SORTIE-VISITE : deux jours à Poitiers

Thèmes  : art, histoire.
Visites des jeudi 11 et vendredi 12 juin 1992.

 

A 7 h 00 du matin, cinquante voyageurs munis d’un parapluie (à tout hasard !) se préparent à partir à Poitiers.

La première étape est le château de Dissay à quelques kilomètres au Nord de Poitiers.

 

Jeudi 11 juin

LE CHÂTEAU DE DISSAY

A l’heure prévue, 11 h 00, nous sommes accueillis au château par Madame Remaud. Le château est impressionnant par sa taille. Propriété privée, il est habité par ses actuels propriétaires et fut classé Monument Historique en 1989.

Cette demeure a été construite par les évêques de Poitiers après lettre de patente de Charles VII, en 1435, à Hugues de Combarel. Le principal responsable de la construction fut Pierre d’Amboise qui naquit à Chaumont près d’Amboise et de Blois vers 1450. Pierre d’Amboise était évêque de Poitiers et frère de Georges d’Amboise, le Cardinal Ministre de Louis XII.

Le castelet d’entrée, où un pont dormant remplace le pont-levis initial, ressemble beaucoup à celui de Chaumont. Les armes de Pierre d’Amboise et une statue de Saint-Michel surmontent la porte du castelet.

Nous entrons dans la galerie orientale. Au centre trônent deux tables faites directement dans des troncs de cèdres du Liban. Au-dessus des fenêtres, des vitraux retracent le Chemin de Croix.

Dans la tour Est, l’oratoire privé de Monseigneur d’Amboise offre un bel exemple de la peinture du Moyen-Age. Elle évoque les thèmes du repentir et du pardon : vers la Fontaine de Miséricorde se tournent les grands pécheurs que furent Adam et Eve, Nabuchodonosor, Manasé, David et Bethsabée.

Dans la cour intérieure, nous empruntons l’escalier d’une tourelle. L’escalier se termine par une magnifique voûte en palmier dont les clés sont ornées de médaillons sculptés figurant les apôtres. Nous arrivons aux salles de garde dont les charpentes sont en forme de coque de bateau retourné. Des machicoulis, ceux qui osent regarder ont une très belle vue sur la campagne.

Nous quittons le château pour déjeuner au restaurant « Le Bois de Chaume » à Dissay, avant la visite de Poitiers. Un bon repas nous attend dans un cadre agréable.

 

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POITIERS

Notre-Dame-La-Grande

S’élevant au cœur de la cité médiévale, l’Église Notre-Dame-La-Grande est le monument phare et emblématique de la ville de Poitiers. Elle fut ainsi nommée pour la distinguer des autres églises dédiées à la Vierge, et plus particulièrement de Notre-Dame-La-Petite aujourd’hui détruite. Aucun texte ne subsiste pour nous renseigner sur ses origines.

Sa construction peut certainement être datée de la deuxième moitié du 11ème siècle. Sa réputation est due pour l’essentiel à sa façade Ouest, l’une des plus célèbres de l’art roman, que son décor sculpté permet de situer dans les années 1130-1150.

Elle participe de ce courant connu dans la région dès la fin du 11ème siècle, des façades écrans, fortement structurées au moyen d’arcades richement ornées. Sa façade se distingue par sa composition dans laquelle dominent les lignes horizontales et qui reflètent l’ordonnance intérieure. Plusieurs sculpteurs ont certainement travaillé à cette œuvre ambitieuse.

Un vaste programme iconographique débute dans la frise par le Péché Originel et l’Incarnation. Il se poursuit dans les arcades par les Apôtres et les Évêques, témoins et successeurs du Fils de Dieu. Il s’achève au pignon, par la représentation du Christ en Gloire entouré des Quatre Évangélistes.

 

 

L’église Notre-Dame-La-Grande est classée Monument Historique en 1840, et c’est à cette époque que l’on prend conscience de l’état déplorable de la façade. D’importants travaux de restauration seront engagés entre 1845 et 1850. Depuis cette date, aucune intervention notoire n’a été entreprise, bien que l’altération des parties basses réapparaisse à la fin du 19ème siècle.

