SORTIE-VISITE : musée de l’Homme

Thèmes : civilisation, géographie, société, visite.
Visite du mercredi 23 Mars 1983.

 

Le Mercredi 23 Mars, 51 personnes réparties en deux groupes ont visité le Musée de l’Homme.

Les deux thèmes choisis ont été :

  • Adaptation de l’Homme au milieu naturel ; modes de vie.
  • Découverte du Musée de l’Homme à travers ses pièces maîtresses.

 

I. – ADAPTATION DE L’HOMME AU MILIEU NATUREL ; MODES DE VIE.

Le Musée de l’Homme comprend trois sections :

  • l’Anthropologie,
  • la Préhistoire,
  • l’Ethnologie.

L’Homme est apparu en Afrique il y a 4 millions d’années.

Depuis, rien d’essentiel n’a changé.

Les Hommes ont été prédateurs, nomades. Ils ont vécu de chasse, de pêche, de cueillette. Il y a moins de 10 000 ans, ils se sont aperçus qu’ils étaient plus assurés de manger s’ils cultivaient la terre et s’ils élevaient des animaux.

Les Hommes sont devenus producteurs, sédentaires.

Cela a été le début des premiers progrès techniques.

Mais pourquoi certains peuples ont progressé et d’autres non ? Il ne s’agit pas d’une question d’intelligence. Les peuples nourris ont progressé. Il fallait 60 à 70 jours de travail par an à un père de famille Maya ou Aztèque pour nourrir sa famille avec du maïs. Il restait donc 300 jours de loisirs. Il s’est dégagé une classe noble qui faisait des études, mettait le peuple au travail et faisait construire des pyramides. Toutes les splendeurs du Mexique précolombien sont dues au maïs, de l’Égypte au blé, de la Chine au riz.

Les Indiens de l’extrême sud de la Terre de feu par exemple vivant de la pêche et de coquillages n’ont pas eu le temps de penser à autre chose qu’à leur nourriture et n’évoluèrent pas.

Le deuxième facteur de civilisation est le contact.

Les Indigènes repoussés au cœur du désert restent en pleine préhistoire ; le Sahara traversé depuis toujours par les caravanes, avec les villes d’Afrique noire et d’Afrique du nord y accueille des peuples plus évolués.

 

1. – Forêt équatoriale humide : les Pygmées.

Les Pygmées d’Afrique sont les plus petits hommes du monde (1,44m en moyenne). Les Pygmées tirent leur subsistance de la chasse et de la cueillette. Aussi vivent-ils dans des camps provisoires établis dans la forêt aux endroits riches en gibier, où les femmes montent de petites huttes, arrondies, collectives, couvertes de feuilles imperméables.

Ils chassent à l’arc ou au filet. Dans ce dernier cas, les hommes disposent verticalement de longs filets vers lesquels les femmes et les enfants rabattent le gibier, au signal donné, en faisant le plus de bruit possible.

L’éléphant est chassé à la lance, par groupes de sept chasseurs au maximum, ou parfois par un solitaire que cet exploit rendra fameux. Chasse et cueillette sont quotidiennes, la viande n’étant fumée que si elle est destinée à être troquée contre des produits agricoles.

Les femmes récoltent le miel.

Pour tout vêtement, les pygmées portent une bande d’écorce battue fixée à la ceinture et passée entre les jambes ; les femmes en laissent un long morceau flotter par derrière.

Les pygmées emportent des tisons ardents lorsqu’ils lèvent le camp pour ne pas avoir à rallumer le feu.

Il n’y a pas de hiérarchie sociale. Il y a un chef le temps d’une chasse.

La seule croyance religieuse profonde des Pygmées est le culte de la forêt, dont ils se disent les enfants.

Lorsque survient le malheur, ils se réunissent loin du village, afin de la « réveiller » car manifestement elle s’était endormie. Ils ne lui adressent aucune prière précise, mais cherchent à lui plaire en chantant leurs plus beaux chants, espérant retrouver ainsi sa protection bienveillante.

 

2. – Déserts :

a) Kalahari : les Koisans.

A l’extrémité Sud-Ouest de l’Afrique dans le désert du Kalahari vivent les Koïsans.

