SORTIE-VISITE : Noyon – Usine Rivoire et Carret

Thèmes : économie, histoire, visite.
Visite du mardi 14 octobre 1986.

 

Le mardi 14 octobre, 120 adhérents du Cercle de Documentation et d’Information sont partis tôt le matin visiter les usines de pâtes Rivoire et Carret ainsi que le Musée Calvin et la cathédrale de Noyon.

Divisés en deux groupes, nous nous sommes séparés tout au long de la journée, retrouvés pour déjeuner et sur le chemin du retour.

 

VISITE DE L’USINE DE PÂTES ALIMENTAIRES.

Avant de visiter l’usine, nous avons été reçus dans une salle de conférences deux cadres de l’usine nous ont présenté « Rivoire et Carret » et l’établissement d’Ourscamp.

 

Histoire.

Rivoire et Carret a été fondé en 1855 par 2 français Jean-Marie Carret et Claudius Carret.

Une première usine est construite à Lyon suivie en 1890 par une à Marseille et au début du 20ème siècle, une troisième à Marseille.

En 1968, il y a regroupement des 2 usines marseillaises dans l’actuelle unité de la Pomme.

En 1968 également, on crée une filiale en Espagne et le rapprochement avec Lustucru s’opère.

En 1969, démarre l’usine de Chiry Ourscamp et l’on abandonne celle de Lyon. Rivoire et Carret veut ainsi se rapprocher de la région parisienne, du Nord et de l’Est.

 

Les pâtes.

Les pâtes sont fabriquées à partir de blé dur et d’eau sans autre additif, sel ni colorant.

Seuls les œufs et les légumes peuvent éventuellement entrer dans sa fabrication.

Le blé dur, qui est le composant quasi-unique des pâtes alimentaires, est déterminant pour la qualité finale des produits. Le grain de blé dur a la particularité, lors de son écrasement effectué dans les semouleries, de se fragmenter en particules sans se pulvériser en farine.

Il est en outre riche en gluten qui donne à la pâte son élasticité et lui confère une bonne tenue à la cuisson. Par contre, les pâtes réalisées à partir de semoules de blé tendre tendent à se ramollir et à s’agglomérer en cuisant en perdant beaucoup de leurs qualités gustatives et nutritives.

Rivoire et Carret est approvisionné en matière première par les deux semouleries du Groupe : les Grands Moulins Maurel situés à Marseille et les Semouleries de Normandie à Rouen.

Ces deux unités, très automatisées, ont une capacité d’écrasement proche de 500 tonnes de blé dur par jour.

Dans les semouleries, le blé est nettoyé par des brosses et aspirateurs qui éliminent la poussière, tandis que des séparateurs et des trieurs écartent les graines parasites. Le grain est alors lavé puis frotté sur un manteau d’émeri qui enlève son germe. La transformation est effectuée en plusieurs opérations : mouture pour séparer l’amande de son enveloppe, écrasement de l’amande et blutage pour séparer semoule et farine.

Enfin un sassage permet une dernière purification de la semoule.

La semoule, constituée de grains de 0,1 à 0,5 mm de diamètre est alors livrée aux unités de fabrication Rivoire et Carret de Marseille ou d’Ourscamp.

Les pâtes constituent l’un des premiers marchés alimentaires français avec une consommation de 350 000 tonnes par an pour un chiffre d’affaires de plus de 3 milliards de francs.

La santé du marché des pâtes alimentaires s’exprime par une croissance globale de 10% en trois ans (juillet 1982-juillet 1985). La consommation par habitant atteint aujourd’hui 6,3 kg/an, ce qui place la France comme le troisième pays consommateur après l’Italie et les U.S.A.

La gamme de pâtes Rivoire et Carret comprend trois familles de produits : les pâtes familiales qui regroupent les pâtes à potage, les nouilles, les macaronis, les coquillettes ..., les pâtes gourmandes avec 6 dessins qui sont destinées à un usage plus convivial, et les pâtes festives qui comprennent trois dessins originaux par leurs formes et leurs couleurs.

L’activité pâtes alimentaires représente plus de 80% des volumes commercialisés par Rivoire et Carret. L’entreprise occupe la seconde place sur le marché français (avec 20% environ) et la première dans le secteur des collectivités et de la restauration.

L’export représente 10% du chiffre d’affaires de Rivoire et Carret.

