LES COMPORTEMENTS QUOTIDIENS, ASPECTS BIOLOGIQUES ET PSYCHOLOGIQUES

Thèmes: Civilisation, Sciences, Société

Conférence du mardi 14 mai 1985

Le professeur Quentin DEBRAY nous a parlé des « comportements quotidiens, aspects biologiques et psychologiques ».

Il a écrit à ce propos un livre intitulé « L’esprit des mœurs » (L’esprit des mœurs; structures et significations des comportements quotidiens Quentin Debray Editions Favre). Il tente d’y décrire les méandres du comportement de l’Homme et ses rapports avec la biologie.

Le professeur Quentin Debray travaille au service de psychiatrie adulte et de psychologie médicale à l’hôpital Necker.

Les réflexions du professeur Debray se sont développées en opposition à deux types de pensées qui lui ont paru tout les deux, excessifs, schématiques et insuffisants :

la pensée des sociobiologistes qui estiment que les comportements sociaux sont génétiquement et biologiquement totalement déterminés.

 la pensée des sociologues qui paraissent ignorer totalement la biologie.

Certes, les éthologues étudient le comportement animal et les sociobiologistes se sont interrogés sur les sources naturelles des comportements humains , mais à grands renforts de rats, oies sauvages, pingouins et babouins. Il y a toujours eu un gros chaînon manquant entre la biologie, la psychologie et la sociobiologie.

Monsieur Debray a donc tenté d’ouvrir une troisième voie : la psychosociobiologie.

Hypothèse.

L’être humain est soumis presque en permanence à des contraintes biologiques. Elles sont impérieuses et régulières  ; elles ont accompagné a progression de l’homme pendant son évolution. Elles jouent donc un rôle considérable dans sa psychologie. Ce sont des nécessités indispensables à (on peut citer par exemple, Lorenz, Laborit) la survie de l’espèce nécessité de se nourrir, de dormir, de procréer, de respecter la vie des proches, d’apporter des soins aux jeunes (photos 1, 2).

Photo 1.‑La première
contrainte sociale
.

l’emmaillotage. L’enfant paralysé

 dans ses bandelettes.

Photo 2.‑L’enfant transporté par
sa mère et conservant 

la position fœtale.

À ces contraintes biologiques fortes et permanentes, l’homme a opposé des réponses comportementales qu’il a voulues également fortes et permanentes. Il les transmet et les impose à ses descendants en même temps que la vie parce qu’il pense qu’elles sont indispensables à la vie.

Nous avons ainsi d’un côté des contraintes biologiques, génétiques, permanentes, et de l’autre côté des réponses comportementales fortement enracinées, mais acquises et culturelles (photos 3, 4).

Enracinées, elles le sont à trois niveaux: au niveau individuel, c’est le poids des habitudes dont on ne peut se dégager ; au niveau des ethnies, c’est le poids des mœurs  ; au niveau de l’espèce, ce sont les comportements universels.

Photo 3.‑La politesse quotidienne est évidemment acculturée; à Ouagadougou, en Haute-Volta, l’homme précède toujours la femme de quelques pas

Photo 4.‑…. À Paris, en France,

la politesse exige au contraire qu’il s’efface devant elle.

On peut citer divers exemples:

de l’époque romaine à la Renaissance, la robe portée par les hommes met seize siècles à se raccourcir et à disparaître, et des vestiges persistent aux XVIIe et XVIIIe siècles.

l’art culinaire évolue très lentement, plus guidé par des apports techniques et des échanges internationaux que par l’invention. La diététique joue maintenant un rôle important.

3 niveaux de réactions.

Tout près de la contrainte biologique, il existe un premier cercle où l’on rencontre des gestes instinctifs innés et génétiquement déterminés: cri, faim, douleur , pleurs, rire, préhension, acte sexuel, etc …

Au-delà, il existe un deuxième cercle où les réponses sont plus souples et culturellement transmises: l’alimentation avec les coutumes des repas, la convivialité, la tendresse, etc…

On peut dégager un 3ème cercle qui définit la culture, l’idéologie.

Cet ensemble reste encore influencé par des contraintes biologiques (croquis  5).

Croquis 5

Les échanges.‑

On ne peut parler d’échanges sociaux sans parler d’espace.

