Thèmes: Art, Civilisation, Histoire, Sciences, Société
Sortie-Visite du mercredi 24 février 1982
75 adhérents du CDI se sont rendus au Musée des Antiquités Nationales de Saint-Germain-en-Laye.
Ce Musée, situé dans le château,est un des plus riches d’Europe en œuvres d’art préhistorique et en documents sur la Gaule et la Gaule romaine et mérovingienne.
Trois groupes (54 personnes) ont visité la partie consacrée à la Gaule et la Gaule romaine et mérovingienne un groupe (21 personnes), la Préhistoire
I.- LA PRÉHISTOIRE.-
Les personnes du groupe « préhistoire », sous la conduite d’une conférencière de haut talent, ont parcouru toutes les salles du Musée consacrées à la préhistoire⠀; l’exposition des documents est remarquablement organisée ; la richesse et les intérêts sont tels que nous avons dû rédiger un compte-rendu copieux.
La préhistoire a pour but la connaissance des premiers Hominidés et la reconstitution de leur vie matérielle ; pour cela, elle s’intéresse aux ossements que l’on peut retrouver et tout particulièrement aux outils qui marquent la différence entre un Hominidé et ses cousins les grands Singes : un outil est un objet, non pas ramassé par hasard, mais un objet créé dans un but déterminé ; cette création est le témoignage d’une intelligence qui permet l’amélioration progressive de l’efficacité de l’outil.
C’est toute une partie de l’histoire de l’Homme, antérieure à l’usage de l’écriture qui permet de fixer et de transmettre les traditions et les connaissances, en association d’ailleurs avec le langage articulé. On peut parler d’une paléontologie humaine quand elle porte sur des débris osseux ayant appartenu aux hommes, et d’une archéologie préhistorique quand l’étude porte sur l’industrie primitive des outils, les sépultures, les habitations, les instruments de chasse et de pêche, les œuvres d’art, etc…
Bref historique.-
En tant que science, la préhistoire est une conquête de la science moderne qui évolue sans cesse ; la France a joué un rôle primordial dans son développement.
Cependant, dès l’Antiquité, les Hommes ont commencé à s’interroger sur leurs origines.
Les philosophes grecs et latins n’ont consacré à cette question que quelques explications plus ou moins poétiques et merveilleuses ; certes on connaissait des pierres, ressemblant à des haches, les céraunies, qu’on regardait comme produites par la foudre.
Plus tard, jusqu’au milieu du XVIIIème siècle, les révélations de la genèse suffisaient à contenter la plupart des esprits.
À la fin du XVIème siècle, Mercati estime que les céraunies ont été détachées par un choc violent de silex très durs « pour les besoins de la guerre“. En 1730, Mahuel, après de Jussieu, (1723) donna le coup de grâce au préjugé des céraunies.
Le grand Cuvier (1823) refusait d’accorder à l’humanité une antiquité pouvant atteindre celle des grands animaux quaternaires disparus. Il allait jusqu’à nier l’authenticité d’ossements humains trouvés auparavant. Alors que Lamarck, dès 1809, envisageait pour les Hommes une origine animale à partir de quelque ancêtre quadrumane ; mais cette idée, par trop révolutionnaire à l’époque, passa inaperçue.
À partir de 1838, les découvertes de Boucher de Perthes, dans les alluvions de la Somme aux environs d’Abbeville, de pierres intentionnellement taillées, avec des restes de grands animaux disparus, démontraient, par son industrie, l’existence d’Hommes primitifs. Il fallut à Boucher de Perthes plus de 15 ans de lutte contre la science officielle pour faire admettre cette idée. Il est vrai qu’il reçut l’appui de savants étrangers. Lartet joua un rôle considérable ; on lui doit, en particulier, en 1864, la découverte, à la Madeleine, d’une lance d’ivoire portant une gravure de Mammouth.
Et puis, en 1891, c’est la découverte sensationnelle du Pithécanthrope de Java.
Vinrent ensuite les fouilles de Grimaldi (près de Menton), de Mauer (près d’Heidelberg), de la Chapelle aux Saints (Lot) de Brocken Hill (Afrique du Sud), et plus récemment de Chine et d’Afrique orientale.
Citons quelques préhistoriens français parmi les plus célèbres : de Mortillet, Piette, Capitan, Marcelin Boule, l’abbé Breuil, Arambourg.
Aujourd’hui, l’archéologie préhistorique est à la mode et tout le monde pratique des fouilles, avec hélas ! une préparation scientifique insuffisante.
La chronologie de la Préhistoire.-
Les préhistoriens analysent un certain nombre de documents :
les restes d’ossements fossiles humains, squelettes plus ou moins complets, plus ou moins bien conservés.
Des découvertes importantes, faites en Afrique australe et orientale, permettent d’estimer que le berceau de l’humanité pourrait se trouver en Afrique ;
les instruments de l’homme fossile, en silex, en os, en bois de Renne, où de toute évidence apparaît une « intention » et, disons-le, l’intervention d’une intelligence ;
les traces d’une activité artistique : gravures, peintures qui prouvent que l’Homme était contemporain d’animaux dont certains ont, de nos jours, disparus.
Les méthodes utilisées sont, aujourd’hui, conduites d’une manière systématique :
Pour la découverte des stations préhistoriques on utilise de plus en plus la photographie aérienne, la prospection géophysique, l’analyse chimique des sols ;
Pour la conduite des fouilles, on décape, on quadrille le terrain, on travaille couche par couche, on taille parfois verticalement, on tamise, etc…
Travail passionnant, mais combien fatigant.
On analyse les matériaux recueillis :
. les documents sont-ils authentiques ?
. on détermine la radioactivité résiduelle.
. On étudie les dépôts glaciaires, les produits volcaniques, les grains de pollen… etc…
La préhistoire fait appel, simultanément, à plusieurs disciplines scientifiques.
Un isotope du Carbone, le C 14, sert souvent à la datation des documents.
À partir de tout cela, on peut tenter une chronologie du quaternaire, complexe, souvent rectifiée à mesure des nouvelles découvertes, dans laquelle il est parfois difficile de synchroniser deux échelles : l’échelle préhistorique et l’échelle géologique
Le tableau ci-après (fig. 1) donne un aperçu de cette chronologie ; il permettra au lecteur d’avoir une idée de l’évolution de l’homme, de la faune, de la flore et de situer les niveaux indiqués par la conférencière (Moustérien, Solutréen, Aurignacien, Magdalénien… etc).
Fig. 1.- Les Hommes Préhistoriques de l’ère quaternaire.

