Thèmes : économie, histoire, visite.
Visite du jeudi 23 mai 1996
Quelques chiffres :
- 38 000 personnes travaillent à Roissy-Charles de Gaulle
- Roissy ville ne compte que 2 054 habitants
- La superficie de l’aéroport représente le tiers de Paris à l’intérieur des périphériques
- Chaque année on dénombre 252 000 mouvements d’avions et 22 millions de passagers
- 75 avions de l’aéropostale décollent chaque nuit
- En pointe de trafic Roissy-Charles de Gaulle draine plus de 24 000 passagers par jour
- Roissy-Charles de Gaulle 3 est en construction ainsi que la troisième piste et la gare d’interconnexion T.G.V./RER/Métro automatique
- Les pistes qui passent au-dessus de l’autoroute du nord peuvent supporter un poids de 630 tonnes
Compte-rendu par Emile Brichard
Penchés sur le questionnaire qui nous a été distribué par l’organisation du voyage (en annexe), avant de courir dans les halls de Roissy à la recherche des questions qui nous ont été posées et dont nous n’aurons les réponses qu’après le déjeuner, nous voilà donc partis pour Roissy-en-France. Comment comprennent-ils ce mot, les étrangers qui débarquent à Roissy-en-France. Pour la plupart d’entre eux, c’est Roissy-en-l’hexagone. Pour nous Francilien, c’est Roissy au cœur d’une petite contrée formant île au milieu de calmes rivières, la France jouxtant le Parisis et qu’on retrouve dans quelques villages qui n’ont même plus de code postal, rattachés qu’ils sont à quelque bourgade plus importante. Cherchons sur une carte détaillée où sont Roissy-en France, mais aussi Mareil… Tremblay… Bonneuil… Chatenay… Belloy, tous en-France.
Nous négligeons une modeste bretelle d’autoroute qui indique « Le Bourget », c’est-à-dire l’aïeul.
Quelques souvenirs du Bourget pour les anciens, joyeux ou plein d’inquiétudes cachées.
Joyeux ! C’est en 1927, l’arrivée de Lindbergh qui, seul, sur son modeste « coucou », le « Spirit of Saint-Louis », après « trente-trois heures au-dessus de l’Atlantique, se repère sur la Tour Eiffel, découvre un large espace bordé de rangées illuminées – automobiles accourues et restant phares allumés – une foule énorme l’accueille, manque de l’étouffer, dépèce et déchire son appareil – c’est de la toile d’avion – n’en laissant que le squelette.
Pleins d’inquiétudes cachées ! C’est en 1938 le retour du Président Daladier revenant de Munich en sauveur de la paix qui, accueilli triomphalement, s’exprime – dit la petite histoire – en aparté : « Ah ! les c… ».
Le Bourget s’était pourtant construit à partir d’Orly qui fut vraiment le premier aérodrome de la région parisienne. Aérodrome, c’est pour les exploits, comme les vélodromes et les autodromes, puis pour la curiosité … puis pour la poste (mais là Toulouse gardait sa priorité), puis pour les audacieux passagers éventuels. Pour l’heure, Orly était surtout fier de ses hangars pour dirigeables dont l’énorme tunnel s’élevait au-dessus des champs de blé.
Suivons la croissance de ces aérodromes vite devenus aéroports ou aérogares et nous verrons combien sont difficiles, donc toujours discutables – après – les prévisions.
Il fallut d’abord équilibrer Orly par Le Bourget. Ce fut relativement facile. A l’époque, on ne demandait l’avis à personne et l’on décidait avec le minimum d’études et de concertations du choix d’un site et de l’implantation de l’ouvrage décidé.
Ne sont venues qu’après les commissions d’enquêtes, les avis d’associations d’usagers, etc. Le Bourget installé, il fallut bientôt l’agrandir.
