Voyage en Pologne

Thèmes : art, géographie, histoire, société, visite.
Voyage du 17 mai 1991 au 22 mai 1991.

 

VENDREDI 17 MAI

6 h – tout le monde est au rendez-vous.
7 h 00 – départ pour Roissy. Tout va bien il fait beau.
10 h 00 – embarquement pour Varsovie par un vol Air-France.

 

 

A l’aéroport de Varsovie c’est un peu la pagaille, mais sans trop de difficultés nous trouvons nos bagages.

Jerzy notre guide nous attend. Il ne nous quittera pas durant tout le voyage.

Varsovie fut fondée par une sirène qui s’ennuyait au fond de la Vistule. Elle fit surface, trouva la terre belle et les humains accueillants. Hébergée par un couple de pêcheurs qui portaient les noms, peu vraisemblables de Wars et de Szawa, elle charma de son chant un prince de Mazovie, et le convainquit d’ériger là, la capitale Warszaw. Varsovie a gardé dans les armes l’emblème de la sirène et lui a élevé une statue au bord de son fleuve.

Mais restons les pieds sur terre …

Jerzy nous conduit à l’hôtel où nous déposons nos valises et prenons un repas.

Jetons un coup d’œil par la fenêtre de la chambre.

 

 

16 h 30 – Nous sommes prêts pour un tour de ville en car.

Tout près de l’hôtel, le Palais de la Culture. Planté au milieu de la ville, ce gratte-ciel de 40 étages est un cadeau de Staline à la « ville-martyre ». « Le seul homme heureux de Varsovie, c’est le gardien qui habite le 38ème étage, parce que lui, au moins, quand il se met à la fenêtre, il ne voit pas le Palais de la Culture. » disent les habitants de Varsovie.

 

 

Avant de commencer la visite, il faut savoir que la capitale a perdu au cours de la seconde guerre mondiale 100 % de ses ponts, 90 % de ses bâtiments industriels, 90 % de ses monuments anciens ou historiques, 95 % de ses théâtres et cinémas, 70 % de ses écoles, 72 % de ses logements. Cela veut dire que Varsovie a été pratiquement détruite. Presque tout ce que l’on voit a été reconstruit.

 

Itinéraire Nord-Sud sur l’Avenue Faubourg de Cracovie

  • Place Zamkowy et Colonne Sigismond,
  • Façade de l’église Sainte-Anne,
  • Musée de l’Industrie (Marie Sklodowska-Curie),
  • Statue Mickiewicz -Palais Radziwill,
  • Statue J. Poniatowski,
  • Palais Potocki (Napoléon et M. Walewska,
  • Église Sainte-Croix (Cœur de Chopin),
  • Palais Staszic et Monument de Copernic,
  • débouché sur la rue du Nouveau Monde.

 

Nous passons devant la banque nationale, le ministère des finances, l’université, la statue de Copernic, l’église Sainte-Croix, le palais du Premier Ministre où Chopin a donné son premier concert public à l’âge de 8 ans, l’église des Carmes, le monument du poète Adam Mickiewicz, l’église Sainte-Anne, la colonne de Sigismond, le Roi qui a transféré la capitale de Varsovie à Cracovie en 1592, le château royal terminé en 1980 …

Jerzy nous conduit ensuite à l’emplacement du Ghetto

En 1941 les habitants des rues Zelazna Zlota au cœur de la capitale, un peu en retrait de l’emplacement actuel du Palais de la Culture virent un mur s’élever entre eux et leurs voisins d’en face. Le mur serpentera à travers le nord de Varsovie jusqu’à enserrer un vaste quartier large à peu près de 3 km sur 1 km 1/2 de longueur. Le massacre des Juifs de Pologne avait commencé dès le premier jour de l’occupation, en septembre 1939. Des déportations massives, la famine organisée, les fusillades, les pendaisons avaient déjà, dès cette époque, transformé en apocalypse la vie de cette communauté qui représentait 10 % de la population polonaise.