Ces trente dernières années, de nombreuses études ont été menées, et il a été décidé de concrétiser l’ensemble de ces réflexions au moyen d’une étude globale pluridisciplinaire permettant :

  • d’établir une synthèse sur l’histoire des modifications et des restaurations de la façade des origines à nos jours,
  • de réaliser différents sondages intérieurs et extérieurs,
  • d’effectuer avec l’aide de spécialistes des essais de nettoyage, de consolidation et de traitement,
  • de proposer un protocole d’intervention ainsi qu’une estimation sommaire des travaux.

A partir d’un diagnostic complet des altérations, le processus de dégradation peut s’expliquer par plusieurs facteurs :

  • une érosion naturelle du matériau due à son exposition aux intempéries,
  • la présence de sels dans les murs et dans les remblais,
  • la formation de micro-organismes en surface, en particulier lichens et champignons,
  • un encrassement général dû à la poussière, aux suies et à la pollution atmosphérique,
  • un piquetage provoque par des volatiles, en particulier les pigeons.

 

Cathédrale Basilique Saint-Pierre

 

La cathédrale primitive de Poitiers, église du siège de l’évêque, a disparu. On ignore tout de cette première cathédrale qui fut peut-être rebâtie plusieurs fois au premier millénaire.

En 1018, un incendie la détruisit, mais elle fut restaurée et agrandie par les soins du comte de Poitou, duc d’Aquitaine, Guillaume le Grand. Un important concile s’y tint en 1100. On peut donc penser qu’elle était de vastes proportions.

La cathédrale actuelle a été commencée dans la seconde moitié du 12ème siècle, probablement vers 1162. Elle fut financée sans nul doute par l’évêque et son chapitre (clergé secondant l’évêque), mais aussi peut-être par la duchesse d’Aquitaine Aliénor et son mari Henri II Plantagenêt, devenu roi d’Angleterre, comme par l’ensemble des fidèles. La construction fut longue, car l’église ne fut définitivement consacrée que le 17 octobre 1379.

La cathédrale a la forme d’un vaste trapèze. Très différente des cathédrales gothiques des pays du nord de la Loire (Paris, Reims, Chartres…), elle est en effet de style gothique angevin encore appelé Plantagenêt. Ce style s’est développé en Anjou, dans le Maine et, à un moindre degré, en Poitou, du milieu du 12ème au siècle (Saint-Maurice d’Angers, Le Puy-Notre-Dame…).

Il se caractérise principalement par ses voûtes d’ogives très bombées et par le renforcement des murs latéraux (arcatures aveugles à l’intérieur, énormes contreforts à l’extérieur). La nef, souvent unique dans ce type de construction, est ici divisée en trois parties, suivant la tradition romane du Poitou.

 

Baptistère Saint-Jean

 

Nous sommes ici aux sources de la vie chrétienne implantée dans la ville romaine et païenne. Les fouilles ont montré que ce petit édifice d’allure très latine avec ses frontons triangulaires avait pris la place de constructions romaines préalablement arasées.

L’intérieur s’ordonne autour de la piscine octogonale alimentée par un aqueduc qui servait au baptême par immersion. Des colonnes de marbre gris, des chapiteaux de marbre blanc montrent l’importance de l’héritage antique dont l’édifice est dépositaire.

Les sarcophages, les bas-reliefs et les moulages exposés résument les usages funéraires et les techniques artistiques, souvent sommaires, qui avaient marqué non seulement la ville, mais certains villages poitevins. Les peintures murales révèlent la survivance de l’image du paon, vieux symbole chrétien d’immortalité associé à des figurations de saints.

 

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Nous passons devant l’Hôtel de Fumé (1495-1510) occupé par la Faculté de Lettres. Il date du début du 16ème siècle. La façade est ornée de lucarnes flamboyantes.

L’Hôtel Jean-Beaucé est un édifice Renaissance. Trois éléments tranchent sur l’ensemble par leur originalité : à droite, la lanterne, coiffée d’une coupole au centre, la tourelle d’escalier aux ouvertures obliques à l’angle gauche, les petites baies juxtaposées permettant d’observer ce qui se passe de chaque côté sans avoir à recourir à l’échauguette traditionnelle.

