LA VIE SOCIALE DES ANIMAUX. LA COMMUNICATION, FONDEMENT DE CETTE VIE SOCIALE.

Thèmes : Sciences, Société
Conférence du mardi 24 avril 1979

Monsieur SIRE présente le conférencier, Monsieur DRESSAY, un littéraire qui s’est intéressé à la vie sociale des animaux en traduisant de nombreux ouvrages d’auteurs anglo-saxons sur ce grand problème.

Il y a peu d’animaux vraiment solitaires ; on peut citer le Grillon champêtre qui vit seul dans son terrier, et le Rouge-gorge qui, seul, fréquente nos jardins. La plupart des animaux vivent ensemble : les Grenouilles sont ensemble dans une mare ; on parle des vols groupés des Criquets migrateurs, des bandes de Loups, des troupeaux d’Éléphants, des Abeilles, des Fourmis, des Termites … et même des Hommes.

Mais un rassemblement n’est pas nécessairement une société ; il peut être une simple foule.

On peut dire que le fait social exige :

  • un groupement d’individus,
  • qui vivent ensemble,
  • et travaillent à une œuvre commune de telle sorte qu’un banc de Poissons n’est pas une société.

Ce dernier point exige qu’ils communiquent entre eux.

Monsieur DRESSAY dit qu’il insistera sur cette communication dans l’organisation de la vie sociale qui, au minimum, est une simple interaction entre les individus d’une même espèce, ou d’espèces différentes. Dans une vie sociale, les comportements des individus du groupe se modifient, s’ajustent de telle sorte que le groupe y trouve des avantages pour la recherche de la nourriture, la conservation de l’espèce par la reproduction et l’élevage des jeunes.

Les formes de cette organisation sont très variables : les plus évoluées sont celles des Insectes sociaux avec les castes, la division extrêmement poussée du travail : reine, mâles, ouvrières aux fonctions diversifiées.

Chez les Primates, plusieurs formes d’organisation existent :

  • la société « matriarcale », celle de l’Orang-Outan où l’unité de base est la femelle avec ses jeunes.

Chaque femelle a son domaine vital ; les mâles adultes possèdent des territoires qui regroupent les domaines vitaux de plusieurs femelles ; un mâle peut aussi féconder plusieurs femelles.

Les mâles conservent entre eux des distances en signalant leur présence par des cris.

  • le couple : le groupe familial est composé d’un mâle et d’une femelle adultes ; il a son territoire qu’il défend contre ses congénères par des vocalisations (chant territorial du Gibbon).
  • le groupe unimale : c’est le cas des Babouins hamadryas. Le groupe comprend un mâle et plusieurs femelles : c’est un « harem » ; les jeunes en font partie. Plusieurs harems forment une bande qui recherche la nourriture. La nuit, plusieurs bandes se regroupent en dortoirs et forment des hordes qui atteignent parfois plus de cinq cents individus. Chaque mâle assure la surveillance de son harem : il ne féconde que les femelles de son groupe. Lorsque les jeunes atteignent leur maturité sexuelle, ils s’éloignent du groupe.
  • le groupe multimale : c’est le mode social le plus répandu chez les Primates.

Les Japonais ont étudié avec un soin prodigieux des groupes de Macaques dont ils connaissent les membres individuellement.

Le centre du groupe comprend des mâles de rangs hiérarchiques plus ou moins égaux ; autour d’eux vivent les femelles de rang hiérarchique élevé et leurs jeunes.

A la périphérie, on trouve les autres mâles et femelles adultes et immatures et les individus de passage.

Un film sur le Gorille des montagnes donne l’exemple d’un groupe multimâle.

Ces différents types d’organisation correspondent à des stratégies différentes pour assurer la survie soit en se procurant de la nourriture soit en luttant contre les prédateurs.

Mais le groupe social reste fragile car il est soumis à deux tendances qui s’opposent : la coopération et la compétition entre les individus.

La compétition conduit à la détermination d’un territoire pour le groupe, avec ses limites, et défendu par le groupe contre ses congénères.

Le domaine vital, en général plus vaste que le territoire, exploré pour la recherche de la nourriture, n‘est pas défendu. Dans la recherche de la nourriture, l’esprit de coopération se manifeste.

Quand il y a surpeuplement, la compétition l’emporte sur la coopération … et il y a désintégration de l’organisation sociale.

Dans un groupe social, une véritable hiérarchie peut s’établir entre les individus : deux types sont bien connus ;

  • hiérarchie linéaire : l’individu a dominé l’individu b qui domine l’individu c …
  • hiérarchie triangulaire : a domine b, qui domine c, qui domine a.

En général, la domination s‘établit par l’agressivité, soit par des combats réels, le plus souvent par des simulacres de combat.

Mais il faut distinguer les dominants qui dominent parce qu‘ils sont craints, des leaders respectés du fait de leur compétence.

La supériorité des dominants est plus souvent remise en cause que celle des leaders. Le rôle reproducteur revient aux dominants.

Dans le cadre de la compétition et de la coopération, des signaux spécialisés sont utilisés. L’animal qui communique émet des signaux vers ses congénères. Les formes de ces signaux sont très variées :

  • canal photique : mouvements, postures, mimiques, changements de couleurs …
  • canal chimique : par exemple le Chien qui urine pour marquer les limites de son territoire.
  • canal sonore : cris et chants,
  • canal tactile : contact des antennes chez les Insectes sociaux.

On a pu dire que le « langage est le lien constitutif du groupe social ».

Exposé riche, exposé clair sur une question complexe.

 

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