L’antisémitisme de la Pologne d’avant-guerre était un phénomène latent, malgré les efforts de Casimir le Grand qui avait ouvert largement aux juifs les portes du pays. La communauté juive avait cohabité, sans grande friction, avec ses concitoyens catholiques. D’autres grandes minorités ethniques bénéficiaient de la même tolérance.

Il y avait 3 500 000 juifs en Pologne d’avant-guerre mais il y avait aussi 800 000 Ruthènes et Ukrainiens et près de 1 000 000 d’Allemands, dont les ¾ étaient protestants. Ukrainiens et Allemands de Pologne, pendant la guerre, se joignirent aux occupants pour massacrer et martyriser les juifs.

L’antisémitisme polonais ne fut certainement pas fondé, à l’origine, sur un motif religieux. Profondément catholiques, les Polonais furent au contraire, pendant des siècles, l’une des nations les plus tolérantes d’Europe. La Réforme et la Contre-Réforme divisèrent des familles mais n’entraînèrent ni exils ni persécutions. C’est vers la fin du XIXème siècle seulement qu’importé d’abord de Russie, l’antisémitisme polonais fit son apparition.

L’antisémitisme, nourri du marasme économique et de la misère paysanne et ouvrière, entretenu en sous-main par les gouvernements en quête de « bouc émissaire », se développa en Pologne à la même vitesse et dans le même temps que croissaient les problèmes économiques.

Vingt mille survivants choisirent après la guerre, de rester en Pologne – leur pays croyaient-ils -. Ils devaient y boire la dernière goutte de leur coupe d’amertume lorsqu’à la suite de la Guerre des Six jours de 1967 entre Israël et les pays arabes, une stupéfiante vague d’antisémitisme les chassa définitivement du pays …

L’emplacement de l’ancien ghetto de Varsovie est aujourd’hui un vaste quartier d’immeubles.

Notre car s’arrête sur une place où se dresse le monument des héros du ghetto, du sculpteur Ralpaport. En granit foncé, il est en forme de prisme posé sur un socle.

Nous quittons ce quartier.

Nous passons devant la prison Pawiak utilisée par les nazis, et nous nous arrêtons à l’église Saint-Stanislas KostkaJerzy Popielusko est enterré (1947-1984).

Une exposition retrace sa vie et sa mort. Sa tombe est un symbole pour toutes les oppositions.

 

 

Le 19 octobre 1984, le père Popieluszko, l’un des prêtres les plus populaires en Pologne, sympathisant affiché de Solidarnosc, revient d’une messe qu’il a célébrée à 200 km au nord-ouest de Varsovie. Une Fiat 125 le prend en chasse, puis stoppe sa voiture. Il est kidnappé par trois hommes. On le retrouvera mort 50 km plus loin.

 

***

*

 

La tristesse des constructions, blocs de bétons noirâtres alignés le long de rues en travaux (on est en train de construire le métro) est atténuée par les nombreux espaces verts.

Après ce premier aperçu de la ville nous gagnons directement l’Opéra de Varsovie où nous assistons à la représentation de la Bohème de Puccini.

Une belle salle, de beaux décors, un bon spectacle.

 

 

Ce soir, nous dinons à l’hôtel. Tout le monde a mérité une bonne nuit de sommeil.

 

SAMEDI 18 MAI

8 h30, c’est le départ.

Ce matin nous continuons notre visite de Varsovie mais cette fois-ci à pied.

 

Place Zamkowy et Colonne Sigismond

 

Par la Vieille et la nouvelle ville

  • Place Zamkowy et Colonne Sigismond
  • Cathédrale Saint-Jean – Couronnements
  • Église des Jésuites – Tombeau Sienkiewicz
  • Place du Vieux Marché – Musée de l’Histoire de Varsovie
  • Barbacane et anciens remparts
  • Marché de la « nouvelle » ville
  • Église des sœurs du Saint-Sacrement (J Sobieski)
  • Par le Nord-Ouest vers le quartier de Muranow à la place de l’ancien ghetto

Nous pénétrons dans la Vieille Ville, déambulons à travers les rues étroites.