L’espace est ressenti, vécu, agi. C’est le corps qui habite l’espace avec ses organes sensoriels, sa respiration, sa chaleur, ses mouvements.

Il y a d’abord l’espace cutané, celui qui est touché, douloureux, thermique. C’est l’espace exploré par les mains, mais aussi ce qui, vu par l’œil, pourrait être touché par la main. Ainsi il y a des espaces durs, froids, rugueux, mous, lisses et, de cette façon, des espaces apaisants et réconfortants qui s’opposent à des espaces douloureux.

Avec l’espace olfactif, nous entrons dans des domaines qui sont à la fois ressentis et agis.

3ème espace  : espace refuge (position fœtale, succion du pouce).

L’espace est visuel et là, l’œil prend tout autant qu’il explore.

L’espace est kinesthésique à travers les mouvements du corps ressentis par les muscles et les articulations.

On peut décrire encore d’autres espaces définis par des fonctions du corps  : l’espace respiré, l’espace alimentaire, etc…

D’emblée, l’enfant va s’apercevoir qu’il existe un espace proche, familier dont il a l’habitude et plus loin un espace étranger, dangereux et inconnu. Cet espace étranger est celui où il est interdit de pénétrer, où il se sent perdu dès qu’il s’y égare.

Mais pourquoi cet espace étranger est‑il pour certains attirant  ? Pourquoi l’a‑t‑il été à certaines époques pour certains peuples (Vikings, Conquistadors…).

À partir de cette opposition très élémentaire entre l’espace privé et l’espace public, va se structurer de façon progressive et hiérarchisée l’essentiel des relations sociales et des réactions comportementales qui vont imprégner le comportement du sujet.

On en trouve des échos dans les gestes. De tous les comportements humains, c’est le geste qui est le plus habituellement génétiquement déterminé. Suivant l’époque, les mœurs…, les modalités sont diverses, mais on remarque tout de même une certaine permanence dans le temps. On y retrouve aussi une valeur affective (tape dans le dos) et une valeur économique (« Tope‑là »).

Les gestes d’accueil sont des gestes d’ouverture du territoire et du corps  ; par exemple, les yeux, les bras s’ouvrent, les sourcils se haussent, le regard se fixe dans les yeux de l’autre, etc… Toutes les mimiques vont dans le sens d’un regard ouvert, d’un visage ouvert, des bras ouverts, etc…

Au contraire, tous les gestes qui refusent l’entrée du territoire sont des gestes de fermeture. Le regard se détourne, la tête fait un mouvement de négation, les yeux se ferment, les sourcils se froncent, les épaules s’arrondissent, etc… Tous ces gestes ferment le sujet sur son territoire et coupent la communication. D’autres gestes encore ont un rapport avec le territoire. Tous les mouvements verticaux sont le plus souvent des signes d’affirmation (mouvement vers le haut) ou de soumission (mouvement vers le bas). Les mouvements de baisser les yeux et de hocher la tête sont des mouvements d’accord  : on opine du chef. Il semble que ces gestes soient une esquisse de mouvements plus amples de soumission  : la prosternation, « l’écrasement » que l’on retrouve dans de nombreuses espèces et qui se manifeste encore, quand sur la route on vous signifie de ralentir par un mouvement répété de la main qui fait mine de s’aplatir sur le sol.

Inversement, tous les mouvements qui tendent à se redresser, à se lever, sont des mouvements dominateurs  : le pouce déterminait jadis le sort des gladiateurs romains, mouvement retrouvé dans le langage  : « Debout les morts », « Haut les cœurs  ! « 

Ce sont les épaules levées, la cage thoracique bombée, la tête redressée et le regard arrogant, de haut, qui vous écrase.

Le sourire et le rire sont des mimiques très importantes et ont des chemins parallèles. Le sourire apparaît chez le nourrisson à la cinquième semaine, le rire vers le 3e ou le 4e mois. Le rire provient de la juxtaposition ou de la succession très rapide d’un danger et d’un élément rassurant. Un geste et une mimique comportent souvent plusieurs sens. Cela nous invite à enrichir nos comportements, nos mimiques de façon à enrichir par là même nos relations avec autrui (photo 6).