Rivoire et Carret est présent sur d’autres marchés que celui des pâtes alimentaires : couscous, sauces, produits à base de semoule, produits pour animaux avec des matières premières déclassées.

 

L’établissement d’Ourscamp.

Construit en 1969, il a une superficie de 33 000 m2 ; 220 personnes y travaillent dont 8 cadres et 27 agents de maîtrise.

1000 tonnes de pâtes sont fabriquées par semaine.

La fabrication est continue, 3 X 8, mais le paquetage et les expéditions utilisent 2 équipes : 2 x 8 avec des équipes spécialisées le week-end qui bénéficient d’un système de salaires différent : 24 heures travaillées : 38 heures payées.

 

Visite.

Durant la visite, nous sommes passés devant différents postes

  • Laboratoire

On contrôle systématiquement l’humidité (12,5% maxi), le taux de cendres, la teneur en œuf, le poids net et l’aspect. Une analyse est effectuée à tous les stades de la production :

  • matières premières,
  • produits semi-frais,
  • produits finis.

Le laboratoire a été récemment équipé d’un système d’analyse à infra-rouge couplé à un micro-ordinateur.

  • Moules

Nous sommes passés devant un atelier de réparation et d’entre­tien des moules. Il y a plus de 200 moules pour 45 types de pâtes.

  • Fabrication

A partir de là, nous avons vu toutes sortes de machines. La première fabrique 2,3 tonnes de spaghettis à l’heure. Le séchage dure 14 heures sur une canne. Les spaghettis mesurent un mètre avant d’être sciés en fin de sèche. Une autre produit 2 tonnes à 2 t. 800 et nécessite 4 heures et demie de sèche. Sur une autre machine, nous voyons la coupe et le tréfilage. Nous voyons également des pâtes découpées en forme de papillons.

 

 

Nous montons sur la machine qui fabrique le couscous. Il en sort 800 kg à l’heure. Il passe sur un tapis cuiseur à 100° et sèche pendant 4 heures.

500 kg à l’heure de pâtes pour chiens sont fabriquées. Elles sont réalisées avec l’enveloppe extérieure du grain (gruau).

Notre guide nous explique que la semoule est dirigée automatiquement vers les presses où s’opère le pétrissage qui aboutit après dosage automatique semoule/eau et malaxage à un mélange homogène ; une pâte. Celle-ci est conduite par une vis d’Archimède dans un moule qui lui donne la forme souhaitée. Pour les pâtes coupées, un couteau rotatif est mis en place (macaronis, nouilles, vermicelles), pour les pâtes laminées, c’est une feuille de pâte qui passe entre cylindres avant la découpe (tagliatelles par exemple). Les pâtes sont ensuite séchées afin que leur taux d’humidité maximum ne dépasse pas 12,5%. Cette opération qui s’effectue en plusieurs étapes dans un tunnel de séchage peut durer de 2 à 12 heures selon les techniques employées et les types de pâtes.

  • Silos mobiles

Les silos mobiles sont :

  • des lieux de stockage (400 silos de 800 kg).
  • des lieux de stabilisation où la pâte repose,
  • un lieu de contrôle avant la mise en paquet.
  • Empaquetage

La machine que nous voyons produit 12 tonnes en 8 heures. Une bobine de polypropylène (comme de la cellophane) se déroule. Il y a formation automatique du sachet et son remplissage après pesée. Une balance contrôle les sachets qui sont ensuite mis sous kraft.

Une autre machine emballe 15 à 20 tonnes en 8 heures en sacs de 5 kg pour les collectivités tandis qu’une autre réalise des lots.

Des palettes sont automatiquement remplies puis mises sous housses grâce à un four à rétraction fonctionnant au gaz.

  • Adressage et stockage

Les palettes sont stockées dans des rocks sur 5 niveaux grâce à des chariots tri-directionnels. Chaque palette est repérée par une fiche où sont indiqués :

  • le code du produit,
  • l’allée de rangement,
  • le numéro de la place,
  • le niveau de stockage,
  • la date d’entrée.

Un produit reste 3 mois en stock au maximum. 80% des produits partent par route, 20% des produits partent par chemin de fer.

  • Salle informatique

L’usine son propre ordinateur relié à celui du siège :

  • 7 terminaux,
  • 2 micro-ordinateurs.

