Thèmes : art, civilisation, histoire, société.
Visite des mardi 13 et jeudi 15 décembre 1988.
Les mardi 13 et jeudi 15 décembre, 150 adhérents du C.D.I. ont visité l’Institut du Monde Arabe, 23 Quai Saint-Bernard à Paris.
Le 23 juin 1980, 19 États arabes (rejoints par la Libye en 1984) et la France approuvent les statuts d’une Fondation, ensuite reconnue d’utilité publique : ainsi naît l’Institut du Monde Arabe.

La façade Nord du bâtiment est tournée vers le Paris historique. La porte de l’Institut est la reprise des proportions de la Porte Blondel démolie au XVIIIème siècle, à quelques mètres, au bout du Boulevard Saint-Germain. En partie haute de la façade, des procédés photographiques utilisés sur verre évoquent les immeubles parisiens qui lui font face.

Reprenant les thèmes historiques de la géométrie arabe, la façade Sud, vitrée, comporte une protection visuelle intégrée entre les vitrages, au moyen d’une trame variable basée sur le principe du diaphragme des objectifs d’appareils photos. Une cellule photoélectrique permet de doser la lumière en fonction de l’ensoleillement : les diaphragmes s’ouvrent et se ferment suivant la luminosité extérieure.

Le bâtiment est coupé en deux par une faille qui aboutit sur une cour au cœur du bâtiment, exprimant ainsi l’intériorité caractéristique de l’architecture du monde arabe. Un patio devra y recevoir une fontaine.
Les départements :
- Médiathèque : elle comprend une bibliothèque, un centre de documentation, une salle d’actualité et un espace image-son.
- Le Musée :
Il est composé de différents secteurs complémentaires :- art islamique
- art et sociétés arabes
- art contemporain arabe.
- Relations culturelles : il s’agit de diffuser la création arabe en conjuguant différents supports artistiques dans les limites imposées par les caractéristiques techniques de l’auditorium de l’Institut :
- interventions et publications
- informatique.
Exposition temporaire
Certains groupes ont eu le loisir de visiter l’exposition « Mémoire de Soie » qui présente des pièces de la collection de costumes, parures et bijoux du XIXème et XXème siècles, sur les deux rives du Jourdain.
. Scène du pique-nique à l’orangeraie :
Des femmes du village de Beit-Dajan se sont retrouvées dans la région de Jaffa pour pique-niquer. Cette excursion dans l’orangerie correspond à une occasion particulière, car elles portent toutes une robe de fête en lin richement brodée. Les épaules, une partie des manches et des côtés des robes ont été décorées d’applications de velours.
. Scène du souk :
Des femmes originaires de réglons différentes se retrouvent dans le souk des textiles pour faire des achats. Deux d’entre elles viennent de Naplouse : celle qui porte une robe verte en rayonne damassée, de style espagnol, est vêtue de façon « traditionnelle-moderne », car la coupe de sa robe – traditionnelle en soi – montre des influences occidentales. Sa compagne, en manteau de velours synthétique violet d’où dépasse une robe blanche, elle aussi en étoffe synthétique, a opté pour le style traditionnel.
La cliente dont la robe est étonnamment longue et volumineuse est originaire d’As-Salt. La longueur des robes de cette ville peut atteindre jusqu’à 350 cm. Elles se portent retroussées.
. Scène du campement bédouin :
Trois bédouines de la Palestine méridionale sont représentées : une femme mariée, une veuve et une veuve remariée. La situation de la femme se reconnaît à ses vêtements : les veuves doivent porter des robes dont la jupe est brodée en bleu. En guise de protection contre le « mauvais œil », quelques motifs blancs viennent rompre, sur les côtés l’homogénéité du bleu. Il semble que la veuve cherche à se remarier : les deux pierres en strass fixées sur la robe sont destinées à attirer l’amour. Quant à la veuve remariée, elle porte une robe brodée en bleu et en rouge.
. Scène de la maison :
Comme partout dans le monde arabe, la famille nombreuse est fréquente en Jordanie et en Palestine. En raison du système de parenté qui met l’accent sur la lignée masculine, seuls les garçons peuvent assurer la continuité du lignage. La naissance d’un fils donne lieu à des réjouissances particulières. A l’âge adulte, les fils prendront en charge leurs parents âgés.
On considère que le nourrisson est exposé plus particulièrement aux influences néfastes – naturelles ou surnaturelles – pendant les premiers jours de sa vie. Des dispositions sont souvent prises pour le protéger contre les démons et le « mauvais œil ». Les éléments suivants sont utilisés comme moyens de protection efficace : colliers et bracelets en petites perles bleues, de verre ou de plastique, amulettes tirées de la faune et de la flore, certaines pierres, pendentifs en or représentant un œil ou une main, ou encore des petites tablettes gravées d’une sourate que l’enfant porte accrochées à ses vêtements. Le berceau traditionnel pourvu d’une sangle de protection est en bois peint de diverses couleurs.
. Scène du camp de réfugiés :
Une sorte de mode pan-palestinienne s’est créée dans les camps de réfugiés. Ces nouvelles robes permettent d’identifier les femmes en tant que Palestiniennes, mais ni la coupe, ni les motifs de broderie ne donnent d’indications précises quant à leur origine régionale.

