Thèmes : art, histoire, littérature, visite.
Visite des mardi 25 et mercredi 26 janvier 1994
La visite de la Bibliothèque nationale laissa à un certain nombre d’entre nous un sentiment de frustration : on entendait parler de livres, mais on n’en voyait pas et si on en apercevait, il fallait passer bien vite devant les superbes volumes enrichis de somptueuses enluminures, et bien sûr ne pas toucher. On écoutait des explications intéressantes certes, mais surtout consacrées à l’architecture.
Alors, d’un coin de ma bibliothèque, j’ai ressorti une vénérable « Histoire physique, civique et morale de Paris depuis les premiers temps historiques » par Jacques-Antoine Dulaure, architecte et historien qui fut en septembre 1792, nommé député du Puy-de-Dôme à la Convention nationale où il se rallia aux Girondins et vota la mort de Louis XVI. Il survécut à la Révolution et l’Empire.
Enfin, en 1821, il fit paraître son « Histoire de Paris… » que je n’ai pas la chance de posséder, mais dont je possède une édition de 1853 « continuée jusqu’à nos jours par Camille Leynadier ».
1821, Napoléon vient de mourir à Sainte-Hélène. Quelques mots sur le climat de l’époque que nous rappelle Leynadier :
« Dès son apparition, cette histoire fut accueillie avec un esprit de colère par cette classe d’hommes qui après la chute de l’Empire avait pris la tâche de déifier le passé. Le moment était favorable pour jeter à pleines mains de la bave et du fiel sur le livre ».
1852, Napoléon III vient de se faire proclamer Empereur.
Voici donc de larges extraits, mal recousus peut-être, mais conservés dans le style et l’esprit de l’époque, des pages consacrées à la Bibliothèque royale :
« Cette bibliothèque éprouva les vicissitudes du sort et n’obtint une consistance honorable, un haut degré d’utilité, que sous le règne de Louis XI.
« Le roi Jean (Jean Il le Bon) avait une bibliothèque peu nombreuse : elle se composait de 8 à 10 volumes … dont 3 ou 4 livres de dévotion.
« Charles V, son successeur qui aimait la lecture et qui fit faire plusieurs traductions, porta sa collection jusqu’à 910 volumes. Ils étaient placés dans une tour du Louvre appelée « La tour de la librairie ». Gilles Malet, valet de chambre puis maître d’hôtel du roi, eut la garde de ces livres et en composa, en 1373, un inventaire encore conservé à la Bibliothèque royale. Ils consistaient en livres d’église, de prières, de miracles, de vies de saints et surtout en traités d’astrologie, de géomancie et de chiromancie et autres productions des erreurs du temps, erreurs que le roi adoptait.
« Après la mort de Charles V, cette collection de livres fut en partie dispersée et enlevée par les princes ou officiers de la cour. 200 volumes du premier inventaire manquèrent… En 1423 (en partie reconstituée) elle se trouva composée d’environ 850 volumes.
« Cette collection disparut pendant que le duc de Bedford, en qualité de régent de France, séjournait à Paris. Ce prince anglais, en 1429, l’acheta toute entière pour la somme de 1200 livres. Il paraît qu’il en fit transférer une partie en Angleterre.
« Louis XI rassembla les volumes que Charles V avait répartis dans diverses maisons royales, y joignit les livres de son père, ceux de Charles, son frère et ceux du duc de Bourgogne : l’imprimerie qui commença sous son règne à être en usage, contribua à l’accroissement de sa bibliothèque.
« Louis XII fit transporter au château de Blois les volumes que ses deux prédécesseurs Louis XI et Charles VIII avaient rassemblés au Louvre.
« Charles VIII avait réuni à la Bibliothèque royale, celles des rois de Naples. Louis XII l’augmenta de celles que les ducs de Milan possédaient à Pise.
« François 1er en avait commencé une bibliothèque à Fontainebleau, il l’accrut considérablement en y transférant les livres que Louis XII avaient réunis à Blois.