 

Le Palais de Justice

La façade, d’époque Restauration, masque la grande salle et le donjon de l’ancien palais ducal, rares témoignages de l’architecture civile urbaine au Moyen-Age.

Vaste nef, la grande salle était réservée aux audiences solennelles, aux grands procès, aux réunions des États Provinciaux. Le Parlement y siège sous Charles VII, et Jacques Cœur y fit amende honorable après le jugement prononcé contre lui par la juridiction d’exception chargée de le condamner.

Son édification fut menée à bien sous les Plantagenêts, à la fin du 12ème siècle, mais le mur-pignon a été refait, sous la direction de Gui de Dammartin, pour Jean de Berry. Ce mur est remarquable par ses trois cheminées monumentales que surmontent un balcon et un fenestrage flamboyants. Tout en haut, quatre statues représentent, de gauche à droite, Jean de Berry, son neveu Charles VI, Isabeau de Bavière et Jeanne de Boulogne, épouse de Jean.

Dans ce palais, en 1429, Jeanne d’Arc subit son interrogatoire devant une commission du Parlement : elle fut reconnue investie d’une mission providentielle.

La façade postérieure comprend la tour Maubergeon, ornée de statues, à gauche le mur-pignon de la grande salle, d’une construction très ingénieuse, les trois conduits de cheminée étant en partie dissimulés sous des gâbles fleuronnés.

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Le soir, nous gagnons notre hôtel « Les Rives du Clain » à Dissay.

 

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VENDREDI 12 JUIN

LE FUTUROSCOPE

Ce complexe a pour vocation d’initier le public aux nouvelles réalités technologiques, et de le sensibiliser aux mutations d’une civilisation dominée par l’image.

 

Nous avons pu voir :

L’Omnimax, l’image hémisphérique :

L’Omnimax est avec la Géode, la seule salle de ce type installée en France. Le procédé de projection cinématographique, de la Société Imax, est proche de celui employé pour le Kinémax, puisqu’il s’agit d’une pellicule 70 mm défilant à l’horizontale et éclairée par une lampe de 15 000 watts. La différence réside dans l’image qui est projetée sur un écran semi-sphérique métallisé, grâce à un objectif « fish-eye » (œil de poisson) et cela sans la déformer. Afin d’optimiser les effets de ce procédé, les 300 fauteuils que contient la salle sont inclinés différemment selon la rangée, permettant ainsi une vision adaptée.

Le 360°, le cinéma à 360° :

Placés debout au centre de neuf écrans, nous avons « participé » au Tour de France en passant par les cols alpins, la mer de glace, le Mont-Saint-Michel … Il vaut mieux s’accrocher aux barres centrales pour ne pas être victime du vertige lors des survols en hélicoptère.

Les Jardins de l’Europe :

Une promenade sur l’eau en bateau nous emmène à travers des paysages peints.

Le tapis magique :

Le double système Imax (deux écrans, horizontal et vertical, mesurant chacun 700 m2) permet à la fois de flotter au-dessus d’un paysage et de contempler des images grandioses à la poursuite de papillons,

Le Showscan :

60 images par seconde au lieu de 24, dans une salle classique. La rétine est saturée par un flot d’images. On a une illusion parfaite de la réalité, si parfaite que certains se laissent prendre au jeu du film. Celui-ci débute par des images qui sautent et finissent par brûler. Ecran noir. On voit au fond une porte qui s’ouvre : c’est le projectionniste. Il s’excuse pour cet incident et se colle à l’écran pour nous parler. L’image est si réelle que certains mettent quelques minutes avant de réaliser que c’est le film qui continue.

Le 3D, l’image en relief :

Les personnages qui jouent l’action sortent de l’écran jusqu’à frôler les spectateurs. Cette magie est assurée par la projection simultanée en lumière polarisée sur un écran métallisé, des deux images décalées nécessaires à la vision binoculaire. L’image est alors reconstituée en relief grâce aux lunettes spéciales polarisées, elles aussi, qui nous sont remises avant le spectacle.

Le girotour :

Il nous élève à 45 mètres de haut.

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Encore d’autres spectacles à voir, mais pour cela, il faudrait encore une journée.

 

 

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