La Tour de l’Horloge au fond domine l’ancien château royal de Varsovie, résidence du Prince Poniatowski.

 

 

Il est très difficile de nous repérer aux noms de rue. Les consonnes agglutinées paraissent imprononçables. Les Polonais roulent les r et les innombrables « szcz, schtche » chuintent. Comment prononcerez-vous « wskrzeszac » ?

Nous nous arrêtons dans une église avant d’atteindre la Place du Marché (Rynek), cœur du vieux Varsovie, fidèlement reconstruit.

 

 

Là, nous entrons dans « Manckin Cafe » et assistons à un récital privé de piano. L’interprète EWA KUPIEC a joué avec une grande virtuosité et surtout une grande sensibilité.

Au programme :

  • La polonaise en la bémol majeur, op.53
  • Valse en la bémol majeur, op.42
  • Nocturne en ut mineur, op.48, n°1
  • Impromptu en fa dièse mineur, op.36
  • Scherzo en ut mineur, op.39
  • Ballade en fa mineur, op.52

Nous passons sous les fortifications médiévales pour rejoindre le car….

…et nous quittons Varsovie.

Premier arrêt à Niepokalanow, pour visiter le musée du père Maximilien KOLBE (1894-1940). Il y construisit la cité de la Vierge Immaculée. Pendant la guerre, les nazis ruinèrent les monastères, fusillèrent 400 franciscains et envoyèrent le père Kolbe à Auschwitz. Là, il se sacrifia et prit la place d’un prisonnier père de cinq enfants, pour mourir de faim dans le bunker réservé à ce supplice.

Nous quittons ce lieu. Dans une heure nous serons à Zelazowa Wola, maison natale de Frédéric Chopin.

La région que nous traversons est très agricole, très verte. Jerzy profite de ce trajet pour nous parler de l’agriculture polonaise : l’agriculture privée et l’église ont sauvé les Polonais pendant le communisme. En effet :

72 % des fermes sont restées propriétés privées

8 % des fermes étaient des coopératives

20 % des fermes d’état étaient toujours déficitaires

47 % du territoire est cultivé mais le rendement est la moitié de celui de la France. C’est à la charrue tirée par un cheval que l’on travaille aux champs.

On cultive du seigle, du blé, de la betterave à sucre, des pommes de terre. Les familles paysannes vivent à trois générations avec 7 ha en moyenne (pour être rentable il faudrait 50 ha). La situation économique est très difficile. Il faut privatiser mais avec quel argent ? Le pouvoir d’achat des Polonais est très faible. Une famille ne peut pas vivre avec un seul salaire.

En 1989 l’inflation était de 1600 %. Le chômage maintenant est un problème de plus. « Avant, nous n’avions pas d’argent et les magasins étaient vides, aujourd’hui, ils sont pleins, mais nous n’avons toujours pas d’argent ».

La Pologne exporte du charbon, du sucre, du jambon, des cristaux. La Pologne a du pétrole non exploité.

Nous arrivons à Zelazowa Wola. Nous visitons la maison ou naquit Frédéric Chopin en 1810. Le mobilier n’est pas celui d’origine. La maison est entourée d’un joli parc. Après cette visite, nous déjeunons tout près du musée.

 

 

Maintenant, départ pour Jasna Gora à CZESTOCHOWA.

 

 

C’est la capitale spirituelle de la Pologne, but de pèlerinage des Polonais qui se rendent auprès de l’Image Miraculeuse de la Vierge. Un père nous donne des explications dans la salle des chevaliers.

En 1382 le duc Wladyslaw Opolczyky fit venir de Hongrie des moines de l’ordre de Saint-Paul-l’Ermite et pour ces Paulins, il offrit un monastère qui allait bientôt abriter le tableau de Notre-Dame-des-Guides tenant sur son bras gauche l’Enfant-Jésus.

Dès le début du règne de la dynastie des Jagellons, la mère du Dieu de Czestochowa fut vénérée en tant que Reine de Pologne et le trésor du monastère fit fonction de trésor national.

