Thèmes : art, civilisation, géographie, histoire.
Conférence du Mardi 23 janvier 1996 par Gérard Joudet
Compte-rendu par Pierre Muller
Le brahmanisme
Régime religieux et social de l’Inde depuis le premier millénaire avant notre ère, il est caractérisé par la prépondérance de la caste sacerdotale (brahmane) dépositaire de la tradition védique et de la culture orthodoxe.
Vedas : recueils d’hymnes versifiés se rapportant aux rituels de sacrifices d’allumage et d’entretien du feu sacré, destinés à favoriser la protection et l’aide des divinités.
Le brahmanisme est à l’origine de l’Hindouisme qui est la religion la plus importante pratiquée en Inde actuellement.
Le bouddhisme indien
Philosophie qui rayonne dans toute l’Asie depuis plus de 2 500 ans. A l’origine du bouddhisme, il y a un homme Gautama, le futur bouddha Sakyamuni. Il nait en 560 avant J.-C. au cœur de l’actuel Népal. Il est prince du clan des nobles Jakyas. Toute sa vie est placée sous le signe du luxe et de l’ignorance de la réalité extérieure.
Dans sa 20ème année, Gautama prend conscience de la souffrance de la condition humaine. Il quitte l’enceinte du palais et le voilà confronté à la vieillesse, la pauvreté, la maladie et la mort. Il renonce à son titre et abandonne les siens pour se consacrer à l’ascétisme qui ne lui apporte pas l’éclairage spirituel sur le mystère du monde.
A Bodhgaya, au pied d’un figuier, il médite sur la condition humaine, son essence et sa destinée. Il trouve l’illumination. Il devient le bouddha Sakyamuni. Il a la révélation de la connaissance libératrice, celle de Samsara. Le cycle des renaissances perpétuelles lui est révélé.
Il passe sa longue vie à parcourir l’Inde, prêchant et accomplissant miracles et conversions.
Il quitte le monde en 486 avant J.-C. après avoir atteint le nirvana (extinction totale sans renaissance).
Le bouddha n’est ni un dieu, ni un prophète, il est homme. La sagesse sublime se fonde sur sa propre expérience de la souffrance humaine. La souffrance est la révélation du bouddhisme. Souffrance physique, mais aussi souffrance morale, sentiment d’impuissance, de frustration, d’inutilité dans ce monde.
Être bouddhiste, c’est prendre refuge dans les trois joyaux :
- le bouddha, l’illuminé
- le dharma, la loi bouddhique
- le shanga, la communauté monastique
Évolution du bouddhisme
Au cours des siècles, le bouddhisme a subi plusieurs transformations :
Theravada ou « petit véhicule »
Ce courant correspond à la nature primitive du bouddhisme et reste aujourd’hui en vigueur dans les pays du sud-est asiatique. Il se situe essentiellement dans la lettre des écritures.
Mahayana ou « grand véhicule »
Transformation du bouddhisme en une véritable religion. La pensée est à la fois généreuse et vivante. Elle apporte à tous l’espoir du salut. Elle perpétue le culte du bouddha et des bodhisattvas (êtres parfaits devenus supérieurs aux dieux).
Tantrisme
Dérive vers l’hindouisme sous l’influence des Tantras qui représentent des textes consacrés en partie à Shiva. Ils apparaissent au 6ème siècle et touchent tous les courants religieux de l’Inde. Au 7ème siècle, qui marque le retour de l’hindouisme, une multitude de temples et sanctuaires apparaissent. Ils sont les témoignages du génie de l’art indien. La simplicité et la pureté qui caractérisent le bouddhisme laissent la place à un art plein d’extravagances.
Sous l’influence du tantrisme, les formes artistiques s’orientent vers l’érotisme le plus exacerbé. L’idéal féminin apparait sous des traits généreux et sensuels. Les sanctuaires de pierre consacrés à la multitude des dieux du panthéon hindou reflètent les aspects les plus extrêmes de l’érotisme tantrique.
Dans le bouddhisme tantrique, le désir nait et s’abolit de par son accomplissement. Mais il ne s’agit pas d’une simple pratique sexuelle. C’est un moyen et non un but. Il symbolise une union spirituelle. Il montre que la sagesse, l’ordre et l’amour sont indissociables pour retrouver son essence divine.
Vajrayana ou « véhicule du foudre de diamant »
Dernier stade d’évolution du bouddhisme qui s’éloigne du bouddhisme originel bien qu’il soit fondé sur les mêmes concepts. L’enseignement est désormais transmis par un maître. Le disciple apprend la loi des différents rituels, les mantras (formules ésotériques destinées à la méditation).
***
Le 8ème siècle marque le déclin du bouddhisme et on assiste à un renouveau de l’hindouisme.
L’art dans le bouddhisme
Au 2ème siècle avant J.-C., édification de monuments à vocation funéraire appelés Stupas (destinées à protéger les restes des défunts et à conserver des reliques), tout à fait primitives au départ, deviennent par la suite plus imposantes et la décoration s’enrichit de bas-reliefs sculptés.
A la même époque, nous assistons à l’implantation de nombreux monastères rupestres sous l’influence de ce nouveau courant. Ils sont entièrement excavés dans la roche et leurs parois sont ornées de sculptures et de peintures magistrales. Cet art bouddhique atteint son sommet au 6ème siècle avec le site d’Ajanta.
Le bouddhisme du royaume de l’Himalaya
La chaîne himalayenne a toujours protégé et uni les peuples de l’Himalaya dans une même culture et une même religion.
Leur civilisation est basée sur le respect d’autrui. Leur vie est simple, l’important est dans l’Être et non dans l’Avoir.
L’Himalaya est un foyer bouddhique extrêmement riche. Ici les principaux courants de pensée liés à cette philosophie ont trouvé place.
La doctrine du Mahayana est largement répandue. Elle compte de nombreux adeptes. Certains initiés pratiquent également le tantrisme.
Les peuples himalayens ont donné naissance à un bouddhisme régional : le lamaïsme qui est surtout pratiqué au Tibet.
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