
Thèmes : société.
Conférence du mardi 7 Avril 1987.
Le Mardi 7 Avril, Monsieur Pasquini, auteur de l’ »Encyclopédie des sectes dans le monde », est venu parler devant un auditoire nombreux, du passé, du présent et de l’avenir du phénomène secte.
En 1978, il existait 300 sectes en France, en 1980 600, et aujourd’hui on en recense entre 600 et 700. Elles touchent directement 200 000 personnes et indirectement 2 millions.
On peut classer les sectes en 5 catégories :
- les sectes multinationales : Moon, Krishna, les enfants de Dieu, l’église de Scientologie …
- les sectes spiritualistes qui pratiquent la macrobiotique : Zen macrobiotique …
- les églises avec les courants déviés des grandes églises.
- les sectes marginales telles que les lucifériens, satanistes.
- les sectes marginales plus ou moins folkloriques : les absolutistes, les adorateurs de l’oignon …
Monsieur Pasquini nous a parlé essentiellement des sectes les plus dangereuses pour l’individu et la société : les sectes multinationales.
Elles ont grandi au moment de l’abaissement de la majorité â 18 ans.
Avant cette date, les sectes ne pouvaient toucher les mineurs ; or l’âge le plus critique est entre 18 et 21 ans.
Qui sont ces jeunes recrutés ? Quelles sont leurs motivations, leurs attentes lors des premiers pas dans la secte ? Les réponses statistiques sont minces. « Il » ou « elle » a entre 18 et 30 ans et est issu des classes moyennes.
Il n’y a pas de prédestination. Inutile de chercher systématiquement la mère possessive ou le frère jaloux. En revanche, si « l’expérience » sectaire surgit dans un horizon banal, elle n’arrive pas n’importe quand. Ils se sont tous blottis dans les bras de leur secte à un moment où leur vie vacillait. La faille peut être minuscule, presque invisible, ou béante : de l’échec sentimental au cafard passager. Mais c’est dans cette faille que s’engouffre la séduction du gourou.
Pas n’importe lequel cependant. Tel adepte de Krishna aurait haussé les épaules devant une brochure sur la scientologie, celui que Moon séduira serait resté imperméable à une conférence de la Méditation transcendantale. Mais sur le marché du désarroi, l’éventail idéologique offert par les sectes est tel qu’il peut combler toutes les demandes.
On constate que le phénomène sectaire s’attaque également aux personnes âgées pour détourner les héritages.
La tranche d’âge 18-30 ans est la même que celle qui touche les jeunes qui se droguent.
Le député Alain Vivien, auteur d’un rapport sur les sectes, expliquait que l’entrée dans une secte comme dans la drogue est une fausse réponse à une fausse question que se posent les jeunes.
Comment se font les contacts ? Souvent dans la rue, à la sortie des lycées …
Monsieur Pasquini nous a cité l’exemple de Krishna aux Halles.
Au cœur des Halles, entre le temple marchand du Forum et le temple culturel de Beaubourg, le temple des dévots de Krishna fait le plein, chaque soir, pour la conférence d’information quotidienne. Dorures et stucs, statues, photos des maîtres historiques, fleurs artificielles et encens curieux et jeunes adeptes plongent, sans transition, du monde matériel à l’ambiance chaude et sucrée de la secte.
Assis en tailleur, parmi les dévots confirmés, vêtus de saris jaunes ou blancs, quelques nouveaux venus, en jeans ou en jupe plissée.
Devant eux, le maître déroule le tapis magique des solutions définitives. Deux heures de discours monocorde, lancinant et mécanique. Pas de question, pas de contradicteurs dans la salle : il est vrai que ceux qui sont assis en cercle autour du maître ne sont pas venus chercher le débat, mais savourer des certitudes.
Si l’on est vraiment attaché à sa religion d’origine, on peut la garder : la Baghavad Gita se situe « au-dessus de toutes les religions ».
Avant de clore, on lit et on traduit un passage du livre saint, on se prosterne en récitant les « mantras ».
Puis on remet ses chaussures pour partager le « prasada » (repas de plats végétariens consacrés) dans le restaurant de l’association. Là, les novices sont constamment entourés de sourires et de questions. Pas de racolage vulgaire mais un empressement si gentil, si calme et si serein qu’il décourage toute velléité d’agression, d’argumentation.