Il situe l’homme par rapport aux glaciations (Donau, Gunz, Mindel, Riss, Würm I, II, III). Pour les outils, on peut dire qu’au Paléolithique, il y a eu deux phases :
– Celle des outils et des armes sans spécialisations typiques.
– Celle des armes et outils spécialisés, et l’emploi de l’os.
La préhistoire est divisée par les spécialistes en : paléolithique . inférieur (de 3 000 000 à 200 000)
. moyen (de 200 000 à 100 000)
. supérieur (de 100 000 à 5 000)
C’est la période de la pierre taillée ; elle a débuté il y a 1 500 000 ans et s’est achevée, à la fin d’une période glaciaire, il y a 8 000 ans avant notre ère ; elle couvre 99% de la vie des sociétés humaines ;
–⠀mésolithique, stade intermédiaire, d’environ 2 000 ans,
–⠀néolithique, âge de la pierre polie.
–⠀Mésolithique et néolithique couvrent 0,6% de notre histoire.
Le reste, 0,4%, concerne la protohistoire et l’histoire.
Notre histoire est vraiment peu de chose dans l’histoire de l’humanité.
Le paléolithique inférieur.-
Il est bien connu en France La carte ci-jointe (fig. 2) indique les principaux chantiers explorés. Le paléolithique inférieur a connu trois glaciations (Gunz, Mindel, Riss).
. Dès le début de notre visite, nous voyons, dans une vitrine, le crâne humain de Tautavel (Pyrénées Orientales), trouvé en 1971 : face au front fuyant, bourrelet osseux accusé au dessus des orbites. (fig. 3).
. Pebble-culture. Le premier outillage est celui des galets aménagés : en cognant deux galets l’un contre l’autre, en formant des éclats, l’Homme obtient une arête tranchante sur une face (fig. 4).
. Chelléen ( : Abbevillien) ; l’instrument caractéristique est le « coup de poing », bloc de silex, quelque peu ovale, taillé à grands éclats sur chaque face (fig. 5) ; les bords, quand ils ne sont pas retouchés, sont en zigzag.
Un talon, facilitant la préhension, peut être enlevé après la taille. Celle-ci se fait avec un percuteur dur. Elle peut être affinée avec un percuteur doux de bois dur ou d’os avec lequel l’homme donnait des petits coups répétés sur les bords.
fig. 2.- Les chantiers du Paléolithique inférieur
et du Magdalénien

Fig. 3.- L’original du crâne de l’homme de Tautavel
figure aujourd’hui au musée du village du Roussillon.

Fig. 4.- Galet aménagé
Pebble culture

Fig.⠀5.-⠀Biface à grands éclats avec talon réservé
(Paléolithique ancien de l’Abbevillien)

L’Homo habilis de l’époque ne connaît ni élevage, ni culture ; il vit de la chasse des grands mammifères ; mais aussi de fruits, de plantes, de racines ; est contemporain de l’Elephas meridionalis.
Il campe en plein air.
À la fin de cette période, il aurait peut-être connu le feu.
. Le Clactonien (de Clacton-on-Sea – Angleterre) est caractérisé par des éclats détachés d’un bloc par un grand plan de frappe ; ils ne sont taillés, en général, que sur une seule face.
Le niveau commence au début de la glaciation du Riss qu’il encadre de telle sorte qu’on y trouve une faune chaude à Elephas antiquus et Rhinoceros mercki.
Il représente un faciès latéral de l’Acheuléen.
.⠀L’Acheuléen (de Saint-Acheul, faubourg d’Amiens). Les coups de poing ont des bords rectilignes minces, soigneusement rectifiés par retouches répétées (fig. 6). On trouve aussi des poignards, des couteaux des racloirs, des pointes.

