SAINT-PÉTERSBOURG

 

Thèmes : Art, Géographie, Histoire.
Conférence du mardi 29 avril 1997

Par Angélique Sansigolo.

 

Avant le départ de 47 adhérents du C.D.I. à Saint-Pétersbourg, et afin de permettre à ceux d’entre nous qui n’auront pas la chance de découvrir cette très belle ville, Angélique Sansigolo est venue nous présenter, au travers de nombreuses diapos, quelques-unes des richesses de l’ancienne capitale de la Russie.

Une brochure a été remise à chacun des voyageurs et nous vous en proposons les principaux chapitres.

Saint-Pétersbourg reçoit son nom, d’origine allemande, au moment de sa fondation, en 1703. En 1914, il prend la forme russe de Pétrograd, puis devient Léningrad en 1924. Enfin, en 1991, ses habitants expriment par référendum leur désir de voir leur ville reprendre son nom d’origine. D’une manière affectueuse, les vrais Pétersbourgeois nomment leur ville « Pirtèr ».

Elle se situe au bord de la mer Baltique, à l’embouchure de la Neva. Celle-ci, véritable déversoir de l’immense lac Lagoda, est longue de 74 km et atteint par endroits 1 300 m de large. Elle se jette dans le golfe de Finlande. Divisée en trois bras – la Grande Neva, la Petite Neva et la Grande Nevka), elle possède de nombreuses ramifications qui baignent une quarantaine d’îles. L’eau représente une menace permanente pour la ville. Ainsi la cité a-t-elle été dévastée plus de 250 fois au cours de son histoire. Une digue de 25 km, édifiée en 1966 à permis de la protéger des crues.

Saint-Pétersbourg et sa banlieue s’étendent sur un peu plus de 600 dont 58 km’ de rivières et de plans d’eau. L’agglomération comporte 16 arrondissements dénommés « côtés ». La cité est administrée par le Conseil de la ville à la tête duquel se trouve le maire.

 

***

 

Peuplée en majorité de Russes, la ville compte aussi des Ukrainiens, des Lituaniens, des Lettons, des Arméniens et quelques autres nationalités. Depuis la fondation de Saint-Pétersbourg, le nombre d’habitants est passé de 70 000 en 1725 à 515000 en 1835 (alors que Moscou n’en dénombre que 300 000). La guerre de 14-18 et le transfert de la capitale interrompent cet essor. Après la deuxième guerre mondiale, le développement reprend et la population atteint 3,4 millions en 1959. Chiffrée aujourd’hui à plus de 5 millions, elle ne cesse de s’accroître régulièrement.

Après la révolution de 1917, le clergé est déporté, les églises sont fermées, transformées en musées ou détruites. En 1990, la liberté de religion est rétablie. Les églises sont remises en état et rendues au culte, la bible est réimprimée. L’église orthodoxe connaît depuis lors un grand succès.

Saint-Pétersbourg est la seconde ville industrielle du pays après Moscou. Les usines sont essentiellement concentrées à la périphérie mais les changements économiques ainsi que la fermeture d’usines militaires et d’industrie lourde ont entraîné le développement du chômage.

 

***

 

Avant que Pierre le Grand ordonne, en 1703, de construire une forteresse sur l’Île aux Lièvres, au plus large de l’embouchure de la Neva, ces lieux étaient habités depuis le milieu du 1er millénaire avant J.-C. par les tribus slaves. La ville fut construite dans des conditions extrêmement pénibles par des milliers de serfs.

Le rêve du tsar est de construire un grand port sur la Baltique. Il sera « une fenêtre sur l’Europe » (Pouchkine), une ouverture sur l’Occident. Pierre Le Grand voulait un bastion sur son pays et un point d’appui qui serait un verrou sur l’estuaire de la Neva. Il avait vu juste : au cours des siècles, aucun envahisseur ne put s’emparer de Saint-Pétersbourg.

La construction de la ville est menée tambour battant. Un décret oblige chacun de ses habitants à fournir cent pierres par an sous peine d’amende. 50 000 hommes participent à l’édification de la cité, dans des conditions que le terrain marécageux infesté de moustiques rend très pénibles. Installés dans des camps, les artisans et la basse main d’œuvre travaillent sous la contrainte. Les nobles acceptent la capitale à contrecœur. Un décret, qui ne sera levé qu’en 1741, interdit toute construction en pierre en dehors de Saint-Pétersbourg.

A la mort de Pierre le Grand en 1725, Saint-Pétersbourg compte déjà 75 000 habitants.