Chacun repartira le ventre plein, avec, sous le bras, un exemplaire de l’Essentiel, le journal de l’association où l’on apprend comment se débarrasser de la saleté intérieure : « On commencera par un bon lavage de cerveau, en profondeur. Il n’y a pas de quoi être effrayé. Au contraire, cela soulage énormément. Le bain générateur du saint nom de Krishna, sous la forme du maha-mantra, Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Prasad, Hare Hare, Hare Rama … »
En sortant, certains jeunes auront le fou rire, d’autres s’éclipseront rapidement et d’autres malheureusement, ébranlés, impressionnés par tant d’assurance tranquille, promettront de revenir.
Comme eux, ils sont des milliers à avoir été d’abord intrigués, puis séduits par le prêt-à-penser et le prêt-à-croire des nouvelles sectes. Malgré Jim Jones et le suicide collectif de ses adeptes au Guyana, malgré les déboires fiscaux et judiciaires de Moon ou ceux de la Scientologie, malgré l’information qui circule sur les buts politiques et financiers de ces églises new-look, la séduction des gourous continue à opérer.
Au bout de quelques semaines, on lui propose des séjours dans des châteaux. Alors commence le conditionnement qui est très semblable dans beaucoup de sectes. Le disciple de Krishna, par exemple, ne mange ni viande, ni poisson, ni œuf (aucune protéine), Il ne fume pas, ne prend ni alcool ni café. Il n’a aucune relation sexuelle sauf pour procréer : on désigne l’époux à l’épouse quand elle est en âge. Ils dorment peu, travaillent énormément aux occupations ménagères. Les femmes sont des êtres inférieurs qui ne peuvent espérer qu’un bien : être réincarnées plus tard dans la peau d’hommes. Le dévot entretient lui-même cet état second de fatigue et d’abrutissement en étant obligé de répéter chaque jour mille sept cent vingt-huit fois les mots « Hare Krishna » en égrenant 16 fois un chapelet de 108 grains. Certains finissent par entrer en état de transes à la suite de cette répétition.
Monsieur Pasquini nous a lu un témoignage des parents de Véronique partie dans la secte Ecoovie (secte pseudo-écologique) : Véronique est végétarienne depuis 2 ou 3 ans. Elle a fait connaissance d’Ecoovie par ses produits.
« Décembre 1980 : elle dit qu’elle va faire un stage payant dans la coopérative où elle achète ses produits. Elle attend au moins un an pour avoir une place.
Janvier, février 1981 : elle est stagiaire, elle couche à Noisy-le-Grand. Les stagiaires ne sont pas avec les autres mais dehors sous la pluie et la neige. Elle a emporté 2 ou 3 vieux sacs de couchage et en a confectionné un en plastique. Pas de douche.
Mars 1981 : elle commence à avoir des boutons, se traite par les plantes. Elle a aussi mal aux yeux.
Avril 1981 : elle revient couverte de boutons purulents, cheveux, figure, seins, dos, bras, jambes. Sous notre pression, elle consulte un homéopathe. La fièvre restant à 40°, j’appelle un médecin qui lui donne pénicilline et fortifiants qu’elle prend à contre-cœur et qu’elle arrête dès que cela va mieux. Le médecin me demande pourquoi elle est dans cet état de faiblesse.
Mai 1981 : elle hésite à repartir, fait même revenir ses affaires déjà expédiées en vue d’un départ futur. Elle part avec une de ses amies de la faculté pour quelques jours en montagne s’occuper de moutons. Elle va retrouver dans les Vosges 2 garçons connus faisant de la culture biologique.
Elle revient quelques jours ici. Toujours des coups de téléphone pour la relancer.
Juin 1981 : elle décide de partir pour un essai.
Elle n’est plus revenue si ce n’est en juillet pour l’enterrement de sa grand-mère. Elle s’est fait prier, disant « Quand on a accepté des responsabilités … ». Visiblement elle est venue pour me faire plaisir. Je lui avais téléphoné disant qu’elle ne pouvait pas ne pas me faire plus de peine que de ne pas revenir. Nous avons payé son voyage. Elle est contre la société de consommation, veut vivre avec des moyens économiques, à l’extrême, sans manger. Ils vivent en tribu. Pas de couples, mais des relations particulières, Le travail de la terre est fait avec les mains. En octobre 1980, elle s’est inscrite en 5ème année en faculté pour profiter de la sécurité sociale étudiante. Toujours mal habillée, sale, avec des cheveux longs. Ils ne s’appellent pas par leur nom de famille, mais suivant leur horoscope. Pour Véronique : « Taureau » ».
Ce témoignage est symptomatique de ce qui se passe.
En fait les sectes ne sont pas uniquement un danger pour les adeptes, mais aussi pour la société car on ne peut les combattre légalement. Les lois ne permettent pas :
- de s’opposer à la création et à l’activité des sectes qui sont sous régime des lois 1901.