Ils se déplacent par petites troupes, partageant eau et nourriture, mais chaque troupe possède un territoire de chasse bien défini, où la raréfaction du gibier met leur existence en danger.

 

b) Sahara : les Touaregs.

Le Sahara est le plus grand désert du globe, mais son aridité n’est due qu’à l’insuffisance des pluies. Le sol est tantôt couvert de sable (dunes), tantôt pierreux (plaines de graviers, plateaux rocheux, reliefs éruptils ou volcaniques). L’eau y demeure partout rare, mais en certains points privilégiés ont pu se créer des oasis.

Le Sahara s’intercale entre l’Atlas du Nord et le Soudan au Sud. A l’Est, il est traversé par le Nil, grand fleuve d’origine équatoriale.

Dans les parties montagneuses du Sahara central et à la lisière du Soudan vivent les Touaregs.

C’est une population fascinante par son mode de vie et par l’originalité de ses coutumes et de ses institutions.

De langue berbère, les Touaregs se répartissent en divers groupements. De race blanche, ils sont originaires du Nord et ont été poussés vers le Sud lors des invasions hilaliennes.

Les Touaregs sont des éleveurs nomades et des guerriers. L’élevage des camelins est leur principale activité : ils leur fournissent les laitages qui constituent la base de leur alimentation.

L’agriculture n’est pas pratiquée par les Touaregs, mais par leurs serfs : en prélevant des tributs, autrefois en effectuant des razzias ; mais aussi des échanges, les Touaregs obtiennent le mil, le blé, le riz et les dattes, complément de leur alimentation. L’activité guerrière constituait une activité valorisée par le groupe : c’est que, source de richesse par les razzias de bétail qu’elles permettent, les expéditions militaires contre les agriculteurs sédentaires ou contre les caravanes sont source de prestige social, de remise en cause des hiérarchies dans les conflits de feud.

Armés de sabres, de poignards, de lances, de javelots, de boucliers en peau, les Touaregs jouissaient d’une nette supériorité militaire sur leurs voisins. La chasse, la cueillette et l’artisanat (travail du cuir, sparterie) constituaient des activités annexes.

 

 

Nomades, les Touaregs habitent des huttes en peau transportables ; ils sont vêtus de gandourah de toile et les hommes portent un voile.

L’organisation sociale repose sur des clans matrilinéaires et sur une stratification poussée. L’héritage et la succession se font en ligne maternelle, mais la résidence est patrilocale.

Le mariage s’accompagne d’une compensation matrimoniale ; il est en général monogame. Le statut de la femme est élevé ; relevées des travaux domestiques par la présence de serviteurs, les femmes nobles ou même libres s’adonnent à l’artisanat, à la poésie ou à la musique ; dans une tribu comme celle des Azja, la plupart des femmes, à la différence des hommes, savent lire et écrire, utilisant l’alphabet arabe. Ce sont elles qui, souvent, sont propriétaires du bétail. Et c’est le seul groupe musulman où ce sont les hommes qui portent le voile.

La hiérarchie sociale, très stricte, implique cinq groupes principaux : les nobles, les hommes libres (vassaux des familles nobles et qui sont bergers des troupeaux ou guerriers), les serfs africains, les esclaves domestiques et les artisans regroupés en castes, en particulier les forgerons.

L’organisation politique présente un caractère segmentaire très marqué : la bande regroupe un certain nombre de familles ; elle possède un conseil et un chef qui est soit élu, conformément aux coutumes berbères, soit héréditaire en ligne maternelle. Des regroupements plus vastes s’effectuent selon les mêmes principes : les tambours de guerre constituent le symbole du pouvoir des Amenokal dont l’autorité sur de vastes confédérations ne s’exerce de façon réelle que lors de circonstances graves.

Population guerrière protégée par le caractère inaccessible de leur habitat et par leur mobilité, les Touaregs résistèrent longtemps à la colonisation : leur « pacification » fut particulièrement sanglante et vit la mort au combat de la majeure partie de l’aristocratie. Leur mode de vie, qui reposait partiellement sur l’exploitation des populations sédentaires, se trouva bouleversé. Ils subissent durement les conséquences de la sécheresse qui a commencé en 1972.

Dans les diverses vitrines nous avons vu, les habits, les montures, les armes, les bijoux (colliers faits de pièces d’argent, boucles d’oreille à grelots …) des Touaregs.

