
Thèmes : art, histoire.
Conférence du mardi 11 décembre 1990 par Dominique Hervier et Catherine Boulmer.
Mardi 11 décembre 1990, Mesdames Hervier et Boulmer, Conservateurs régionaux de l’inventaire Paris Ile-de-France nous ont présenté « Garches et son patrimoine ».
La mission de l’inventaire général est de recenser, d’étudier et de faire connaître toutes œuvres, édifices, peintures, sculptures, meubles et objets appartenant aux collections historiques ou à des particuliers, qui d’un point de vue artistique, historique ou archéologique constituent le patrimoine national.
Madame Boulmer nous a d’abord fait visiter l’église.
L’ÉGLISE ET SON MOBILIER
L’église de Garches est la première à avoir été placée sous le vocable de Saint-Louis. Elle fut élevée par Robert de la Marche, l’année même de la canonisation de Saint-Louis en 1298 ; c’était une toute petite église.
La Chapelle fut aussitôt érigée en paroisse. C’était le chapitre de Saint-Cloud qui en nommait le curé.
Le 6 Prairial An II (juin 1793), l’église fut affectée au culte de la Raison. Rendue au catholique en 1795, elle fut démolie pendant la guerre de 1870-1871, à la suite des combats de Buzenval.
Ce n’est qu’au début de 1878 que fut reconstruite l’église telle qu’elle existe aujourd’hui. C’est à l’architecte diocésain Blondel que l’on demanda de faire les plans.
L’église est de style néogothique, caractérisé par des fenêtres étroites, et des voûtes en arc brisé. Les voûtes reposent sur quatre grosses piles surmontées de chapiteaux à crochets.

Le clocher a donné beaucoup de soucis à l’architecte. Dès 1919, il commence à pencher. Vingt ans après, on dut le refaire.
Les deux bénitiers et les fonts baptismaux sont d’origine.
***
Les vitraux retracent les grandes étapes de la vie de Saint-Louis. Ils sont de trois sortes :
- les personnages sont mis en scène sous un espèce de dais (les deux proches de l’entrée de l’église).
- les deux suivants ont un dais qui s’entrecroise avec une sorte de feuillage.
- ceux du chœur, plus grands, présentent des personnages mis en scène. Les scènes sont superposées.
Les vitraux n’ont pas d’encadrement, ce qui est tout à fait exceptionnel.
La vie de Saint-Louis commence par le vitrail de droite en entrant dans l’église à gauche … pour terminer dans le chœur avec l’accession de Saint-Louis au paradis.

Saint-Louis et les pauvres

Mariage de Saint-Louis et de Marguerite de Provence
Les donateurs ont parfois leurs noms marqués, parfois sont anonymes. Parfois encore, ils se sont eux-mêmes représentés ou ont fait figurer l’un des membres de leur famille.

Baptême Saint-Louis
La petite fille doit être la donatrice enfant.
Plusieurs tableaux sont accrochés ; l’un d’eux est une copie d’un tableau de Rubens.
Après ces explications, nous rentrons au Centre Sidney Bechet où Catherine Boulmer nous montre quelques photos d’objets appartenant à l’église :
- un ostensoir
- un ciboire
- un calice avec un décor de perles et de pierres
- un plateau avec sa burette
- une chape en velours noir brodée avec des fils d’argent
- un étendard de soie brodé. Le Christ est peint sur la soie.
* * *
GARCHES ET SES MAISONS
A l’origine, « Guerches » (du latin quercusschêne), était un hameau faisant partie de la paroisse de Saint-Cloud, mais la plupart des terrains appartenaient à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. La première mention écrite de ce hameau date de 1070.
A la fin du XVIIIème siècle, Garches avait une activité essentiellement agricole. 70% de son territoire étaient cultivés, dont 35% plantés en vignes.
Vers 1826, Garches est doté d’un hospice, l’hospice de la Reconnaissance. Cet hospice était destiné aux ouvriers qui avaient travaillé dans les ateliers de fonderie de Michel Brézin. Il est d’une architecture simple qui fait référence à l’architecture grecque. L’architecte Gauthier fut chargé des travaux.