En 1824, la Neva enregistre la plus forte crue de son histoire (4 m au-dessus du niveau de la mer). Le fleuve dévaste la ville, emportant d’innombrables habitations et des milliers de personnes.

 

***

 

L’Histoire de Saint-Pétersbourg est inséparable de celle du développement du mouvement révolutionnaire en Russie. En décembre 1825, des révolutionnaires russes issus de la noblesse organisèrent une insurrection armée pour abolir le tsarisme et le servage. Ils obligèrent le Sénat à ne pas prêter serment à Nicolas 1er, nouvel empereur, à abolir par voie législative le pouvoir tsariste et à donner une constitution à la Russie.

Cette révolte fut sévèrement réprimée. Ces combattants courageux sont rentrés dans l’Histoire sous le nom de Décembristes. Vers 1870, des démocrates révolutionnaires poursuivirent l’œuvre des Décembristes. Ils connurent aussi un échec mais contribuèrent néanmoins au développement du mouvement révolutionnaire en Russie.

La première révolution russe éclata en 1905. Les événements du 9 janvier à Saint-Pétersbourg en marquèrent le commencement. La troupe fit feu sur le peuple qui se dirigeait, sans armes, vers le Palais d’Hiver pour y déposer une pétition. Les ouvriers répondirent par une résistance armée et des grèves qui se répandirent dans tout le pays. Le 24 octobre (6 novembre) 1917 une insurrection armée, dirigée par Lénine commença à Petrograd. Dans la nuit du 26 octobre (8 novembre), les insurgés s’emparèrent du Palais d’Hiver. Le IIème congrès des soviets de Russie consacra législativement la victoire de la Révolution et forma le gouvernement soviétique. La capitale fut transférée à Moscou.

Le 26 janvier 1924, cinq jours après la mort de Lénine, la ville est baptisée Leningrad.

Le 22 juin 1941, l’Allemagne hitlérienne attaque l’Union soviétique. Au mois de septembre, Léningrad est encerclée. Le siège va durer 900 jours jusqu’en janvier 1944. 650 000 personnes périrent de froid, de faim, sous les obus et les bombes.

 

La visite de la ville

L’île aux Lièvres

Elle est entièrement occupée par la forteresse Pierre-et-Paul qui était à Saint-Pétersbourg ce que le Kremlin est à Moscou. Appelée « La Bastille », la forteresse fut une prison pendant 200 ans. De la porte Saint-Pierre, une allée conduit au monument le plus précieux de la forteresse, la Cathédrale Saints-Pierre­et-Paul, crypte impériale des Romanov, de Pierre le Grand à Alexandre III.

L’île de la Cité

C’est sur le quai Pétrovskaïa que se trouve la première habitation de Saint-Pétersbourg, la Maisonnette de Pierre 1er, d’où il pouvait aisément surveiller les travaux de la forteresse et des édifices avoisinants. Cette maison fut construite en quelques jours.

L’île Vassilievski

La situation géographique avantageuse de l’île avait été immédiatement appréciée par Pierre 1er qui avait décidé d’implanter là le centre administratif de la nouvelle capitale de Russie. La pointe de l’île est appelée à juste titre « quartier des musées ». Il y a là, en effet, huit musées.

Le musée de l’Ermitage

L’Ermitage était la résidence d’hiver des Romanov. Il contient une des plus riches collections d’œuvres d’art du monde. Il offre plus de 350 salles d’exposition qui rassemblent environ 2,7 millions de pièces. Les peintures françaises occupent à elles seules 43 salles et font de l’Ermitage le premier musée de peinture française à l’étranger.

Le Palais Pavlovsk

Si ce palais évoque la Grande Catherine, tout ici rappelle le souvenir de l’Impératrice Marie Fédorovna, femme de Paul 1er. Née Princesse de Wurtemberg, elle a été élevée en France, au château de Montbéliard. Toute sa vie d’Allemande sentimentale s’est écoulée dans ce décor. Ce Palais rassemble un véritable trésor d’œuvres d’art inestimables. Catherine II offrit les terres.

Le Palais et les jardins Pouchkine

A une trentaine de kilomètres de Saint-Pétersbourg, Pouchkine était une résidence de banlieue. En 1710, Pierre le Grand en fait don à sa femme Catherine. Dès 1716, il porte le nom de Tsarskoïe Selo. Catherine fit modifier l’ordonnance intérieure des appartements par l’architecte écossais Cameron, grand admirateur de la Rome antique.

Le Parc est remarquable surtout parce qu’il marie des styles différents : jardins à la française, à l’anglaise, à l’italienne.