Photo 6.‑  Dans son film « Le Dictateur », Chaplin a superposé à son langage gestuel une « mimique” vocale, en inventant une langue imitant les intonations de l’allemand. L’effet de communication est saisissant, et le spectateur a réellement l’impression de « comprendre » les invectives du tyran.

Comportements sociaux.

Autour du corps, l’Homme établit des distances qui sont en fonction de ses sens et qui définissent ses modes de contact. C’est ainsi qu’un auteur américain (Hall) envisage 4 types de distances  :

distance intime ou distance de contact (0 à 40 cm),

‑  distance personnelle ou distance d’action (40 à 125 cm),

‑  distance sociale ou distance de conviction intellectuelle (125 à 360 cm),

‑  distance publique ou distance de persuasion des foules (360 cm à la distance de la portée de la voix).

La distance intime est celle de l’amour et de la lutte, celle aussi du refuge, de la protection, la distance personnelle est celle du territoire que l’on veut maîtriser. La distance sociale est celle des conversations de couloir, des réunions de bureau.

La distance publique ne permet plus de bien distinguer les yeux, les visages, les regards.

Deux domaines vont s’opposer, le domaine privé et le domaine public.

Dans le domaine privé, l’homme connaît par cœur ses points de repère entre lesquels il a étendu son territoire personnel. Dans le domaine public, il vit dans une certaine méconnaissance, appuyé sur quelques points de repère familiers, abordant les autres par l’intermédiaire de son territoire personnel ambulatoire. Des échanges se développent, qui sont en fait des mises en contact de territoires.

Toutefois, la frontière entre l’espace privé et l’espace public peut être graduée, permettant aux comportements de s’adapter progressivement.

Tous les espaces publics ne se ressemblent pas.

Il est des espaces sociopètes accueillants et des espaces sociofuges rébarbatifs. Rien n’est plus « sociofuge » qu’une salle d’attente où es individus se répartissent de telle façon qu’ils soient le plus écarté possible les uns des autres. Les espaces « sociopètes » comportent le plus souvent un élément médiateur  : musique, spectacle, activité sportive, aliment et boisson alcoolisée, animal de compagnie. Les commerces constituent les plus « sociopètes »  ; ce sont par définition des lieux d’échange, échange tout aussi psychologique (et affectif) que commercial.

Mais les lieux les plus exaltants sont les « interfaces« , ceux qui sont à la limite de l’espace privé et de l’espace public. C’est le charme des terrasses de café. Le balcon, la boutique, l’automobile, le seuil de la maison en sont d’autres exemples.

À ceux que nous côtoyons dans la vie publique, nous devons donner une apparence cohérente et régulière.

C’est le rôle social. Il imprègne l’existence, il peut la simplifier ou la compliquer mais on a beaucoup de mal à s’en défaire.

Comme l’espace, comme le rôle social, l’échange a plusieurs niveaux, plusieurs dimensions. Il peut être automatique, conscient, volontaire, exacerbé  ; il peut être intellectuel et contrôlé, ou affectif, chaleureux, passionné.

Mais quelles sont les bases biologiques de l’échange  ? Il est d’abord contact de deux territoires. Chacun porte autour de soi son territoire ambulatoire  ; il le marque de diverses façons (la protection exacerbée de son territoire  : les murs autour de la maison…). S’il advient que ce territoire touche celui d’une autre personne, un échange se produit qui signifie à peu près  : vous êtes là, moi aussi. Dès que les territoires s’envahissent ou se touchent, il en résulte des gestes significatifs.

Quand deux personnes se croisent dans un couloir, ou dans une allée, elles se regardent de loin, cessent de se regarder dès qu’elles s’approchent et, en général, se manifestent un léger signe juste avant de se croiser  : regard furtif d’échange discret, sourire un peu gêné parfois si elles se connaissent…

Quand deux territoires entrent en contact de façon prolongée, un nouveau territoire se forme, celui de la rencontre, défini dans le temps et l’espace.

L’échange est nécessaire à la vie mais pour échanger il faut être différents.(l’étude de la différence optimum pour la qualité des échanges est une autre question.)

Dans les villes jusqu’au 19e s. a été prolongée l’habitude de séparer les groupes sociaux dans des quartiers différents. On le remarque aux noms des rues  : quai de la Mégisserie, rue de la Boucherie, regroupement par origine des Auvergnats, des Bretons, jusqu’aux Extrême-orientaux du XIIIe arrondissement.

