Thèmes : histoire, peinture, visite.
Visite des mercredi 25 mai 1983, jeudi 9 juin 1983, mercredi 15 juin 1983.
Les mercredi 25 mai, jeudi 9 juin et mercredi 15 juin, 3 groupes sont partis de Garches à 7 heures 30 pour visiter le Château d’Apremont à 16 kilomètres de Nevers.
A notre arrivée, vers 11 heures 30, nous nous sommes promenés à travers le parc pour admirer les fleurs et les mouvements des canards et des cygnes.
Après un repas copieux pris au restaurant du Parc, nous sommes montés vers le château où un guide nous attendait. En redescendant nous avons fait une halte dans les écuries du château où une belle collection de calèches est exposée.
Avant de regagner Garches, nous avons parcouru le village.
I. – LE PARC FLORAL.
Les premiers travaux ont débuté en 1970.
Une vallée a été barrée afin de constituer une série d’étangs sur lesquels s’épanouissent une collection de plantes aquatiques, nymphéas et lotus.
Des près ont été changés en pelouses et massifs d’arbustes à fleurs.
Une cascade construite avec 650 tonnes de rochers a été aménagée dans une ancienne carrière désaffectée.
Une fois achevé ce travail considérable, les plantations proprement dites ont commencé.
Des arbres en bac, pesant chacun entre trois et quatre tonnes, ont été amenés en camions semi-remorque et mis en place à grand renfort de bulldozers.
Les essences les plus rares sont ainsi représentées :
Conifères : séquoias, cèdres pleureurs, cyprès chauves, thuyas dorés, cryptoméria du Japon, chamaecyparis, obtusas crippsii.
Caduques : ginkos biloba, tulipiers, liquidambars, hêtres panachés, hêtres pourpres, bouleaux pleureurs, érables brillantissima, cerisiers et pommiers d’ornement, magnolias soulangeana et lennei, pour n’en citer que quelques-uns.
Les arbustes à fleurs répartis en larges groupes constituent, parmi tant d’autres, une collection digne d’intérêt : forsythias, rhododendrons, azalées, lilas kolwitzias, choisyas, weigelias, deutzias, seringat, buddléias, rosiers arbustes, clérodendron, pyracanthas, cotonéasters, desmondium penduloflorum, etc.
Quant aux plantes vivaces, une place de choix a été réservée aux variétés les plus récentes, et forment des bordures colorées de printemps, d’été et d’automne.
Enfin inspiré du fameux « jardin blanc » de SISSINGHURST, dans le Kent (Angleterre), une bordure d’arbustes et de plantes vivaces à fleurs blanches ou à feuillages argentés s’étend devant un groupe de maisons médiévales particulièrement pittoresque.
Par ailleurs une pergola exclusivement composée de fleurs à grappes : cytises jaunes, acacias roses, et glycines du Japon mauves, constitue un attrait supplémentaire pour le visiteur en quête d’originalité.
Surplombant la cascade, plantes de rocaille et conifères rampants mettent des notes vives dans l’entassement des pierres.
Les pelouses jouent un rôle primordial dans la conception de ce Parc.
Ici comme en Angleterre on peut marcher sur le gazon, qui est aussi le lien entre ces divers jardins.
II. – LE CHÂTEAU (fig. 1)
Le Château d’Apremont est situé sur une hauteur de la rive gauche de l’Allier, aux confins du Berry. Diverses familles s’y succédèrent.
En 1722, Louis de BÉTHUNE achète Apremont aux ROFFIGNAC, et depuis lors le château et le domaine sont restés dans la même famille, en ligne féminine.
Caroline de MASSERAN, l’ainée des petites filles de la Comtesse de BÉTHUNE-POLOGNE, épouse en 1801 ALDONCE, Marquis de SAINT-SAUVEUR qui fait d’Apremont sa résidence d’été.
En 1894, leur arrière-petite-fille, Antoinette de RAFELIS-SAINTSAUVEUR, épouse Eugène SCHNEIDER, maître de forges au Creusot, et troisième de la dynastie industrielle.

Fig. 1. Dominant l’étang du parc floral, la silhouette du château se découpe sur le ciel sans nuages.
A la mort de son mari en 1942, Antoinette SCHNEIDER se consacre au maintien d’une demeure qui était entrée dans sa famille en 1722.
A sa mort en 1969, sa fille, la Duchesse de Brissac, en devient propriétaire.
Elle y habite avec sa famille. Les 2ème et 3ème étages, ainsi que l’aile gauche sont privés.
Nous pénétrons dans la salle des Gardes, créée de toutes pièces par Eugène Schneider en 1939. Au fond est accroché un tableau de l’École Française du XVIIe siècle (fig. 2).

Fig. 2
Dans une vitrine se trouve la calèche du prince impérial fils de Napoléon III et d’Eugénie.
Il y en avait 4 exemplaires. Une dans chaque palais, comme cela l’enfant pouvait retrouver son jouet chaque fois qu’il allait dans l’un ou dans l’autre de ces palais. Elle était l’origine tirée par une chèvre qui devait être très vigoureuse car la voiture pèse 1166 kg.
Nous montons au premier étage.
Le salon de Bourgogne (fig. 3) est nommé ainsi car Apremont, du temps de Jeanne d’Arc, faisait partie du duché de Bourgogne.

