Thèmes : art, histoire, société.
Visite des mercredi 8 février 1984 et jeudi 16 février 1984.
Mercredi 8 février et jeudi 16 février, 120 adhérents ont visité le Musée de la Mode et du Costume, 10, avenue Pierre 1er de Serbie à Paris.
L’idée de collectionner des costumes n’est pas évidente chez l’homme. Il collectionnera plus volontiers du mobilier, des tableaux et des sculptures.
Les premiers costumes conservés l’ont été en tant que reliques et sous la révolution, comme souvenir du temps passé.
Au 19e siècle, des peintres historiques cherchèrent dans les greniers des témoignages et des objets authentiques pour donner une crédibilité à leurs tableaux. Ils composèrent des collections d’accessoires, puis se regroupèrent avec des historiens et créèrent la Société des Historiens du Costume. Les membres de cette société s’aperçurent que le costume était un élément qui permettait de juger une civilisation et de suivre les progrès techniques et culturels.
Issu de la Section de Costumes du Musée Carnavalet, un Musée du Costume fut créé en 1956 dans une salle du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris où on pouvait voir une centaine de costumes sur mannequins.
Un changement d’affectation de la salle l’obligea à fermer en 1971 et, pendant six ans, les collections restèrent dans les réserves de l’île Saint-Louis. En 1977, le Conseil de Paris décida l’affectation du rez-de-chaussée du Palais Galliera à ces collections rebaptisées « Musée de la Mode et du Costume ». Celui-ci, depuis février 1978, présente ses collections selon un rythme régulier d’expositions, après une première exceptionnelle pendant l’été 1977.
Les collections se composent de plus de 25000 pièces, dont environ 4000 costumes complets.
La première salle est consacrée au 18e siècle.
La robe qui domina cette époque en France était « la robe à la française ». Elle se distingue par ses grands plis verticaux, appelés plis « vato » (Vato représentait souvent les femmes de dos. Il ne fut pas l’inventeur de cette mode, mais l’un des illustrateurs), et par des engageantes (volants aux manches).
Devant le corsage, se trouve une série de nœuds, dont le dernier en haut du décolleté s’appelle « le parfait consentement ». Cette robe était portée sur une sorte de panier renversé, évasé sur les hanches.
Vers 1785, apparaît « la robe à l’anglaise », évasée à l’arrière. Son corsage est très long et dénué d’engageantes. Cette mode, comme son nom l’indique, provenait d’Angleterre.
A la fin du 18e siècle, les courses de chevaux sont en vogue et la mode du vêtement sport apparait avec, pour les hommes, la culotte courte, la veste et le pardessus de couleur assez vive début du 18e, et plus sobre à la fin.
En 1745, les hommes portaient encore de très larges perruques, ce qui explique l’absence de cols.
En revanche, vers 1780, la perruque est plus courte et le col alors plus élevé. Enfin, vers 1790, la perruque, nouée à l’arrière, dégage le cou.
L’habit possède alors un grand col rabattu.
Les accessoires pour les femmes sont, à l’époque, des éventails et des chapeaux et, pour les hommes, des cannes.

Dans une vitrine sont exposés des gants et des chaussures de la fin du 16e siècle, du 17e siècle et des éventails fin 16e et 18e.
Les chaussures du 18e siècle avaient un talon sous la voûte plantaire, ce qui rendait la marche très difficile mais donnait l’illusion d’un petit pied. Gardant mal leur équilibre, les femmes s’aidaient alors de cannes.
Un très bel éventail (1780) décoré d’un rébus est exposé.
Le Directoire (fin 18e s.), époque des fouilles de Pompéi, est également celle des « incroyables » et des « merveilleuses » qui portaient des robes blanches et unies évoquant l’antiquité.

Nous passons devant une vitrine où sont exposées les bottines de l’Impératrice Joséphine et un petit éventail ayant appartenu à Madame Laetitia, mère de Napoléon.
D’autres vêtements du début du 19e siècle nous sont montrés. La culotte de l’homme est courte. Un mannequin représente un bourgeois riche ; ce n’est pas un aristocrate car il porte un parapluie, preuve qu’il n’avait pas de voiture !

