Thèmes : art, histoire, peinture, sculpture, visite.
Visites du vendredi 18 et 25 novembre 1994 au Musée d’Orsay.
Le nu au ruisseau (Gustave Courbet)
Fiche de visite
Depuis Mohamed Ali (1769-1849) connu sous le nom de Méhémet Ali, vice-roi d’Égypte à partir de 1805, il est de tradition que les maîtres de l’Égypte s’entourent de Français : savants et artistes sont invités et accueillis à la cour. Ainsi, Saïd Pacha, vice-roi de 1854 à 1863, est lié d’amitié avec Ferdinand de Lesseps et favorise la vaste entreprise du percement du canal de Suez. Celui-ci fut inauguré, sous le règne d’Ismaël Pacha, le 17 novembre 1869 en présence de nombreuses personnalités européennes dont l’Impératrice Eugénie.
Ismaël Pacha, qui gouverne de 1863 à 1879, désire faire de l’Égypte « une partie de l’Europe » et crée une première école des Arts et Métiers au Caire en 1867. Des sculpteurs français se rendent en Égypte et exécutent des bustes des hauts dignitaires de la cour ou des monuments publics : la statue équestre de Mohamed Ali à Alexandrie est due à Jacquemart, celle de son fils, Ibrahim Pacha à Cordier.
De 1891 à 1897 se tient chaque année à l’Opéra du Caire un salon de peinture où sont présentées des œuvres d’artistes français. A partir de 1900, des clubs éphémères et des hôtes du Caire organisent des expositions d’art moderne occidental. En 1908, le prince Youssef Kamal, membre de la famille régnante, fonde au Caire une école des Beaux-Arts.
En 1923 est créée une société des Amis de l’Art, à la manière de celles qui ont ponctué la vie artistique des villes françaises depuis le XIXème siècle. Mohamed Mahmoud Bey en deviendra le président. Avec son épouse française, il hante les galeries parisiennes. Le 21 octobre 1927, le roi Fouad, élu à l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres de Paris, en qualité de membre associé étranger, déclare : « … ces marques précieuses d’amitié me font espérer, Messieurs, que la collaboration déjà si étroite qui existe entre les élites de nos deux nations deviendra chaque jour plus intime et plus féconde, contribuant ainsi à enrichir le patrimoine de l’humanité ».
Signe de cette collaboration, un conservateur adjoint du Louvre, Louis Hautecoeur, devient directeur des Beaux-Arts du royaume d’Égypte en 1827.
L’évènement marquant de cette période est, en 1928, l’exposition d’Art Français au Caire qui accueille des prêts des musées français et quelques œuvres importantes de Delacroix ou de Courbet.
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La visite
L’exposition parisienne des « Oubliés du Caire », regroupe les chefs d’œuvre du musée Mahmoud Khalil, du musée Guézireh et quelques œuvres orientalistes provenant de la résidence du palais de Manial.
Elle témoigne de la brillante culture de la société francophile et francophone de l’Égypte dans la première moitié de ce siècle et donne un avant-goût de ce que seront, après les travaux de rénovation, les musées du Caire consacrés à l’art occidental et notamment à l’art français du XIXème siècle, romantique, réaliste et impressionniste.
On découvre un univers d’amateurs du XIXème siècle dont les collections se sont trouvées dispersées après la Première Guerre Mondiale, attirant justement l’attention des mécènes égyptiens et de leur administration des Beaux-Arts, soucieuse de constituer sur place, pour servir de modèle aux artistes, des collections semblables à celles des grands musées parisiens.
Cela est net également pour la sculpture. Les bronzes surtout, permettent de suivre l’évolution de cet art, de Barye à Carpeaux, Dalou, Rodin, Bourdelle, avec quelques pièces comme Suzanne surprise de Carpeaux, Danseuse grande arabesque de Degas, ou encore Le bélier rétif de Bourdelle.

Les œuvres des deux musées du Caire sont présentées ensemble à l’exception de deux groupes : les tableaux de fleurs nombreux dans la collection tel Bouquet de fleurs des champs dans un vase d’Adolphe Monticelli, et les sujets orientalistes.
Des artistes, tels Dauzats, Gérôrne, Fromentin, Bely et Régnault (qui devait mourir à Buzenval le 19 janvier 1970) étaient fascinés après Delacroix et Decamps, par la lumière de la Méditerranée, le pittoresque de l’architecture islamique et de la vie populaire.

Aux yeux des autorités égyptiennes, c’est la collection de peintures impressionnistes qui est la plus prestigieuses, avec des chefs d’œuvre comme La vie et la mort de Gauguin, chef d’œuvre symboliste de 1889, ou Un pont sur l’étang aux nymphéas de Claude Monet.

Tous les grands noms sont là : Ingres, Delacroix, les paysagistes de Barbizon dont Millet, Courbet, les impressionnistes Monet, Pissarro, Sisley, Renoir ainsi que Toulouse-Lautrec.
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