« Cette bibliothèque de Blois dont on fit alors l’inventaire, se composait d’environ 1890 volumes dont 109 imprimés et 38 ou 39 manuscrits grecs apportés de Naples à Blois.
« François 1er enrichit la bibliothèque de Fontainebleau d’environ 60 manuscrits grecs qu’il fit acheter par ses ambassadeurs à Rome et à Venise. Elle s’accrut encore des livres du connétable de Bourbon dont François 1er confisqua tous les biens.
« Henri Il, en 1556, rendit une ordonnance qui serait devenue très profitable si on l’eût exactement observée. Elle enjoignit aux libraires de fournir aux bibliothèques royales un exemplaire en vélin et relié de tous les livres qu’ils imprimeraient par privilège.
« Les règnes suivants, temps de persécutions où l’on emprisonnait et faisait périr sur le bûcher les hommes les plus instruits et les plus probes parce qu’ils étaient soupçonnés de partager ou qu’ils partageaient réellement les opinions des réformés, durent avoir une funeste influence sur la Bibliothèque royale.
« L’affreux cardinal de Lorraine fit emprisonner à la Bastille le premier président du Parlement de Paris qui y mourut de douleur, et sa bibliothèque confisquée fut réunie à celle du roi.
« Henri IV, maître de Paris, ordonna que la bibliothèque de Fontainebleau soit transférée dans sa capitale et déposée dans les bâtiments du collège de Clermont que les Jésuites chassés de Paris et de la France venaient d’évacuer. Cet ordre ne fut exécuté qu’en mai 1595. La Bibliothèque royale fut alors recueillie dans les salles de ce collège.
« Elle s’augmenta vers cette époque d’un grand nombre de livres précieux que Catherine de Médicis s’appropria sous le vain prétexte qu’ils venaient de la bibliothèque des Médicis.
« Les Jésuites furent rappelés en 1604, on leur rendit leur Collège de Clermont et on transféra la bibliothèque dans une salle du cloître du couvent des Cordeliers.
« Henri IV veut faire édifier un autre collège plus magnifique, qui sera appelé « Collège Royal » dans lequel sera mise la bibliothèque du roi ». La mort imprévue de Henri IV laissa ce projet sans exécution : la bibliothèque resta dans le couvent des Cordeliers.
« Sous le règne de Louis XIII, la bibliothèque fut enrichie des livres de l’évêque de Chartres (118 volumes dont 100 manuscrits grecs) et de ceux de l’ambassadeur de Constantinople (108 manuscrits), mais le cardinal de Richelieu s’empara de cette collection, ainsi que de la bibliothèque de la Rochelle, dont il composa la sienne qu’il légua à la Sorbonne.
« Sous ce même la Bibliothèque royale, restée au couvent des Cordeliers, fut transférée dans une grande maison appartenant à ces religieux, et située rue de la Harpe, au-dessus de l’église Saint-Côme. Elle consistait alors d’environ 16 746 volumes, tant manuscrits qu’imprimés.
« Sous le règne de Louis XIV et le ministère de Colbert, cette bibliothèque acquit une consistance et des richesses qu’elle n’avait jamais eues. Pour la première fois rendue accessible au public, elle favorisa puissamment le progrès des connaissances humaines.
« En 1684, on comptait dans la bibliothèque royale 10 542 manuscrits et environ 40 000 imprimés.
« Louvois succéda à Colbert dans la direction de cette bibliothèque. Il chargea les ministres français dans les cours étrangères d’acheter de manuscrits et des imprimés. On en reçut de toutes parts. Le père Mabillon, en voyage en Italie, procura à la bibliothèque plus de 4000 volumes imprimés et plusieurs manuscrits.