 

3. – Arctique : Les Eskimos (Esquimaux).

Le terme « Esquimaux » désigne des groupes humains établis sur la côte arctique entre la mer de Béring et l’Est du Groënland. Il y a des Esquimaux soviétiques, américains, canadiens et danois. Les Esquimaux se nomment Inuit ou Yuit : êtres humains.

Les Esquimaux vivent dans une région où l’hiver dure 10 mois et l’été 2 mois. En hiver le soleil ne se lève pas et en été il ne se couche pas.

On découvre d’abord un traineau en bois. Le bois utilisé a été soit abandonné par des marées sur les plages, soit transporté par les fleuves. Les clous ont remplacé le cuir de phoque de jadis. Ces traineaux sont tirés par des chiens (fig. 1) ou des Caribous (fig. 2).

 

Fig. 1. Les harnais sont en peaux de Phoque ou de Morse ou en tissus épais

(mèche de lampe à pétrole par exemple). Les tracts sont en corde.

 

Dans une vitrine on peut voir un kayak en peau de phoque que les esquimaux doivent changer tous les deux ans car elle devient dure et cassante (fig. 3).

Dessus se trouvent les harpons, les rames, du fil pour recoudre les plaies des phoques afin d’éviter de perdre le sang.

 

Fig. 2. Caribous.

 

Fig 3. Harpons, Kayac

 

Fig. 4.

 

  • L’habitat d’été se distingue très nettement de l’habitat d’hiver. En été, la population se disperse à la poursuite du gibier et emploie au cours de ses déplacements la tente (peau de phoques ou de rennes) (fig. 4).
    Chaque tente abrite une famille et sa lampe.
    En hiver, les habitants se ramassent autour des points fréquentés par les phoques ; longues maisons à murs de pierre ou de bois recouverts de peaux à demi enfoncées dans le sol et communiquant avec le dehors par un étroit passage mi souterrain.
    La hutte de neige ou igloo sert d’abri provisoire pendant les voyages et aussi de demeure stable chez les esquimaux centraux (fig. 5).
  • Seuls de tous les peuples arctiques, les esquimaux ont réussi à développer un art véritable, hautement original. Cet art se manifeste réellement qu’aux 2 extrémités de leur domaine : Groënland et surtout Alaska. Les esquimaux travaillent le bois de renne, l’os, surtout l’ivoire, témoignant d’un souci de décoration dans les objets les plus usuels taillés en forme d’animaux ou ornés de motifs gravés ou de sculptures : poignées, boucles, étuis à aiguille, dés, peignes, boutons, parties de harpons ou de flèches, plats groenlandais bordés d’os, récipients sculptés et peints de l’Alaska… Les Alaskiens qui usaient jadis du décor géométrique, gravent aujourd’hui sur ivoire, des scènes de la vie quotidienne et des scènes de chasse souvent très vivantes. Le dessin est réhaussé en noir, à la poudre de charbon ou à la poudre à fusil mélangée de sang frais, dont on remplit les incisions.
    Les figurations animales sont en général infiniment plus exactes que les représentations humaines.
    La peinture est en usage dans la région ouest en particulier chez les Aléoutes pour la décoration des masques.
  • Leurs vêtements les protègent efficacement du froid (fig. 6).
  • Les Esquimaux peuplent la nature d’êtres surnaturels parfois inoffensifs, le plus souvent malveillants, mais qui peuvent prêter leur aide aux prêtres sorciers, les « Chamans ».
    Les grands esprits, maîtres associés au ciel et à la haute atmosphère sont mâles, tandis que ceux qui sont reliés à la terre et à la mer sont de sexe féminin.

 

Fig. 5. Pour construire un igloo, il faut d’abord trouver une couche de neige tassée par le vent et de densité homogène.
On y découpe les blocs de neige qui formeront le matériau de construction. Chaque bloc doit avoir environ 1m de long, 70cm de large et 15cm d’épaisseur. On les découpe à l’aide du couteau à neige, en os ou métallique, dont la lame a 50cm de long. Les blocs sont découpés dans ce qui sera l’intérieur, qui se construit ainsi en même temps que la carcasse extérieure.