La visite, fatigante à cause du bruit et de la chaleur qui règne dans l’usine, s’est achevée par une distribution de paquets de pâtes.

Merci Rivoire et Carret pour votre très aimable accueil.

Nous avons regagné nos cars et sommes partis retrouver l ‘autre groupe au restaurant « Le Grillon » à Noyon.

Après un repas rapide, nous sommes partis à pied visiter la Maison Calvin.

 

VISITE DU MUSÉE CALVIN.

Noyon, à 100 km au nord de Paris, est une des grandes cités historiques du nord de la France : siège d’un évêché dès 531 (premier évêque : Saint-Médard), elle a été évangélisée par Saint-Éloi (de 640 à 659) dont les reliques sont conservées sous le maître autel de la cathédrale, une des plus anciennes de France.

 

 

Le dernier des Mérovingiens, Chilpéric II, y a été enterré en 721, Charlemagne couronné roi de Neustrie en 768 et Hugues Capet, roi de France en 987. Elle a été jusqu’à la révolution française, un haut lieu culturel et spirituel comme en témoigne la superbe bibliothèque capitulaire datant du XVIème siècle ; mais elle a été aussi un centre de contestations provoquées par les excès du pouvoir clérical exercé par le Chapitre de la cathédrale et de luttes passionnées pour les droits civiques : c’est ainsi qu’elle est devenue l’une des plus anciennes communes de France, arrachant en 1108 aux autorités ecclésiastiques sa charte des libertés communales.

 

Calvin.

Calvin est né le 10 Juillet 1509 ; dès son enfance, il a été profondément marqué par la piété de sa mère et les démêlés de plus en plus rudes de son père Gérard Cauvin, administrateur des biens de l’église, avec chanoines et évêques. Il a hérité de cette double influence maternelle (Jeanne franc meurt alors que Jean n’a que 10 ans) et paternelle, une sensibilité mystique et un tempérament frondeur comme d’ailleurs beaucoup de Picards. C’est au cours de ses études à Paris, Orléans et Bourges qu’il reçoit le choc des idées humanistes et surtout du message de Luther. Devenu « Luthérien » au cours de l’hiver 1532­1533, il est contraint à l’exil à l’âge de 25 ans, et passe plus de la moitié de sa vie comme réfugié politique à Genève. Il y meurt le 27 mai 1564.

 

La maison natale de Calvin a été détruite à la fin du XVIe siècle sans doute par la ligue catholique.

Il n’en reste aucune représentation. A sa place avait été bâtie, au XVIIème, une maison basse dans une cour étroite, dont existent plusieurs gravures, dessins et photos et qui, jusqu’à la guerre de 1914-1918, était une dépendance de l’Hôtel de France.

Après la prise de Noyon par les Allemands en 1914, une plaque fut apposée indiquant que la maison est située au lieu historique de la naissance du Réformateur. Durant la dernière année de la guerre, elle fut, comme le reste de la ville, complètement détruite. Grâce à une souscription internationale, on restaura fidèlement le bâtiment existant avant 1917 (partie basse de l’ensemble actuel). Afin d’en faire un musée la partie haute fut ajoutée. Endommagée par des bombardements en 1944, la maison fut restaurée en 1954 et ses installations modernisées en 1983.

Quatre portraits originaux de Calvin, des reproductions grandeur nature des portraits de jeunesse, plusieurs toiles significatives de l’Histoire de la Réforme, des images du Noyonnais … sont accrochés. Deux autographes de Calvin, un billet « d’indulgence » de 1522-23, un « placard » contre la messe de 1534, des cartes de géographie ancienne … sont exposés. Dans les bibliothèques, on peut découvrir de nombreux ouvrages de Calvin, imprimés de son vivant, des bibles, etc. Sont exposés également des médailles commémoratives de différentes époques, les sceaux de Luther et de Calvin, une maquette d’un temple Lyonnais de 1564, un ex-voto de 1686, célébrant la Révocation de l’Édit de Nantes … Des coffres du XV et XVIème siècle décorent les pièces.

La visite est malheureusement trop rapide mais un conférencier nous attend à la cathédrale.

 

LA CATHÉDRALE DE NOYON.

