Thèmes : art, peinture, visite.
Visite des mardi 28 janvier 1986 et jeudi 30 janvier 1986
Les mardi 28 et jeudi 30 janvier, une centaine de personnes ont visité le Musée Carnavalet.

HISTOlRE.
Carnavalet, c’est le nom d’un musée c’est aussi celui d’une demeure (photo 1 : Filles Bleues).
A l’origine, l’Hôtel ne portait pas le nom de Carnavalet. C’est en effet pour Jacques des Ligneris, président au Parlement de Paris, qu’il fut élevé partir de 1548.
En 1578, l’Hôtel des Ligneris fut acquis par Françoise de Kernevenoy, veuve d’un gentilhomme breton, que le langage des Parisiens a transformé en « Carnavalet ». Celui-ci devait désormais remplacer le nom du premier propriétaire.
En 1677, l’Hôtel fut loué à Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, qui l’habita de 1677 à 1696, année de sa mort.
En 1866, la ville de Paris, à l’instigation du baron Haussmann, acquit l’Hôtel afin d’y installer ses collections historiques. Mais l’exiguïté des locaux exigeait un agrandissement.

Depuis le terme des travaux, l’Hôtel dessine un rectangle allongé à l’intérieur duquel une croix sépare quatre cours ; une seule de ces cours est antérieure au XIXe siècle : les trois autres sont occupées par des parterres.
Le musée a pour vocation d’illustrer le passé de la ville depuis les âges préhistoriques jusqu’à nos jours, soit par des objets ou fragments provenant de démolitions ou de fouilles dans le sol parisien, soit par des œuvres d’art, documents ou souvenirs évoquant le développement de Paris au cours des siècles, les principaux personnages qui y ont vécu et les évènements qui s’y sont déroulés, soit enfin par des ensembles décoratifs (lambris, plafonds peints], des meubles et des objets montrant l’évolution de la demeure parisienne depuis la Renaissance.
En fait, les bâtiments de l’Hôtel Carnavalet n’abritent pour le moment, étant à nouveau trop étroits, que les collections illustrant l’histoire de Paris du XVIe siècle au Premier Empire, ainsi que les salles pour les expositions temporaires.
LA VISITE.
Les salles du rez-de-chaussée renferment de vastes cheminées.
Le carrelage, les poutres apparentes, quelques meubles enfin, concourent à évoquer discrètement l’ambiance d’une demeure de la Renaissance.
Plusieurs des tableaux exposés offrent les plus anciennes vues de Paris que possède le Musée, certaines servant de fond à diverses compositions (l’Enfant prodigue chez les courtisanes, Sainte-Geneviève gardant ses moutons …). Parmi les autres peintures on remarque un portrait de François 1er, de Marie Stuart, de Catherine de Médicis … Dans une autre salle, nous nous arrêtons devant un tableau : « La procession de la Ligue sur la place de la Grève » (photo 2). Elle nous fait assister à une démonstration des ultra-catholiques (1590). Venant de l’église Saint-Jean-en-Grève, le cortège passe sous l’arcade Saint-Jean, qui s’ouvre en bas du pavillon de droite de l’Hôtel de Ville. Celui-ci apparait tel qu’on le voyait depuis l’interruption des travaux entrepris en 1533. Mais l’édifice fut achevé par ordre d’Henri IV comme le montre une peinture anonyme du début du XVIIe siècle : Sainte-Geneviève, patronne de Paris, devant l’Hôtel de Ville.
Dans la vitrine murale de la salle bleue, on remarque un petit tableau de l’école hollandaise : Patineurs sur la Seine devant le Louvre. Le reste de la salle est occupé par un ensemble de gravures datant du XVIe siècle et du règne d’Henri IV.
Nous quittons le rez-de-chaussée pour visiter la « Galerie de Sévigné ». Elle a gardé ses boiseries très simples de la fin du XVIIe siècle. C’est dans ce cadre qu’est évoqué le souvenir de Madame de Sévigné et de ses proches.
Madame de Sévigné est elle-même présente ici grâce à 2 portraits (photo 3} dont l’un est placé au-dessus de son secrétaire à abattant à ornements dorés sur fond de laque d’Extrême-Orient.


