan.

 

L’ombilic des Gaules

52, avant Jésus-Christ, Genabum, capitale des Carnutes, se révolte contre l’occupation romaine, les Romains sont massacrés, parmi eux, un certain Fufius Cita, préposé par César au stockage du blé. Ce massacre est connu en quelques heures à travers la Gaule. Les Gaulois possédaient un système de relais vocaux : de champ en champ, de clairière en clairière, des crieurs exercés, propageaient les nouvelles : le massacre de Genabum, perpétré au lever du soleil, fut connu le soir même en Auvergne à Gergovie. Pour le jeune Vercingétorix, le hors-la-loi, est-ce l’annonce de la liberté ? Mais… il y eut Alésia.

De Genabum à Aurelianum, la ville gallo-romaine sera convoitée par les conquérants.

En 451, Attila dévaste la Gaule et met le siège devant Orléans, porte du royaume wisigothique. Munie de bons remparts, peut-elle résister aux assauts des béliers et autres engins d’Attila ? Les habitants se mettent sous la protection de leur évêque Aignan « defensor civitatis ». Au troisième assaut, Aétius et les guerriers gallo-romains obligent Attila à lever le siège, avant la bataille des champs catalauniques. A sa mort, Aignan est enseveli non loin de l’actuelle église de Saint-Aignan.

C’est à Orléans que se règle, avec Jeanne d’Arc, la guerre de cent ans.

D’ici, la présence de la cour des Valois au XVIème siècle guide le cours des guerres de religions. La cathédrale Sainte-Croix est incendiée par les protestants. Elle sera reconstruite dans le style gothique aux XVIIème et XIXème siècle.

Le XVIIIème siècle voit de grands travaux d’urbanisme et les Orléanais passent pour « opulentissimes et richissimes ».

 

La modernité

Après une période de marasme, Orléans connaît un nouvel essor au XXème siècle : elle est la capitale de l’horticulture florale, de l’industrie agro-alimentaire : sucreries, conserveries, laiteries, etc.

Grâce au développement des moyens de communications, Orléans est maintenant la grande banlieue de Paris.

 

La visite d ‘Orléans

 

Au bord de la Loire, Orléans, préfecture du Loiret et capitale de la Région Centre, nous a accueillis au milieu de son riche passé historique et artistique.

Quartiers anciens, cloîtres et cryptes, hôtels de la Renaissance, tours, clochers et beffrois, jardins clos…, nous avons découvert le charme d’Orléans.

Nous avons visité particulièrement l’Hôtel Groslot et la Cathédrale Sainte-Croix.

 

L’hôtel Groslot

Rêve de notable féru de modernisme, la demeure signe l’apogée d’une famille, les Groslot, marchands-tanneurs de père en fils, originaires du Gatinais, dont le nom s’écrivit Groslet jusqu’au XVIème siècle.

Ils s’installent à Orléans à partir de 1450. Au moment de la construction de la demeure qui porte son nom, Jacques Groslot est, depuis 1521, bailli de longue robe de la ville, chancelier des ducs d’Alençon et conseiller du roi en son Grand Conseil.

En 1545, son fils Jérôme lui succède à la tête du bailliage et en 1548, son second fils Henri le remplace au Grand Conseil. Acquis, comme son père aux « idées nouvelles », Jérôme devient à la fin des années 1550, le chef de la communauté protestante d’Orléans. Ses convictions religieuses et son amitié avec Coligny et les plus illustres membres de la Réforme lui valent d’être démis de sa charge et plusieurs fois poursuivi. Il trouve la mort en août 1572, dans les appartements du prince de Navarre, futur Henri IV, peu avant les journées de la Saint-Barthélemy.

A la fin du XVIIIème siècle, un généalogiste orléanais écrit, en accolade des noms des sept descendants Groslot encore vivants : « On ne sait ce que tout cela est devenu ».

 

Le salon d’honneur

Il présente un très beau plafond à caissons, au centre duquel figurent les armes et la devise de la ville. Murs tendus de toile peinte émaillée de couleurs, colonnettes, lambris à moulures, chapiteaux et ornements dorés. Libératrice et patronne d’Orléans, Jeanne d’Arc y est partout présente.

 

L’ancienne salle du Conseil municipal

Sur les tentures murales sont peints les écussons portant les noms des maires ayant administré la ville depuis 1842. Les tables et les sièges, lourdement sculptés, sont recouverts de cuir de Cordoue. Deux petits salons, l’un rose et l’autre vert, sont contigus à cette pièce. Catherine occupa le vert en 1560.

 

La salle des mariages

Elle fut, en 1560, la dernière chambre de François II. Un petit tableau dû au pinceau de P. Dupuy (1865) évoque la fin dramatique de ce roi, époux de Marie Stuart, qui mourut à moins de 18 ans après avoir « régné » 18 mois !