Cet édifice est le 4ème édifié sur le même emplacement d’un lieu de culte gallo-romain ; en effet, lors des fouilles effectuées de 1921 à 1923, dans ses fondations, les chercheurs ont trouvé des stèles sculptées, des fragments d’autel et de sculptures gallo-romains.

 

 

On a souvent qualifié à tort la cathédrale de Noyon de « cathédrale de transition ». Elle est déjà essentiellement gothique. Il est vrai qu’elle utilise l’arc en plein cintre mais les églises romanes, normandes ou anglaises utilisaient déjà l’arc brisé … la voûte sur croisée d’ogive. Ce qui fait le gothique, c’est l’utilisation de tous les moyens pour définir de nouveaux volumes, tant en vide qu’en plein et faire entrer la lumière. C’est tout ce que démontre si bien le bras sud du transept : sur une arcature décorative en plein cintre du soubassement s’élèvent les fenêtres du premier étage aux ouvertures ébrasées et aux arcs brisés ; au-dessus une galerie de circulation intérieure en plein cintre fait communiquer avec un léger décalage les tribunes du chœur et de la nef ; au-dessus 2 étages de fenêtres, l’un roman à galerie de circulation intérieure, l’autre gothique de circulation extérieure. Dans cette partie du monument qui est au soleil un régal pour les yeux, la lumière est diffusée de 3 manières et le principe gothique est bien affirmé. Ces circulations multiples à tous les niveaux intérieurs ou extérieurs sont l’une des caractéristiques de l’édifice. D’autres attestent son ancienneté : les alternances de piles et de colonnes de la nef, le baguage des colonnes dans le chœur et les 2 dernières travées de la nef, la liaison très marquée entre chaque étage par des moulures.

Les chapiteaux des colonnes du déambulatoire du chœur sont fleuris d’une végétation étrange ou historiée de figures fantastiques de pur style roman « à l’influence gréco-byzantine ». Les chapiteaux romans de la tribune du chœur possèdent des motifs de tètes humaines très expressifs.

Son ampleur et la richesse de ses décorations ont valu à la cathédrale de Noyon d’être appelée « le Parthénon de l’architecture chrétienne ».

Au nord le cloître de style ogival rayonnant est défendu, par un haut mur crénelé. La salle capitulaire est un merveilleux exemple de l’architecture et de la sculpture du gothique rayonnant. L’ancien évêché, édifié vers 1515, possède une très belle façade de briques avec chaînages de pierres.

Sur l’arrière de la cathédrale, on découvre le joli décor de l’abside avec ses 5 chapelles rayonnantes.

A droite, dans le prolongement du croisillon nord, s’élève un extraordinaire bâtiment à colombages. Il s’agit de l’ancienne librairie des Chanoines appelée communément la Bibliothèque du Chapitre.

 

Construite au début du XVIIème siècle, elle a été restaurée après les dégâts de la guerre 14-18. Son unique étage repose sur des piliers de bois sculptés. La Bibliothèque contient près de 3 500 volumes dont le plus précieux célèbre évangéliaire de Morienval datant du IXème siècle et enrichi d’incomparables miniatures.
17 heures … il est temps de rentrer. Pour cela nous empruntons le chemin des écoliers : forêt d’Ourscamp, forêt de Laigue. Nous passons devant le magnifique château de Pierrefonds avant de nous arrêter la nuit tombante devant l’église de Morienval. C’est un des plus beaux édifices romans de la région « parisienne » et picarde. Elle dépendait d’une Abbaye bénédictine fondée par Charles le Chauve au IXème siècle.
La silhouette de cette abbatiale avec ses trois tours, celle du clocher-porche et les deux tours flanquant le chœur, est caractéristique. La nef et le transept datent de la fin du XIe siècle, l’abside du début du XIIe siècle. Dès cette époque, encore pleinement vouée à l’architecture romane, le chœur et le déambulatoire furent voûtés sur ogives. Ces arcs du début du XIIe siècle comptent parmi les plus anciens de France. On assiste ici à la transition de la voûte d’arête à la voûte d’ogives.

 

Derrière l’église nous pouvons admirer un paisible paysage, forêt au loin, potager à nos pieds.

Il faut repartir.

20 heures, les cars franchissent les grilles de la Mairie. Cette agréable journée s’achève.

