L’éclairage public à Paris

Thèmes : histoire.
Conférence du mardi 3 octobre 1995 par François Jousse.

 

Compte-rendu par Pierre Reculard

 

Parler de l’éclairage de Paris, c’est parler de la lumière, mais aussi de la ville.

Tout a commencé il y a bien longtemps par l’invention du feu (-400 000 ans environ). Le feu dans la nuit, c’est une lumière dirigée de bas en haut, fixe et radiante.

Puis, à travers les siècles, les éclairages se sont considérablement développés, donnant naissance à des éclairages artificiels, par opposition à l’éclairage naturel : la lumière du jour.

L’éclairage est né d’un besoin de favoriser les échanges pendant la nuit et cela depuis que les hommes se sont regroupés dans des villages, puis dans des villes.

 

***

 

Ainsi, sans les cités, il n’y aurait pas d’éclairages extérieurs. Sans l’éclairage, le développement urbain serait tout autre que celui qui nous entoure.

Pour mieux comprendre cette longue évolution, le conférencier présente un très grand nombre de diapositives qu’il commente et dont voici un condensé :

 

De Philippe le Bel au baron Haussmann

En 1318, le roi ordonne que des chandelles soient entretenues toute la nuit près du Palais-Royal, à la Tour de Nesle et au cimetière des Saints-Innocents. La lumière devient alors symbole de pouvoir et d’ordre – à l’entrée de la ville et dans la ville.

A travers les siècles, comme de nos jours, l’éclairage permet l’identification des personnes et des lieux. Il contribue à la sécurité.

C’est sous le règne de Louis XIV, en 1662, que l’on assiste à l’extension de l’éclairage parisien avec la création de la Compagnie des lanterniers. C’est la base de l’éclairage moderne. En 1750, il y a 6500 lanternes dans Paris.

Sous le Second Empire, le baron Haussmann double cet éclairage pour augmenter la sécurité en ville. Mais c’est aussi au XIXème siècle que sont apparues les premières décorations lumineuses qui ont pour objectif de souligner et de valoriser l’architecture dans la ville – les éclairages des grands espaces, tels que la Place de la Concorde ou la Place Vendôme sont caractérisés par la rigidité, la rigueur et la répétitivité.

 

Le XXème siècle

Les guerres mondiales ont stoppé ce développement, lequel a pris un nouvel essor au cours des cinquante dernières années, en plusieurs périodes bien différentes :

  • de 1950 à 1960, il a fallu réinstaller tous les réseaux.
  • dans les années 70, avec le premier choc pétrolier, des rampes d’éclairage à fort rendement ont été mises en place pour une augmentation des rendements sur les grands axes.
  • dans les années 80, le matériel d’éclairage a été renouvelé en urgence car il n’y avait pas eu de maintenance convenable.
  • au cours des dix dernières années, l’éclairage est devenu un champ particulier de recherche sur les qualités de lumière. La féérie, la poésie ainsi créées en en faisant un art contemporain contribuent à l’épanouissement social.

On effectue aujourd’hui une approche spatiale de la lumière, jouant sur les trois dimensions, par exemple une façade ou un élément de site, ou le site parmi d’autres éléments : il en résulte que le spectateur devient acteur, et il joue dans un « espace-temps ». Le temps étant lié au moyen de transport de celui qui découvre le site.

Ainsi, dans cette approche moderne de l’éclairage, la lumière devient « discours » qui transmet un « message » en passant.

Ces réalisations sont soumises à des impératifs commerciaux et de nos jours, les éclairages relèvent du pouvoir des maires.

Dans certains espaces, on utilise des moyens très sophistiqués avec laser, fibres optiques, colorations changeantes, multidirectionnelles, etc. Ces réalisations sont l’aboutissement d’un long travail qui fait appel successivement à :

  • des créateurs artistiques,
  • des concepteurs : électriciens,

après soumission et approbation du maire qui en est le « tuteur ».

Quelques exemples de ces éclairages particuliers :

  • la Tour-Eiffel, dont l’illumination a été inaugurée pour l’exposition internationale de 1937, puis complètement révisée selon de nouveaux concepts il y a presque 10 ans.
  • la Caisse des dépôts, dont chaque fenêtre est éclairée par un projecteur.
  • dans les grands espaces, l’homogénéité des « lanternes » en même temps que leur modernisation (Concorde par exemple).
  • l’éclairage des ponts de Paris.
  • la mise en valeur des lignes de force dans l’architecture des églises. Exemple : Saint-Eustache où la lumière est à la fois transmise de l’intérieur par les vitraux et de l’extérieur par des faisceaux rehaussant la pierre vers le haut. Qui plus est, cette église est située dans l’ensemble harmonieusement éclairé des jardins jouxtant le forum des halles.
  • le Marais où il y a aujourd’hui 27 hôtels et autres monuments éclairés – chacun de façon particulière. La Place des Vosges est un bel exemple de cette technologie moderne : tout autour de la Place sont répartis des candélabres. Les systèmes optiques sont logés dans des lanternes fixées sur les supports de grilles ce qui confère une parfaire homogénéité de lumière, tandis que les jardins sont éclairés par des projecteurs masqués près du sol. On distingue un éclairage direct venant du haut et un éclairage indirect dont la source est au pied des colonnes. Enfin, les façades sont mises en valeur par une lumière jaune, très douce, pour ne pas gêner le sommeil des habitants de cette place.
  • la Rue de Rivoli où l’on retrouve un éclairage comparable sous les voûtes, mais à la base, un pilier sur deux seulement est éclairé pour réduire l’effet de linéarité.

Suivent bien d’autres exemples d’éclairage, illustrés par de belles diapositives marquant la mise en valeur artistique de chaque site, en fonction de ses particularités. Parmi ces images, celles des canaux de Paris (propriété de la ville) depuis le port de l’Arsenal jusqu’au bassin de la Villette, la Place de la Bastille et la « coulée verte » qui mène au Bois de Vincennes, sans oublier bien sûr, les rives de Seine et les superbes monuments qui s’y reflètent au centre de Paris, « balayés » de surcroit par les projecteurs des bateaux touristiques.

Bref, une incitation à découvrir et à redécouvrir ces merveilles de la nuit du Paris « Ville lumière ».

 

 

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