La ferveur des Polonais a quelque chose de sidérant. Jamais nous n’avons pu visiter une église. Elles étaient toujours remplies et une messe était célébrée à toute heure.

Après avoir traversé l’église en se frayant un passage entre les pèlerins, le père qui nous guidait nous montra le trésor

Nous repartons pour Cracovie. En cours de route, Jerzy nous pose la question suivante :

« Savez-vous pourquoi le général Jaruzelski quitte son uniforme et reste en civil lorsqu’il se rend à Moscou ? Parce que à Moscou il est chez lui et à Varsovie, il travaille ».

En début de soirée, nous arrivons à Cracovie.

Diner à l’hôtel. Le repas fut bien mérité.

 

DIMANCHE 19 MAI

La matinée est consacrée à la visite de la ville de Cracovie. Malheureusement Sainte-Philomène n’est pas avec nous. Il pleut !

Nous sommes au pied de la colline royale de Wawel. Cracovie est l’ancienne capitale médiévale du royaume polonais (jusqu’en 1609). C’est l’une des rares villes sortie intacte de la guerre (grâce à un stratagème de l’Armée rouge, les nazis durent s’enfuir sans pouvoir mettre en œuvre leur plan détaillé de destruction).

Cracovie subit un important problème de pollution. Les monuments vieillissent de 50 ans en 1 an.

Cracovie est appelée la deuxième Rome. Elle compte en effet, pour une population de 750 000 habitants, 114 églises implantées en pleine ville et 16 en construction. Le pape est venu à Cracovie à l’âge de 18 ans et y a vécu pendant 40 ans. Les habitants lui sont très attachés.

Nous jetons un coup d’œil dans la cathédrale royale de Wawel. Notre guide ne peut nous accompagner car il y a un office.

 

 

Le château royal est fermé, mais notre guide nous explique cependant que jusqu’à la fin du XVème siècle, le château de Wawel fut non seulement une résidence royale, mais avant tout un château-fort typique du Moyen-Age. Cependant, l’art de la Renaissance apparaît dès le début du XVIème siècle. Le Roi entreprend la construction d’un nouveau château dans le style des palais de la Renaissance italienne. Ce château était autrefois multicolore : toits vernissés, colonnes rouges…

 

***

 

Nous regagnons le car pour aller au centre de Cracovie. Le centre est entouré d’un parc aménagé sur l’emplacement de remparts aujourd’hui disparus.

Nous visitons le musée fondé par la princesse Isabelle Czartoryska. Elle collectionnait pour les jeunes les souvenirs du passé polonais, On trouve de tout : la chaise sur laquelle s’asseyait Shakespeare, une cuillère ayant appartenu au tzar Nicolas II Ses fils et petits-fils furent collectionneurs d’art, achetèrent des œuvres.

Au premier étage, se trouvent les souvenirs historiques et au deuxième étage, des peintures européennes dont « La jeune fille à l’hermine » de Léonard de Vinci et « Un paysage » de Rembrandt.

 

 

Sur la place du marché, il pleut tellement fort que les uns vont directement au restaurant et les autres se réfugient dans la vaste Halle aux Draps de style Renaissance qui voisine avec le beffroi gothique. On y trouve des boutiques artisanales, c’est une sorte de bazar pour touristes.

 

 

Peut-être aurons-nous meilleur temps demain ?

Après quelques achats, nous déjeunons dans le restaurant le plus ancien et le meilleur de Cracovie : le « Wierzynel » (François Mitterrand déjeuna dans la même salle que nous lors de sa visite en Pologne).

 

 

Heureusement, la visite de la mine de sel de Wieliczka est prévue cet après-midi. Il y fera plus chaud et plus sec.

Les mines de sel se trouvent à 12 km au sud de Cracovie. Ce sont les plus grandes d’Europe, exploitées depuis le XIIIème siècle.

Accueillis par des mineurs, nous descendons par petits groupes, dans le noir, dans un monte-charge à étages, jusqu’à 75 mètres.

Les mines constituent un véritable labyrinthe de salles blanches, de couloirs et de galeries, dont les murs brillent comme du cristal. La longueur des couloirs atteint 300 km, mais nous n’en parcourons que 3, en descendant de plus d’une centaine de mètres.