- tout individu majeur a droit de faire ce qu’il veut de son corps et de son esprit.
- les juges hésitent à faire des actions en justice, car cela provoquerait des réactions qui dépasseraient l’affaire traitée en justice, pour poser un problème de société.
Il faut donc canaliser ces sectes et faire en sorte de les « tenir ».
Des solutions avaient été proposées dans le rapport Vivien (1983) qui débouchait sur 9 propositions :
1.- Un suivi permanent du phénomène sectaire. Il faut savoir que l’A.D.F.I. (association pour la défense de la famille et de l’individu) et le C.C.M.M. (Centre de documentation, d’éducation et d’action contre les manipulations mentales) n’ont aucune subvention. Par contre les sectes multinationales ont beaucoup de moyens et d’argent pour leur publicité ...
2.- Prévenir et informer. Il faut en effet se garder de vouloir interdire car il ne faut pas négliger le fait que certaines personnes se trouvent peut-être bien dans les sectes.
3.- Laïcité ouverte, c’est-à-dire la possibilité de dialogue et de confrontation des diverses idéologies religieuses ou philosophiques pour les jeunes. Un problème se découvre actuellement. Des enfants sont nés à l’intérieur de ces sectes. Actuellement les plus âgés ont 13, 14 ans. Ils n’ont connu aucun autre univers que la secte.
A-t-on le droit de laisser ces enfants vivre dans ces sectes ? On est désarmé sur le plan des lois. Comment pourront-ils s’insérer dans la société ? Et le service militaire ? Ce phénomène est laissé totalement de côté.
4.- Dépasser le cadre national en créant un regroupement international des associations qui suivent le problème des sectes.
5.- Mieux informer le grand public, car on ne parle des sectes que lorsqu’il y a un événement dramatique.
6.- Mise en place dans chaque région d’un organisme de type associatif en liaison avec les D.A.S. composé de personnels bénévoles à compétence pluridisciplinaire, tentant de maintenir le contact entre l’individu entré en secte et sa famille. En cas d’échec, un magistrat pourrait ordonner une enquête et même faire sortir l’adepte de la secte pour quelques semaines. A l’issue de cette « mise sous tutelle provisoire », l’adepte confirmerait ou infirmerait son choix.
7.- Adapter le code de sécurité sociale de façon à faciliter la prise en charge, la réinsertion des jeunes qui partent des sectes.
8.- Aide aux adeptes expatriés car dans de nombreuses sectes, on emmène les jeunes à l’étranger qui, s’ils partent de la secte, sont financièrement dans l’incapacité de rentrer.
9.- Affirmer les droits de l’enfant et les clarifier et nécessité de fermer les écoles créées par les sectes.
Mais jusqu’à présent, ces propositions ne sont pas appliquées.
QUELQUES EXEMPLES DE SECTES
1.- Témoins de Jéhovah.
A l’origine, c’était une association internationale des étudiants de la Bible ; fondée en 1874 par C.T. Russel, Américain, dissident de l’Église adventiste du 7ème jour. 1931 : J.R. Rutherford, son successeur, transforme les étudiants en « témoins de Jéhovah ». De nos jours c’est une organisation religieuse centralisée dont l’expansion est mondiale. Sa filiale française, « l’Association chrétienne des Témoins de Jéhovah – France » est déclarée en 1979 comme association culturelle loi 1905. D’après les sources jéhovistes, plus de 2.5 millions d’adeptes sont implantés dans 205 pays dont 82.000 environ en France.
Doctrine millénariste : « fin des temps proche » (attendue déjà quatre fois, pour 1874, 1914, 1925 et 1975), nouvel univers paradisiaque ouvert aux seuls convertis au jéhovisme et dirigé par Dieu (théocratie). Lecture fondamentaliste de la Bible. De ce fait : visions catastrophiques du monde satanique ; rejets de toutes les institutions humaines « diaboliques » ; religieuses et laïques ; récusations particulières : vote, service militaire, fêtes religieuses et familiales, œuvres sociales ou humanitaires, syndicalisme, etc. Respect de la sacralité du sang : ne manger ni boudin, ni viande saignante, refuser la transfusion du sang (« les transfusions sanguines sont dangereuses pour la santé, aussi dangereuses qu’un pistolet chargé », – La Tour de garde, 1978).
Activités missionnaires de propagande : prédication à domicile, cercles bibliques, diffusion de périodiques (Réveillez-vous, Tour de Garde, …). Recrues en puissances ciblées psychologiquement, processus archi-réglé d’entraînement à la cause, endoctrinement à outrance et en lieu clos.
