SORTIE-VISITE : la Cité Interdite au Petit Palais

Thèmes : art, civilisation, géographie, histoire, visite.
Visite d’exposition du mardi 11 février 1997 au Petit Palais.
Fiche de visite par Pierre Muller.

 

La Cité Interdite était la résidence des anciens Empereurs de Chine. Elle fut construite au début du 15ème siècle par l’Empereur Yongle de la dynastie Ming qui abandonnera Nankin, alors capitale de l’empire au profit de Beijing (Pékin).

De nombreuses restaurations furent nécessaires en raison de destructions dues à des incendies et au pillage des troupes européennes.

La dernière dynastie qui régna de 1644 à 1912, les Qing, s’éteignit avec Tseu-Hi et enfin Pu Yi qui fut retenu en prison par les Soviétiques et les communistes chinois.

Pourquoi Cité Interdite ?

Cet immense palais était réservé à l’empereur et son entourage. Il était strictement défendu à quiconque n’appartenant ni à la cour ni au gouvernement d’oser seulement s’approcher des portes.

L’ensemble comporte de nombreux édifices, ce qui représente à peu près 900 salles grandes et petites. Il couvre une superficie de 72 ha, un mur de 10 m de haut et des douves de près de 50 m de large l’entourent. Il hébergea 24 empereurs des dynasties Ming et Qing qui y menèrent des existences fastueuses de monarques absolus.

Le palais est divisé en deux parties : la cour extérieure et la cour intérieure. Le nom de certaines salles évoque une idée de sérénité :

  • Salle de l’harmonie suprême
  • Salle de l’harmonie parfaite

 

  • Salle de la préservation de l’harmonie
  • Palais de la pureté céleste
  • Palais de la tranquillité terrestre

Chacune de ces salles avait une fonction particulière.

Les quatre entrées de la Cité reproduisaient les points cardinaux pour mieux affirmer le lien entre l’ordre cosmique et l’ordre temporel.

Depuis que les empereurs l’ont abandonnée, la Cité Interdite, dans sa majeure partie, est devenue un musée ouvert au public. Des millions de visiteurs y viennent chaque année. Beaucoup de touristes et aussi des Chinois qui aiment s’y promener et s’y faire photographier.

L’exposition rassemble de belles armures, des costumes colorés d’officiers, une représentation de l’empereur Qian Long, différents objets (sièges, pagodes, vases, bouddhas…).

Les ornements comportent souvent des phénix ou des dragons symboles de l’impératrice et du souverain.

L’un des plus beaux rouleaux de l’exposition montre l’une des concubines de l’empereur Yongzheng (1723-1736) retirée dans un cabinet de lecture.

Enfin, pour permettre aux visiteurs d’apprécier l’ambiance qui régnait dans le Palais, une salle a été reconstituée avec sa banquette, son repose-pied, ses éventails, ses candélabres et ses brûle-parfum disposés symétriquement.

Ceci n’est qu’un aperçu des trésors que nous pourrons découvrir lors de la visite.

 

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Compte-rendu de la visite de la visite Pierre Muller

 

Nous visitons cette exposition sous la conduite de Monsieur Vincent Philippe que nos adhérents apprécient en raison de sa culture exceptionnelle.

 

Un peu d’histoire

La Cité pourpre interdite fut durant cinq siècles la résidence des empereurs de Chine et le centre de leur pouvoir. Elle fut construite au début du 15ème siècle par l’empereur Yongle de la dynastie Ming qui décide d’abandonner Nankin alors capitale pour Beijing (Pékin).

A la suite d’une crise économique et sociale qui marque la fin de cette dynastie en 1644, les Mandchous entrent dans Pékin et entreprennent la conquête de la Chine.

Les souverains qui s’installent alors au pouvoir appartiennent à la famille des Qing. Ceux-ci y resteront jusqu’en 1911.

Plusieurs monarques de grande valeur illustrent cette période et mènent l’empire à son apogée.

Kangxi (1662-1722), despote humaniste, rétablit la paix intérieure et exerce une subtile politique diplomatique. Féru d’astronomie et de mathématiques, il protège les jésuites et autorise leur action d’évangélisation.

Yongzheng (1723-1735), bon administrateur et travailleur infatigable, conforte la politique de son père. Il eut par contre une attitude hostile vis à vis des jésuites.

Qianlong (1736-1796), esthète et fin lettré, porte à sa plus grande extension les frontières de l’empire. La Chine connaît, au milieu du 18èrne siècle, un progrès économique et une prospérité sans précédent. A la fin de son règne débute une nouvelle crise marquée par des révoltes paysannes.

