Thèmes : Arts, Histoire, Musique
Visite du mardi 10 juin 1980.
Le mardi 10 juin, quatre-vingts membres du Cercle visitèrent l’Opéra sous la conduite de trois guides de grande compétence.
La place de l’Opéra est dominée par la masse imposante de l’Opéra. Elle est le carrefour de voies très importantes qui se détachent en éventail : la rue de la Paix, l‘avenue de l’Opéra, la rue du 4 septembre, le boulevard des Capucines. L’Opéra lui-même est délimité par des rues qui portent les noms de compositeurs et librettistes : Aubert, Glück, Halévy, Scribe.
L’idée de bâtir un nouvel Opéra prend corps en 1857 ; après plusieurs hésitations, un concours est ouvert en 1860 ; parmi 171 concurrents, la palme revient à un jeune architecte de 35 ans, grand prix de Rome de 1848, Charles GARNIER. Garnier dessine 33 km de plans ; la première pierre est posée en 1862 ; la salle sera inaugurée en 1875 sous la présidence de Mac-Mahon (l’ »inventeur » du projet était Napoléon III … mais Sedan l’avait éclipsé).
Garnier avait rêvé de créer un style Napoléon III, s’opposant aux pastiches d’œuvres anciennes. Mais il dut subir les conditions de l’époque :
- on craignait les attentats : on dessina une voie directe entre le Palais des Tuileries, habité par l’Empereur, large, sans arbres : ce fut l’avenue de l’Opéra, la seule avenue de Paris sans arbres ;
- on craignait les incendies (plusieurs salles de spectacles, en particulier celle de la rue Le Pelletier, avaient brûlé ; en outre, c’est devant cette salle qu’avait eu lieu l’attentat d’Orsini, le 14 janvier 1858, contre Napoléon III et l‘Impératrice Eugénie. Aussi Garnier utilise-t-il largement le fer, pour la carcasse inférieure du nouvel Opéra.
- en outre, on venait à l’Opéra, sans doute pour voir et pour entendre, mais plus encore pour se faire voir et se faire valoir ; il fallait faire riche, faire grandiose. Tant pis si de trop de loges on ne pouvait voir la scène … alors on y jouait aux cartes, et d’un coup de sonnette on appelait le glacier. Le théâtre a été conçu dans la période la plus brillante du Second Empire, il ne fut pas un théâtre populaire.
Le travail de fondation fut gêné par la présence d’une nappe d’eau dans le sous-sol ; on pompa en vain ; après deux ans de lutte, et des crises de découragement, on surmonta les difficultés par un cuvelage de béton, aux murs épais de 3 mètres ; cette cuve est remplie d’eau : c’est ce qui fait dire qu’il y a un lac sous l’Opéra sur lequel on peut se promener en barque (ce que nous n’avons pas fait).
L’Opéra a fait l’objet de nombreuses critiques : réminiscences de palais italiens, construction plus fastueuse que belle, polychromie et décoration d’une lourde richesse. Il n’en reste pas moins que l’édifice est digne d’admiration ; le plus grand du monde pour la superficie totale 11.000 m2,
L’EXTÉRIEUR.
Un perron de dix marches – des arcades – un alignement de statues et de groupes, le groupe le plus célèbre par son frémissement de vie étant la Danse de Carpeaux. Au premier étage, une majestueuse loggia sur laquelle on accède par le foyer.
Sur la gauche, le pavillon des abonnés dans la cour duquel les voitures pouvaient pénétrer. La façade postérieure donne sur le boulevard Hausmann : c’est l‘entrée des administrateurs, des artistes, des décors. La rue Scribe longe le pavillon de l’Empereur : une double rampe permettait aux voitures du souverain d’accéder directement à l’étage des loges (ce pavillon actuellement par la bibliothèque et le musée).
L’INTÉRIEUR.
Nous y avons rencontré un nombre invraisemblable de portes, d’escaliers, de couloirs, de câbles électriques serpentant sur les planchers tout en bois. Sans guide, nous nous serions perdus.
La salle : cette profusion de dépendances fait que la salle est relativement petite, plus petite que la scène, et ne renferme que 2158 places (3600 au Châtelet).
Dans cette salle, il y a 5 étages de loges ; chaque loge est spacieuse (notre groupe de 28 personnes s’y tenait à l’aise, mais seules les personnes du premier rang pouvaient apercevoir la scène).
Décoration rouge et or. Huit grandes colonnes supportent la coupole décorée par LENEPNEU, décoration reprise depuis peu par CHAGALL … mais cette reprise est faite sur plaques de cuivre démontables, ce qui permettrait de retrouver la décoration initiale … sage précaution !
La salle est éclairée par un lustre magnifique où l’électricité a remplacé le gaz, ce qui a permis de supprimer la ventilation de la salle par le haut.
Le grand escalier est somptueux ; large de 10 m à sa base ; marches en marbre blanc ; balustrade en onyx ; il se bifurque au 1er étage.
Le grand foyer, long de 54 m, orné de peintures allégoriques ; sept portes vitrées le font communiquer avec la loggia et permettent d’avoir une belle vue sur l’avenue et la place de l’Opéra.
Devant la porte du milieu, un buste de Garnier dont l’emplacement malheureux (à contre-jour) aurait été choisi par son fils,
L’avant-foyer dont la voûte est revêtue, chose unique, de mosaïque ; dans une inscription d’aspect arabe (?) Garnier a daté et signé son œuvre.
La scène, immense, large de 52 m, profonde de 37 m, haute de 60 m, est ainsi d’une surface supérieure à celle de la salle ; plus de 400 acteurs et figurants peuvent s’y tenir.
Elle communique avec le foyer de la danse, orné de peintures et de très nombreux papillons (allusion aux ballerines qui s’y tiennent ?) ; le fond est fermé par une glace large de 7 m et haute de 10 m, ce qui optiquement, en double la profondeur.
La visite a duré une heure et demie. Elle a enchanté, au plus haut point, tous les visiteurs.
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