Sectarisme maître. Autoritarisme du gouvernement collégial de Brooklyn qui décide tout sans consulter les filiales nationales. Contrôle rigoureux à tous niveaux du comportement et de l’orthodoxie des sectateurs. Conviction de détenir l’unique vérité et rage de convaincre. Hostilité systématique au monde actuel dont la disparition (utopique) est ardemment désirée. Renfermement sur le groupe (les visites à domiciles ne sont que prétextes à enrôlement et calcul financier). Intransigeances anti-humanitaires, voire dangereuse (ex refus des œuvres sociales, de secours médical pour la transfusion sanguine).
2. Scientologie.
Historique :
Fondateur : Lafayette Ronald Hubbard, né le 3 mars 1911 aux U.S.A. Sa biographie officielle le montre faisant tout jeune le tour du monde et s’initiant à la spiritualité hindoue, puis faisant aux U.S.A. des études scientifiques conclues par un diplôme d’ingénieur physicien. En réalité, a quitté l’Université dès la première année (échec à ses examens).
Romancier professionnel de science-fiction.
Doctrine :
Trois étapes :
a.-La Dianétique, sorte de psychothérapie ;
b.-La Scientologie proprement dite : offre à l’être humain tout entier d’ »être cause sur la matière, l’énergie, l’espace et le temps » ;
c.-La Philosophie scientologique réservée aux niveaux supérieurs. C’est une sombre histoire de science-fiction : il y a des milliards d’années, les « Thétans » de la « Confédération interplanétaire Markab » ont été vaincus dans une guerre des étoiles par les méchants de la planète « Hélatrobus ». Exilés sur terre, ils habitent les hommes, mais sont paralysés par notre « mental réactif ». La mission des Scientologues est de les libérer (les rendre « opérationnels »).
Pratiques :
La pénétration des esprits se fait de manière très progressive :
a.- Le seul fait de répondre au questionnaire distribué dans la rue vous enregistre comme sympathisant. Vous avez, en outre, révélé par vos réponses vos fragilités psychologiques. De ce jour, on ne cesse de vous relancer, cela pourra aller jusqu’à la persécution.
b.- L’adepte (« préclair ») suit des séances d »’audition‘‘. Son « auditeur » lui pose des questions et compare ses réponses aux siennes propres. L’élève est branché sur un appareil, l’électromètre, censé contrôler infailliblement sa véracité (en fait, un simple pont de Wheatstone mesurant la résistivité de la peau, mais présenté comme mystérieux). L’audition est en somme « une psychanalyse qui serait vérifiée mot à mot par un détecteur de mensonge ».
c.- Préparant et complétant l’audition, une « purification » : quotidiennement, une heure de course à pied, quatre de sauna, absorption massive d’eau, de vitamines et de niacine, entre autres exercices.
d.- Parallèlement, des « Processus objectifs » (training) apprenant au « préclair » à « manier les gens et son environnement ».
Tout cet ensemble constitue le « Pont’ », jalonné de « processus » de plus en plus décisifs, que le « préclair » doit parcourir pour devenir « clair ». Au total, 400 à 600 heures de séances. Est « clair » celui qui s’est purgé de son « mental réactif », entendez de sa forme antérieure de pensée. Les niveaux supérieurs (OT) sont secrets, assurés dans 4 centres seulement au monde : Danemark, Angleterre et U.S.A. A partir de là, l’individu est « cause sur la vie » et doté de pouvoirs illimités.
Pratique religieuse réduite toute en façade (signes extérieurs précis imposés). Un « service religieux » est en général une simple lecture d’un extrait des écrits de Hubbard.
Règle de vie : interdiction de drogues, alcool ; vie sexuelle monogame en mariage parfois célébré par ministre du culte sciento ; Interdiction de voir le médecin sans autorisation : la maladie est considérée comme le résultat d’un acte mauvais. En cas de faute de l’adepte, il est placé en « éthique », c’est-à-dire en punition.
Toute une gamme de châtiments minutieusement répertoriés : mise en quarantaine (avec signe infâmant : chiffon sale au bras), travaux pénibles, privation de sommeil ou de nourriture. L’adepte peut être déclaré « suppressif » ou « non existant ». Ultime sanction : l’excommunication.
Organisation :
Strictement hiérarchisée. Chaque Église locale dépend d’une Église continentale, qui dépend de la maison-mère américaine.
Structures internes. Deux catégories de permanents :
- « staffs » signant un engagement de 2 ans et demi ou 5 ans.
- Les membres de la « Sea-Org » signant un contrat pour un milliard d’années. Ceux-ci sont prêts à agir sur-le-champ, quoi qu’il leur soit ordonné.