« Louvois fit rendre, le 31 mai 1689, un arrêt du conseil tendant à remettre en vigueur l’ordonnance de Henri II qui obligeait les libraires à fournir à la bibliothèque des exemplaires des livres qu’ils faisaient imprimer par privilège, ce qui procura à la bibliothèque une source intarissable de volumes.
« Les savants, envoyés par Colbert dans le Levant, faisaient aussi à leur tour parvenir à la bibliothèque les fruits de leurs investigations. En 1697, le père Bouvet, missionnaire, apporta 42 volumes chinois que l’Empereur de Chine envoyait en présent au roi. En 1700, l’archevêque de Reims donna 500 manuscrits, et les dons affluèrent de toutes parts.
« Une caisse était déposée à la douane depuis 15 ans sans être réclamée. On la fit enfin ouvrir : elle contenait 14 portefeuilles remplis de livres tartares qui furent remis en 1708 à la bibliothèque.
« Tous les jours, des legs, des présents, des acquisitions et des tributs de la librairie augmentaient ce précieux dépôt des erreurs, des vérités et des connaissances humaines.
« Le changement le plus notable fut, sous le règne de Louis XIV, la translation de la rue de la Harpe dans la rue Vivienne. La bibliothèque était devenue trop nombreuse pour être contenue dans le local qu’elle occupait. En 1666, Colbert acheta deux maisons voisines de son hôtel, rue Vivienne, les livres y furent transportés.
« Sous la régence du duc d’Orléans, le local de cette collection toujours croissante étant insuffisant, on s’occupa de la placer ailleurs.
« Il existait dans la rue Richelieu un hôtel immense qui portait le titre de palais, qu’avait fait construire et autrefois habité le cardinal Mazarin. Cet hôtel était encore plus remarquable par son extrême magnificence et par les objets rares et précieux qu’il contenait, que par son étendue.
« Après le mort de Mazarin, il fut divisé en deux parties : l’une porta le nom de hôtel de Mazarin jusqu’en 1719 où le roi en fit l’acquisition pour le donner à la Compagnie des Indes, avant de devenir la Bourse, et l’autre devint l’hôtel de Nevers, on y avait placé la banque du système de Law. Cette banque, ruinée de fond en comble, laissait un local vide.
« L’abbé Bignon, bibliothécaire, décida le régent à ordonner, en 1721, que la bibliothèque soit placée à l’hôtel de Nevers. Le 16 mai 1724, par lettres-patentes, le roi affecta à perpétuité cet hôtel à l’emplacement de sa bibliothèque.
« Il est remarquable de constater que cette bibliothèque fut déposée dans la partie du palais Mazarin où ce cardinal avait eu la sienne.
La visite
Le saint des saints, la grande salle de lecture, œuvre de l’architecte Labrouste, est conçue selon le style des structures en fer du Second Empire. La voûte est inspirée de Sainte-Sophie de Constantinople.
Le catalogue de la salle Labrouste, le « fichier » comme disent les profanes, est déjà partiellement informatisé. Dès 1994, les bases d’une informatisation complète (7 millions de « fiches ») seront posées. C’est l’une des retombées très positives du financement du projet de la Bibliothèque Nationale de France (à Tolbiac).
Seul inconvénient de cette salle harmonieuse de Labrouste, on n’y dénombre que 360 places assises. Le nouveau site de Tolbiac comprendra 1500 places « recherche » et 1500 places « grand public ».
Dans la salle des catalogues, une batterie de cinq ou six écrans permet aux amateurs de prendre connaissance de presque toutes les grandes bases bibliographiques du monde, tant germaniques qu’anglosaxonnes : soit un catalogue électronique de 25 millions de fiches, accessible et consultable à tout instant.
Des dizaines de milliers de volumes, dont le médiocre papier, depuis 1860, a mal vieilli, sont microfilmés dans la salle des microformes ou microfiches.
