Haussmann, la gloire du Second Empire

Thèmes : histoire.
Conférence du jeudi 20 octobre 1991 par Jean des Cars.

 

 

La conférence de Monsieur Jean des Cars fut la fidèle illustration de son ouvrage rendu plus vivant par le geste et la parole. Ouvrez le livre et vous retrouverez son auteur.

Mais, bien humblement nous ne pouvons faire mieux que de vous proposer :

  • quelques tableaux synoptiques de la période évoquée (1848-1870)
  • les reflets de l’époque sur l’histoire locale de Garches
  • l’avis de quelques contemporains d’Haussmann.

 

1848 : La 2ème République et ses grandes ambitions
1852 : Le Second Empire et ses contradictions
1870 : La guerre, Sedan et l’invasion

 

LE DESTIN DE LOUIS-NAPOLÉON BONAPARTE

  • Une jeunesse agitée : conspirateur à travers l’Europe
  • Des essais infructueux : de retour en France : Strasbourg, Boulogne
  • Prisonnier : à Ham (Somme). Il s’évade, déguisé en maçon
  • Président de la République : largement élu devant le poète (Lamartine) et le général (Cavaignac)
  • Empereur : après les coups d’Etat approuvés par référendum, il s’installe aux Tuileries
  • Exil : en Angleterre, il survit 2 ans (1873) à ses échecs

 

LES DATES A RETENIR

  • 24.2.1848 : pour obtenir le suffrage universel, les Parisiens renversent Louis-Philippe et proclament la 2ème République.
  • 2.12.1852 : élu Président de la République, le Prince Président Louis Napoléon Bonaparte consolide son pouvoir par un coup d’État.
  • 1864 : ayant rétabli l’Empire le 2.12.1852, Napoléon III accorde aux ouvriers le droit de « coalition » (droit de grève).
  • 1870-1871 : il est entrainé dans une guerre contre la Prusse qui se termine par un désastre (Sedan) et l’invasion.

 

DEUX NOTIONS NOUVELLES EN EUROPE

  • L’Unité italienne : au profit du Piémont (Royaume de Sardaigne) par réunion des États Italiens et conquête sur l’Autriche et les États du Pape.
  • L’Unité Allemande : au profit de la Prusse par la même méthode emprise sur les « mini-états », puis guerre avec l’Autriche (1866) et la France (1870)

 

LA IIème RÉPUBLIQUE AU SECOND EMPIRE

 

24 FÉVRIER 1848 : POUR LE SUFFRAGE UNIVERSEL

  • A la suite de la Campagne des Banquets
  • A propos d’un incident consécutif à la Campagne des Banquets
  • Des chefs mal préparés, en désaccord, inconnus du peuple proclamant la 2ème République

26 FÉVRIER 1848 A L’HÔTEL DE VILLE : LE CHOIX DE LAMARTINE

  • Blanqui et le drapeau rouge
  • Ledru-Rollin et le drapeau tricolore
    Ce sera le drapeau tricolore (Lamartine)

FÉVRIER-JUIN 1848 : LES ATELIERS NATIONAUX
« Trois mois de misère au service de la République »

  • Un but : combattre le chômage, mais mauvaise organisation
  • Un résultat : travaux inutiles, opposition patrons et banquiers
  • Un résultat : fermeture et mécontentement
  • Une conséquence : soulèvement et répression-

LES JOURNÉES DE JUIN 1848

  • « Journées » communes en Europe. Le rêve d’une république universelle
  • Soulèvements à Paris comme à Prague, Vienne, Milan …
  • Répressions brutales avec l’appui des classes bourgeoises européennes.

L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT – LES CANDIDATS

  • Un seul nom connu : Bonaparte. « Depuis 1815 le peuple attend Napoléon » (V. Hugo)
  • Des inconnus : Lamartine, Ledru-Rollin, Raspail
  • Des noms détestés : le général Cavaignac (Journées de juin)
  • Le résultat : vote massif en faveur de Louis Napoléon Bonaparte (75 %)
    (doublement massif : 85 % des suffrages exprimés)

2 DÉCEMBRE 1851

  • Une date symbole :
    • l’anniversaire du Sacre de Napoléon
    • de la Victoire d’Austerlitz
  • Après la réception à l’Élysée, le dossier « Rubicon »
  • Puis, en moins d’un an, la marche vers l’Empire approuvée par 2 plébiscites

 

LE SECOND EMPIRE
RÉUSSITE ÉCONOMIQUE ET DESEQUILIBRE SOCIAL

« Monsieur le Préfet, nous ferons ensemble de grandes choses »

 

DE L’EMPIRE AUTORITAIRE A L’EMPIRE LIBÉRAL

  • La répression : prison, déportation, exil (V. Hugo) pour les exposants
  • Double effort de Napoléon III
    • « Pour l’extinction du paupérisme »
    • Pour la modernisation des villes et des campagnes
  • A nouveau des Républicains à l’Assemblée, mais la guerre approche.

