LES INDO-EUROPEENS : QUEL HERITAGE CULTUREL ET GENETIQUE NOUS-ONT-ILS LAISSE ?

Thèmes: Art, Civilisation, Histoire                                                                                                             Conférence du jeudi 11 janvier 1990

LES INDO-EUROPEENS : QUEL HERITAGE CULTUREL ET GENETIQUE

NOUS-ONT-ILS LAISSE ?

Par Jean-Jacques Tur, professeur d’histoire et de géographie au lycée Florent Schmitt de Saint-Cloud

LES INDO-EUROPEENS, NOS ANCETRES – Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Où allèrent-ils ?

Pendant longtemps, on a cru qu’il n’y avait qu’une parenté linguistique entre les différents peuples indo-européens qui — comme leur nom l’indique — ont peuplé les Indes et l’Europe depuis plusieurs millénaires, assimilant ou évinçant les peuples installés avant eux (Ibères, Ligures, Pélasges, Crétois,…) ou s’opposant à ceux qui arrivèrent plus tard (Arabes, Mongols, Tartares,…) parmi ces derniers, seuls les Finnois (Finlandais) et les Magyars (Hongrois) ont conservé une certaine spécificité, tandis que les Juifs posaient un cas particulier.

Depuis un peu plus d’un demi-siècle, à la suite de savants comme E.Benveniste ou Georges Dumézil, on pense que les Indo-Européens — avant d’être subdivisés en Grecs, Celtes, Germains, Slaves,… — ont constitué un peuple, unifié sinon uniforme, présentant certains caractères communs. Des questions restent posées quant à leur habitat originel : les légendes nous en disent encore aujourd’hui plus long que l’archéologie. Par contre, on a pu assez bien repérer et dater les grandes migrations qui, en un peu plus de trois millénaires, ont abouti — par vagues successives — à la mise en place des peuples d’Europe.

1 – QUI ETAIENT LES INDO-EUROPEENS ?

On ne saurait parler des Indo-Européens comme on parle des Grecs ou des Romains puisque nous n’avons d’eux aucun texte. C’était des migrateurs.

A – LA COMMUNAUTE :

Les Indo-Européens formaient un peuple uni par la langue, les idéaux, les conceptions, l’héritage de traditions orales,… Cette communauté structurée comportait une articulation horizontale (« les trois fonctions ») et une articulation verticale (« les quatre cercles de l’appartenance sociale »).

B – LES INSTITUTIONS POLITICO-MILITAIRES –

L’existence d’un droit indo-européen, non écrit, peut aujourd’hui passer pour certaine : le schéma trifonctionnel se retrouve encore ici.

  • – Le droit indo-européen :

Le mariage présente 3 formes : l’une religieuse, une autre par libre choix, la troisième par achat. Le droit n’est pas censé évoluer car c’est une institution d’origine divine et non une création humaine.

Le chef de famille a une autorité totale et incontrôlée sur les siens; mais au fur et à mesure qu’on élargit le cercle (famille, clan, tribu, nation), l’autorité se fait plus aléatoire : « Qui t’a fait roi ? rappellent au suzerain les féodaux qui l’ont élu quand il veut leur imposer son autorité. Les rois indo-européens ont rêvé d’une monarchie absolue comme il en existait dans tout l’Orient.

  • – La guerre :

Il y avait chez les Indo-Européens une aristocratie dirigeante dont la guerre était l’occupation principale : « armée de naissance » plutôt qu' »armée de métier », cette aristocratie guerrière représentera ultérieurement l’élément constitutif des cités-états de l’époque historique.

La guerre était un état normal dans la vie de la société indo-européenne. On faisait la guerre pour des raisons diverses : conquérir de nouveaux territoires; défendre le sol natal; venger une offense; maintenir les vassaux dans le devoir; réprimer des révoltes; mais surtout pour conquérir des biens (cf.beaucoup plus tard les conquérants vikings). Chantée par les poètes, la victoire confère au guerrier la « gloire impérissable ». La guerre est avant tout un jeu dont les dieux sont les arbitres.

