SORTIE-VISITE : un après-midi dans le Hurepoix

Thèmes : art, peinture, sculpture, visite.
Visite du mardi 13 juin 1989.

 

Par un magnifique après-midi de printemps, les promeneurs du C.D.I. ont quitté Garches pour visiter les Châteaux de Courson et du Marais.

 

 

Château du Marais

Le site du Marais sur lequel se trouvait jadis le château-fort des Hurault, dont ne subsistent aujourd’hui que les douves et le donjon a appartenu à Sully, le grand ministre de Henri IV.

A la fin du XVIIIème siècle, en 1778, le trésorier général de l’artillerie et du génie, Monsieur le Maistre, y fit construire le château actuel par l’architecte Barré.

Beaucoup de visiteurs illustres se sont succédé au Marais : le fabuliste Florian, neveu de Voltaire ; Molé, futur premier ministre de Louis-Philippe, qui devient le gendre de la maîtresse de maison ; Wellington, quand il était ambassadeur à Paris ; Chateaubriand et Pauline de Beaumont ; Sainte-Beuve et Madame d’Arbouville et plus récemment, André Malraux et Louise de Vilmorin.

La duchesse de Talleyrand acquit le château en 1899 de la Duchesse de Noailles et, après l’occupation allemande, y commence un grand travail de restauration qui est poursuivi à présent par sa fille, l’actuelle propriétaire, épouse de Monsieur Gaston Palewski, ancien directeur de cabinet du Général de Gaulle, membre de l’Institut, ancien ministre d’Etat.

 

 

Le château ne se visite pas, mais nous pouvons voir le musée Talleyrand dans les bâtiments annexes, qui évoque le grand homme aux différentes époques de sa vie, depuis l’épiscopat d’Autun et la Messe de la Fédération, jusqu’aux fastes de l’Empire et de la Restauration.

Deux grands portraits représentant Louis XVIII et Charles X en costume de sacre ont été donnés par ces rois au prince de Talleyrand. Un haut relief de Rude représente Napoléon Empereur, il avait été préparé pour l’Arc de Triomphe. La duchesse de Dino, la célèbre égérie du Congrès de Vienne, est représentée auprès de sa mère, la duchesse de Courlande, amie de Talleyrand. Un plâtre original de Houdon évoque Mirabeau. Celui-ci, avec Talleyrand, s’efforçait de sauver la monarchie agonisante. En sortant, on peut voir le buste de Colbert par Coysevox. Colbert était le bisaïeul de Talleyrand.

 

 

En sortant du Musée, nous nous promenons dans le parc sous les arbres centenaires. Le miroir d’eau est le plus grand après celui de Versailles. Le parc fait 49 hectares.

 

Le Château de Courson

C’est en 1534 que Gilles Le Maistre, avocat général de François 1er, président du parlement de Paris, acquiert ce fief alors appelé Cincehours. Il y fait construire en 1550 un manoir en brique et pierre.

Cette construction est le centre d’un domaine agricole, liant intimement les activités de la ferme et celles du château ; seul le corps central est réservé à l’habitation, les ailes sont utilisées comme greniers à céréales ou remises à voitures.

Au fil des années, le domaine change de propriétaires et se transforme. Il passe de la famille des Lamoignon aux Montesquiou. Mademoiselle de Montesquiou épousa Monsieur de Casanova, cousin germain de Napoléon. C’est pour cela que l’histoire de Courson est très liée à celle de Napoléon.

 

 

Nous pénétrons dans un ancien cabinet de travail, transformé en musée de l’Empire. Un tableau de l’Empereur peint par Girodet est accroché au mur. C’est un tableau qui a été peint pour la « promotion de l’Empereur », en plusieurs exemplaires. Dans une vitrine sont réunis des objets ayant appartenu au duc de Padoue (Jean-Thomas Arrighi de Casanova), et à Napoléon. On voit également des photos de Napoléon III et d’Eugénie.

Nous traversons de nombreuses pièces dont le salon vert. Le décor créé par Denuelle évoque le style « Louis XV Impératrice ». Des fauteuils et des canapés réunis ici, sont représentatifs de l’œuvre du grand menuisier Louis Delanoix dont ils portent l’estampille. On voit sur la table, un petit clavier de voyage, sous le clavier, un tiroir renferme un nécessaire à couture.

 

 

Le grand salon « à l’italienne » est l’ancien vestibule des Lamoignon, devenu « grand salon ». Il occupe la partie centrale du corps logis ; il s’élève sur deux étages.

Le décor, sculpté du XVIIème siècle (colonnes, médaillons à l’antique et trophées) a été enrichi sous le Second Empire. Le « ciel » en trompe l’œil est l’œuvre de Denuelle.

Le mobilier est de style Louis XV noir et or, garni de tapisseries à fond rouge, assorti aux cantonnières des dix fenêtres.

De l’ameublement du Duc de Padoue à Courson, l’élément le plus spectaculaire est le secrétaire à abattant, en forme de pyramide, surmonté d’un aigle aux ailes déployées, entièrement plaqué d’acajou, enrichi d’ornements de bois sculpté doré ou bronzé, ce meuble exceptionnel est sans doute de fabrication italienne.

 

 

Nous terminons la visite par la galerie espagnole. Cette collection des peintures espagnoles a été réunie entre 1820 et 1850 par le Général Arrighi, premier duc de Padoue.

Parmi les pièces essentielles, on peut citer « le Christ au désert servi par les anges » de Francisco Pacheco (1616), « l’Assomption de la Vierge » de Valdes Leal (1622-1690), « l’Immaculée Conception » d’Antolinez, …

Nous quittons la galerie pour aller goûter dans les écuries du château. Après cette petite halte bien méritée, chacun part à son gré se promener dans le parc.

Depuis le début du XIXème siècle, de grands paysagistes ont donné au parc de Courson son visage romantique d’aujourd’hui. Aux séquoias, tulipiers, azalées, et rhododendrons du passé se sont ajoutés depuis cinq ans, plus de mille arbres à feuillage coloré et d’arbustes à fleurs.

Cela ne va pas sans rappeler de nombreux parcs dans lesquels nous nous sommes promenés : le parc floral d’Apremont, Saint-Jean de Beauregard, Vaux-le-Vicomte, Giverny, Maintenon, La Motte Tilly, Rambouillet…

Après ce bel après-midi, nous rejoignons nos cars et rentrons à Garches.

 

 

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