De la Perspective Nevski à la Cathédrale Saint-Isaac

La Perspective Nevski est à Saint-Pétersbourg ce que les Champs-Elysées sont à Paris. Elle s’étend de l’ouest à l’est sur presque 4,5 km. « La Perspective Nevski est comme un genre de résumé de tout Pétersbourg » a écrit Théophile Gautier, au milieu du siècle dernier.

La cathédrale Saint-Nicolas des Marins

Situé dans l’ancien quartier des gens de mer – matelots ou ouvriers du chantier naval -, l’édifice fut tout naturellement consacré à Saint-Nicolas, patron des marins. L’intérieur est divisé en deux : un rez-de-chaussée chauffé pendant l’hiver, et un premier étage, plus accueillant, ouvert en été. C’est à ce niveau qu’on découvre le joyau de l’église : une iconostase en bois doré, ornée d’icônes du XVIIIème siècle.

La cathédrale Saint-Isaac

Elle est la plus grande et la plus somptueuse de Saint-Pétersbourg. Avec ses 111 m de long, 97 m de large et 101,5 m de haut, elle est la troisième des églises à coupole dans le monde, après la basilique Saint-Pierre de Rome et la cathédrale Saint-Paul de Londres.

Petrovorets

La plus prestigieuse des villes-musées de la banlieue de Saint-Pétersbourg, à 30 km de la ville, sur le golfe de Finlande, s’étend sur environ 1 000 hectares. Avec ses châteaux, ses pavillons, ses jardins à la française aménagés de fontaines et de cascades, Petrodvorets rappelle irrésistiblement Versailles. L’ensemble comprend 7 parcs et plus de 20 palais et pavillons.

Le Palais Youssoupov

Aux XVIIIème et XIXème siècles, les princes Youssoupov, l’une des familles les plus riches de Russie, possédaient quatre palais à Saint-Pétersbourg. Celui-ci, qui accueille aujourd’hui le centre culturel des enseignants, est fastueusement décoré. Une salle de théâtre pouvant accueillir 200 personnes y a été aménagée.

Ce palais a vu la fin de Grigori Novikh, le célèbre Raspoutine, en décembre 1916. En 1905, ce paysan illettré, devenu moine, sut gagner la confiance de l’impératrice et parvint peu à peu à influencer la politique du tsar. En 1916, il impose son candidat à la présidence du Conseil, mais le parlement se soulève. Après trois tentatives d’assassinat (par le poison, par balles et par noyade), il est finalement abattu par le prince Youssoupov et le grand-duc Dimitri.

C’est dans ce palais que les adhérents du C.D.I. participant à ce voyage assisteront à un concert.

 

***

 

ANNEXE

Les grandes dates de l’histoire de Saint-Pétersbourg

10 mai 1703 Pose de la premiére pierre de la forteresse russe
1712 La ville devient capitale de l’Etat russe
1725 Fondation de l’Académie des Sciences
1777 Saint-Pétersbourg sous les eaux
1824 de nouveau Saint-Pétersbourg sous les eaux
14 décembre 1925 Révolte des Décembristes
1878 Création de l’Union du Nord
9 janvier 1905 Dimanche sanglant
1905-1907 Première révolution russe
18 août 1914 Saint-Pétersbourg devient Petrograd
27 février 1917 Révolution démocratique bourgeoise
7 novembre 1917 Grande révolution socialiste d’Octobre
10 mars 1918 Le gouvernement soviétique part pour Moscou
21janvier 1924 Mort de Lénine
26 janvier 1924 Pétrograd devient Leningrad
1924 Leningrad sous les eaux
1926 Premiers autobus
1931 L’usine Ijorski construit le premier laminoir de Russie
1936 Premiers trolleybus
8 septembre 1941 Début du siège de la ville par les Allemands
27 janvier 1944 Fin du siège
1955 Première ligne de métropolitain
1965 La ville reçoit le titre de Ville-Héros
1991 Référendum qui a rendu son nom initial à la ville
22 décembre 1991 11 républiques fondent la C.E. !.
12 décembre 1993 Les Pétersbourgeois votent pour le nouveau Parlement, la Douma.
La nouvelle constitution de la Russie est adoptée

 

Découvrez + de 1100 textes des conférences du CDI sur le site du CDI de Garches 

Vos commentaires et vos conseils, contribuent à l’amélioration de nos parutions.
Vous disposez de l’espace « COMMENTAIRES » ci-dessous pour les exprimer.
Merci  et à bientôt pour votre prochaine visite.

 

 

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.