SORTIE-VISITE : Pavillon de l’Arsenal

Thèmes : art, histoire, société, visite.
Visite du mardi 29 janvier 1991.

 

Mardi 29 janvier 1991, une centaine de membres du C.D.I. ont visité le Pavillon de l’Arsenal, 21 rue Morland à Paris (4ème).

Ils ont vu deux expositions :

  • « Paris, la ville et ses projets » (permanente),
  • « Les dessous de Paris » (temporaire).

 

1 – PARIS, LA VILLE ET SES PROJETS

Un film nous a d’abord été projeté.

Les missions du Pavillon de l’Arsenal, Centre d’Urbanisme et d’Architecture de la Ville de Paris sont de comprendre Paris et ses projets, d’apprendre l’histoire passée et présente de Paris, de présenter ses actions en matière d’urbanisme et d’architecture.

Paris avec 2,2 millions d’habitants répartis sur un territoire de 105 km’ est une des métropoles les plus denses d’Europe. La ville, prisonnière des boulevards périphériques, ne connaît plus depuis un demi-siècle de véritables perspectives d’extension. Elle doit cependant assurer des fonctions très diverses.

Ville capitale, l’État y est omniprésent. Il intervient directement dans son développement. Toutes les grandes administrations y ont leur siège.

Ville historique, son caractère très urbanisé, cohérent, son patrimoine considérable sont autant de contraintes à un aménagement de qualité.

Si les grands projets participent au rayonnement de Paris et renouvellent le visage urbain, la municipalité doit en outre intervenir sur la ville au quotidien pour préserver son animation et améliorer les conditions de vie des citadins.

Mais les défis lancés aux responsables parisiens sont nombreux. En effet, la ville actuelle est une ville à rénover et à entretenir constamment, en considérant essentiellement le maintien de son parc de logements et le renouvellement de ses équipements. Les espaces verts restent à créer et à développer intra-muros. De même la circulation automobile très dense dans la capitale requiert un éventail de mesures efficaces.

Le confort urbain constitue une priorité pour la ville, au même titre que l’entretien des monuments qui perpétue l’image symbolique de Paris.

Ces travaux de conservation concernent aussi bien la ville que l’État. C’est dans le centre historique que les interventions s’avèrent les plus délicates. Leur caractère traditionnel doit être maintenu grâce à la remise en valeur des édifices les plus représentatifs de l’histoire de la Capitale. Le quartier du Marais témoigne ainsi du double souci de conservation des hôtels particuliers, de rénovation et d’accroissement du parc de logements. Ailleurs il importe de transformer de façon radicale ce tissu historique. Certains terrains, plus vastes, sont donc entièrement remodelés, à l’occasion de leur libération, afin d’ouvrir ces emprises sur le quartier, et profiter de ces opportunités pour y réaliser de nouveaux équipements publics.

Cette volonté d’adapter le centre historique s’est appliquée en 1977 à la Montagne Sainte-Geneviève, suite au déménagement de l’École Polytechnique et de façon plus significative au quartier des Halles après le départ du marché alimentaire.

L’amélioration considérable des transports en commun, métro et RER, la création d’un nouveau réseau de voies automobiles ont radicalement transformé le secteur Châtelet-Les Halles devenu le véritable centre de communication de l’ensemble de l’agglomération parisienne.

Le Forum des Halles constitue actuellement le seul exemple parisien d’urbanisme souterrain. L’ensemble ainsi réalisé comprend un centre commercial de plusieurs étages et des équipements publics implantés sous un jardin de 5 hectares. Une vaste zone piétonne relie en outre les différents lieux du quartier de la Bourse du Commerce au Centre Pompidou.

Le 13ème arrondissement est le siège d’un autre type d’intervention à la limite du tracé traditionnel parisien. C’est un quartier marqué par la forte urbanisation des décennies passées, qu’il s’agit de remodeler. La construction Place d’Italie d’un centre pour le Septième Art (le cinéma) et d’un ensemble hôtelier et commercial a été entrepris.

L’aménagement du quartier de Montparnasse, répond également aux nouvelles préoccupations de l’urbanisme parisien. L’ancienne gare sera prolongée pour accueillir le TGV Atlantique. Le pont des Cinq Martyrs du lycée Buffon entièrement réaménagé reliera de part et d’autre des voies SNCF – désormais couvertes – le 15ème au 14ème arrondissement.

A partir de 1977, la mise en place d’une municipalité de plein exercice et l’élection d’un maire pour Paris ont permis la réunion complète des orientations d’urbanisme. Il convient de respecter la volumétrie générale de la ville, les hauteurs traditionnelles et le linéaire habituel de la rue parisienne.