Un premier cycle de blocs, déjà inclinés vers l’intérieur, est fermement posé sur la surface de neige. On y coupe un plan incliné (sur la longueur de 3 à 4 blocs) qui sera le début de la spirale suivant laquelle tous les autres blocs monteront jusqu’au dernier, qui, comme une clé de voûte, donnera la solidité à l’ensemble.
Les blocs de chaque rangée doivent être plus inclinés vers l’intérieur que les blocs de la rangée précé­dente.

Une fois terminé, l’igloo possède une plate-forme, la surface originelle de la neige, sur laquelle vivent les Eskimos, et une partie creusée dans la neige d’où ont été découpés les blocs de construction, dans laquelle aboutit le couloir d’entrée.

Ce corridor, droit ou coudé, est toujours construit du côté opposé aux vents dominants par rapport à l’igloo.

La température dans un igloo, sous l’effet des lampes et des habitants, peut atteindre +15° à mi-hauteur de la plate-forme et de la paroi supérieure.

 

Fig. 6. Les vêtements ci-contre sont portés par les Eskimos dans presque toutes les circonstances sauf en très grands froids.

L’anorak, en fourrure légère ou en peaux d’oiseaux, est porté avec les poils ou les plumes contre la peau.

Les pantalons sont en peau de phoque ou en peau d’ours. Ils ne descendent que sous le genou où ils viennent se loger à l’intérieur de la partie supérieure de la botte.

Les bottes, généralement en peau de phoque, comportent des bottes intérieures avec les poils à l’intérieur, et des bottes extérieures, en cuir épilé, imperméables. Entre les deux bottes, une couche d’herbe sèche sert de semelle.

Aux vêtements décrits viennent s’ajouter, par très grands froids, les vêtements ci -dessous.

 

II. – DÉCOUVERTE DU MUSÉE DE L’HOMME A TRAVERS SES PIÈCES MAITRESSES.

Cette visite a permis à un deuxième groupe d’adhérents de découvrir, de façon très rapide, l’ensemble du Musée.

Au premier étage, nous avons découvert l’Afrique et ses masques (un en bois représentant un serpent d’environ 7 mètres), des tambours (Côte d’Ivoire), des masques de justiciers (Baoulé), le trône d’un roi, en bois, porté par des esclaves, des vases, des calebasses, des statuettes de 30 à 40cm de hauteur représentant des femmes allaitant (Cameroun), des masques (Gabon), un tronc d’arbre surmonté d’une statuette de femme tenant contre son ventre un enfant nu, des tableaux trouvés dans des églises abyssines.

Nous sommes passés devant la vitrine des Touaregs où l’on peut voir des parures en argent, une selle … (voir 1ère partie du compte rendu).

Puis nous avons vu les documents relatifs à l’Europe avec une charrette sicilienne (carretto). A côté un masque de carnaval slovène symbolisant le pouvoir fertilisant, des masques de danseurs bulgares, un masque et un costume de Binche (Belgique), des costumes yougoslaves, hongrois, une hutte de berger en jonc venant de Hongrie.

Arrivés au second étage, nous découvrons le monde des esquimaux (voir 1ère partie du compte rendu).

Nous passons ensuite à la Corée et le chamanisme. Nous voyons les vêtements de femmes turkmènes (Afghanistan), des armes, un berceau mobile (Turquie), des costumes de théâtres (Chine), des étoffes (Laos), le costume du samouraï, une amphore pour saké, des tissus peints au pochoir, des costumes de geïshas (Japon), des effigies mortuaires (Nouvelles Hébrides), l’art de la Nouvelle Zélande, une tête en tuf volcanique qu’une expédition rapporta au siècle dernier, provenant d’une statue surmontant un AHU, plate-forme pour l’exposition des morts (Île de Pâques).

Le 3ème étage est consacré aux Indiens avec leurs danses, les totems, des sculptures en stéatite.

Cette deuxième visite fut très riche mais en mème temps très rapide.

Beaucoup d’autres œuvres dont celles sur l’art précolombien restent encore à admirer.

 

 

Découvrez + de 1100 textes des conférences du CDI sur le site du CDI de Garches 

Vos commentaires et vos conseils contribuent à l’amélioration de nos parutions.
Vous disposez de l’espace « COMMENTAIRES » ci-dessous pour les exprimer.
Merci  et à bientôt pour votre prochaine visite.

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.