Thèmes : art, histoire.
Conférence du mardi 20 février 1996 par Christine Bournel.
Compte-rendu par Michel Lemaignan
Devant une quarantaine de courageux, car les rues de Garches étaient recouvertes de neige et le temps lui-même était gris et froid ! (ce qui explique le petit nombre de participants), Christine Bournel nous a fait une conférence qui ne correspondait pas tout à fait à son titre et aurait pu s’appeler plutôt : « Histoire de l’art, des origines lointaines jusqu’au début du 20ème siècle ».
Elle a tout d’abord examiné l’évolution de la notion de beauté, qui, au début, était plutôt réservé au domaine religieux, puis a été l’apanage des princes et des grands de ce monde et a connu un véritable éclatement seulement au 19ème siècle.
Alors s’est ouvert un grand débat : « L’art est-il ou non réservé à ce qui est utile ? ».
Le parfumeur Coty semble être un témoin particulièrement intéressant de ce débat. Il pense que chacun a droit au meilleur produit dans le meilleur emballage.
Le luxe doit correspondre à un projet culturel, mais il s’agit sans doute d’une démarche esthétique plutôt que commerciale. Le prix n’est plus l’indice du luxe ; les parfums en sont un exemple.
Le luxe, c’est l’ultime rempart démocratique du sens esthétique. Le prêt à porter en est un bon exemple.
Il faut noter également que les grands magasins ont investi dans l’esthétique des façades (exemple : La Samaritaine) et l’emploi du bois comme matériau. La démarche est à la fois esthétique (voir les œuvres de l’architecte Guimard) et confortable.
Il faut noter qu’aujourd’hui, la philosophie sur l’éclosion de ce luxe n’existe plus.
La Vienne du début du siècle est l’expression de nouvelles valeurs.
La Tour Eiffel a été la preuve d’une révélation esthétique et d’une révolution des matériaux.
Les travaux du préfet Haussmann ont également été une vraie révolution manifestant la volonté de capter la lumière dans les appartements et aussi peut-être une motivation policière, grâce aux avenues plus larges.
C’est la bourgeoisie d’affaires (les Rothschild, les frères Pereire) qui ont lancé tout cela.
C’est l’époque du développement des stations balnéaires et d’un nouvel art de vivre : « Un esprit sain dans un corps sain ».
Ce sont deux philosophes allemands Schiller et Hegel qui ont donné cette vision laïque de la beauté et qui ont montré que le beau existe en soi et pour soi. Nietzche de son côté dit qu’un objet est beau s’il est moral. Pour Bourdieu est beau ce à quoi on adhère, ce qui est moins dangereux et moins restrictif.
On doit s’efforcer d’arriver à une réconciliation entre l’objet beau et sa fonction. Mais le beau a-t-il des critères objectifs ?
C’est là une question importante et discutable.
Un objet peut être beau à un moment donné, mais est-il beau en soi ? La notion de beau est certainement relative et il y a un décalage entre les différents sens du beau.
L’influence de Daum et de Lalique est à noter dans leur domaine, ainsi que celle de Moucha dans celui de l’affichage.
Quelque chose est-il beau parce qu’on le dit beau ou parce que je le trouve beau ? Grande question.
L’artisanat doit être l’expression de la nature, alors que l’œuvre d’art est la sublimation de la nature.
Après toutes ces remarques dont beaucoup auraient pu être le point de départ de discussions riches et passionnantes, Christine Bournel a passé de nombreuses diapositives représentant soit des œuvres d’art de différentes époques, soit des personnalités ayant joué un rôle important dans l’histoire de l’art.
Deux questions intéressantes ont donné lieu à des rebondissements du débat, l’une sur une conception différente du sens du beau, l’autre sur l’influence de la mode dans ce domaine.
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