Nous passons devant une tenue de soirée 1er Empire et nous nous arrêtons devant deux robes Restauration de 1822-23. Elles sont chargées, la taille descend et les épaules s’arrondissent. Le pantalon apparaît.

A l’époque Louis Philippe, la taille retrouve progressivement sa hauteur naturelle et la jupe continue à s’évaser avec des volants.
Nous voyons un chapeau ombrelle (1840), la canne de Balzac (emblème du dandy), un escarpin d’Alfred de Musset, une ombrelle, un éventail et des chaussures ayant appartenu à l’Impératrice Eugénie.

La robe 1830 est toujours évasée. Elle ne touche plus le sol car c’est l’époque de la danse (polka…). Les épaules sont très rondes.

La robe de 1850 est à crinoline et recouverte de volants. Pour donner de l’ampleur aux robes on superposait les jupons. Cette tenue était très difficile à supporter en été, au bal…
Plus tard, on les remplaça par un jupon tramé de crin de cheval d’où le nom de crinoline, puis ensuite par des sortes de cages en fer ou en bois.

La robe de 1875 a une grande ampleur à l’arrière mais est très plate devant. Les couleurs sont belles.

Une vitrine renferme de accessoires : bracelets en cheveux, porte-bouquet, carnets de bal, flacons de sac, chatelaines…
En 1883 apparaît la robe à tournure en 1895 la robe princesse.
En 1905, la taille est marquée.

A la fin du 19e siècle, certains pays sont redécouverts, dont la Chine, la Russie et le Japon. Ce dernier va avoir une influence culturelle ; on met des robes d’intérieur « à la japonaise » et les éventails japonais deviennent à la mode.
Un mannequin de petite fille porte une robe Jeanne Lanvin.
Une vitrine renferme diverses pièces de maroquinerie : des bottines (1905), des bottes en caoutchouc que l’on met sur les chaussures, une mallette de voyage de chez Vuitton (1925), un cache poussière, des malles (malles de chaussures, malles à chapeaux, …).
Sur une estrade, des mannequins sont vêtus de costumes d’après-guerre (1919-1920). Une caractéristique fondamentale de cette époque est une transformation du prototype de la femme idéale.
Celle-ci n’est pas, comme par le passé, la femme en pleine maturité, souvent représentée par l’hétaïre plutôt que par la bonne bourgeoise. Maintenant, le modèle de toutes les élégantes est la jeune fille ou la très jeune femme libre.
Elle est haute sur jambes, sans hanches ni poitrine, svelte pour ne pas dire maigre, mais surtout elle est émancipée. Le roman de Victor Marguerite, La Garçonne, fit scandale mais fût un des best-sellers de l’époque car il concrétisa bien ce vent de liberté qui soufflait sur la jeunesse.
La garçonne travaille, a une profession comme un homme.
Les robes charleston apparaissent et, dans les années 30, la robe rallonge. Vers 1939, on revient vers la grande robe du soir semblable à celle du Second Empire.
On s’arrête devant des chaussures de Perugia portées par Mistinguette et une chaussure de Camille di Mauro avec un talon musical.
La robe 1920-1930 pour la journée est assez sobre.
Vers 1939, les épaules deviennent très carrées, les tissus très masculins. Pendant la guerre, ces caractéristiques s’accentuent. Les chaussures sont à semelle de bois, ou en liège.

Deux robes de Chanel. 1918 et 1925
Après la guerre, Christian Dior lance le New Look (1947) et la mode des tailleurs très ajustés.
Un manteau superbe de Piguet est exposé, ainsi que de très belles robes du soir des années 47.
Vers 1965, trois couturiers apparaissent : Pacco Rabane, Courrèges et Cardin. La femme est en robe courte avec des bottes … Puis ce sont les chaussures hautes, les sabots … Quelques mannequins de la mode contemporaine sont également exposés.
La mode commence par bousculer les idées, dix ans après on en rit, trente ans après c’est devenu une pièce de musée …
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