Nous sommes en 1959. C’était hier ! Les transports aériens sont déjà administrés par les services de l’Aéroport de Paris qui dispose de quinze terrains utilisés par le service commercial régulier dont Orly, Le Bourget et l’héliport d’Issy-les-Moulineaux. Orly effectuait alors les trois-quarts du trafic et était appelé à être le grand aérodrome de Paris, mais les conditions d’aménagement des pistes pour les gros appareils à réaction sont telles que, dans le proche avenir, les pistes du Bourget seront utilisables elles aussi par les appareils à réaction des longs courriers.
Quelques chiffres : en 1957 les deux aéroports ont totalisé 2 700 000 passagers et voyageurs, 120 000 arrivées et départs d’appareils et 55 000 tonnes de fret. Comparez avec les nombres donnés par notre guide (en annexe).
Orly vivra, sa vie continuera, son activité s’amplifiera et Le Bourget sera délaissé. Roissy-en-France verra le jour.
L’aéroport s’établira dix kilomètres plus au Nord, au beau milieu de la plaine de France et des champs de tulipes qui couvraient alors ce que les banlieusards appelaient « La patte d’oie » de Gonesse. Gonesse-en-France bien sûr et qui était déjà célèbre, et depuis le 16ème siècle par son pain, faisait partie de la plaine à blé, grenier d’abondance de la capitale qui alimentait les halles et les boulangeries en « bon pain de Gonesse ».
Adieu pains et tulipes.
Mais si – nous le voyons actuellement – l’agrandissement d’un aéroport n’est pas un mince problème, que penser alors de sa création, car, après les champs de blé et de tulipes sacrifiés, il faut penser aux oreilles des voisins : une piste de trois kilomètres de long voit sa zone de nuisances s’étendre à chaque extrémité d’une zone de bruit « intense » ou « fort » de près de dix kilomètres. Il faut penser aussi aux exigences nouvelles des usagers, des techniques, des habitants résidents ou industriels, des nouveaux sites, des anciennes ou nouvelles cités, accueillir et loger usagers et employés, mais si possible sans perturber les anciennes activités.
Alors pour ne pas être en retard d’un aéroport, comme on le fut parfois d’une guerre, voyons comment se présente l’aéroport qui pourrait ouvrir vers 2020.
Première question : où ? On devra d’abord décanter mais ce ne sera pas une mince affaire, la question des « … mais »… et des « il faut ».
A l’intérieur d’un vaste quadrilatère limité par Amiens, Rouen, Chartres et Reims, il ne manque pas de surfaces, de terres à blé et de plateaux facilement accessibles. Il ne s’agit pour le moment que de réserver 25000 hectares de terrains beaucerons, normands, picards ou champenois pour y construire un aéroport qui pourrait être mis en service dans 25 ans. Un rectangle de 6 kilomètres sur 4 environ. Mais pour ce petit espace, combien de kilomètres de voies ferrées ou routières pour y parvenir, combien d’hectares de constructions à prévoir, de lieux d’accueil, d’escale, de résidence ou de séjour pour les usagers ou pour l’exploitation de l’aéroport.
Alors on avance des chiffres. Avec 25 millions de passagers par an, Orly ne pourra guère faire plus. Roissy avait été prévu plus largement et est déjà à 28 millions et a encore de belles années devant lui, même si la capacité finale vient d’être limitée. On l’arrêtera à 55 millions de passagers au lieu des 80 millions qui avaient pu être envisagés. Mais où logera-t-on la différence ? Beauce, Pays de Caux, Picardie ?
L’ardeur revendicatrice des riverains de Roissy sera peut-être calmée mais en d’autres lieux, les habitants ont déjà symboliquement protesté en bloquant un passage à niveau à la sortie de leur village … On pourra peut-être ressortir une diligence ou un char à bancs.