 

BORDEAUX 1832 « L’EMPIRE C’EST LA PAIX »

Mai 1854

  • En Crimée avec les Anglais contre les Russes
  • En Italie pour l’unité italienne puis les États du Pape
  • Au Mexique pour un prince autrichien qui sera fusillé
  • En France contre la Prusse, mais Napoléon III se retrouve seul
  • Désastres militaires à Sedan, puis Metz

28.01.1871 Capitulation de Paris

 

L’EMPIRE ET LES GRANDS TRAVAUX

Les campagnes assainies

  • Napoléon accentue les efforts de Louis-Philippe,
  • Plantation de pins dans les Landes, drainage de la Sologne, des Dombes,

Les chemins de fer tissent à travers le pays une immense toile d’araignée avec un seul centre Paris et ses six embarcadères.

Les expositions, universelles pour faire connaitre l’activité industrielle et attirer Paris les souverains et les commerçants d’Europe.

Le canal de Suez, par l’initiative et l’acharnement de Ferdinand de Lesseps.

 

PARIS EMBELLI ET ASSAINI PAR HAUSSMANN

Les avenues : pour l’assainissement, la circulation et l’embellissement de Paris … mais aussi pour sa meilleure surveillance.

Les parcs et les jardins : répartis dans tous les quartiers Ouest : Bois de Boulogne, Est : Bois de Vincennes, Nord : Buttes-Chaumont, Sud : Parc Montsouris.

L’eau : double problème :

  • l’amener : aqueducs (La Vanne), réservoirs (l’Avre) ;
  • s’en débarrasser : la fierté d’Haussmann et de son réseau d’égouts.

Les noms oubliés : Alphand (les parcs), Belgrand (l’eau), Baltard (les halles)

 

LA VIE DES FRANÇAIS
Le Second Empire prépare la IIIème République

A l’école :

  • Victor Duruy crée les Lycées de jeunes filles –> Vers l’action de Jules Ferry pour l’enseignement primaire

Outre-Mer :

  • l’Algérie « Royaume arabe » libère Abdel-Kader
  • le Sénégal avec Faidherbe
  • en Indochine : Saïgon et la Cochinchine

–> Vers l’expansion de la IIIème République avec Brazza, Galliéni, Lyautey

Les laboratoires :

  • les travaux de Claude Bernard –> Ceux de Pasteur et des médecins qui l’ont suivi (Roux, Ramon)

Les campagnes et les usines :

  • après 500 ans d’une humble continuité dans les travaux des champs –> L’expansion du machinisme agricole
  • la machine à vapeur –> aux forces multipliées par l’électricité

 

LA « BELLE ÉPOQUE »
qui continue et accentue jusqu’en 1914

  • Ses plaisirs : ceux de l’Opéra, de la Danse, de la fête, des plages
  • Ses artistes : parfois fêtés, mais souvent maudits (Manet, Cézanne, Van Gogh)
  • Ses détresses : décrites par Victor Hugo (les Misérables), par Émile Zola (La Terre, Germinal, l’Assommoir) ou révélées par les statistiques (alcoolisme, sort des enfants)

 

L’ESPRIT DE RÉSISTANCE DU PEUPLE

  • Dans les Campagnes : Gambetta, la lutte à outrance et les trois armées de Province :
    • Armée du Nord avec Faidherbe battu à Saint-Quentin
    • Armée de l’Est avec Bourbak repoussé en Suisse
    • Armée de l’Ouest avec Chanzy d’Orléans au Mans
  • A Paris : La Commune, de la résistance au soulèvement
    • Après la « bataille de Buzenval » (19 janvier) et la capitulation de Paris le 28 janvier 1871

 

Garches entre les crinolines et les dernières cartouches

Entre les fastes de la société impériale qui se déroulaient à Saint-Cloud et les drames qui furent vécus sur les coteaux de Buzenval, de Montretout à Saint-Cucufa, Garches et les Garchois connurent divers aspects d’une époque que peuvent encadrer, si non symboliser, deux tableaux, celui de « l’Impératrice et ses dames d’honneur » de Winterhalter et « les dernières cartouches » de Édouard Detaille.

 

 

Et dans le cadre du Second Empire évolueront des personnalités qui furent honorées d’une rue à Garches, comme le docteur Civiale, médecin de l’Empereur ct Madame Labedoyère, dame d’honneur de l’Impératrice.

Garches voyait également passer Napoléon III lorsqu’il venait boire aux sources de Garches l’eau que lui conseillait le docteur Civiale pour soulager sa vessie encombrée de pierres ou lorsqu’il allait examiner à la ferme dc la Fouilleuse, l’état des nouvelles techniques en agronomie ou en machiniste agricole.

Enfin, pour ta tragique journée du 19 janvier 1871, un court extrait de l’allocution qui fut prononcée lors du cent-vingtième anniversaire de la bataille en janvier 1970. Cet extrait retrace, sur les lieux mêmes de la bataille, les aléas de cette journée.