La réserve des livres précieux, des incunables, des belles reliures modernes ou anciennes, inclut, à titre purement décoratif, une étonnante bibliothèque de marbre, des dizaines de volumes en pierre de toutes les couleurs, œuvres d’un collectionneur belge et d’un couple de sculpteurs allemands,
La salle des périodiques ou « salle ovale » fut longtemps, par la volonté de Napoléon III, une salle « grand public » équivalent, en plus petit, à ce que sera bientôt le « haut jardin » de Tolbiac. La pression démographique de trop nombreux lecteurs chercheurs de haut niveau a mis fin vers 1940 à cette vocation, et la salle ovale abrite aujourd’hui des périodiques de toute sorte, depuis le quotidien jusqu’au mensuel.
Le département des médailles et monnaies présente notamment le plus grand camée du monde.
L’accès au département des manuscrits est réservé à quelques personnes éminentes, tant les plus beaux de ces ouvrages sont fragiles.
La section des cartes et des plans présente les cartes marines, sur peau de mouton, des premiers navigateurs de la fin du Moyen-Age, le département des estampes est riche de millions d’images, tant gravures que photographies.
Dans le département informatique, des ordinateurs sont disposés en rang d’oignons, juxtaposés les uns aux autres comme des machines à laver, mais infiniment plus complexes.
La Bibliothèque nationale est l’une des cinq plus grandes du monde avec la Librairie du Congrès, la New York Public Library, Harvard et la British Library.
Seuls les livres et l’audio-visuel vont déménager vers Tolbiac, en rive gauche, soit onze millions de volumes. Les départements spécialisés (manuscrits, médailles, estampes, etc.) vont demeurer à Richelieu qui deviendra alors la Bibliothèque nationale des Arts. Elle pourra redéployer tous ses trésors dans un espace rénové, apte à les mettre en valeur.
**
•
ANNEXE
DES CHIFFRES ET DES LETTRES
1476, c’est la date du premier livre imprimé en français : « Les chroniques de France », qui relatent les règnes des rois de France depuis le XIIème siècle.
66 millions d’exemplaires pour le « Livre Guinness des records », l’ouvrage le plus vendu après la Bible et le petit livre rouge de Mao.
1800 comédies et 400 drames écrits par l’Espagnol Lope de Vega, le plus fécond des auteurs.
500 millions d’exemplaires vendus par Simenon (dont 100 millions en France) traduit en 28 langues.
4 millions d’exemplaires pour « L’Etranger » de Camus. Le « Poche » le plus vendu.
1 seul exemplaire pour « L’Apocalypse », édité par Joseph Forest. Illustré par 54 peintres, le volume pèse 210 kilos et est coté plus de 5 millions de francs.
26 % des Français n’ont jamais ouvert un livre.
Moins de 20 % des Français lisent plus de 25 livres par an.
354,5 millions de livres soit 217 000 tonnes sont sortis des presses françaises en 1992 pour 38 616 titres différents.
800 000 livres sont vendus chaque jour.
80 000 nouveaux titres dont déposés chaque année à la B.N.
La France est le quatrième pays pour la diffusion internationale de livres, derrière les Etats-Unis, la Grande Bretagne et l’Allemagne.
Il existe environ 25 000 points de vente en France, des rayons de grandes surfaces aux papeteries en passant par les kiosques et les gares, mais on ne recense que 861 librairies dont la moitié se trouve à Paris.
***
*
FICHE DE VISITE
LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE, MÉMOIRE DE LA FRANCE
Une leçon d’histoire qui commence avec Charles V le Sage, le roi intellectuel (1364). Tout jeune il avait été très malade, on avait même supposé que le roi de Navarre avait voulu l’empoisonner :
« Toute sa vie il demeura très pâle et très maigre » rapporte Christine de Pisan, une vénitienne transplantée en France, chroniqueur du roi, « la main droite si enflée que pesante chose lui était non possible à manier ».
Il ne pouvait donc pas être un roi-soldat, il fut un roi savant, il passait « le plus de temps à recoi (repos) en ses riches palais ». Son goût profond pour la lecture le poussa à établir dans une tour du Louvre, une bibliothèque ou, comme l’on disait alors, « une librairie » de 973 volumes.