D’étranges œuvres d’art et des monuments ont été taillés par des générations de mineurs qui ont désiré laisser une trace de leur activité.

L’étonnante résistance du sel, qui se présente comme une roche légèrement translucide gris-argent, a permis aux mineurs de façonner des personnages. Ils évoquent la vie difficile des mineurs qui au Moyen-Age et jusqu’au XVIIIème siècle, travaillaient dans des conditions particulièrement difficiles.

C’est ce que montre, par exemple, la représentation d’un homme dans un boyau avec une longue perche, à l’extrémité enflammée, pour pouvoir s’éclairer dans les profondeurs obscures de la mine.

 

 

Certaines œuvres se distinguent par la qualité de leur exécution. Elles sont dues à quelques mineurs doués d’un grand sens artistique, et qui souvent ont choisi des thèmes religieux.

 

 

Après cette intéressante et étonnante visite, nous regagnons notre hôtel pour nous changer et dîner en ville.

Demain, nous aurons une journée tout à fait différente, consacrée à la visite d’une petite ville des Tatras : Zakopane.

Nous sommes un peu inquiets. Ne va-t-il pas neiger ?

 

LUNDI 20 MAI

Anxieux, tout le monde, dès le réveil jette un coup d’œil à travers les rideaux de la chambre… il ne pleut pas.

A environ une heure de Cracovie, les grands sommets montagneux couverts de neige commencent à apparaître.

Les Tatras culminent du côté polonais à 2 500 mètres. Les habitations sont toutes en bois. Nous nous arrêtons dans un village nommé Chocholow.

Monsieur Brichard se met en quête d’une école. Est-ce grâce à « son Polonais courant » qu’il nous avait caché jusqu’à présent ou est-ce qu’entre directeurs d’écoles existe un langage codé ?… L’histoire ne le dit pas. Il négocie les toilettes de l’école pour nous, pauvres touristes qui avons fait un long voyage.

 

 

Après ce bref arrêt, nous visitons une maison typique de la région qu’une église en bois.

 

 

A Zakopane nous visitons une église en bois.

Il nous reste une heure et demie pour nous promener librement dans la ville. Tout le monde cherche sans grand succès quelques souvenirs.

Il est 13h 00, nous allons assister pendant le déjeuner à un spectacle de folklore des Tatras.

Musique, feu de cheminée, l’ambiance est chaleureuse.

 

 

Quand nous sortons, nous avons une bonne surprise. Le soleil resplendit. D’un commun accord, nous décidons de rentrer tout de suite sur Cracovie pour voir la Place du Marché sous le soleil.

Ce soir, nous dînons à l’hôtel.

 

MARDI 21 MAI

Nous regagnons Varsovie en passant par Kielce. Arrêt à la cathédrale et déjeuner.

La ville offre peu d’intérêt mais c’est un centre historique et symbolique de la Pologne si ce n’est de voir la vie des Polonais dans une petite ville.

Le soir nous assistons à un très beau spectacle folklorique (chants, danses, costumes, de la Pologne napoléonienne au début du 19ème siècle) à côté du château Wilanow près de Varsovie.

 

 

MERCREDI 22 MAI

C’est notre dernier jour à Varsovie. Au sud de la ville, le Palais Wilanow offre une belle promenade presque entièrement consacrée à la présence et à l’œuvre de Jean III Sobieski, aussi omniprésent à Wilanow que Louis XIV à Versailles.

 

 

Le château est de construction baroque. Il renferme une très belle collection de portraits de personnalités polonaises depuis le XVIème siècle.

 

 

Dernier déjeuner polonais et le voyage se termine sous une légère « bise » dont notre dernière photo apporte le témoignage.

Cette fois, c’est la LOT qui nous ramène en France. Il faut avoir confiance dans le vieux matériel.

 

 

ANNEXE 1

LA POLOGNE DE 1988 A 1990

1988

De février à mai, des grèves et manifestations se succèdent pour protester contre les hausses des prix. Le 26 septembre, Mieczyslaw RAKOWSKI est nommé Premier Ministre.