De nouveaux bâtiments ont été réalisés sur de petites parcelles ou dans les nouvelles zones d’aménagement concerté. La localisation de ces emprises choisies par la municipalité illustre l’effort en faveur de l’Est de Paris engagé en 1983 avec le plan programme.

Historiquement, cette partie de la Capitale a toujours été délaissée par rapport aux quartiers de l’Ouest, selon la classique marche vers l’Ouest dans un grand nombre de villes européennes. N’oublions pas en effet que le Marais était construit de riches demeures quand les Champs-Élysées n’étaient que friches ou jardins. Le maire de Paris a souhaité donner à l’Est parisien les moyens nécessaires à une remise en valeur afin de supprimer un déséquilibre devenu choquant. Deux pôles géographiques majeurs marquent le plan programme de l’Est de Paris. Le secteur Seine Sud-Est et la Villette. Au Nord et au Sud de la Villette, deux opérations comprennent logements à caractère social, activités et équipements de proximité. Elles permettront de mieux adapter aux quartiers avoisinants, le Musée des Sciences et des Techniques ainsi que le Parc de la Cité de la Musique dont la vocation dépasse le cadre parisien.

Le plan d’eau devient l’élément structurant de l’ensemble du quartier. Sur ses berges, les anciens entrepôts laissent place à une promenade. La déviation de la circulation automobile Place Stalingrad autorise la création d’une vaste place piétonne mettant en valeur la Rotonde de Claude-Nicolas Ledoux. Le renouveau de l’Est de la Capitale est également marqué par le réaménagement du bassin de l’Arsenal en port de plaisance et la construction d’un nouvel Opéra, place de la Bastille. La nouvelle Préfecture de Paris près du pont d’Austerlitz et le Ministère des Finances consolident la portion administrative de l’Est de la ville. Le Palais Omnisports de Paris-Bercy a été le premier jalon de la reconversion Seine Sud-Est. Autour d’un parc de 10 ha s’engage la construction d’un nouveau quartier de logements et d’activités.

Sur l’autre rive de la Seine, les emprises du domaine SNCF seront remplacées par un quartier mixte, de bureaux, de logements et d’équipements. Ces deux opérations, Bercy et Tolbiac, verront leurs liaisons renforcées par le doublement du pont de Bercy. Les anciens terrains Citroën, un parc de 13 ha au Sud duquel sera implanté un hôpital s’étendra de la Seine jusqu’à un nouveau quartier comprenant 2500 logements, des bureaux et des équipements.

Des maquettes nous sont ensuite présentées. Nous en avons retenu quelques-unes :

L’ENCEINTE DE PHILIPPE AUGUSTE

Avec ses 71 tours, ses 5 km de murs épais de plusieurs mètres, avec la forteresse qui la flanquait à l’endroit de l’actuelle Cour Carrée du Louvre, l’enceinte de Philippe Auguste reste la première des grandes fortifications parisiennes, sa limite la plus ancienne, en même temps que le cœur d’une ville profondément remodelée à l’époque haussmannienne. Réalisée de la fin du 12ème siècle au milieu du 13ème siècle, elle suivait une trajectoire qui aujourd’hui partirait de la rue Mazarine, passerait derrière le Panthéon pour redescendre vers la Seine à la hauteur de l’Institut du Monde Arabe, puis longerait sur la rive droite les jardins de l’église Sainte-Anne et finalement continuerait les Halles pour redescendre le long de l’Oratoire jusqu’à la Citadelle dont les fossés ont été mis à jour avec l’aménagement du Grand Louvre. La superficie de ce « nouveau » Paris était de 273 ha (comparons aux 269 ha de Garches).

LES GRANDS BOULEVARDS (ou Boulevards de Louis XIV)

Frontière largement symbolique, sur laquelle se seront ouvertes ou créées la plupart des grandes places parisiennes, l’enceinte de Louis XIV a d’abord été une gigantesque promenade, un jardin linéaire sur lequel sont venus se greffer certains de ses grands hôtels avant que leurs jardins n’accueillent à leur tour les passages et les premiers panoramas, transformant les boulevards en un lieu de spectacle où nul n’est surpris aujourd’hui de trouver le Cirque d’Hiver, l’Opéra Garnier et le Grand Rex.