Fig. 6.- Acheuléen – Coup de poing
Le paléolithique moyen.-
L’outillage est de plus en plus spécifique ; une certaine spiritualité apparaît.
Le niveau correspond à la dernière phase glaciaire ; le climat est d’abord chaud, puis froid.
L’Homme de Néanderthal (ou de la Chapelle aux Saints) est là ; il vécut de 250 000 à 40 000, puis il disparut assez brusquement ; son crâne est bas, le front fuyant, les orbites surmontées d’une visière frontale.

Fig. 7.- Empreinte d’un pied de l’Homme de Néanderthal dans l’argile humide d’une grotte en Italie.
Pendant la glaciation du second Würm, comme il fait froid, l’Homme se réfugie dans des grottes ou des abris sous roches, qu’il abandonne lors des saisons plus chaudes. La figure 7 donne l’empreinte de son pied dans l’argile d’une grotte en Italie.
On distingue le Levalloisien (du nom de Levallois-Perret) et le Moustérien (du nom de Moustier en Dordogne).
L’outillage se perfectionne et se spécialise : bifaces en pointe ou en forme de cœur ; pointes diverses ; racloirs ; couteaux à dos, etc…
Les racloirs étaient destinés au dépeçage des animaux, au raclage des peaux, à l’écorçage des arbres ; souvent épais, ils ont un tranchant finement retouché. (fig. 8).

Fig. 8.-
Moustérien typique.
1. Eclat Levallois. 2. Pointe moustérienne. 3. Racloir convexe. 4.⠀Racloir double. 5. Grattoir sur éclat. 6. Racloir transversal.
Moustérien à denticulés.
7. Racloir. 8.9.10. Denticulés. 11. Encoches. 12. Perçoir.
On trouve aussi des boules de pierre qui étaient rassemblées deux par deux au moyen de liens végétaux et lancées dans les pattes des animaux pour faciliter leur capture (cheval, bison …).
On peut imaginer que les hommes de Néandertal vivaient en groupes d’une dizaine de personnes dans des abris de plein air ou dans des grottes. Ils vivaient de la chasse, de la pêche, de la cueillette ce qui nécessite de vastes espaces pour la survie d’un faible nombre.
Il connaît le feu. Il possède un langage qui permet la chasse en groupe.
Au Moustérien on trouve des sépultures intentionnelles Soit individuelles (la Chapelle aux Saints), soit collectives (la Ferrassie).
On note aussi l’utilisation de l’ocre-rouge et les premières traces de l’utilisation des os.
La faune est celle des climats froids (Elephas primigenius).
Le paléolithique supérieur.-
La carte (fig. 9) donne la situation de plusieurs chantiers du Paléolithique supérieur ; notez trois de ces chantiers dans le Bassin parisien (Verberie Etiolles, Pincevent) ; nous aurons l’occasion de parler de ce dernier.
Le paléolithique supérieur : le développement de l’art.-
Il s’étend sur une période assez courte (100 000 à 5 000 ans).
Le travail de l’os se développe remarquablement : sagaies, harpons (fig. 10) à un ou deux rangs de crochets, aiguilles à chas. Le climat est rigoureux. C’est l’époque du Renne.
Le débitage des silex en lames, extraites d’un nucléus approprié, en fait son originalité (fig. 11), dès le premier niveau de l’Aurignacien.
Avec le Solutréen la taille atteint des sommets inégalés : feuilles de laurier, de saule, de chêne. Certaines pièces ont subi un traitement thermique ; chauffées dans un bain de sable à 200 300° , leur grain devient plus fin et la taille est plus facile par simple pression ; leur épaisseur est très faible.

Fig. 9.- Les chantiers intéressant le Paléolithique supérieur

Fig. 10.- Outils de l’Aurignacien (Paléolithique supérieur).
Outils typiques de l’Aurignacien :
1.- Grattoir sur lame étranglée.
2 et 3.- Grattoirs carénés.
4.- Burin dièdre.
5.- Burin busqué.
6.- Lamelle Dufour.
7.- Grattoir épais denticulé.
8.- Sagaie à biseau simple.
9.- Pointe à base fendue.

Fig. 11.- À partir de l’Aurignacien
vers 35 000 ans avant J.C. les lames sont mieux taillées, plus longues, les retouches sont plus fines.
Les Hommes sont des Homo sapiens (comme nous). Leur taille peut atteindre 1,80 m ; le front est haut, la face peu proéminente (fig. 12).
Ils pratiquent l’art, posent leurs mains préalablement teintées sur les parois de leurs abris pour représenter des scènes de chasse.
Ils sont encore des chasseurs, des cueilleurs qui vivent au rythme de leurs besoins ; dans les plaines boisées paissent de grands troupeaux d’herbivores ; l’homme, en parasite de son environnement, en fait de grandes hécatombes (à Solutré par exemple). Devant une crise alimentaire, l’Homme débute la culture et l’élevage. Le chien est domestiqué ; le mouton remplace le lapin. Mais, la France ignore encore les céréales.
Ils deviennent sculpteurs et vouent à la femme un véritable culte : femmes obèses, aux seins volumineux, aux hanches larges (fig. 13) ; tête de la Vénus de Brassempouy (Landes) (fig. 14). Ils travaillent l’os, l’ivoire de Mammouth.
Ils représentent les poissons, les bisons, les races de chevaux, et même quelques oiseaux.