Au XIXème siècle, la Chine est confrontée aux puissances occidentales. La redoutable impératrice douairière, Cixi (1862-1908), tient le pouvoir, soutenue par un parti ultraconservateur. Enfin, le dernier empereur (Puyi), dont l’histoire a été racontée par le réalisateur cinématographique Bertolucci, est expulsé de la Cité interdite pour finir, après de nombreuses péripéties, dans les prisons de la Chine communiste comme simple citoyen en 1911 au moment où la révolution nationaliste met fin à la dynastie des Qing.

 

Pourquoi Cité Interdite ?

Cet immense palais était réservé à l’empereur et son entourage. Il était strictement interdit à quiconque n’appartenant ni à la cour, ni au gouvernement, d’oser seulement approcher des portes.

Le palais occupe un quadrilatère de 960 mètres sur 750 mètres, un fossé large de 60 mètres et d’impressionnants remparts l’entourent.

Conformément à la tradition chinoise, le complexe est orienté Sud-Nord, une suite de portes monumentales, de cours et de pavillons plus en plus imposants occupent l’axe central. La partie Sud-Est est dévolue aux cérémonies officielles. Les services et les bâtiments privés du souverain et de ses épouses, les divers jardins, occupent la partie Nord de la Cité. L’ensemble possède un plan à la fois symétrique et labyrinthique.

Au 18ème siècle, une communauté d’environ 9 000 personnes y vivait dans quelque 800 bâtiments et des milliers de pièces.

Les 24 empereurs des dynasties Ming et Qing y menèrent des existences fastueuses de monarques absolus.

Le nom de certaines salles évoque une idée de sagesse et de sérénité :

  • « Suprême harmonie » où se déroulaient les fêtes liées à la vie de l’empereur ou au culte des saisons.
  • « Harmonie parfaite » où le souverain se préparait pour les cérémonies et recevaient les prémices des récoltes.
  • « Préservation de l’harmonie » qui servait de cadre aux conseils et aux banquets.

Les quatre entrées de la Cité reproduisaient les points cardinaux pour mieux affirmer le lien entre l’ordre cosmique et l’ordre temporel.

Au Sud, l’enceinte s’ouvre sur la fameuse place Tien’Anmen, imposante, massive et toujours ornée d’un portrait de l’ex Grand Timonier. De sa terrasse étaient promulgués les édits impériaux accueillis à genoux par les fonctionnaires et c’est naturellement là que Mao Tse Toung annonça, le 15 octobre 1949, la naissance de la République Populaire de Chine.

 

La visite

Au cours de la visite, nous découvrons dans une première salle une maquette de la Cité interdite reproduisant l’ensemble des bâtiments.

Dans la seconde salle, sont exposés des uniformes militaires et des armures dont un exemplaire fabriqué pour l’empereur Qianlong au 18ème siècle. Les armures sont constituées de plaques assemblées et matelassées. Légères, elles laissent une grande liberté de mouvement. Dans une vitrine, nous apercevons une selle en satin recouverte de magnifiques broderies ainsi qu’un arc et un carquois évoquant les chasses de l’empereur.

La salle suivante est consacrée aux peintures sur soie dont certaines ont été réalisées par des pères jésuites. Il s’agit de portraits des empereurs et de scènes représentant les familles impériales. Il y a également un sceau en argent doré offert en 1922 par Puyi à une concubine.

Nous nous trouvons ensuite devant la représentation en dimensions réelles d’une salle du trône où l’empereur est toujours assis face du Sud. Au plafond à caissons, un dragon sculpté et doré est suspendu. C’est le symbole du souverain. Le trône est placé devant un écran censé protéger l’empereur des influences néfastes venus du Nord. Pour compléter l’ensemble, il y a des brûle-parfums, des candélabres, des éventails et de curieux instruments de musique à percussion. Dans cette salle figurent également divers costumes officiels en soie ou en satin brodé.

Nous arrivons maintenant dans la partie de l’exposition qui a trait aux religions. Les sanctuaires du bouddhisme tibétain étaient les plus nombreux dans la Cité interdite. Quelques objets sont présentés dont un très beau reliquaire en or recouvert de pierres semi précieuses à l’intérieur duquel se trouve un bouddha en cuivre doré.

Dans une autre salle sont exposés des meubles et diverses pièces rappelant certains aspects de la vie princière. Un rouleau en peinture sur soie évoque le voyage de l’empereur Qianlong. Il a été réalisé, ainsi que d’autres rouleaux, par le peintre Xu Yang qui était attaché à la cour du monarque.

Enfin, dans les dernières salles, nous admirons un certain nombre d’objets précieux (diadème, tasse à vin en or avec soucoupe, peignes avec épingles à cheveux, etc.), des peintures sur soie représentant des paysages ou des scènes de cour, des pièces de collections (vases en porcelaine décorés, boites en laque), et pour clore cette énumération, une magnifique horloge de la longévité en bronze doré et un globe en or avec incrustation de perles qui évoque une sphère céleste.

 

 

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