Plus qu’un véritable projet, le plan élaboré par Bullet et Blondel pour l’aménagement des limites parisiennes semble avoir constitué un constat et la reconnaissance d’un nouvel état de fait : constat d’échec d’abord, dans la vieille tentative, toujours renouvelée et toujours désavouée par les faits pour freiner la croissance parisienne, constat de paix et de sécurité ensuite pour une Capitale dont les fortifications ont été repoussées aux frontières et qu’il devient possible d’imaginer enfin comme une ville ouverte. Au lieu des fortifications, c’est donc une ligne continue de boulevards ornés de plantations et ponctuée de portes dépourvues de toute ambition militaire qui naît à cette époque, de la Capitale d’un État, protégée par ses forteresses.

LE MUR DES FERMIERS GÉNÉRAUX

Ponctué à l’origine par une cinquantaine de pavillons empruntés au modèle des villas palladiennes, le Mur des Fermiers Généraux occupe une place à part dans l’histoire des enceintes parisiennes.

Limites, plutôt que murs, monument architectural plutôt que véritables frontières, son rôle aurait été inverse de celui que ses promoteurs escomptaient.

D’abord simple barrière fiscale, tracée en pleine campagne et ornée d’arbres, elle allait en effet fixer en quelques décennies une organisation qui n’attendait que ce signal pour échapper au règlement qui l’enserrait depuis bientôt trois siècles en formant la deuxième ceinture de boulevards d’une Capitale dont l’emprise aurait plus que triplé en un siècle.

Tracée en pleine campagne, l’Enceinte des Fermiers Généraux ne s’est urbanisée que plus tard, à partir des années 1830 à 1840.

De Barbès à Ménilmontant, la vocation essentiellement industrielle de l’arc qu’elle décrit de part et d’autre du Bassin de la Villette doit beaucoup à la présence du canal créé par Pierre Simon Girard au début du 19ème siècle : zone privilégiée d’entrepôts et d’industrie légère dont la présence continue à se lire sur chacune de ses rives entre la rue des Flandres et le Quai de Jemmapes.

 

LE PARIS D’HAUSSMANN

L’aventure haussmannienne a représenté pour Paris une chance que l’on ne mesure bien qu’un siècle après. Ce fut par une politique brutale (autour de l’Opéra, entre la Rue de Rivoli et la Seine), le désenclavement de son centre, mais aussi un outil d’expansion et de redéploiement de toute sa structure projectuelle dans lequel les percées et les squares, les gares et les parcs auront offert à travers ce qu’Alphand appelle des « nouvelles promenades parisiennes ».

LE GRAND LOUVRE

Ouvert en 1983 par deux spectaculaires chantiers de fouille, l’aménagement du Grand Louvre aura permis de faire réapparaître le donjon et la forteresse dans la Cour Carrée, et la trame du quadrilatère qui a servi de base aux extensions qui ont progressivement conduit à la configuration que l’on connait. Après s’être ouvert et étendu vers l’Ouest du 16ème au 19ème siècles, le Louvre s’organise donc aujourd’hui à partir de salles souterraines et d’une succession de cryptes dont l’apport moderne couronné par la pyramide de métal et de verre devrait être parachevé, dans les années qui viennent, avec l’aménagement des cours de la sculpture française conçue par Michel Macary pour l’aile Nord du Palais.

MAQUETTE DE PARIS

Construite à la fin des années 60, pour évaluer l’impact du projet du Centre Pompidou et des Halles, actualisée dans ses grandes lignes aujourd’hui, cette maquette urbaine rend compte de la densité historique et physique des arrondissements centraux de la rive droite. Du Louvre à la Place de l’Hôtel de Ville, elle témoigne aussi de la rénovation et de la modernisation des principaux espaces publics de Paris.

 

LE BASSIN DE LA VILLETTE

C’est dans le cadre de la zone d’aménagement concerté du bassin de la Villette, décidée en avril 1987 que les nombreux projets envisagés dans le trident délimité par la rue de Flandres et l’avenue Jean-Jaurès ont été assemblés et coordonnés. Après un premier cycle d’interventions, après la création d’un secteur de plan de masse fixant l’alignement et la densité dans un quartier jusqu’à présent malmené, le bassin jadis caché à la vue, devait devenir un lieu de promenade et de loisirs au bord duquel, habitats et activités se conjugueront à partir de règles communes.

LA BIBLIOTHÈQUE DE FRANCE

Le projet de Dominique Perrault est exposé avec son jardin de la taille de ceux du Palais Royal, et ses quatre tours de 40 étages.