Église de Morienval

 

ANNEXE 1

1125 – LES DÉBUTS DU « GOTHIQUE » EN ILE-DE-FRANCE – 1190

 

Un des buts de notre voyage était de découvrir la transition « du Roman au Gothique » et la progression de l’art gothique travers les essais des petites églises jusqu’aux prouesses des cathédrales.

Sans s’étendre sur la qualification péjorative du « Gothique » – art des Goths, c’est-à-dire des barbares – (et en l’oubliant très vite), il est intéressant d’assister à sa naissance – église de Morienval -, à son implantation – cathédrale de Noyon – pour le voir épanoui et rayonnant dans les structures de l’abbaye d’Ourscamp.

A Morienval, vers 1125, la voûte d’ogives est établie sur plan carré de dimensions restreintes. Les premières ogives n’ont pas de clé centrale à leur point de croisement. L’une d’elles est un arc bandé en diagonale, l’autre, divisée en deux segments vient s’appuyer au milieu de la première. Cette méthode – l’absence de clé qui répartit les poussées – exige une parfaite perpendicularité de l’arc et des deux demi-arcs ce qui interdit l’emploi de plans rectangulaires et limite ainsi les dimensions de l’édifice.

Après une tentative d’usage de voûtes sexpartites comme on verra Noyon et qui y justifient l’alternance de piliers forts et de piliers faibles, le perfectionnement essentiel fut dû l’usage de la croisée d’ogives sur voûtes barlongues qui permettra de faire correspondre chaque travée rectangulaire de la nef élargie une travée des bas-côtés.

Ce fut fait dès 1190 dans le domaine royal et Noyon en faisait partie comme en faisaient partie les églises de Saint-Denis et de Senlis, et Noyon, de dimensions plus vastes, fut commencée en 1145 par le chœur et le transept pour être achevée par la nef vers 1200.

A Ourscamp enfin, nous avons pu voir dans le squelette de sa magnifique structure, puisqu’il ne reste plus que les arcs ogivaux, le gothique rayonnant son apogée. Dans la nudité de la charpente de pierres apparaît mieux que dans les édifices conservés dans un état convenable, mais l’attention est attirée par les vitraux, les chapiteaux, les décorations et ornements divers, le sommet de l’art gothique, de ce qui fut construit non par un peuple de « goths » mais par des hommes de foi et de métier la tradition et l’adresse manuelle compensaient l’ignorance de la règle calcul et des mathématiques.

 

ANNEXE 2

EXTRAIT DU TRAITE DES RELIQUES DE JEAN CALVIN

 

Il est temps de traiter du suaire, auquel ils ont encore mieux montré tant leur impudence que leur sottise. Car, outre le suaire de la Véronique, qui se montre à Rome, à Saint-Pierre, il y a une demi-douzaine de villes, pour le moins, qui se vantent d’avoir le suaire de la sépulture tout entier : comme Nice, celui qui a été transporté là de Chambéry ; idem Aix en Allemagne … idem une ville de Lorraine, assise (a) au port d’Aussois. Je laisse en­core un suaire entier qui est à Rome, en un monastère de femmes, source que (b) le Pape a défendu de le montrer solennellement. Je vous prie, le monde n’a-t-il pas été bien enragé (c) de trotter cent ou six vingt (d) lieues loin, avec gros frais et grand’peine (e), pour voir un-drapeau (f) duquel il ne pouvait nullement être assuré, mais plutôt était contraint d’en douter ? Car quiconque estime le suaire être en un certain lieu, il fait (g) faussaires tous les autres qui se vantent de l’avoir ; comme, pour exemple, celui qui croit que le drapeau (h) de Chambéry soit le vrai suaire, celui-là condamne ceux de Besançon, d’Aix, de Cadouin, du Trect et de Rome, comme menteurs, et qui font méchamment idolâtrer le peuple en le séduisant et lui faisant accroire qu’un drapeau profane (i) est le linceul où fut enveloppé son Rédempteur.

  • (a) située
  • (b) sous prétexte que
  • (c) fou, aussi fou que peut l’être une bête qui a la rage
  • (d) six-vingt, cent vingt. Ancienne manière de compter, qui a subsisté dans quatre-vingt, et dans l’hôtel des Quinze-vingt
  • (e) beaucoup de fat igue
  • (f) petit drap
  • (g) il accuse d’être faussaires
  • (h) qui se trouve à Chambéry
  • (i) sans origines religieuses

 

 

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