1989

Le Parti Communiste au pouvoir (POUP) adopte une résolution prévoyant à terme l’introduction du pluralisme syndical. WALESA réclame la fin du monopole du POUP. Le PC « renonce au monopole du pouvoir ».

En Avril, accord historique prévoyant la légalisation de Solidarité, l’entrée de l’opposition au Parlement et la démocratisation des institutions.

En juin, les élections « semi-démocratiques » se soldent par une débâcle du Parti Communiste. Le PC conserve la majorité des députés à la Diète, mais pour avoir la majorité absolue, il doit compter avec les élus du Parti Paysan (ZSL) et du Parti Démocratique (SD).

En juillet, rétablissement des relations diplomatiques avec le Vatican. JARUZELSKI est élu Président de la République par le Parlement à une seule voix de majorité. RAKOWSKI lui succède au poste de Premier Secrétaire du PC.

En août, la libéralisation des prix agricoles entraîne des hausses vertigineuses des prix de détail et des mouvements de grèves. JARUZELSKI nom me le Premier Ministre : Tadeusz MAZOWIECKI.

En septembre MAZOWIECKI présente la formation de son gouvernement : Solidarité est à la tête de 12 ministères sur 22.

En Décembre, le Parlement abolit le rôle dirigeant du POUP.

1990

En Janvier, mouvements de grèves dans les mines de Silésie. Election le 29, de MM. KWASNIEWSKI et MILLER, aux postes respectifs de Président et de Secrétaire Général du nouveau Parti SDRP (Social-Démocratie de la République de Pologne).

Le 23 avril, réélection triomphale de Lech WALESA a la Présidence de Solidarité.

Le 27 mai, premières élections locales totalement libres. Faible participation mais victoire écrasante de Solidarité dans les grandes agglomérations.

De juin à juillet, luttes intestines puis scission au sein de Solidarité.

Le 27 septembre, vote au Parlement de la réduction du mandat de JARUZELSKI, ouvrant la voie à des élections présidentielles au suffrage universel avant Noël. Lech WALESA est officiellement candidat.

 

ANNEXE 2

PETIT GLOSSAIRE GARCHO-POLONAIS

 

A – ATTERRISSAGE – l’atterrissage à Varsovie est d’abord un dépaysement technique, économique et humain :

– l’impression d’arriver sur un petit aéroport de « banlieue »,

– le sentiment d’une pauvreté que la suite du voyage confirmera,

– la parfaite indifférence des services d’accueil.

B – BALZAC – Madame Hanska, épouse du comte Hanski était donc bien Polonaise. Mais de quelle Pologne, sur les marches de l’Ukraine s’agissait-il au milieu du 19ème siècle ? En tout cas, Balzac pour la retrouver passait par Cracovie et y séjournait. La comtesse veuve abandonna ses terres, suivit Balzac à Paris pour le soigner et le voir mourir. Amours bourgeoises ou romantiques, Chopin et George Sand, Balzac et Madame Hanska Encore un trait d’union franco-polonais.

C – CHOCHOLOW – Les guides documentés nous parlaient de « l’intéressante route, qui de Zakopane nous conduit à Chocholow où les maisons en bois et les costumes régionaux attirent surtout l’attention. Jerzy ajouta au pittoresque en nous parlant du lessivage annuel à la brosse des façades. Pourquoi faut-il que nous gardions surtout le souvenir de l’école ?

D – DÉLUGE – Non, il ne s’agit pas de celui qui nous accompagna à Cracovie, mais de ceux qui dévastèrent par deux fois la Pologne au 17ème siècle : le déluge des invasions suédoises. Après les destructions de la Guerre de Trente Ans, l’invasion de Charles X Gustave de Suède ravagea le pays, ruina l’agriculture et amorça le déclin du royaume.