PROJET D’ÉTUDE « SEINE RIVE-GAUCHE »

Face au parc et aux équipements de Bercy, le projet s’ouvre sur le fleuve et s’étend du Jardin des Plantes à Ivry, sur près de 3000 mètres de long. Les quais étant largement voués à la promenade et aux loisirs, la présence de l’automobile y sera limitée et concentrée sur une avenue nouvelle superposée à l’axe des voies ferrées.

QUAI DE LA RÂPÉE

Regroupant les services de l’Etat actuellement dispersés, entre l’avenue Daumesnil et la Tour de Laprade, la nouvelle Préfecture de Paris d’Aymeric Zuplena prendra dès 1991 la place qu’occupa autrefois l’ancienne piscine Ledru-Rollin et l’usine d’élévation des eaux qui sur le Quai de la Rapée faisait pendant au Jardin des Plantes. Haute de dix étages, sa façade devrait dégager un parvis sur lequel un vaste mur vitré de 18 m x 24 m viendra se refermer le jour tombé en ne présentant plus à la Seine que ses grands croisillons de métal.

QUARTIER DE LA DÉFENSE

De la construction du CNIT en 1958, aujourd’hui transformé en cité des affaires, à celle de la Grande Arche en 1989, le site de la Défense n’a cessé d’être un lieu d’inventions architecturales et urbaines.

 

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2 – LES DESSOUS DE PARIS « PARIS SOUTERRAIN »

On se rend sous la ville par une bouche de métro « à l’envers » en « montant vers le bas ».

LE MÉTROPOLITAIN

Une fois l’entrée franchie, on arrive dans un couloir de la RATP (qui n’avait déjà plus de secret pour tous ceux qui ont participé à la visite du mois de décembre) qui donne accès à un bureau d’ingénieur travaillant sur des projets de développement du métro.

Il permet de montrer « en situation » des maquettes, des plans, des dessins sur l’évolution de ce système depuis les premières ébauches jusqu’aux projets les plus récents et les projections futures. Puis on se trouve dans la cabine de pilotage d’une rame de métro arrivant en station.

CARRIÈRES ET CATACOMBES

Nous pénétrons dans les carrières souterraines de Paris. Le premier espace est un fontis, sorte de dôme formé naturellement par l’effondrement des galeries souterraines. Nous poursuivons notre chemin et entrons dans les catacombes.

L’EAU

En sortant nous empruntons le quai du métro apercevant au passage, par une brèche dans le mur, une fouille archéologique et l’intérieur d’une grande conduite d’eau.

LES ÉGOUTS

Nous empruntons une conduite d’égout. Un audio-visuel traite du métier d’égoutier, tandis qu’un montage diapos évoque tous ces lieux souterrains gigantesques.

LE PARKING

Nous débouchons sur un parking occupé par trois mini-voitures. Là sont projetés des extraits de films concernant la vie souterraine.

LE GRAND MAGASIN

Nous sommes dans le sous-sol du BHV.

LE BUREAU DES INGÉNIEURS

Au-delà de l’ascenseur, un bureau où l’on travaille sur des projets, utopiques ou réalistes, d’utilisation des sous-sols urbains : dessins, maquettes et textes de science-fiction.

ÉLECTRICITÉ

La distribution électrique ayant abandonné ses toiles d’araignée aériennes pour adopter des parcours souterrains, on voit comment EDF fournit la lumière et l’évolution du matériel utilisé.

TRANCHE DE VILLE

La galerie des câbles, partant du transformateur EDF, conduit le visiteur au fond d’une tranche de ville d’environ 1,60 m de profondeur, montrant les différents réseaux qui circulent dans le sous-sol immédiat de la ville : l’électricité et le gaz, les canalisations de vapeur du chauffage urbain et les câbles des Télécom.

LES CHAMPIGNONNIÈRES

Il est question des champignons de Paris et de la manière dont cette culture s’est développée historiquement. La bande-son s’adresse aux adeptes de la cuisine mycophile.

LITTÉRATURE

Le parcours se termine par une promenade sous les trottoirs où les racines des arbres apparaissent comme si elles avaient été débarrassées de la terre qui les entoure.

 

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C’est le moment de citer Haussmann dans ses projets et ses rêves : « Les Galeries souterraines fonctionneraient… sans se montrer au jour ; l’eau pure et fraîche, la lumière et la chaleur, circuleraient comme des fluides divers … Les sécrétions s’y exécuteraient mystérieusement et maintiendraient la santé publique sans troubler la bonne ordonnance de la ville et sans gâter sa beauté extérieure ».