Soyons vigilants mais pensons aussi aux milliers de kilomètres de voies ferrées que Napoléon III dit « Le Petit » (Victor Hugo), avec des moyens techniques bien moins performants que les nôtres, fit construire à travers la France pendant que son préfet Haussmann construisait au temps des calèches, le Paris de l’automobile … des automobiles qui ne naîtraient que vingt ans après.
En attendant, Roissy-Charles de Gaulle aura continué sa croissance et ses services, mais comment aura-t-il pu, et su, gérer l’une et les autres ? Et la chanson de Gilbert Bécaud « Un dimanche à Orly » sera devenu une bleuette bien démodée.
Et laissons le dernier mot au Professeur Jean Bernard imaginant une journée de « Georges, médecin de l’an 2020 » dans son dernier ouvrage « Espoir et sagesse de la médecine ».
« Georges … habite une maison dans un petit village … à quatre cents kilomètres de Paris … Dans son antichambre se trouve un appareil de dimensions modestes qui ressemble aux bascules d’antan. C’est la station de désintégration-réintégration qui permet les voyages rapides … Georges appuie sur deux boutons. Il est aussitôt désintégré. Ses molécules qui se déplacent à la vitesse de la lumière vont vers le lieu d’arrivée prévu. Elles sont aussitôt réintégrées. Il franchit en quelques instants les quatre cents kilomètres qui séparent son village du service hospitalier qu’il dirige à Paris ».
Voilà qui simplifierait bien les problèmes de transport.
***
*
ANNEXE
ROISSY-CHARLES DE GAULLE EN QUESTIONS (*)
| 1. En quelle année l’Aéroport Charles de Gaulle a-t-il été inauguré ? | 1972 | 1973 | 1974 |
| 2. L’aéroport est construit sur le territoire de combien de communes ? | 5 | 7 | 10 |
| 3. Un Airbus du groupe Air France A310-300 contient combien de sièges passagers ? | 234 | 251 | 345 |
| 4. La nouvelle coupure de 50 F est dédiée à Saint-Exupéry et à l’aviation. Combien d’étoiles figurent sur le billet de banque ? | 2 | 3 | 7 |
| 5. En combien d’heures de vol peut-on rejoindre Séoul (Corée du Sud) avec Air France en vol direct ? | 18 | 15 | 13 |
| 6. Concorde a été construit à combien d’exemplaires ? | 26 | 18 | 14 |
| 7. Quel est le trafic journalier moyen de l’aéroport de Roissy (1995) exprimé en passagers ? | 70.000 | 85.000 | 90.000 |
| 8. L’aéropostale exploite la nuit combien de lignes à destination de Roissy (1993) ? | 16 | 22 | 31 |
| 9. Exprimé en millions de passagers combien de personnes ont été accueillies à Roissy en 1991 ? | 20 | 21 | 22 |
| 10. Le repas aura lieu à Goussainville à côté de Roissy. Quel est l’emblème de la ville ? | Un lévrier | Un arbre | Un écusson |
| 11. Quelle est la masse d’un Boeing 747 en Kg (hors carburant) ? |
(*) -Réponses en fin de fascicule
RÉPONSES AU QUESTIONNAIRE ROISSY-CHARLES DE GAULLE
1 – L’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle a été inauguré en 1974
2 – L’aéroport est construit sur le territoire de 7 communes
3 – Un Airbus du groupe Air France A 310-300 contient 243 sièges passagers
4 – 3 étoiles figurent sur la nouvelle coupure de 50 F dédiée à Saint-Exupéry
5 – On peut rejoindre Séoul avec Air France en vol direct en 13 heures
6 – Concorde a été construit en 18 exemplaires (prototypes compris)
7- Le trafic journalier moyen de Roissy en 1995 était de 70000 passagers
8 – La nuit, l’aéropostale a exploité en 1993, 22 lignes à destination de Roissy
9 – En 1991, Roissy a accueilli 22 millions de personnes
10 – Le lévrier est l’emblème de Goussainville
11 – La masse d’un Boeing 747 (hors carburant) est de 524 000 Kg
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