On peut y admirer un représentant la bataille de Denain (1712) peint par Martin des Batailles (fig. 3 entre les deux fenêtres). Sur le mur de gauche une très belle tapisserie de l’atelier de Bruxelles de la première moitié du XVIIe siècle.
En face, une cheminée monumentale (fig. 4), de style gothique flamboyant, édifiée en 1934 à la demande d’Eugène Schneider. Elle est exécutée avec des pierres du pays.
Le plafond est garni de poutres et décoré dans l’esprit du Moyen Age. Un lustre italien du 17e siècle surplombe une table où deux lions en faïence de Nevers du 18e siècle se font face.
Les fauteuils et banquettes sont recouverts de tapisseries d’origine de la savonnerie de l’époque de Louis XIV.

Fig. 4
Dans le salon des Dames, les boiseries sont du XVIIe siècle et la grande cheminée Renaissance. Aux murs est accrochée une série de portraits des dames de la cour de Louis XIV (fig. 5).

Fig. 5. Salon des Dames

De très beaux meubles sont également exposés (fig. 6).

Fig. 6
Dans le salon Masseran, les boiseries sont en chêne, de style gothique. On y trouve un bureau cylindre en bois de plaquage (1766), une commode de style Louis XV, Louis XVI, une paire de bouteilles en porcelaine de Chine (17e siècle), une table à jeu en marqueterie (Louis XVI), une console (Louis XVI), un secrétaire en acajou massif (Louis XVI), des chaises (Louis XV), un portrait de Victor Amédée, Prince de Masseran (1713-1778), des portraits des dames de la cour …
La salle à manger en rotonde est décorée d’une tapisserie de Flandres (1620) représentant des scènes de chasse.
La table est mise (fig. 7) : le service de vaisselle est en faïence de Gien, commandée par la Marquise de Saint-Sauveur en 1880. Le service de verre est en cristal de Baccarat taillé. C’est la réplique exacte de celui que possédait Charles X au palais des Tuileries. La soupière et le légumier sont en porcelaine de Saxe. Les chandeliers et les couverts sont en argent.

Fig. 7. La salle à manger.
Contre un mur se trouve un vaisselier en acajou sur lequel sont disposés un service à thé en argent massif ayant appartenu à Monsieur et Madame Schneider, 6 petites tasses en porcelaine de Saxe, des assiettes en porcelaine de Paris datant du 1er Empire, un samovar, des théières, un chauffe-plats. Près de la fenêtre sur une petite table, est disposé un service à thé anglais en argent massif (I9e siècle) (fig. 8). Le lustre (fig. 7) de style hollandais pèse une demi-tonne.
Contre un mur est appuyé une armoire chinoise (18e siècle). La cheminée est de style Renaissance italienne.
De la salle à manger, on a une très belle vue sur le parc floral et le petit village.

Fig. 8.
III. – LES ÉCURIES.
Elles renferment une collection de calèches du XIXème siècle récemment restaurées et ayant appartenu à la famille des actuels propriétaires : Berline de voyage (1840) d’Eugène Schneider, coupé de ville (1840), omnibus de maître (1870), tonneau (1890), Poney cart (1890), break de chasse (1860), sociable à double capote vis à vis (1860), chars à bancs (1840), charrette anglaise à capote (1880), voiture d’enfant, bicyclette (1900).
On peut également voir une exposition Caran d’Ache.
Caran d’Ache était un dessinateur humoriste français (1859-1909), petit-fils d’un chef d’escadron demeuré en Russie après 1812. Rentré en France pour y faire son service militaire, Emmanuel Poiré se fit connaître sous le pseudonyme de Caran d’Ache (Karan d’Ache en Russie signifie crayon).
Des personnages en bois sculpté témoignant du talent de Caran d’Ache représentent 6 chefs d’état d’Europe à la chasse avec leurs aides de camp aux alentours de l’année 1907. Ces jouets ont été donnés aux enfants de Monsieur et Madame Eugène Schneider par Maria Paulobna grande duchesse Wladimir de Russie et tante du tsar Nicolas II, lors d’une visite qu’elle fit au château de la verrerie au Creuzot (1910). Sans doute jugés trop fragiles par Madame Schneider pour être mis entre les mains de ses jeunes enfants, celle-ci les rangea soigneusement une armoire de sa chambre au château d’Apremont où on les retrouva l’année dernière.
IV. – LE VILLAGE.
A l’origine, Apremont était un village de carriers ; les carrières nombreuses fournissaient en abondance des pierres de taille ; celles-ci acheminées sur des bateaux à fond plat, le long de l’Allier puis de la Loire, ont servi à la construction de plusieurs édifices religieux : Orléans, Saint-Benoît-sur-Loire par exemple. Une des maisons du XVe siècle, devant l’ancien port d’embarquement, porte encore le nom de « Maison des mariniers ».
S’inspirant de ce passé médiéval, Eugène SCHNEIDER, en 1930, aidé de l’architecte de GALEA, va entreprendre un patient travail de mise en valeur du village. Ce qui n’est pas en harmonie avec le site est rasé à la place, des groupes entiers de maisons sont reconstruits dans le style médiéval berrichon.
Aujourd’hui, les actuels propriétaires du château poursuivent l’œuvre entreprise par Monsieur SCHNEIDER.
Excellente journée. Le retour à Garches se fit vers 21 heures.
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