« … Mais Je point crucial c’est ici, à ce monument élevé, depuis, à l’emplacement de la ”Maison du Curé” c’est là qu’ont lieu les combats les plus violents, les corps-à-corps les plus acharnés : cette position commande l’éperon du plateau qui permet d’arriver à la Bergerie où sont concentrées les forces et l’artillerie prussienne.

A 8 h 30, la colonne FOURNES prend la Maison du Curé et pendant que, pour la couvrir, une troupe de zouaves s’installe dans les premières maisons de Garches, elle attaque le mur de la Bergerie.

Assaut repoussé, assaut renouvelé, une brèche dans le mur permet enfin de s’introduire dans le Parc de Buzenval (actuellement Golf de Saint-Cloud).

… Et l’inévitable ne se fait pas attendre. A 15 h 30, contre-attaque prussienne – générale – mais plus violente ici.

La Maison du Curé est abandonnée puis reprise. Elle le sera trois fois au cours de cette fantastique journée.

A 17 h 00, deuxième attaque prussienne repoussée une nouvelle fois.

Mais comment laisser des hommes qui, dans la nuit ont fait 10 à 12 km, qui se battent depuis 12 heures, comment laisser sans vivres, sans abris, sans appui d’artillerie ces hommes sous le feu de l’ennemi, sous le poids de troupes fraiches.

A 18h 00, le Général TROCHU ordonne le repli. Il durera toute la nuit, déroute, tumulte, gémissements. C’est le sort des batailles perdues … »

 

Quelques opinions sur Haussmann et ses travaux rapportées par ses contemporains :

Persigny, le ministre de l’intérieur :
« … J’avais devant moi un des types les plus extraordinaires de notre temps. Grand, fort, vigoureux, énergique en même temps que fin, rusé, d’un esprit fertile en ressources, cet homme audacieux ne craignait pas de montrer ouvertement ce qu’il était. Avec une complaisance visible pour sa personne, il m’exposait les hauts faits de sa carrière administrative en ne me laissant grâce de rien … »

Madame Bazoche, femme de ministre et fine observatrice du monde politique du Second Empire nous le montre aux prises avec deux députés dans un salon :
« … Il luttait énergiquement, mais inhabile à saper les objections solides de ces messieurs (les deux députés), il s’anima de plus en plus et à bout de raisonnement crut réduire, pulvériser ses adversaires par cette arme grossière, l’injure ! : « je suis sûr de l’appui de l’Empereur, et des députés, je m’en f… ».

Jules Ferry se montre nostalgique, mais pragmatique :
« … Nous sentions bien que c’est peine perdue de regretter Paris. Le Paris historique et penseur dont nous recueillons aujourd’hui les derniers soupirs, le Paris artiste et philosophe où tant de gens modestes pouvaient vivre avec trois mille livres de rente, où il existait des groupes, des voisinages, des quartiers, des traditions ; où l’expropriation ne troublait pas à tout instant les relations anciennes, les plus chères habitudes ».

 

 

Napoléon III lui-même justifie son choix auprès d’un député qui lui communique le mécontentement de ses électeurs :

« … Vos objections à vous sont plus sérieuses … Il faut qu’on se plaise à Paris : je ferai de vastes parcs bien aménagés, bien arrosés, bien percés. Je sèmerai des squares à travers la ville et je ferai un parterre des Champs-Elysées. Je sais que l’on me critiquera, que l’on se plaindra … (mais) … si les partis m’attaquent dans le présent, les chemins de fer de la province et les monuments de Paris me défendront dans l’avenir.

Napoléon III et son temps (Pierre Labracherie)

 

Et pour terminer, l’avis d’une femme, George Sand :

« … Regrette qui voudra l’ancien Paris … mes facultés intellectuelles ne m’ont jamais permis d’en reconnaître les détours … Aujourd’hui que de grandes percées, trop droites pour l’œil artiste, mais éminemment sûres, nous permettent d’aller longtemps, les mains dans nos poches, sans nous égarer et sans être forcées de consulter à chaque instant le commissionnaire du coin ou l’affable épicier de la rue, c’est une bénédiction que de cheminer le long d’un large trottoir …”

Le Grand Siècle de Paris (André Castelot)

 

ANNEXE

Visite de l’exposition consacrée à Haussmann
au Pavillon de l’Arsenal

 

Sur l’aimable proposition de Monsieur Jean des Cars, nous nous sommes retrouvés une douzaine de Garchois, à le suivre dans la visite guidée de l’exposition qu’il a organisée au Pavillon de l’Arsenal, pour le centenaire de la mort d’Haussmann. Cette visite et ces commentaires furent un excellent complément à la conférence que les illustrations et la conversation en forme de conférence rendaient plus présente.

Et maintenant, ä vous de « jouer à Haussmann« . Tracez sur le plan 1 l’avenue de l’Opéra et sur le plan II le boulevard Saint-Germain inexistants alors.

 

 

 

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