Les échanges ont ainsi été rendus difficiles entre les catégories sociales. Cela a établi dans chaque groupe une monotonie et également des fantasmes dans l’esprit de chacun qui, ignorant les autres, va leur supposer des défauts ou des particularités imaginaires mais qui vont être néanmoins sources de violences.

La famille.

Les sociobiologistes essaient de nous faire croire que le comportement familial est génétiquement déterminé.

Les réalités sont sans doute à la fois plus simples et plus compliquées. À des pulsions biologiques permanentes qui poussent à procréer et à protéger les enfants, l’homme répond par le comportement familial.

Il est de multiples structures familiales à travers le monde. Certaines sont marquées par leur grande dimension ou par leur complexité. En général, la structure familiale va de pair avec le mode de résidence, selon que la vie sociale est gérée sous forme de tribu, de village, de hameaux, d’habitat dispersé. Mais en Occident, il est manifeste que la famille nucléaire (réunie autour d’un noyau central), comportant la présence sous le même toit de deux générations, les parents et les enfants, existe depuis très longtemps.

De nos jours, la structure familiale est essentiellement nucléaire. Les structures polynucléaires (réunies autour de plusieurs noyaux) sont des exceptions.

Si la cohésion de la famille nucléaire a un usage interne, les relations avec la parentèle, c’est-à-dire tout ce qui se trouve au-delà du premier degré, dans le sens vertical et dans le sens horizontal, vont avoir un intérêt d’ouverture sur le monde social. La parentèle sert d’ambassadeur, elle est le meilleur médium vers le monde, la main tendue vers l’interface.

Actuellement une enquête nous montre qu’en France 63% des enfants mariés habitent à moins de 20 km de leurs parents, 56% à moins de 20 km de leurs beaux-parents, 51% à moins de 20 km de leurs enfants mariés. La même enquête souligne que, lorsque les résidences sont très proches, 90% des personnes voient leur fille une fois par semaine, 86% leur mère, 83% leur fils, 82% leur belle-mère. Lorsque les résidences sont très éloignées (à plus de 500 km), les personnes interrogées voient leurs enfants plusieurs fois par an. Ces éléments témoignent d’une forte activité d’échange qui subsiste entre les générations, charriant des traditions, des opinions, des modèles ‑notons toutefois que la qualité des contacts importe plus que leur fréquence et que cette statistique ne fait pas état des « télé-contacts », correspondance, téléphone⠀‑

Des études ont été faites sur la communication familiale. Sont étudiés au cours d’entretiens familiaux  : la clarté du langage, les changements de sujet, les engagements, les accords et désaccords, l’intensité des affects, le caractère positif ou négatif des relations, les interactions.

les familles à “contact spontané » ont les caractéristiques suivantes  : la clarté du discours y est moyenne, souvent enrichie par des formules ironiques, des sarcasmes, des rires  ; la communication est libre, non exagérément claire, laissant la place à l’interprétation, au sous-entendu  ; il y a peu de changements de sujet, les plaisanteries, les échos et commentaires étant des broderies autour du sujet. Enfin, les intrusions sont faibles, l’engagement est faible, mais la spontanéité est élevée. Il n’y a pas de désaccord, pas de phénomène de bouc émissaire, une ambiance de soutien positif, ce qui n’empêche pas les colères spontanées, les manifestations émotives.

À une époque où l’on répète que la communication claire est fondamentale, on note que les membres des familles unies communiquent dans l’à-peu-près et le sous-entendu car l’identité de pensée leur donne la « clarté » que n’expriment pas les mots.

les familles à « contact conventionnel » s’opposent aux familles précédentes. Dans ces familles, l’expression est excessivement claire, avec des phrases complètes, sans connotations, ni sous-entendus, ni rires, ni ironie. Parallèlement, il existe des changements de sujet, des plaisanteries lourdes, indiscrètes.

L’atmosphère est rigide, intimidante.

Derrière cette surface lisse, on note des manifestations d’agressivité, sans désaccord explicite.

Il y a peu de soutien moral, peu d’intensité affective. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les parents critiquent leurs enfants mais sans leur donner de conseils ou de directives clairs.