Cet embryon de la Bibliothèque royale s’enrichit sous Henri IV des 800 manuscrits dont Catherine de Médicis avait hérité.
En 1664, Mazarin acquit l’Hôtel Tubeuf. Au fond du jardin, le bel édifice élevé par François Mansart pour abriter les collections du cardinal renferme la fameuse « Galerie Mazarine ».
Pendant la Révolution, la suppression des établissements religieux fait entrer dans ses dépôts une masse de collections précieuses conservées jusque-là par les chapitres et les couvents, notamment plus de 9000 volumes provenant de Saint-Germain-des-Prés.
La Bibliothèque royale devint ensuite Bibliothèque impériale, puis nationale.
Actuellement, avec onze millions de volumes, elle est une des cinq grandes bibliothèques en Occident, un des établissements les plus modernes du monde.
Suivons Emmanuel Le Roy-Ladurie, administrateur de la Bibliothèque nationale jusqu’à ces derniers jours :
« Pour comprendre la Bibliothèque nationale, dit-il, la meilleure solution consiste à se placer, comme je le fais souvent, un peu avant 9 heures du matin à l’entrée du hall qui précède la salle Labrouste, le « saint des saints », la salle de lecture des imprimés, conçue selon le style des structures en fer du Second Empire dont la voûte serait inspirée de Sainte-Sophie de Constantinople ».
« Sous la salle Labrouste, à l’étage inférieur, nous sommes dans la salle des catalogues hors la lumière du jour, modernité oblige, un catalogue électronique de 25 millions de fiches permet de prendre connaissance de presque toutes les grandes bases bibliographiques du monde. Qui parlera encore de la « vieille dame » de la rue Richelieu ou des « dinosaures » de la Bibliothèque nationale ? ».
« La salle ovale abrite des périodiques de toutes sortes, toute la mémoire de la presse française y est conservée et consultable, depuis « la gazette » de Théophraste Renaudot, ami du cardinal, jusqu’au mensuel, en passant par la célèbre feuille de chou bissextile qui ne paraît que tous les ans, chaque 29 février, intitulée « La bougie du sapeur ».
« N’oublions pas les deux cavernes d’Ali Baba :
. celle des médailles et des monnaies, où on peut s’extasier sur le plus grand camée du monde qui transita sur le lignage impérial de Rome jusqu’ à la Saint Chapelle.
. celle du département des manuscrits, des volumes enluminés, des estampes ».
« Mazarin disait, paraît-il : « Il faudra donc quitter tout cela ? ». Seuls les livres et l’audio-visuel déménagent vers Tolbiac. Les départements spécialisés (manuscrits, médailles, estampes, etc.) demeureront « in situ » à Richelieu.
Citons à nouveau Emmanuel Leroy-Ladurie : « Nous venons de retrouver à la B.N.F le sens de l’unité perdue, l’unicité de la robe sans couture. Nous ne faisons plus qu’un ou ne ferons désormais plus qu’un avec nos amis de la B.D.F car B.N + B.D.F = B.N.F ».
« Ma loyauté est totale vis-à-vis du projet Tolbiac. J’ai ma carte de lecteur dans la poche : n° 0940309801. Jean Favier est un ami et je suis très heureux de lui transmettre mes pouvoirs ».
Sans oublier le vers de Corneille :
« Et l’on doit ce respect au pouvoir absolu, »
« de ne discuter rien quand un roi l’a voulu ».
Monique Broutin
Découvrez + de 1100 textes des conférences du CDI sur le site du CDI de Garches
Vos commentaires et vos conseils contribuent à l’amélioration de nos parutions.
Vous disposez de l’espace « COMMENTAIRES » ci-dessous pour les exprimer.
Merci et à bientôt pour votre prochaine visite.




Laisser un commentaire