la nouvelle robe palestinienne
. Costumes et parure :
L’exposition présente l’évolution du costume féminin en Palestine et en Jordanie de 1850 environ à nos jours. Le style de vêtements traditionnels diffère selon chaque région. Souvent une localité est devenue le centre d’une mode régionale qui évolua peu par la suite. Les bijoux les plus répandus étaient des parures de cheveux en argent, des nattes, des mentonnières, accrochées de chaque côté de la coiffe ou du bonnet, des chaines et des colliers variés, des bracelets et des bracelets de cheville.


Le Musée
De l’exposition située à l’étage -2, nous gagnons le 7ème étage où se trouve la partie du Musée consacrée à la civilisation arabo-islamique.
Les cultures qui ont précédé l’Islam en Arabie et autour du bassin méditerranéen y sont évoquées : des objets d’art byzantins, coptes, parthes et sammanides illustrent une certaine continuité et une permanence des techniques et des décors.
Au 6ème étage se trouvent sur un mur des images se rapportant à la naissance de l’Islam, ainsi que l’évocation de la salle de prière d’une mosquée ; « petit cabinet » renfermant des calligraphies du Coran où les feuillets et manuscrits du IXème au XIXème siècles sont présentés dans une atmosphère volontairement sacralisée (lumière tamisée, psalmodies du Coran …).

Un arbre généalogique du Prophète, à l’échelle monumentale, situe ses ascendants et ceux de ses descendants qui ont généré une dynastie ou un courant religieux ; de larges vitrines donnant à voir les œuvres réalisées à l’époque des deux grandes dynasties arabes : les Umayyades (661-750) et les Abbassides (750-1517).
Des vitrines spéciales ont été conçues pour mettre en valeur les instruments, notamment les astrolabes. Dans des vitrines-pupitres, des manuscrits et des objets concernant l’astronomie, les mathématiques, la musique, la médecine, la pharmacopée rappellent l’apport des sciences arabo-islamiques aux sciences universelles du moyen Age.

Le 4ème étage reflète l’unité et la variété du monde musulman. La création artistique y apparaît à la fois une et multiple. Influences locales et techniques particulières ont favorisé l’élaboration d’objets. Les œuvres d’art présentées illustrent la création artistique du IXème au XIXème siècles de l’Espagne à l’Inde.

Nous traversons rapidement le 1er étage où l’on retrouve l’art contemporain arabe.
Cet Institut, ce musée, monument moderne, nous montre les diverses facettes du monde arabe : traditions et modernisme.
Un beau musée, agréable à parcourir qui demande à être visité à nouveau.
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