 

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FICHE DE VISITE

VISITE DU PAVILLON DE L’ARSENAL
PARIS ET SES PROJETS

 

La vie mouvementée de l’Arsenal

C’est d’abord la vie d’un couvent établi pour accueillir les moines Célestins (Ordre créé par le Pape Célestin V) qui s’établit sur ce qui était à l’époque (XIVème siècle) la rive de la Seine, et que nous voyons encore bordé de jardins 400 ans plus tard (Voir plan Turgot).

C’est ensuite la création et la vie d’un arsenal, d’abord simple hangar destiné à la fabrication des canons puis dont les ateliers deviendront l’Arsenal Royal, avec ses avatars dont une explosion du temps de Charles IX qui s’entendit jusqu’à Melun. Trente ans plus tard, Henri de Navarre, devenu Henri IX, Roi de France, le fera reconstruire entièrement et y installera son « Grand Maître de l’Artillerie » qui est resté dans l’histoire sous le nom de Sully.

Le temps des hésitations et de l’oubli

Viendront donc les temps des hasards et des nécessités de l’histoire.

Henri IV et Sully – Dans les passions, les superstitions, les excitations des dernières guerres de religion, François Ravaillac – fanatique ou fanatisé – quitte Angoulême à Pâques pour accomplir son destin. Il séjourne trois semaines à Paris, hésite, repart. « Illuminé » à Étampes, il remonte sur un Paris enfiévré des préparatifs de l’entrée solennelle de la Reine Marie de Médicis. Il rôde autour du Louvre. Pourquoi en ce 10 mai 1610, Sully malade et alité est-il resté en son hôtel de l’Arsenal ? Pourquoi Henri IV voulut-il lui rendre visite ? On connaît la suite …

Fouquet et son procès – Après Henri IV et Sully, Louis XIII puis Richelieu qui installe à l’Arsenal une Cour de Justice chargée de juger les « Crimes spéciaux ». Trente ans plus tard, Colbert organisera ainsi la Cour qui jugera le surintendant Fouquet – celui de Vaux que nous connaissons -. Fouquet sera condamné, détenu à perpétuité et Colbert le remplacera comme surintendant des finances …

L’Affaire des Poisons – Autre « Crime spécial », la Chambre de l’Arsenal est saisie et forme la Cour des Poisons qui, devant les révélations par trop compromettantes pour l’entourage du Roi – pensons à Madame de Montespan -, se hâtera de condamner et brûler la principale accusée, La Voisin, accompagnée de quelques comparses.

Une renaissance romantique

Après la Révolution, une période plus s’est alors ouverte pour l’Arsenal. Dès 1797, en plein Directoire, une bibliothèque fut ouverte. Elle continuait les plans et projets d’un ancien ministre de la Guerre de Louis XVI ainsi que les efforts du Comte d’Artois (le futur Charles X mais alors émigré). L’Arsenal ou les continuités de l’histoire ! La bibliothèque occupera tout ce qui restait des bâtiments anciens.

Elle devint, sous la direction de Charles Nodier, un véritable salon romantique où se rencontraient Hugo et Lamartine, Vigny et Musset, Alexandre Dumas. Elle a vu Arvers lire à Mlle Nodier son unique et célèbre sonnet, dont il ne reste guère qu’un vers : »Mon cœur a son secret … » ; elle a vu aussi J.M. de Heredia et je suis persuadé qu’un certain Eugène Labiche y trouva l’inspiration pour son fameux « Voyage de Monsieur Perrichon ».

Le retour à la longue histoire

C’est maintenant le temps des révélations et des projets. Couvent, arsenal, ministère, caserne, tribunal, bibliothèque, il ne restait plus à l’Arsenal pour nous révéler ses mystères et ses projets que devenir musée.

C’est dans le sol de Paris que nous apprendrons son histoire comme nous l’avons fait l’an passé quand nous avons découvert les fondations du Premier Louvre. C’est au cœur de Paris que nous découvrirons ses projets. L’évolution depuis 2000 ans du site de Paris n’est pas terminée, nous en verrons les traces, les étapes, et peut-être connaîtrons-nous les projets dont nos enfants et petits-enfants verront la réalisation.

Les enseignements du plan Turgot

Ceux d’entre vous qui ont encore souvenir de nos visites aux Gobelins et au Musée Carnavalet pourront situer cette feuille entre les deux, le raccord se fait par la Place Royale et la Porte Saint-Bernard.

Ceux qui n’ont que ce feuillet pourront sourire aux avatars de la rue du Petit Musc (ancienne « La Pute y musse ») (pour une Reine de France !), rêver au site de la rue de la Cerisaie ou se trouver plongés en pleine réforme de l’orthographe : l’Arsenal.

E.B.

 

 

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