Ces permanents, outre le personnel administratif, comportent deux catégories :
- Ceux qui ont en charge « auditions », « training » et « éthique »,
- Les « gardiens » avec mission de propager la Scientologie dans la société. Une de leurs activités majeures est l’espionnage.
Propagande.
Un scientologue a quatre activités principales : diffuser le savoir, vendre des livres, contrôler son entourage et libérer la planète.
Toutes les méthodes classiques de propagande sont utilisées intensivement : tracts, conférences, campagnes publicitaires (en 1984, animées simultanées dans de nombreuses publications), dépôts de livres dans les librairies, prosélytisme individuel, exploitation des évènements publics, etc. A noter de nombreuses intrusions à la radiotélévision sous le masque d’organisations ne s’affichant pas pour scientologues. Également petites annonces. Ex. (Figaro 7.7.83 : rubrique offres d’emploi « Motivation personnelle plus importante que l’argent. Bas salaire, grand futur »). Moyen particulièrement efficace : le Questionnaire de Personnalité, distribué gratuitement dans la rue. 200 questions, établissant un premier lien avec l’adepte potentiel sur qui la Scientologie a d’emblée barre psychologique. Dans ce genre de documents, le mot scientologie n’apparaît pas, ou seulement en caractères minuscules dans un bas de page. Autre exemple : invitation à un « séminaire de dianétique » dans une école ; le profane ignore que c’est la Scientologie.
Campagnes de groupes de réformes, créés pour essayer d’imposer la Scientologie dans la société, tels que NARCONON (réhabilitation des toxicomanes), CRIMANON (réhabilitation des criminels, GAME (amélioration des méthodes d’enseignement), Ligue pour une Justice honnête (réforme judiciaire), Commission des Citoyens pour les Droits de l’homme (réforme psychiatrique), etc….
Puissance matérielle :
Présence dans 34 pays, 2 à 3 millions d’adeptes dans le monde ; quelques milliers en France, groupés en 7 Églises (Paris, Angers, Lyon, St- Étienne et Clermont-Ferrand) coiffant de nombreuses missions et antennes.
Ressources : les « donations » réclamées pour les « conseils pastoraux », les cours, « auditions » et « training » divers peuvent atteindre des hauteurs astronomiques. Exemple : une intensive de 12h30 se paye 14.000 F. 1984. Coût minimal de la méthode (audition + cours) : 300 000F. Coût de l’électromètre Mark VI (achat obligatoire) : 25 000 F. Exemple classique d’extorsion de fonds : un adepte ayant épuisé sa fortune et désirant néanmoins poursuivre les « processus » travaille gratis pour la secte pendant des années ; quand enfin il renonce, il se voit réclamer pour son entretien des sommes parfois considérables. S’ajoutent les ventes de livres par une armée de bénévoles acharnés. La flotte scientologique suppose des moyens financiers puissants. On est devant une multinationale aux vastes opérations de profit. Montant global de sa fortune difficile à apprécier : rien qu’aux U.S.A., elle encaisserait plus de 150 millions de dollars par an.
Principales malfaisances :
a.- Totalitarisme : coercition dictatoriale à l’intérieur de la secte, non exempte de violence ; conditionnement et aliénation de la personne.
b.- Exploitation financière et matérielle des adeptes.
c.- Insanité redoutable de la pensée, conduisant à un véritable dérèglement mental : croire, par exemple, que d’être scientologue suffit à préserver des radiations atomiques. Rôle ici d’un vocabulaire spécial extrêmement riche qui finit par se substituer au langage habituel et contribue à la déstabilisation de l’esprit. A noter l’acharnement tout particulier contre la psychiatrie légale, dont les malades sont détournés.
d.- Pressions sans scrupule, et de toutes natures exercées sur tout individu ou tout groupement considéré comme hostile (enquêtes sur la vie privée par détectives professionnels, espionnage par infiltration, campagnes de dénigrement, intimidations, persécutions téléphoniques, diffamations anonymes, …).
e.- Escroqueries caractérisées par tromperie sur les bienfaits de l »‘audition », soit financièrement. En 1978, Hubbard est condamné par défaut, par la 13ème chambre correctionnelle de Paris, à quatre ans d’emprisonnement et à 35.000 F d’amende, pour escroquerie.
f.- Enfin, constatés fréquemment, ravages dans la vie familiale.
Entreprise de manipulation mentale très dangereuse parce qu’elle altère gravement les centres mêmes de la pensée ; exemple type du camouflage d’activités commerciales par une couverture religieuse ou humanitaire. Enfin, parenté évidente de l’organisation et des procédés d’action avec le totalitarisme.
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