Thèmes : art, histoire, peinture, visite.
Visite du vendredi 24 mars 1995.
Fiche de visite de Madeleine Netter
C’est dans un beau paysage de forêt, d’étangs et de rivière (la Nonette, affluent de l’Oise) que se trouve le château de Chantilly, but de notre visite d’aujourd’hui.
A l’origine de la construction actuelle, existait une forteresse moyenâgeuse appartenant à une vieille famille française, les d’Orgemont.
En 1484, Guillaume de Montmorency en devient propriétaire, et c’est à Chantilly, en 1493, que va naître Anne de Montmorency, futur connétable de France.
Avant d’entreprendre l’édification du château d’Ecouen (1538-1555), magnifique château Renaissance que nous avons visité il y a quelques semaines, Anne de Montmorency va commencer l’embellissement de Chantilly (1527-1532), propriété qu’il reçoit en héritage à la mort de son père Guillaume.
L’histoire de cette reconstruction est obscure. On pense que le célèbre architecte Chambiges y participa.
Après de sérieux revers de fortune des Montmorency, c’est Louis II de Bourbon (1621-1686), prince de Condé, surnommé le Grand Condé, un des plus brillants capitaines du 17ème siècle, vainqueur de la bataille de Rocroi (1643), entre autres, qui va prendre possession du domaine de Chantilly.
Sans doute, la magnifique oraison funèbre de Bossuet, 40 ans après, a-t-elle contribué à idéaliser les traits de caractère de ce grand militaire. Mais, comme Anne de Montmorency, riche et grand amateur d’art, le prince de Condé a su confier aux meilleurs artistes de son temps la responsabilité des travaux considérables entrepris pour la rénovation du château : Le Nôtre, Mansart, etc.
Entre 1720 et 1789, le château subit encore des transformations. Nous noterons la construction des célèbres écuries (1719-1735) dirigée par l’architecte Aubert.
Puis, sous la Révolution, cette ancienne forteresse moyenâgeuse, devenue château Renaissance, toujours propriété des Bourbons, descendants de Condé, est très endommagée. A la mort du duc d’Aumale, en 1897, le domaine, ainsi que d’inestimables collections, est légué à l’Institut de France.
Et voilà maintenant, brièvement, ce que nous allons voir au cours de la visite de ce château de Chantilly devenu « Musée Condé », un des plus importants de France :
Dans l’abside de la chapelle, construite en 1882, se tient le mausolée qui renferme les cœurs des princes de Condé.
Dans une suite de salles qui formait l’appartement du Grand Condé et de ses descendants, sont exposées les collections.
C’est dans le « Cabinet des livres » que nous pourrons admirer « Les Très Riches Heures du Duc de Berry ». Ce recueil de miniatures est sans conteste une des plus étonnantes œuvres médiévales redécouverte au 19ème siècle. Après de nombreux changements de propriétaires, ce manuscrit a été récupéré en 1856, en Italie, par le duc d’Aumale, pour la somme de 20 000 francs or, tous frais compris …
Après de très sérieuses recherches, on peut affirmer que les miniatures les plus remarquables du livre auraient pour auteurs, Pol, Hermant et Hennequin de Limbourg, trois frères au service des ducs de Bourgogne et de Berry (fin du 14ème – début du 15ème siècle). On dit que l’art de l’enluminure, pour la recherche de la couleur, des formes, de l’espace, des traits individuels des personnes et des choses, serait comme un dernier reflet de la grande époque du vitrail.
Ces « bréviaires pour laïcs » suivaient l’ordre des heures monastiques. Leur intérêt est de nous transmettre une image authentique de la vie et de la mentalité des gens d’un passé lointain, de nous éclairer aussi sur la personnalité de ceux qui les ont commandés ou peints.
Bien sûr, notre curiosité ne s’arrêtera pas aux enluminures : meubles, peintures délicates du 18ème siècle, tapisseries des Gobelins, tableaux du 19ème siècle. Nous admirerons des portraits, des peintures de maîtres italiens, des porcelaines, des pièces d’orfèvrerie.
Les Grandes Ecuries
Ces écuries, considérées comme les plus belles du monde, s’étendent sur 186 mètres de longueur. Au XVIIIème siècle, elles abritaient 240 chevaux et plusieurs meutes, jusqu’à 500 chiens. En 1982, Yves Bienaimé, écuyer-professeur, crée dans les Grandes Ecuries un musée vivant du cheval. Ce musée est devenu une véritable institution de renommée internationale.
