Thèmes : art, société, visite.
Visite des lundi 25 février 1985, mardi 26 février 1985, mercredi 27 février 1985 et jeudi 28 février 1985.
Les 25, 26, 27 et 28 février, une centaine d’adhérent s ont visité le Musée du Grand Orient de France et de la Franc-maçonnerie Européenne, 16, rue Cadet 75009, Paris (photo 1).
HISTOIRE DE LA FRANC-MAÇONNERIE.
Naissance de la Franc-Maçonnerie.
Le terme de « free-mason » apparaît en 1376 pour désigner les membres de la conférence londonienne. On trouve des opérations dès 1322 à Chester, dès 1350 à York. Dans seize documents rédigés entre 1696 et 1730, le mot « maçon » apparaît comme le secret central de la fraternité (« c’est un maçon = c’est un frère »).
13e siècle.
Les maçons opératifs n’ont pas bâti que des cathédrales ; ils ont construit aussi des châteaux, des Hôtels de Ville, des maisons bourgeoises ... Dès 1215 ils s’étaient groupés en guildes, en confréries, dans le Saint Empire germanique ; en France existaient des « mestriers jurés » et des « mestriés réglés ». Les corporations n’apparaissent qu’à partir de François 1er (16e s.).
14è, 15è, 16è siècles.
En Angleterre, des manuscrits documentaires d’une organisation appelée maçonnique, remontent au 14e siècle : ce sont des statuts, des ordonnances, des règlements encore appelés « old charges » (vers 1550).
Tous ont le mème plan : invocation, éloge des sciences, histoire légendaire, règles applicables à la société et aux individus. Le maçon traitera les autres maçons comme des frères, servira la confrérie et respectera la morale et la déontologie du métier.

Quand un chantier s’ouvrait dans une ville, c’était souvent pour plusieurs décennies et, avec lui une « loge », lieu d’assemblée des travailleurs sur le chantier, lieu fermé interdit aux étrangers au métier.
16e, 17e siècles.
A partir du 16e siècle, la maçonnerie opérative recule : son déclin est accentué par le grand incendie de Londres (1666). Dès lors, la « compagnie des maçons » se libère des règles du travail : des artisans et des ouvriers « étrangers » à son organisation peuvent participer à la reconstruction de la ville et de la cathédrale.
17e, 18e siècles.
En Angleterre, dès le 17e s., on fait entrer dans la confrérie des personnes étrangères au métier de constructeur : ce sont les maçons spéculatifs ou acceptés, notables ou prêtres, susceptibles d’aider, de protéger les opératifs. On admet que les premières initiations de maçons spéculatifs ont eu lieu en Écosse dans la première moitié du 17e siècle. En 1670, les acceptés sont majoritaires à Aberdeen en Écosse.
Le 24 juin 1717, les 4 loges londoniennes décidèrent de se constituer en une Grande Loge qui se donna immédiatement un Grand Maître, Anthony Sayer, le premier, et ne compta dans ses rangs qu’un seul opératif, Jacob Lamball, le dernier. Il était maître charpentier.
La franc-maçonnerie française.
La franc-maçonnerie française a été d’abord dans la mouvance anglaise.
Il semble que la Grande Loge de France ait été créée en 1728 par le duc Philippe Wharton, ancien Grand Maître de la Grande Loge de Londres.
En 1735, les maçons français se choisissent un nouveau Grand Maitre également britannique, Mac Leane, auquel succède en 1736 son compatriote Charles Radcliffe. C’est alors que commence pour les maçons français, le temps des épreuves.
Cette période est aussi celle d’un certain désordre, rançon probable d’un développement rapide dans une société fortement hiérarchisée et traversée par des courants idéologiques et sociaux contradictoires.
La franc-maçonnerie souffre d’une insuffisance de l’organisation centrale, d’un manque d’autorité, de divisions entre les clans. Une scission de la Grande Loge, en 1758 oppose les « Lacornards » aux « anti-Lacornards ».
A la mort du Duc de Clermont (1771), Grand Maitre, le Duc de Chartres est élu Grand Maitre (1772). En Mars 1773, se tient une réunion des délégués des loges de province : c’est de cette réunion que nait le Grand Orient de France. Mais l’autorité du Grand Orient est contestée par des Maîtres des loges parisiens qui font scission et créent la Grande Loge Nationale (appelée également Grande Loge de France ou Grande Loge de Clermont) (1773-1799).
En 1789, le Grand Orient dirige 688 loges.
Le Grand Orient de France ne fut pas à proprement parler un des inspirateurs de la Révolution.
Certaines loges cessèrent leur activité dès 1791, les maçons se dispersèrent et, sous la Terreur, le Grand Orient de France entra en sommeil pour quelques années. Certains ateliers Paris et en province continuèrent cependant à travailler dans le silence. Immédiatement après Thermidor, en 1794, il reprit son activité.