C’est dans ce type de famille que l’on va retrouver le phénomène de bouc émissaire …

les familles « éclatées » . Ce sont des familles peu structurées, sans lois, dont les membres sont volontiers transitoires, entrant et sortant de la famille. L’agressivité, l’hostilité, l’indifférence s’y manifestent aussi bien que de grands éclats de liesse ou de joie bruyante.

Le travail.‑

C’est un comportement quotidien peu étudié par les psychologues et les psychiatres.

S’il est une activité qui obéit à des lois biologiques et psychologiques, c’est bien le travail.

Le travail est originellement un moyen de survie qui s’est perpétué depuis au moins 10 000 ans.

Mais en quoi consiste ce besoin  ? Il est avant tout celui de maîtriser et de transformer la matière dans un espace et selon un rythme temporel bien déterminés. Travailler, c’est imprimer sa marque sur la matière, c’est posséder, c’est connaître. À l’action de travail, se juxtapose un apaisement psychologique  : celui qui agit sur un objet réconforte son esprit qui connaît, habite le lieu, les gestes, la mécanique, le temps de l’action. Le travail est un point de repère dans l’ensemble de l’activité humaine. C’est un acte qui permet de mieux se connaître et de mieux connaître son environnement

Si le travail manuel ou d’exécution doit garder une signification psychologique, il faut que l’esprit puisse se satisfaire de l’œuvre accomplie donc la connaître. Or, c’est justement cette œuvre finie que Taylor voulut éliminer du travail. La signification psychologique du travail, c’est cela même qui est à l’origine de la valeur de l’objet fini  ; et confisquer cet investissement psychologique, c’est déjà voler le produit du travail.

Aux significations intimes s’ajoutent des significations sociales évidentes  : le travail valorise l’objet usiné et valorise celui qui l’a fabriqué. Dans les deux cas, c’est l’investissement psychologique et affectif qui joue le rôle valorisant. Or tout cela a été systématiquement détruit à l’ère industrielle « Les temps modernes » de Chaplin . L’axe fondamental du travail, c’est le temps, la qualité du temps et la quantité du temps.

L’homme moderne doit respecter les rythmes et les besoins de son cerveau.

Conclusion.‑

Si la biologie inspire les mœurs, les mœurs inspirent les idéologies. Les idéologies constituent des points de repère, emblèmes pour les peuples, bourrées de multiples significations.

En ce sens, par idéologies interposées, on se bat surtout pour défendre ses mœurs auxquelles on tient comme à la vie.

Tout irait pour le mieux si les modes n’évoluaient pas, car dès lors l’idéologie est régulièrement décalée  : l’Église résiste aux idées nouvelles au XVIIIe siècle, le marxisme veut s’imposer à l’âge postindustriel. Les politiques paraissent ne pas avoir encore compris qu’ils sont toujours en retard. Ils feraient bien d’écouter les artistes, les écrivains qui eux, sont toujours à la pointe de l’évolution des mœurs. Pourtant Maurois a écrit  : « Il est prudent de n’ajuster qu’avec lenteur les codes à des mœurs passagères. Un des rôles de la loi est d’empêcher le langage d’aller plus vite que les instincts ».

Tentons donc de discerner quelles seront les voies des idéologies de demain.

Avenir.‑

Les contraintes biologiques vont persister mais les réponses comportementales sont susceptibles d’évoluer.

La contrainte de la nourriture est toujours présente, mais en Europe où l’on ne connaît plus la faim, on voit s’atrophier légèrement l’ivresse de se nourrir, la convivialité, l’art culinaire, etc…

Le territoire est toujours présent mais il a perdu de sa signification. I1 faut distinguer le territoire privé et le territoire collectif (problème basque, corse, etc…). Les échanges se développent plus sur le plan intellectuel, scientifique, artistique qu’au niveau des territoires.

Au niveau de la planète, la terre devient un lieu où les confrontations entre les pays, les ethnies, les civilisations augmentent,

Ces confrontations vont apporter des conflits considérables. Mais, tous ces êtres humains, s’ils ont des réponses comportementales différentes, obéissent aux mêmes contraintes biologiques.

Ce serait peut-être un moyen de les faire collaborer.

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