Fig. 12.Crâne de l’homme adulte découvert en 1909 à Combe-Capelle, en Dordogne. Âge probable : 35000 ans. Homo sapiens.

Fig. 13.À gauche, Vénus au visage dissimulé par des bouclettes (Autriche) À droite, deux aspects de la Vénus d’Irkoutsk (Sibérie) Ivoire.

Fig. 14.Périgordien supérieur : e plus ancien visage humain : Ta « dame à la capuche”, en ivoire. Brassempouy).

Fig. 15.Bas relief du Roc de Sers (Charente) représentant une Brebis et une Truie pleines
Ils sculptaient dans le roc ; à Sers (Charente) on découvrit douze blocs sculptés, renversés face contre terre, représentant chevaux, bouquetins, bisons (fig. 15.), en mouvement… et aussi des chasseurs poursuivis par l’animal ( !).
Pour s’éclairer dans les grottes, ils utilisaient les lampes à graisse (fig. 16).

Fig. 16.Lampe à graisse, en grès, trouvée à Lascaux.
Ils inventent le propulseur : un bâton, maintenu au poignet par une lanière, avec un ergot sur lequel la flèche est placée ; ils ont ainsi plus de force pour lancer la flèche ou le javelot (fig. 17).
Fig. 17.Propulseur attaché à la main, pour lancer une flèche. (Paléolithique le plus récent) Ce propulseur est encore utilisé en Australie (jet à 15m mauvaise direction).

Les flèches sont garnies de pointes qui permettent l’emmanchement (fig. 18), ou de harpons (fig. 19).
Un trou percé dans un bois de Renne permet la fabrication de cordages (fig. 20).

Fig. 18.Pointe de flèche (Paléolithique récent).
Fig. 19.Outillage paléolithique supérieur : harpons à barbelures en bois de Renne magdaléniens (France).
Le harpon du milieu mesure 13,2 centimètres.


Fig. 20.- Bâton fabriqué dans un bois de Renne avec une large perforation ;
TS ÉFUNENE pour fabriquer es cordages.
(Paléo TEnrque supérieur) (ou bâton de commandement, ou bâton pour redresser les os courbes des côtes après ramolissement par l’eau et la chaleur).
Le magdalénien (la Madeleine Dordogne)
De cette époque date Lascaux, aux riches décorations pariétales, dessinées si haut qu’on pense que l’homme a dû utiliser des échafaudages
Les lampes à graisse, indispensables, pouvaient éclairer pendant des heures.
Les outils atteignent un surprenant degré de perfection (fig. 21).
La mortalité était grande : sur 100 enfants, 45 n’atteignaient pas l’âge de 11 ans ; les femmes atteignaient rarement 40 ans et les hommes 60.
Fig. 20.- Bâton fabriqué dans un o1s de KRenne avec une arge perforation ;
instrument pour fabriquer les cordages.
(Paléolithique supérieur) (ou bâton de commandement, ou bâton pour redresser les os courbes des côtes après ramolissement par l’eau et la chaleur).

Fig. 21.- Les outils du Magdalénien
Outils typiques du Magdalénien : 1. Burin dièdre double. 2. Grattoir en éventail. 3. Microburin. 4, Microperçoir double. 5. Perçoir multiple en étoile. 6. Perçoir double. 7.Raclette magdalénienne. 8. Trapèze. 9. Rectangle. 10. Triangle. 11. Pointe à cran. 12. Lamelle à dos denticulé. 13. Burin bec-de-perroquet. 14. Grattoir-burin. 15. Pointe à cran de type germanique. 16. Pièce à dos de type nordique.
Le site de Pincevent.
À la Grande Paroisse, près de Montereau, on a découvert vers 1954 un site qui désormais sert de modèle pour l’interprétation des habitats de plein air.
On y a découvert une douzaine d’emplacements de tentes de chasseurs de Rennes du Magdalénien supérieur.
Nous avons admiré le moulage d’un sol délicatement dégagé ; en voici la photographie (fig. 22).