Encouragée par Napoléon, la franc-maçonnerie fut très active sous l’Empire, particulièrement dans l’armée ; les loges militaires furent un des instruments les plus efficaces de la pénétration des idées nouvelles en Europe.
Dans la première moitié du XIXe siècle, la surveillance exercée par les gouvernements sur l’action du Grand Orient de France et sur la vie des Ateliers, si elle n’entrava pas le développement de la franc-maçonnerie, limita son rayonnement.
Dès le Second Empire, l’élargissement du recrutement aux élites de la petite et moyenne bourgeoisie affermit les conceptions politiques des francs-maçons.
Après la chute de l’Empire et l’invasion de la France par les troupes prussiennes, la Commune fut proclamée à Paris le 18 mars 1871.
Les francs-maçons du Grand Orient de France furent reçus au cours d’une cérémonie grandiose à l’Hôtel de Ville de Paris. A la sortie de l’Hôtel de Ville, un ballon libre, marqué des trois points symboliques, alla semer, dans l’air, le manifeste du Grand Orient de France, demandant l’arrêt de la guerre civile.
Sous la IIIe République, les loges contribuèrent à la préparation des grandes lois de justice sociale et à la défense d’un idéal démocratique de progrès et de paix.
Le Grand Orient de France fut interdit en 1940 ; dès la Libération, les francs-maçons reprirent officiellement les travaux qu’ils n’avaient d’ailleurs pas interrompus dans la clandestinité.
LE MUSÉE.
Entre autres choses, on peut citer :
- Bannières : chaque atelier, des loges bleues ou des grades de perfection peut posséder sa bannière.
De couleur variable, elle porte le titre distinctif de l’Atelier, sa date de création, et divers symboles maçonniques appropriés.
Les évènements de 1940, amenant la confiscation des bannières ou leur destruction, mirent pratiquement un terme à leur usage (photo 2).

Photo 2. Bannière du Grand Orient de France
- Sautoir, bijou et tablier de Chevalier Rose Croix. Le sautoir, à la pointe duquel le bijou est habituellement fixé, est décoré d’un pélican (symbole du grade) et sur fond de branches d’acacia, de la couronne d’épines et du serpent ourobouros.
Ces deux derniers symboles se retrouvent sur le tablier, ainsi que la croix portant la Rose, symbole éponyme de ce grade. Une photographie ancienne montre un franc-maçon portant ce tablier, associé à un cordon de Maître.
- Une galerie est destinée à la présentation de décors, bijoux et ornements maçonniques.
Pour travailler en loge, le franc-maçon se « décore » : il porte le tablier, de peau blanche ou de soie, décoré selon son grade et bordé ou non de couleur, selon le rite auquel il travaille. Il est toujours ganté de blanc ; le Maître Maçon porte également le cordon, ou écharpe : les Officiers de loge et les Dignitaires le remplacent par le sautoir.
- « Regalia » ou décors de la Grande Loge d’Angleterre et des obédiences qu’elle reconnaît comme « régulières ».
- Décors des « Hauts grades » ou « grades de perfection ».
- Décors des « Loges bleues ».
- Décors du Rite écossais.
- Décors divers.
- Tablier ancien en soie blanche brodé de noir (photo 3).

- Fauteuil de Vénérable en bois doré, orné de symboles maçonniques (équerre et compas, grenades, etc.).
- Gravure au burin : rehaussé de couleurs représentant une cérémonie d’élévation au grade de Maître (fin du XVIIIe s.).
- Voltaire : il demanda à 84 ans, un peu avant sa mort, son admission dans cette association où l’on fait profession « d’observer la justice, de pratiquer la vertu et d’aimer son semblable ».
Il fut initié le 7 avril 1778 à la Loge « les Neuf Sœurs » (photo 4).

La seconde partie du Musée retrace l’histoire de la Franc-maçonnerie au cours des siècles :
- De nombreux portraits de Francs-maçons.
- Les Constitutions d’Anderson (1723) : premier ouvrage imprimé traitant de la franc-maçonnerie.
- Charte constitutive permettant la création de la Loge de Suède (1737)
- Statuts de l’Ordre
- Diplôme maçonnique
- Carte maçonnique indiquant toutes les localités où il existe des ateliers en activité tant du Grand-Orient de France que du Suprême-Conseil dédié à tous les maçons réguliers, dressée par le Frère Faisceau Ducoudray, ancien géomètre des Ponts-et-Chaussées.
- Revue maçonnique.
- Chansons maçonniques.
- etc…
La Franc-Maçonnerie et les femmes.
L’admission des femmes en franc-maçonnerie est un problème qui souleva, dès le XVIIIe siècle et soulève encore force controverses …
Il semble certain que des femmes, épouses, veuves, ou filles de bâtisseurs, furent admises, exceptionnellement il est vrai, dans opératives.
