Thèmes : Art, Histoire, Sortie-visite
Sortie-visite du mercredi 28 novembre 1979
Le mercredi 28 novembre, par un après-midi de beau soleil, soixante-dix membres du Cercle de Documentation et d’Information se sont rendus au château d’Ecouen.
Après des kilomètres d’autoroute et de routes à grande circulation automobile, on gravit la large colline isolée (152 m d’altitude) qui domine d’une cinquantaine de mètres la plaine du pays de France, revêtue par la dense forêt d’Ecouen dans laquelle on s’engage. Le site est quelque peu anachronique dans une région qui s’industrialise ; ce contraste en fait le charme.
Sur son flanc N.E. est bâti le château d’Ecouen ; de sa terrasse, on a une vue étendue sur la plaine.
Le château est un vaste quadrilatère, appuyé aux angles par quatre pavillons, certains flanqués de tourelles rondes : au centre, se trouve une cour d’honneur carrée ; une des quatre façades a été démolie et remplacée par une aile basse où s’ouvre la voûte d’entrée. Les façades sont dépouillées d’ornementation ; elles sont belles par leurs sobres et par l’emploi de colonnes où se superposent les ordres dorique et corinthien.
L’histoire du château est complexe ; en voici les grandes lignes :
1530 – 1550 Construction du château par le Connétable Anne de Montmorency ;
1696 Le fils du Grand Condé, Henri Jules de Bourbon Prince de Condé, en hérite comme successeur des Montmorency ;
1789 Condé émigre ; le château de vient bien national. Il est successivement club de patriotes, prison militaire, hôpital, prison de suspects vendéens … ;
1807 Le domaine est acheté par la Légion d’Honneur ; Napoléon 1er y installe la première maison d’éducation pour les jeunes filles des légionnaires ;
1814 La maison d’éducation ferme ; le château est rendu aux Condé ;
1838 La Légion d’Honneur reprend possession du château ;
1962 La maison d’éducation ferme ;
1976 Le château, sous l’impulsion d’André Malraux, devient Musée de la Renaissance ; la direction des Musées en prend possession.
C’est essentiellement ce musée de la Renaissance que nous visitons sous la conduite de trois conférenciers d’une compétence exceptionnelle et d’une parfaite amabilité.
II a fallu restaurer et aménager… car il ne restait pratiquement plus rien de ce qui faisait la splendeur de cette demeure à laquelle le connétable Anne de Montmorency s’était attaché. Beaucoup d’œuvres sont au Louvre et au musée Condé de Chantilly.
Nous avons remarqué et admiré :
- dans la grande salle d’honneur du 1er étage, la remise en état d’un magnifique dallage de faïence émaillée dans les tons bleu, vert, jaune et blanc (le rouge n’existe pas) ;
- des œuvres émaillées, dans les mêmes tons ; Bernard Palissy travailla pour le Connétable et exécuta pour lui une grotte au revêtement intérieur de terre cuite émaillée ;
- les cheminées monumentales peintes ; douze d’entre elles ont conservé leur décoration originelle ; la plus remarquable est sans doute celle de la grande salle d’honneur où une Renommée, attribuée à Jean Goujon, porte l’épée du Connétable ;
- une grande sphère céleste en cuivre, représentant la voûte céleste d’après Ptolémée, est d’une gravure au burin dont la finesse et la sûreté des traits sont extraordinaires ;
- le mobilier, sommaire, en bois d’ébène ou de chêne, est richement travaillé.
Certains plafonds ont leurs solives décorées…
Les grandes merveilles sont dans les innombrables tapisseries accrochées aux murs des différentes salles ; les plus exceptionnelles sont au nombre de dix ; elles furent exécutées dans les tapisseries bruxelloises de David et Bethsabée, vers 1510-1520 ; elles forment une suite ; la deuxième, par exemple, décrit les préparatifs du siège de Rabba ; la 4e, « David remet à Uric un message pour Joab ».
Ces tapisseries étaient stockées dans les réserves du musée de Cluny où elles sommeillaient depuis plus de trente ans. Certaines ont des chaînes de métaux précieux, or et argent.
Cluny qui doit se consacrer au Moyen-Age donnera ses admirables collections du XVIe siècle à Ëcouen qui deviendra ainsi le vrai musée de la Renaissance.
L’après-midi s’est terminé dans la bonne humeur, malgré une heure de retour à Garches un peu tardive (18h30).
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