Photo 2. La procession de la ligue sur la place de Grève

Photo 3. Madame de Sévigné
Dans cette pièce on peut également voir le portrait de Madame de Grignan, fille de Madame de Sévigné et de son époux, le compte de Grignan. La vitrine renferme divers souvenirs de l ‘épistolière et de sa famille.
Nous passons à travers trois salles qui sont à l’emplacement de l’ancien appartement d’honneur de l’Hôtel Carnavalet que Madame de Sévigné occupa de 1677 à 1696. On y a rassemblé des portraits collectifs ou individuels des membres du Bureau de la Ville de Paris.
Nous nous arrêtons devant un grand tableau : « Le corps de Ville allant rendre grâce à Notre-Dame après la victoire de Senef ». Le prévôt des marchands, le Peletier et les échevins sont présents dans une composition de type nouveau, animée et donnant une large place à l’allégorie.
Nous arrivons dans une galerie où des tableaux montrent le visage de la capitale dans la période comprise approximativement entre 1720 et 1760. Neuf vues de Paris et de ses environs immédiats sont peintes avec minutie par Charles-Léopold de Grevenbroeck, paysagiste d’origine hollandaise, quatre sur toile, notamment la vue prise du haut de Belleville avec un moulin et un four â plâtre au premier plan; quatre sur cuivre, anciens dessus de portes, représentant les châteaux de la Muette, de Meudon et de Saint-Cloud ainsi que l’Hôtel des Invalides et le faubourg Saint-Germain vus du cours La-Reine ; une dernière sur cuivre représentant les hauteurs de Chaillot et de Passy vues de la rive gauche.
Nous traversons un salon â lambris sculptés et peints, joli exemple du style « rocaille », provenant d’un hôtel de la rue de Varenne. Le plafond, peint sur toile, représente le Triomphe de Flore.
La galerie suivante est presque exclusivement consacrée à l’œuvre de Nicolas J.B. Raguenet. On remarque plusieurs vues de la Cité, du Pont-Neuf, avec la pompe de la Samaritaine reconstruite au temps de Louis XIV, de l’Ile Saint-Louis avec ses hôtels et ses ponts, une vue très pittoresque du Pont Notre-Dame avec une joute se déroulant au pied de ses arches portant encore, selon la tradition médiévale, une double file de maisons, une vue du Palais des Tuileries, une autre de Chaillot et de Passy avec leurs couvents et leurs maisons de plaisance.

Notre guide passionnée par l’histoire de la Révolution Française et le Premier Empire, n’a pu résister au désir de nous faire partager sa passion en nous faisant visiter la salle consacrée à cette époque.
Les débuts de la Révolution sont retracés à travers des grandes peintures allégoriques d’inspiration naïve. Dans la vitrine séparant les deux salles, des faïences de diverses fabriques dont le décor polychrome, d’inspiration populaire, évoque surtout la convocation des États Généraux.
Deux peintures de J.B. Lallemand représentent la charge du Prince de Lambesc au jardin des Tuileries le 12 juillet 1789 et le pillage des armes aux Invalides le matin du 14 juillet.
Parmi les « souvenirs » de la Bastille diffusés par Palloy (entrepreneur qui eut l’idée de fabriquer des « souvenirs » avec des matériaux de la Bastille), il y eut des maquettes de la forteresse taillées dans ses pierres dont l’une est exposée dans le musée. La Bastille est aussi reproduite sous la forme d’un poêle de faïence que son auteur offrit à la Convention.
Dans la même salle est évoquée la Fête de la Fédération. Cette salle illustre également l’Histoire de la Convention.
Comprise en gros entre le 10 août 1792, chute de la monarchie et le 9 thermidor an II, chute de Robespierre, cette période est la plus dramatique de la Révolution.
Bien d’autres époques sont bien sûr évoquées dans ce musée. Nous n’avons pu en deux heures tout visiter. Chaque groupe aura peut-être vu des choses différentes. A chacun maintenant d’y retourner pour compléter cette visite.
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