Fig. 22.Les chasseurs de l’âge du Renne ont campé ici.
Ils guettaient les animaux au passage d’un gué de la Seine, à Pincevent, entre Montereau et Moret (Seine-et-Marne). À l’emplacement de leur tente, on voit, sur 4 à 6 mètres de large, les trois foyers dont la cuvette a été garnie de pierres. Auprès de deux d’entre eux, le bloc plus gros sur lequel le chasseur s’est assis pour tailler les silex qui lui servaient de couteau. Épars à l’entour, les ossements de Renne et les silex taillés. Chaque os, chaque silex a été dégagé, à l’aide d’un pinceau, du limon qui l’entourait. La Seine, en hautes eaux, inondant la fouille, MM. Leroi-Gourhan et Brézillon ont réalisé le tour de force d’exécuter en deux mois un moulage du site tout entier. On peut admirer, à Pincevent même, ce moulage reconstitué à un niveau plus haut, hors d’atteinte des eaux. Assemblage photographique de l’Institut Géographique National, vue surplombante. Les lignes blanches très fines, à peine visibles, ont été tracées par les préhistoriens pour se repérer.
Le Mésolithique.- (9000 à 6000).
On distingue deux phases :
– l’Azilien (du Mas d’Azil, Ariège),
– le Tardenoisien (de la Fère en Tardenois, Ariège).
Période de transition et sans doute de vie difficile. Le Renne a disparu ; il est remplacé par le Cerf, l’Élan, le Sanglier. Le Chien, domestiqué, est sans doute utilisé pour la chasse.
Les hommes taillent de très petits silex aux formes géométriques (unguiformes ou circulaires) qu’ils emmanchent, à l’aide d’une encoche à la base, pour en faire divers outils. Au total, l’outillage est plutôt en régression.
Ils mangent davantage de végétaux et beaucoup de coquillages.
De curieux galets sur lesquels ont été peints des traits sont un indice possible de symboles (écriture, comptabilité ?), ou d’art abstrait.
Des emplacements de fonds de cabane, situées sur des buttes ou à proximité de points d’eau (lacs, rivières, mers) indiquent une tendance à la vie sédentaire.
Le réchauffement du climat a fait que les Rennes ont remonté vers le Nord ; ils sont remplacés par les Cerfs. L’outillage est en os ou en bois de Cerf.
L’outillage lourd, pour l’abattage des arbres, en silex, ou en grès. On trouve de véritables ateliers. La céramique est toujours inconnue. Dans des trous creusés intentionnellement on trouve des têtes d’hommes qui ont été coupées du temps de leur vivant.
Le Néolithique.- ou l’âge de la pierre polie, l’âge de l’agriculture et de la céramique.
Les hommes inventent l’agriculture, la hache (fig. 23), la houe pour remuer la terre, le broyeur pour écraser les grains de blé, seigle, panic, millet. Ils cuisent des galettes sur des disques d’argile cuite, chauffés mais le pain obtenu n’est pas levé.

Fig. 23.- Hache néolithique.
Ils sont les premiers hommes à travailler la terre et à connaître ses propriétés.
Ils inventent la terre cuite, la poterie (fig. 24) (marmites, gobelets).

Ils deviennent sédentaires et construisent les premiers villages (les palafittes ou cités lacustres de Suisse), parfois fortifiés.
Ils inaugurent l’élevage du porc, des ruminants (mouton, chèvre) ; les animaux sont parqués autour de la maison, dans des enclos.
Ils savent tisser ; ont des aiguilles à chas, des lissoirs, des peignes.
L’art touche l’art funéraire ; les peintures sont souvent en noir et rouge, mais elles ne valent pas celles du paléolithique supérieur.
Les pièces rares font l’objet d’un début de commercialisation.
Cardial final Ensuès – Bouches-du-Rhône
Fig. 24.- Poteries néolithiques. parfois rubanées ou cardiales (traitées avec un coquillage, le cardium).


Vases néolithiques de la Baltique
En 1969, a été découverte, à Cys-la-Commune (Aisne) la sépulture d’une jeune femme parée de ses bijoux.
Dans des grottes, certaines creusées intentionnellement, qui servent de tombes, les cadavres sont en position couchée ou accroupie. Les tombes sont souvent marquées par des tumuli.
L’homme du néolithique est l’Homo-sapiens, soit l’homme actuel ; le néolithique marque ainsi la transition entre la préhistoire et l’histoire.
Différents niveaux ont été définis que nous passerons sous silence.
Le néolithique qui a débuté au Moyen Orient, dans le « croissant fertile », a atteint la France par la Provence (6e millénaire), puis l’Alsace (5ème millénaire) et le Bassin parisien, la Bretagne.
La pierre est polie, parfois d’excellente qualité (jadéite), souvent encastrée dans un bois de cerf perforé pour le passage d’un manche en bois (fig. 23).
On peut distinguer deux civilisations principales :
– celle des mégalithes,
– celle des palafittes.
Le mégalithisme.-
Il est marqué par d’importants monuments : les mégalithes.
Pierres levées : (menhirs), comme à Carnac ; grandes dalles de pierre supportées par d’autres (dolmens) qui, en se succédant, constituent des allées couvertes.
Les dolmens étaient des sépultures collectives, recouvertes ensuite d’une masse de terre appelée tumulus.
Les cadavres étaient accompagnés d’offrandes, d’armes en pierre, d’objets de parure en céramique… et parfois en cuivre.
L’ouverture des dolmens est toujours dirigée vers l’Est.
Certains menhirs étaient sculptés et représentaient une silhouette humaine (fig. 25).
Les palafittes sont des habitations lacustres construites sur pilotis ; la plateforme était à un ou deux mètres au-dessus de l’eau ; les huttes avaient un ou deux étages
L’ensemble constituait de véritables villages, à l’abri des dangers venus de la terre.
On les rencontre en Suisse, en Allemagne, en Alsace, dans le Jura, en Autriche, en Italie.
En dehors de ces palafittes, on trouve les traces, sur le sol, de huttes rectangulaires, avec les emplacements des poteaux de soutien de la charpente.
Puis apparaît l’âge des métaux : le cuivre, puis le bronze, puis le fer.
Commencent alors la protohistoire et l’histoire.