E – ESPERANTO – Le hasard de ces modestes notes fait que je rédige Esperanto aussitôt après Ghetto. L’espoir aurait-il le dernier mot ? Mais il s’agit de ne pas oublier l’utopie du Polonais Zamenhoff qui rêva, rédigea et tenta d’imposer une langue universelle à la fin du 19ème siècle et dont il ne reste qu’un sobriquet « Doktoro Esperanto ».

F – FAHRENHEIT – Avant le « X … » des Polonais anonymes, le F … » des Polonais oubliés, Fahrenheit dont tout le monde connaît le thermomètre et les degrés qui disparaissent devant les degrés Celsius, mais Celsius était un astronome suédois : Maintenant nous parlons du degré Kelvin, celui-là c’est un lord anglais Comme l’art, la science n’a pas de patrie.

G – GHETTO – Nom donné au Moyen-Age en Italie au quartier où les juifs étaient tenus de résider, à l’origine quartier de Venise. Pogrom, mot russe … Qui dira pourquoi ce quartier de Venise au Moyen-Age et ce mot russe ont trouvé au milieu du 20ème siècle à Varsovie leur plus tragique illustration.

H – HENRI DE VALOIS – De 1573 à 1795, onze rois élus régnèrent en Pologne. Quatre d’entre eux furent Polonais et les autres étaient acceptés au gré des alliances et des pressions diverses. « Notre Henri de Valois fut le premier » Mais dès qu’il apprit la mort de son frère Charles IX, il s’enfuit de sa capitale Cracovie pour devenir Henri III, Roi de France.

I – ITINÉRAIRE – Notre itinéraire avait évité les aspects industriels, portuaires, germaniques de la Pologne pour nous concentrer sur la vie rurale, religieuse et historique d’où le rôle majeur de Varsovie, Czestochowa et Cracovie aux dépens de Gdansk, Wroclaw et Malbork. Notre option a favorisé l’expression musicale et folklorique plutôt que les arts plastiques et l’architecture. Mais tout choix implique un sacrifice …

J – JASNA GORA – C’est la « Montagne Lumineuse », capitale spirituelle de la Pologne. C’est Saint-Denis, Lourdes et le Mont Saint-Michel réunis en un seul lieu. Et l’histoire de l’Image Miraculeuse tient aussi du miracle. Sa date très vague, son origine vraisemblablement byzantine, sa restauration italienne, ses itinéraires mal définis (Charlemagne l’aurait eue dans son palais d’Aix-la-Chapelle) quant aux légendes et miracles, ils sont innombrables.

K – KRAKOW (Cracovie) – c’est l’autre capitale de la Pologne, plus humaine peut-être, plus proche aussi de notre sensibilité avec ses souvenirs -plus ou moins heureux, souvenirs tout de même – français, italiens, autrichiens. Et puis, la montagne n’est pas loin et de Grenoble à Zakopane impose sa culture et son folklore.

L – LOT – C’est la compagnie polonaise qui nous ramenait à Charles de Gaulle. L’avion semblait quelque peu fatigué mais les hôtesses étaient souriantes, le plateau – repas valait bien celui d’Air-France, et le dernier verre de vodka allait mettre un point euphorique à notre équipée en Pologne.

M – MEA CULPA – L’un d’entre vous m’a demandé qui était le père Kolbe et j’ai confondu Maximilien Kolbe le prêtre et Janus Korczak le médecin polonais qui accompagna 200 orphelins du ghetto au camp de Treblinka et périt avec eux. Mon erreur ne fut pas inutile, maintenant vous connaissez les deux.

N – NOCTURNES – Ce pourrait-être, Valses ou Polonaises ou Mazurkas car Ewa Kupiec avait su montrer son talent et sa passion en toute occasion, mais le récital qu’elle nous a offert fut une excellente introduction à notre visite à Zelazowa-Wola (la maison de Chopin) et la meilleure façon de nous prouver à nouveau que « l’art n’a pas de patrie ».