La cathédrale Sainte-Croix

De nombreux édifices se sont succédé en ce lieu affecté au culte depuis les origines de la ville. A la première cathédrale du IVème siècle, détruite par un incendie en 489, succèdera un édifice roman rasé en 1278.

Les guerres de religion ruineront le sanctuaire gothique en 1562. La construction de la cathédrale, entreprise en 1601 par le roi Henri IV, se poursuivra pendant trois siècles, en copiant les vestiges épargnés au XVIème siècle.

Les façades du transept ont été élevées en 1627 et 1680. Le porche principal date du XVIIIème siècle. Les tours ont été inaugurées en 1829 sous le règne finissant de Charles X, à l’âge florissant du gothique troubadour. La flèche centrale, néogothique, de 1858, culmine à 114 mètres.

A l’intérieur, les voûtes sont à 32 mètres de hauteur. Dans le chœur, stalles et lambris sculptés datent de 1702 à 1706.

 

***

 

La laiterie CELlA

La nouvelle usine construite par le groupe CELlA sur le site « Les Grandes Beaugines » à Saint-Denis-de-l’Hôtel (Loiret) répond à trois types de besoins :

  • la fabrication et le conditionnement de nouveaux produits,
  • le développement de la marque CELIA (10% des ventes),
  • la conquête de nouveaux marchés.

Avec une gamme de produits à base de soja, la laiterie s’apprête à conquérir les marchés d’Afrique, d’Asie et d’Océanie.

 

Conception

La conception de l’usine repose sur trois idées fortes :

  • la souplesse et l’adaptabilité : près de 500 matières premières très différentes sont mises en œuvre,
  • l’accueil : l’usine est conçue pour faire du « tourisme industriel » avec couloirs suspendus, galeries vitrées ayant vue directe sur les installations, visites guidées, etc.,
  • l’innovation dans de nouveaux produits (pâtes à cuire, maîtrise du soja).

Maîtrise de la diversification

Le lait est le métier de base de la laiterie mais la disparition progressive de la production laitière dans le Loiret a entraîné la diversification de la gamme. Le lait reste majoritaire avec plus de 60% de la production.

La laiterie CELlA assure le conditionnement aseptique liquide. C’est le royaume de la brique qui représente 99% des volumes.

Diversité aussi des produits :

  • lait entier, demi-écrémé, entier et vitaminé
  • jus de fruit, nectars
  • produits à base de soja
  • boissons pour petits déjeuners
  • crème végétale
  • pâte à cuire (crêpes bretonnes, beignets, pancakes)

CELIA s’est implantée également sur le marché de la parapharmacie avec des crèmes hypo et hyper vitamines pour les régimes.

 

CELIA et la qualité

Pour obtenir la « Qualité Supérieure », CELlA s’est équipée d’appareils de stérilisation à injection directe de vapeur. Cette technologie préserve la qualité originelle du lait. Il n’y a pas de goût de cuit ou de caramel.

Autre aspect : la qualité de l’eau qui approvisionne l’usine. En recherchant une nappe phréatique dans le sous-sol, la laiterie a découvert une eau microbiologiquement propre et dépourvue de nitrates et d’agents polluants.

 

La salle de contrôle

Le contrôle passe par la traçabilité des 500000 briques produites par jour. En sortie des sept conditionneuses Tetra Pak, sept imprimantes à jet d’encre impriment un code sur trois lignes indiquant le numéro du lot, le jour, l’heure, la minute et le comptage du produit.

Des logiciels spéciaux permettent à l’imprimante de réinitialiser le numérotage de produits toutes les minutes. Il est donc possible de connaître, à la minute près, le moment où un incident éventuel s’est produit.

Le laboratoire

Il est organisé en quatre zones :

  • Le laboratoire d’analyse microbiologique qui est organisé en trois parties : préparation, analyse, déchets.
  • La zone d’analyse physico-chimique conçue pour répondre à la production. On y réalise des dosages de matières grasses et de protéines, les tests de protéolyse, le dosage des briques essentielles.
  • « la cuisine » où tous les gestes de la ménagère sont reproduits. Des crêpes, des gaufres, de la crème chantilly et de la crème pâtissière y sont fabriquées.

  • La zone de stockage des échantillons à température ambiante. Ils subissent des tests de dégustation à 8, 15, 30 et 180 jours.

Le laboratoire est complété par une salle de dégustation sensorielle où sont réalisés des tests sur tous les points en cours de fabrication et sur les produits stockés.

Le suivi qualitatif de la production s’articule autour de deux niveaux d’alerte :

  • L’alerte 1 est déclenchée lorsque le laboratoire met en évidence la non-stérilisation d’un équipement.
  • L’alerte 2 qui permet de détecter les briques gonflées, fuyant et non conformes.

Notre visite s’achève par une dégustation des différents produits de la gamme CELlA.

 

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