Fig. 25.- Menhir représentant une silhouette humaine.
II.- LA GAULE – LA GAULE ROMAINE ET MÉROVINGIENNE.-
1.- Alésia.-
La visite a débuté dans la salle consacrée à la bataille d’Alésia.
Entre Montbard et Dijon, sur une haute colline, s’élevait la capitale des Mandubiens, Alésia, ville sacrée, « foyer et cité-mère de toute la Gaule ». Tandis que César battait en retraite vers la Province, Vercingétorix y concentra ses forces, en fit un vaste camp retranché, puis fondit sur l’armée de César. Ce fut la bataille de Dijon. Les Gaulois eurent le dessous. Vercingétorix se retira dans Alésia que César encercla de formidables travaux.
Une grande armée gauloise de secours vint s’y briser. Les assiégés livrèrent de furieux combats, mais la famine les réduisit. Alors, Vercingétorix jeta son épée aux pieds de César (52 avant J.C). Le sort de la Gaule était fixé. On a beaucoup discuté sur l’emplacement de l’Alésia de César. Les fouilles exécutées sur l’ordre de Napoléon III et reprises depuis 1905 ne permettent plus de douter que la ville antique, située au-dessus d’Alise-Sainte-Reine, ne soit la ville héroïque défendue par Vercingétorix.
Dans une vitrine on peut voir une maquette des travaux de César devant Alésia. Le premier système de défense était des stimuli (petits crochets très affûtés cachés dans l’herbe) ; le deuxième, des trous de loup (fosses peu profondes dans lesquelles se trouvaient des pieux enfoncés affleurant le sol, cachés par des broussailles) ; le troisième, une forêt de pieux fourchus, puis deux fossés successifs emplis d’eau, une levée de terre et enfin une palissade avec des créneaux et des tours de guet.
Monnaies.-
Les monnaies provenant des régions de la Gaule, découvertes lors des fouilles dans les fossés d’Alésia, ont été vraiment la preuve que la bataille d’Alésia avait eu lieu à Alise-Sainte-Reine.
Machine de guerre.-
Dans une vitrine on voit une machine de guerre appelée onagre, utilisée par les Romains. Elle possédait un système de levier permettant de lancer loin des boulets.
2.- Civilisation gallo-romaine.-
Elle débute au 1er siècle. Les Romains ne vont pas imposer aux Gaulois une ligne de vie mais vont s’établir en donnant l’exemple. Il y aura échange entre la civilisation romaine et la civilisation gauloise préexistante. Les apports romains sont très importants dans l’architecture et l’urbanisme. Les Gaulois apprendront à construire les maisons avec de la pierre taillée, des toits en tuile, des villes, des monuments, des aqueduc.
Les Romains laissèrent aux Gaulois le libre exercice de leurs arts et de leurs cultes.
On voit le dieu aux torques et au sanglier appelé dieu d’Euffigneix, statue de petite taille.
La plastique de cette statuette nous montre qu’elle est Gauloise ; yeux globuleux, collier appelé torque, sanglier gravé sur son manteau, œil sur le côté pour chasser les mauvais esprits.
Dieu d’Euffigneix

La déesse Épona, que l’on retrouvera en Italie, est un élément du culte Gaulois, repris par les Romains. Elle est accompagnée d’un cheval car elle devait protéger les chevaux.
Le dieu forestier protégeait les chasseurs dans la forêt.

Les dieux Lares et déesses de Abondance qui étaient les
dieux protecteurs de la maison.
Ils tiennent des cornes d’abondance.
Dieux Lares.
Le dieu Mercure possédait des vertus de guérisseur, inspirait les artistes, protégeait les commerçants, les voyageurs.
C’est un dieu gallo-romain. Il est vêtu d’un manteau gaulois, mais par a1lleurs sa coiffure, le pétase ailé, est caractéristique du Mercure Romain.
Dieu Mercure