Au cours du 19ème siècle, on compte cinq grosses fermes sur le plateau de Buzenval. En 1870, c’est la guerre. Garches est occupée par les allemands. Elle subit de graves dommages après la bataille de Buzenval.
Dans le cimetière de Garches se trouve un monument aux morts en hommage à tous les soldats morts à cette bataille.
Garches est un endroit agréable et commence à se lotir. On reconstruit le centre du village et beaucoup de personnes ont envie d’habiter non loin de Paris, au bon air.
En 1871, le lotissement de Cazes se construit, puis celui du parc de Beauveau-Craon.

En 1884, la gare de Garches est inaugurée. C’est une gare en brique rouge. Elle a été construite sur le même modèle que celles de la ligne Saint-Cloud – L’Étang-la-Ville : un corps central et deux petites ailes.
L’avenue Joffre actuelle était appelée boulevard de la station.
La première mairie de Garches construite par l’architecte Blondel est du style villégiature (actuelle bibliothèque). La poste se trouvait dans le même bâtiment.
Les maisons du 19ème siècle ne sont pas très élevées. Dans la rue de l’abreuvoir se trouve un porche. A l’intérieur d’une cour, on vivait ensemble tout en gardant son individualité. Dans cette même rue se trouve une petite maison traditionnelle de l’Ile-de-France. Elle comporte au rez-de-chaussée une porte et une fenêtre et à l’étage, une fenêtre et une lucarne.
Passage du clos, se trouvait une blanchisserie (blanchisserie Lemoine). Dans la partie supérieure de la maison, une pièce permettait d’aérer le linge.
Près du monument commémorant la Bataille de Buzenval, là où se sont installés les laboratoires Debat, se trouvait une briqueterie.
L’actuelle mairie était le château Civiale. Le Docteur Civiale, directeur de l’hôpital Lariboisière, était le chirurgien de Napoléon III. Il construisit, vers 1850, une maison qui fut détruite en 1870. Il en reconstruisit donc une nouvelle. Il y accueillait Napoléon III qui venait souvent goûter les eaux de Garches. La maison du docteur Civiale, devenue un pensionnat de jeunes filles, puis la mairie en 1928.

A cette époque des lotissements autour de la Mairie ont été créés. Débute alors une nouvelle étape de l’histoire architecturale.
Le lotissement du hameau de Brétigny avait un cahier des charges très particulier qui stipulait que les allées devaient rester en terre et que seuls les trottoirs devaient être empierrés. Chaque maison devait être séparée de sa voisine par une haie.

Rue des Renaudières
Les maisons sont gaies. Certaines sont jumelles, mais se différencient uniquement par leur toiture. D’autres ont des balcons en bois dans le style des maisons de villégiature, d’autres, un pas de moineau pittoresque. On cherche la variété et la gaité. On doit beaucoup de ses maisons à l’architecte Larlat, architecte de la commune.
Une maison fut construite par Guimard.
La villa Régina se présente comme un immeuble, mais reprend le luxe de détails d’une villa.

L’école de style « Jules Ferry » a été construite par Larlat. C’est la plus ancienne de Garches. L’utilisation d’une meulière très rutilante et de la brique ne dépare pas parmi les autres maisons. Les classes sont très largement éclairées et aérées.


Le monument aux morts près de la mairie a été salué par la critique de l’époque (1923). On remarque une inspiration égyptienne et avec des ornements en bronze.
La maternité fut construite en 1925 par l’architecte Talot (derrière l’église). Elle est devenue une école maternelle puis une crèche.
La rue de 19 Janvier est bordée de propriétés très intéressantes. La villa les » Quatre vents » achetée en 1972 par la municipalité, appartenait au Baron de Gunsbourg. C’est l’introduction à Garches d’un style anglo-normand. Au numéro 75, se trouve une maison construite en béton armée. Un autre, « les Bures », épouse le terrain. L’usine verte du Docteur Debat est une création architecturale très intéressante. Une cité ouvrière, avec une salle des fêtes, fut construite. C’était une usine que l’on voulait gaie et saine.
Madame Boulmer termine son exposé en nous montrant la maison de l’antiquaire Michel (12 avenue Brézin), qui voulut rassembler des vestiges de maisons détruites, d’églises … qu’il a réinsérés dans sa construction.
Une courte promenade à travers l’histoire architecturale de Garches…
Découvrez + de 1100 textes des conférences du CDI sur le site du CDI de Garches
Vos commentaires et vos conseils contribuent à l’amélioration de nos parutions.
Vous disposez de l’espace « COMMENTAIRES » ci-dessous pour les exprimer.
Merci et à bientôt pour votre prochaine visite.

Laisser un commentaire