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Notre visite
Après avoir traversé, l’antichambre avec ses vitrines de porcelaines de Sèvres, de Paris et de Chine, nous pénétrons dans la Salle des gardes où les vitrines contiennent des souvenirs militaires : canons de bronze pris à Mascara, etc.
La chambre du prince est décorée de boiseries qui entourent des panneaux dans le goût chinois de Christophe Huet. Le mobilier de la pièce a été commandé par le duc d’Aumale pour porter les délicates tapisseries de Beauvais du XVIIIème siècle. Au fond de la chambre, là où se trouvait jadis le lit et son balustre, trône aujourd’hui la célèbre commode exécutée par Riesener et destinée à la chambre de Louis XIV à Versailles.
Le grand cabinet renferme du mobilier provenant du château d’Eu et un écran de foyer provenant du château de Versailles.
La singerie est décorée de peintures reflétant le goût de la première moitié du XVIIIème siècle pour l’Extrême-Orient. Quatre chaises provenant du cabinet de Marie-Antoinette à Versailles sont présentées.
Le salon de musique renferme des souvenirs du duc d’Enghien qui fut exécuté sur ordre de Bonaparte alors Premier Consul, à Vincennes, le 21 mars 1804, ainsi que des fauteuils et chaises du salon des jeux du château de Saint-Cloud.
La chapelle construite en 1882, dédiée à Saint-Louis, est double. La première partie a été édifiée pour recevoir l’autel, les boiseries et les vitraux provenant du château d’Ecouen, la chapelle du fond renferme le monument élevé en 1662 par Jean Perrault, dans l’église des Jésuites de Paris, à la mémoire du prince Henri II de Condé. Au centre de ce monument, le cénotaphe où sont conservés les cœurs des princes de Condé.
La galerie des Actions de Monsieur le Prince célèbre les victoires du Grand Condé. Peu avant sa mort, il a voulu faire peindre les principaux épisodes de sa carrière militaire, depuis Rocroy jusqu’au Passage du Rhin. Il confie à Sauveur Lecomte l’exécution de ces scènes de batailles. Retirées et mises à l’abri durant la Révolution, ces toiles sont remises en place en 1815. Quelques meubles précieux, notamment deux bureaux plats avec leurs cartonniers, sont présentés dans cette galerie.
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Tout au long des nombreuses galeries, sont présentées de nombreuses d’œuvres d’art : tableaux, dessins, meubles, livres et manuscrits, bronzes, porcelaines, argenterie dont la description serait trop fastidieuse, aussi, nous n’en retiendrons que quelques-unes :
La collection de peintures est l’une des plus précieuses du monde et compte, entre autres, un Botticelli représentant l’Ivresse, sous la forme d’une femme au regard vague. Récemment restaurée cette peinture a retrouvé toute sa beauté. Elle a longtemps été appelée « l’Automne » :
Commencées au début du XVème siècle pour le duc de Berry, « Les très Riches Heures » ne furent achevées que soixante-quinze ans plus tard pour le duc de Savoie. Les miniatures du calendrier représentent, pour la plupart, un château et les travaux du mois. Celle du mois de juillet montre le château de Poitiers, au bord du Clain, devant lequel on fait la moisson à la faucille et on procède à la tonte des moutons.
Le duc d’Aumale interprétait l’œuvre de Raphaël, « Les Trois Grâces », comme représentant la femme maîtresse du monde, au cours de ses trois âges de la virginité, de la féminité et de la maturité.
La bibliothèque est l’une des plus précieuses du monde : manuscrits enluminés, incunables, livres illustrés, et reliures allant des orfèvreries médiévales aux maroquins à dentelle du XVIIIème siècle.
Les grandes écuries
Yves Bienaimé, l’instigateur et l’animateur du Musée vivant du cheval, a voulu redonner vie, à l’aide de ses collections personnelles, à un superbe ensemble architectural du XVIIIème siècle, unique au monde.
Tous ce qui peut être lié au cheval apparaît ici : l’anatomie et les différentes espèces, toutes les formes d’activités humaines liées à l’existence du cheval, son utilisation à des fins artistiques : chevaux de procession, de manège, jouets, gravures anciennes ou œuvres plus récentes, la participation du cheval aux loisirs de l’homme : le cirque, les courses.
Nous avons pu admirer une présentation au cours de laquelle des explications étaient données au fur et à mesure de l’exécution des figures. Le cavalier nous a montré ensuite les étapes de l’apprentissage du cheval.
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