Les déesses-mères sont caractéristiques de l’art gallo-romain. Ce sont des matrones assises sur des chaises en osier, (Les meubles en osier sont une invention gauloise), représentées allaitant un ou deux enfants.
Elles sont en argile blanche.
On abandonne le monde des dieux pour aborder celui des morts
Dans une salle sont exposés les objets relatifs au culte funéraire. Les gallo-romains inhumaient ou incinéraient les morts.
On voit donc des urnes funéraires, en verre soufflé ou en plomb, dans lesquelles étaient déposées les cendres. Certaines urnes étaient incluses dans un mur ou dans un coffre en pierre.
On voit une tombe à inhumation : le corps est protégé par des tuiles ; on posait sur la tombe une épitaphe rectangulaire ou circulaire ou un pyramidion de pierre qui en indiquait l’emplacement.
Les stèles funéraires gallo romaines sont très précieuses pour les archéologues car elles apportent beaucoup de renseignements sur la vie quotidienne. On voit la stèle de Pauline qui tient un miroir dans la main, signe de coquetterie. Sur la stèle d’Apinosus, on voit comment est vêtu un paysan gallo-romain. Il porte le manteau gaulois et une écharpe autour du cou. Il est accompagné d’un chien, tient dans une main un vase contenant un cadeau pour les dieux et dans l’autre une sorte de masse.
Sur les stèles est souvent inscrit D.M. (Deus manibus). Les Mânes étaient des esprits que l’on calmait en leur rendant hommage en gravant cette inscription.
Certaines stèles nous renseignent également sur le degré de romanisation du personnage. Mansuetus, représenté sur une autre stèle, porte une tunique et des cheveux bouclés à la manière romaine. Il tient des outils de charpentier à la main

Nous sommes bien renseignés sur la vie quotidienne en Gaule pendant la paix romaine grâce également aux innombrables ustensiles et instruments de toutes sortes découverts au cours des fouilles.
On voit :
Les instruments de cuisine et outils du foyer en fer comme un chaudron, gril, une poêle à frire à manche articulé, un plat, une cruche, …
La vaisselle en bronze : patères à manche, passoires, cruches, seau, louches, passoires
Mansuetus

Passoire
Au mur sont accrochés des chenêts dont les extrémités sont constituées de tête de béliers protecteurs du foyer. Au début du christianisme on interdisait de faire des chenêts avec des bêtes à cornes, la corne représentant l’enfer. À partir de ce moment-là, on remplace ces bêtes à cornes par des chiens d’où le mot chenêt.
La verrerie : Au 1er siècle, des verriers Syriens s’installent en Gaule et fabriquent du verre soufflé (voir visite de la verrerie de Soisy sur École). On ne maîtrise pas encore la couleur et la pâte n’est pas très fine. Les formes les plus courantes sont des coupes surbaissées, des phiales, vases minuscules qui contenaient des parfums placés dans les sépultures
Au 2ème siècle, les formes se compliquent : vases en forme de grappe de raisin. Ce sont les romains qui ont planté nos vignes.
Au 3ème siècle, la pâte s’est éclaircie. La technique est à son apogée. La maîtrise de la couleur permet des décorations de pastilles ou d’applications de filets d’émail. Une forme cependant reste originale et propre à l’artisanat gallo-romain ; c’est le barillet frontinien ou petit tonnelet de verre pourvu d’un col et d’une ou deux anses. On voit sur ces barillets une inscription dont on ne sait si c’est la marque du verrier ou du produit contenu dedans.
Barillet frontinien

Au 4ème siècle apparaît une régression. La pâte est de moins bonne qualité. Les teintes générales de la pâte tendent vers le jaune ou le vert.
On voit également des amphores destinées à contenir les huiles, le vin, les olives.
La céramique Sigillée (Sigillum : sceau). Elle est en pâte rouge et cherche à imiter la vaisselle d’argent ou de bronze. Elle était façonnée dans les moules et souvent signée à l’intérieur du nom du potier d’où son nom de « céramique sigillée ».
L’éclairage des habitations était obtenu au moyen de lampes à huile, en terre cuite ou en bronze.
On remarque de grandes clés en fer, un très beau cadenas cylindrique, des clés-bagues
Les bijoux : Nombreux bracelets en verre, en pierre dure, en bronze ; bagues en pierre dure, épingles à cheveux en ivoire, ou encore des médaillons, des fibules qui sont des broches ou des épingles de sûreté destinées à attacher les vêtements drapés.
Le centre de la salle est occupé par une grande mosaïque datant de la première moitié du 3ème siècle. Elle représente un calendrier rustique évoquant le cycle des travaux champêtres, des fêtes populaires de l’année rurale, par de petits tableaux figurés, se déroulant à partir des Génies des quatre saisons qui étaient placés au centre : l’Hiver, monté sur un sanglier, le Printemps sur un taureau, l’Été sur un lion, et l’Automne sur un tigre.
3.- Civilisation mérovingienne.-
Nous changeons d’époque pour nous trouver dans le monde mérovingien. Au cours du 3ème, 4ème siècle, les barbares envahissent la Gaule. Les Alamans, les Francs, les Burgondes franchissent le « limes », ensemble de fortifications construites le long des frontières de l’Empire. Ils s’installent dans la moitié nord du pays. Enfin les Wisigoths occupent le sud-ouest.
Peu à peu s’instaure une cohabitation qui donne naissance à une nouvelle civilisation que nous connaissons mal. En effet, à l’exception de quelques rares édifices religieux, nous n’avons conservé ni architecture, ni sculpture de cette période et seuls les objets provenant des sépultures peuvent nous renseigner sur le mode de vie et l’art de ces peuples
Les bijoux : Les mérovingiens, pour travailler l’or, l’argent ou le bronze, ont introduit en Gaule des techniques nouvelles : le filigrane, l’incrustation de cabochons, la damasquinure ou fil d’argent ou d’or incrusté dans le fer, et le cloisonné, petits rubans de cuivre ou d’or, soudés verticalement sur une plaque métallique. Dans les alvéoles ainsi ménagés, on introduit des pierres semi-précieuses ou des verroteries.
Les armes : On voit une grande épée de fer damassée, c’est à dire Formée de rubans de métal de duretés différentes, soudés et forgés en les repliant sur eux-mêmes. On obtenait ainsi des armes robustes et souples qui ne se brisaient pas.
La découverte du métal cuivre est à l’origine d’une très grande révolution dans la vie économique et sociale.
Cette évolution s’est faite lentement, c’est pourquoi on a donné à cette période le nom de Chalco-Lithique (Khalkos : cuivre, Lithos : pierre).
L’Age du Cuivre et du Bronze.
Dans la première vitrine sont exposés de petits objets en métal, (alênes à tatouer, haches plates…) ainsi qu’une belle hache en amphibolite. À gauche, un vase campaniforme, à droite un vase en ‘céramique cordée ».
Vase campaniforme


