Thèmes : art, histoire.
Conférence du mercredi 4 juin 1980.
Le Cercle a passé, le mercredi 4 Juin, un merveilleux après-midi Beauvais. Deux guides, de haute compétence, ont dirigé les quarante-six membres du groupe dans la cathédrale et galerie nationale de la tapisserie.
Le centre de Beauvais a été ravagé par les bombardements de juin 1940 (6 au 9) ; 2 000 maisons disparues dont 75 classées parmi les monuments historiques. Mais la cathédrale Saint Pierre, malgré 8 bombes sur ses voûtes, est restée debout.
La reconstruction de la Ville, fort bien étudiée, a contribué à la mettre en valeur en la dégageant.
LA CATHÉDRALE SAINT PIERRE.
Son histoire est des plus mouvementée : drames techniques successifs ; drame financier permanent ; lutte des architectes et des évêques pendant 4 siècles ; et finalement, abandon du projet gigantesque initial ; de telle sorte que la cathédrale est inachevée : elle n’a pas de nef.
A côté de Saint Pierre subsiste la nef de l’ancienne cathédrale ; elle date de l’époque carolingienne et est construite en petits matériau x provenant du mur de l’enceinte romaine. On l’appelle Basse-Œuvre ; on la voit bien de la courette du cloître dans lequel on accède de l’intérieur de la cathédrale.
Le chœur : construction commencée en 1247, dans un beau style gothique, comme un défi ; il fallait dépasser Amiens commencé 27 ans plus tôt.
- Hauteur sous clé de voûte de : 48,20 m (Amiens 42 m),
- Hauteur du faîte du toit : 68 m,
- Durée des travaux : 25 ans.
Mais les piliers sont trop espacés et les culées des contreforts trop légères : en 1284, un éboulement se produit. 40 ans de nouveaux crédits et de nouveaux travaux : 4 piliers supplémentaires apportent leur soutien, les arcs-boutants sont multipliés, les culées sont largement alourdies.
La guerre de cent ans interrompt les travaux.
Ils reprennent, mais au lieu de songer à la nef, on décide d’élever à la croisée du transept une tour ajourée haute de 153 m, (Strasbourg 142 m). L’absence de nef ne contrebute pas les poussées : en 1573, le jour de l’Ascension, trois piliers cèdent : la tour s’effondre.
Un condamné à mort a la vie sauve car, au péril de sa vie, abat les derniers pans de la tour restés debout.
C’est fini : il n’y aura jamais de nef ni de flèche. (fig.)
La hauteur du chœur est impressionnante ; il est particulièrement bien éclairé par de grandes fenêtres hautes de 18 m. Des vitraux d’époque ont été reposés. Neuf chapelles ouvrent sur le déambulatoire.
Le transept manque d’ampleur par rapport au chœur.
Le portail sud est richement décoré ; celui du nord moins.
Les horloges sont au nombre de deux, côte à côte, sur le côté du chœur.
- l’horloge à carillon du XIVe siècle, construite par des artisans de 1302 à 1304 ; malgré d’importantes transformations, de nombreuses pièces sont d’origine.
Dans une cage en fer se trouvent tous les mécanismes, souvent d’allure grossière : engrenage à lanterne, « coins » fichés dans un cylindre de bois, échappement à chevilles …
L’horloge sonne les quarts, les demies, les heures et indique les mouvements de la lune.
- l’horloge astronomique : c’est une horloge monumentale, haute de 12 m, large de plus de 5 m – haute de près de 3m.
Elle fut exécutée par un beauvaisien, Auguste Vérité, de mars 1856 à septembre 1860 ; il exécuta 30000 pièces qui animent les aiguilles de 72 cadrans. La décrire entièrement est impossible en quelques lignes.
Un pendule de 45 kg, dont la longueur est insensible aux variations de température, est le régulateur de la marche des aiguilles. Un échappement non seulement entretient les oscillations du pendule mais aussi les compte.
Les cadrans donnent l’heure de nombreuses villes du monde, reproduisent les mouvements des astres et des marées.
Au sommet trônent Jésus Christ et diverses figures animées qui reproduisent la scène du Jugement. Nous avons entendu la voix éraillée du coq, les trompettes, et le coup de tonnerre.
Tout cela représente un énorme travail qui a exigé des connaissances en mécanique, en astronomie et une habileté technique peu commune.
LA GALERIE NATIONALE DE LA TAPISSERIE.
La manufacture de la tapisserie, détruite en juin 1940, n’a pas été reconstruite ; elle est maintenant définitivement installée, sous le nom de Beauvais, dans un enclos de la manufacture des Gobelins à Paris.
Par décision d’André Malraux, en 1964, et pour permettre à Beauvais de renouer avec son prestigieux passé, on a créé la galerie nationale de la tapisserie.
Elle a été construite sur un terrain, tout proche de la cathédrale, que les bombardements avaient « déblayé ». Les fouilles ont mis à jour de nombreux fragments d’édifices romains et gallo-romains ; ces vestiges sont conservés, en situation, dans une sorte de crypte ; les visiteurs voient le champ de fouilles au travers de parois vitrées ; au sous-sol, nous avons remarqué l’infrastructure de la dernière tour du rempart qui entourait la cité gallo-romaine.
On a construit un bâtiment bas qui ne peut entrer en conflit avec la haute masse de la cathédrale.
Le bâtiment comprend :
- un ensemble d’exposition, les tapisseries peuvent être suspendues sur 400 m de cimaises,
- un auditorium permettant de recevoir 250 personnes,
- un atelier de tissage abritant 4 métiers de basselisse animés par des lissiers venus de Paris et plus précisément de la manufacture de Beauvais.
Notre guide nous fit un bon exposé sur les techniques de la tapisserie : chaine, trame, haute lisse, basse lisse, carton, passée, marches, peigne, etc. Il nous fit remarquer que la tapisserie n’est ni canevas, ni broderie (la « tapisserie » de Bayeux est de la broderie).
Nous parcourûmes les salles dans un ordre qui retraça l’évolution des tapisseries :
- d’abord inspirées par l’Antiquité et par les scènes de chasse et de guerre,
- puis par un retour à la nature,
- aujourd’hui, on se tourne vers de grandes compositions murales, sous l’impulsion de Matisse, de Picasso, où l’on songe surtout à des harmonies de couleurs plutôt qu’à des représentations de formes.
Le groupe, parti de Garches à 12h30, y est revenu à 20h, longue excursion qui a rendu tout le monde heureux.
Découvrez + de 1100 textes des conférences du CDI sur le site du CDI de Garches
Vos commentaires et vos conseils contribuent à l’amélioration de nos parutions.
Vous disposez de l’espace « COMMENTAIRES » ci-dessous pour les exprimer.
Merci et à bientôt pour votre prochaine visite.


Laisser un commentaire