Quelques ordres paramaçonniques mixtes (on disait alors « androgynes ») comme l’ordre de la Félicité, les Mopses, l’ordre de la Rose constituèrent des tentatives de tourner la difficulté : mais ces badinages, plus ou moins innocents, ne satisfaisaient pas les femmes.
La solution fut trouvée dans la formule des « loges d’adoption » dont les tenues furent réglementées.
La formule de l’adoption survécut à la Révolution, eut quelque succès sous l’Empire et se prolongea ensuite sous la forme très édulcorée de « fêtes d’adoption ».
Cependant, dans la seconde moitié du XIXe siècle, beaucoup de loges se penchaient sur le problème de la condition féminine, en particulier sur les moyens de soustraire à l’influence de l’Eglise les femmes et, partant, les enfants. De leur côté des femmes énergiques et lucides protestaient contre toutes les inégalités que leur sexe devait subir, au nombre desquelles figurait le refus de les admettre en franc-maçonnerie.
En 1882, la loge « les libres penseurs du Pecq » initia la journaliste féministe Maria Deraismes au Rite écossais ancien et accepté, en faisant ainsi une franc-maçonne à part entière … Désavouée par son obédience, la loge dût pour y être réintégrée renoncer à la mixité.
En 1904, la loge « La Philosophie sociale » présidée par une autre féministe célèbre, le docteur Madeleine Pelletier, initia Louise Michel, « la pétroleuse » …
Dans les premières années du siècle, la Grande Loge de France reprit la formule des loges d’adoption : une dizaine d’ateliers féminins furent ouverts entre 1901 et 1935.
Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que des loges féminines deviennent indépendantes et maîtresses de leur destin. L’Union maçonnique féminine, créée en 1945, devint en 1952 « Grande Loge féminine de France ».
La franc-maçonnerie pendant la seconde guerre mondiale.
- affiches, revues, lettres de dénonciation antimaçonnique.
La franc-maçonnerie aujourd’hui.
- la revue Humanisme.
- Chroniques d’histoire maçonnique.
- Émissions radios.
- Compte rendu des colloques.
ANNEXE
LE TRAVAIL MAÇONNIQUE
EN LOGE.
Cellule de base de l’Ordre, cellule autonome, la loge groupe un certain nombre de Frères et la diversité de leurs origines en fait une société l’échelle réduite.
Sous la présidence de son Vénérable, assisté des Officiers, et selon un rituel la fois précis et libéral, l’Atelier étudie les questions mises à son ordre du jour par les décisions du Convent, et tous les problèmes d’ordre philosophique, moral, social ou historique qu’il convient d’aborder.
Les loges communiquent aussi entre elles par voie de circulaires ou de brochures, ou par l’organisation de tenues collectives.
DANS L’ORDRE.
Démocratiquement élu par le Convent, le Conseil de l’Ordre a pour fonction de gérer, de représenter l’Ordre ; il désigne son président qui porte le titre de Grand Maître.
Tous les ans le Convent soumet l’étude des loges trois questions d’intérêt général qui font, dans le courant de l ‘année suivante, l’objet de travaux critiques, de conférences, de discussions ; chaque loge établit un rapport sur ces questions et l’ensemble de ces rapports fait l’objet d’un rapport de synthèse voté par les délégués des Loges au Convent suivant.
Le Conseil de l’Ordre contrôle certaines commissions spéciales chargées de poursuivre des études sur des aspects particuliers de la vie de l’ordre ou d’organiser certaines de ses activités.
LEXIQUE
ATELIER. Groupe de Francs-Maçons travaillant en communauté cellule de base de la Franc-Maçonnerie. Synonyme : Loge.
CONSEIL DE L’ORDRE. Assemblée permanente de 33 Francs-Maçons élus, chargée de l’administration du Grand Orient de France. Détient le pouvoir exécutif. Centre naturel des informations et organisme de consultation et d’avis en rapport constant avec les Ateliers.
CONVENT. Assemblée Générale annuelle des délégués des Ateliers. Détient le pouvoir législatif.
GRADES. Étapes de l’éducation maçonnique. On y accède par une initiation. Les trois grades de base sont : Apprenti, Compagnon et Maître.
GRAND MAITRE. Titre ordinairement décerné au Président du Conseil de l’Ordre, par déférence, en souvenir du passé et par analogie avec d’autres obédiences maçonniques.
INITIATION. Cérémonie au cours de laquelle sont révélés les symboles maçonniques correspondant à chaque grade.
LOGE. Synonyme d’Atelier. Chaque Loge porte un titre distinctif.
OBÉDIENCE. Fédération de Loges acceptant une mème autorité.
OFFICIERS. Francs-Maçons Maîtres, élus annuellement exerçant des fonctions au sein d’un Atelier. On en compte au moins dix par Atelier.
ORDRE. Ensemble de la Franc-Maçonnerie Universelle.
ORIENT. Le siège maçonnique d’une ville donnée.
TENUE. Réunion de travail d’un Atelier.
VÉNÉRABLE. Président d’un Atelier.
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