Le cuivre étant trop mou pour être utilisé de façon satisfaisante, on effectua l’alliage de cuivre et d’étain qui constitue le bronze.
Le bronze ancien (1800 à 1500 av. J.C.) est caractérisé par la présence de haches plates ou à faibles rebords latéraux, de petits poignards triangulaires à rivets, dont le manche de bois ou de corne a disparu. Certains possèdent une poignée de métal.
On trouve également des épingles.

Le bronze moyen (1500 – 1250) marque l’évolution du poignard qui se rapproche peu à peu de l’épée.
Le bronze final : les épées sont longues, les haches ont un talon de plus en plus saillant.

Les faucilles apparaissent ; on trouve des pièces remarquables comme un casque et une belle ceinture ornée de volutes et composée de plaquettes de bronze articulées.

Casque

Ceinture
La parure est constituée par de grands bracelets à oreillettes, par des agrafes de ceinture, par des fibules…
Les Àges du fer.-
L’usage industriel du fer semble remonter au milieu du deuxième millénaire, en Anatolie,où les paysans hittites le travaillaient pendant la saison d’hiver. Vers 1300 avant notre ère, des peuples se mettent en marche et vont susciter de profonds bouleversements dans toute l’Europe. Le premier âge du fer (750-450 av. J.C.) se divise en 3 parties :
l’Hallstatt Ancien (750-625 av. J.C.) où l’épée de bronze persiste mais où l’on voit apparaître la grande épée de fer à soie plate, contenue dans des fourreaux de cuir.
l’Hallstatt Moyen (625-550 av. J.C.) où les épées sont remplacées par des petits poignards. La parure est très variée. Les premières fibules apparaissent,
L’Hallstatt final (550-450 av. J.C.) où l’on trouve l’épée à rognons. De nouveaux objets de parure sont créés. Les fibules ont un long ressort.
Dans une vitrine on admire un très beau Vase à damiers.
Les régions du Sud et du Centre se caractérisent par la fréquence des objets d’importation italo-grecs (pointes de flèches grecques, épée hallstattienne en bronze, bracelets , urne …)
On notera des bracelets, rasoirs, écuelles, récipients, épées, torques…
Le mobilier est groupé par tumulus.
Le deuxième âge du fer ou période de la Tène (450 av. J.C., début de notre ère) se divise en 3 parties.
La Tène I (450 à 300 av. J,C.). On peut admirer de cette époque des fibules de types très variés, des bijoux, des objets d’importation Italo-grecs, de la céramique, des armes d’excellente qualité.

On distingue plusieurs types de tombes correspondant aux deux modes de sépulture utilisés ; l’inhumation et l’incinération. On voit dans une sépulture masculine des armes, un vase ovoïde à décor peint, des urnes qui contenaient des cendres et qui étaient placées sur les offrandes ; dans une tombe féminine, torque torsadé, paire de bracelets…
Dans une salle a été reconstituée une sépulture à char provenant de La Gorge-Meillet (Marne). Un des corps était allongé sur le plancher du char. Il était accompagné d’objets de parure. Sur les jambes était posé un magnifique casque de bronz.

Casque de bronze
La Tène II (300 à 150 av. J.C.). On voit des pointes de lance, des fibules et les premières monnaies. La Tène II est l’époque où l’art celtique atteint sa phase baroque.
L’usage du corail très répandu à la Tène I régresse au profit de l’émail.
La Tène III (150 av. J.C. jusqu’à notre ère) est marquée par une amélioration de l’habitat : maisons aux murs de pierres séchées surmontées d’une construction en bois, au sol de terre battue et au toit de chaume.
On voit une série de 4 poignards en fer dont la poignée en bronze est une stylisation du corps humain.
La céramique est exécutée au moyen d’un tour.
Le verre demeure une matière précieuse.

Des bijoux d’or d’une exceptionnelle qualité, s’échelonnant du début à la fin de la Tène, ont été regroupés dans une vitrine.


On remarque un certain nombre de chenets en terre cuite, des armes et des outils, des monnaies.
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