O – OPÉRA – Aller à Varsovie entendre chanter en italien par des Polonais un opéra italien représentant la vie parisienne au Quartier Latin à Paris au XIXème siècle. C’est un exploit ! Nous fûmes heureux de retrouver Mimi et Musette, Rodolphe et ses amis, mais aussi de vivre la vie d’une soirée de Varsovie dans son cadre habituel enrichi d’une exposition à la fois artistique et historique qui laissèrent à chacun le souvenir d’un bain de foule disciplinée.

P – PILSUDSKI – « Ils sont fous ces Polonais » aurait peut-être encore dit Napoléon, voyant les aventures du Maréchal Pilduski qui, mécontent des frontières que fixait à la Pologne le Traité de Versailles, lança au printemps de 1920 ses troupes vers Kiev. Il se retrouva bien vite devant Varsovie où les alliés arrêtèrent l’Armée Rouge. La nouvelle Pologne agrandie mais fragilisée durera 18 ans.

Q – QUO VADIS – C’est certainement le roman polonais le plus populaire dans le monde et le plus popularisé encore par le cinéma. Mais c’est un des moins représentatifs de l’âme et de l’histoire polonaise. Sienkiewicz, Prix Nobel en 1905 fut couronné pour l’ensemble de son œuvre, mais son épopée nationale « le Déluge » représente mieux son pays.

R – REYMONT – Il doit nous rester ce nom de la littérature polonaise. Quo Vadis n’est pas Polonais, J. Conrad trop international, Mickiewicz trop parisien. C’est Ladislas Reymont qui nous fait le mieux comprendre cette terre rurale qu’est restée la Pologne et que nous avons mieux saisie à notre retour par les vergers vers Varsovie.

S – SOBIESKI – Ceux d’entre vous qui auront la curiosité de lire « Les deux lionnes » de Diane Ribardière connaîtront les péripéties de l’élection d’un roi polonais par notre Marquise de Sévigné. Ils verront comment ce roi qui fit trembler des armées et refoula les Turcs devant Vienne se montrait à la fois doux et coquin devant la petite reine française Marienska.

T – TARTARES TURCS – Ajoutons les Teutons et les Tsars… et nous aurons une idée de l’histoire de ce qui ne fut jamais très longtemps la Pologne. Les Tartares sont arrêtés après une première dévastation, puis les Chevaliers Teutoniques, puis les Turcs, puis les Tsars. En 1920 avec le concours du général Weygand devant Varsovie, les Polonais crurent pouvoir souffler.

U – UNIVERSITÉ – Casimir le Grand a fait un choix politique : il fixe à la Pologne adossée aux Carpates, un choix économique, il attire commerçants et artisans ; un choix culturel, il fonde à Cracovie la deuxième université d’Europe Centrale après celle de Prague (1364). Au siècle suivant elle accueillera Copernic qui démontra la rotation de la Terre sur elle-même et autour du Soleil.

V – VARSOVIE -… le ghetto… le pacte… la reconstruction, autant de mots qui, joints à la capitale polonaise, évoquent l’horreur et la peur. Mais … Varsovie … Marie Waleska … Marie Sklodowska (Marie Curie) rappellent, eux, l’art, la grâce, la science. L’homme doit-il éternellement resté double ? « Ni ange, ni bête » – André Maurois.

W – WIELICSKA – La visite de la mine fut un grand moment de notre voyage. La mise en scène dans une véritable cage à mineurs, la visite elle-même, le travail et la passion des mineurs (peut-on imaginer la réalisation de fresques dans nos usines !), la personnalité de notre guide, sa vie, sa façon de dire « Mes bons amis français » et puis, il a fallu que ce soit des mineurs autodidactes qui nous parlent de Copernic.

Y – « YSZKISCHOWZ » – Jeu de mots très drôle typiquement polonais, mais intraduisible en français.

Z – ZLOTYS – A compter avec des Zlotys, on a l’impression de vivre comme un nabab. Point de menue monnaie, mais de bons et solides billets illustrés par les gloires nationales. Laisser un billet de 2000 Z au service, d’un geste large, c’est autre chose que glisser une piécette dans la main. Mais quand on s’aperçoit qu’on n’a laissé que 1 F, on voit que notre franc rénové a quand même du bon.

E.B.

 

 

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