II – D’OU VENAIENT LES INDO-EUROPEENS ?

Pour répondre à cette question, il faut d’abord faire appel aux données scientifiques accumulées depuis deux siècles (et surtout au cours des dernières décennies), en alliant les méthodes et les résultats de la préhistoire et de l’anthropologie physique et ceux de la linguistique. Mais il ne faut pas hésiter à avoir également recours aux mythes et aux légendes : n’oublions pas que « seuls les rêves ont fait l’histoire » ; souvenons-nous de Schliemann qui, tout enfant, se persuada de la véracité des écrits attribués à Homère et, devenu adulte, consacra sa vie à retrouver les vestiges de la guerre de Troie et de la civilisation mycénienne !

A – LES DONNEES DE L’HISTOIRE –

  • – Datation de la communauté indo-européenne :

On pense aujourd’hui que les origines de la communautés indo-européenne remontent au moins à une période ancienne de néolithique (7ème, peut-être même 9ème millénaire avant J.C; environ 10 000 ans) et que son stade terminal (subdivision en multiples peuples et groupes linguistiques) correspond au cuprolithique (âge du cuivre), à la fin du 3ème millénaire, il y a un peu plus de 4 000 ans.

  • – Le centre de diffusion des Indo-Européens :

Après avoir exclu les régions méditerranéennes (dont la végétation caractéristique est totalement absente du lexique indo-européen), les régions d’Europe septentrionale et orientale (Scandinavie, Russie) à cause de la « ligne du hêtre », et l’Europe occidentale (qui n’a connu le cuivre que tardivement), le choix se limite à l’Europe centrale et au sud de la Russie.

Le multiplicité des fouilles conduit à penser que le centre de dispersion (et peut-être aussi le berceau originel) des Indo-Européens se trouve dans le sud de la Russie, dans la steppe pontique :

B – LES DONNEES LEGENDAIRES ET MYTHIQUES : « ULTIMA THULE » –

Pour le lieu de formation du peuple indo-européen, plusieurs indices engagent à chercher beaucoup plus au nord; diverses traditions concordent sur ce point : des « lies fortunées, comme Ogygie « où l’on voyait le soleil de minuit », séjour des bienheureux, auraient été situées près du pôle.

Des livres sacrés, comme le Véda et l’Avesta, font écho et évoquent plus ou moins explicitement l’origine polaire de la tradition aryenne. Le légende Hyperborée confirme à son tour ces suppositions.

Dans « Le matin des magiciens » de Louis Pauwels et Jacques Bergier, on évoque Thulé qui aurait été, comme l’Atlantide, le centre magique d’une civilisation engloutie : la localisation de Thulé s’avère difficile; probablement vers le Groenland, l’Islande ou le Labrador ?…

Quoi qu’il en soit, des découvertes récentes tendent à confirmer la thèse d’un habitat circum-polaire des Indo-Européens : « Vers – 12 000 commence le réchauffement climatique qui caractérise l’époque actuelle : le Post-Würm des géologues… On peut supposer que certains hommes du Würm final, très adaptés au gibier des steppes neigeuses, ont pu suivre les rennes dans les plaines péri-arctiques nouvellement libérées des glaciers… Ces émigrés nordiques ont-ils été la souche lointaine des Indo-Européens ?  » (André Leroi-Gourhan, La préhistoire).

Ill – OU SONT ALLES LES INDO-EUROPEENS?

Pendant plus de trois mille ans, entre 2 000 av.O.C et le milieu de notre Moyen-Age, les Indo-Européens se subdivisèrent en une multiplicité de peuples presque perpétuellement en conflits. Mais l’on peut distinguer plusieurs vagues principales :

A – VERS LES INDES : LES ARYENS –

De 2 500 à 1 700 av.O.C environ, se développa (à l’emplacement de l’actuel Pakistan) la brillante civilisation de TINDUS.

Au début du 2ème millénaire av.J.C commença une grande migration d’Indo-Européens, les ARYAS ou ARYENS.

Jusque vers 600 av.J.C, l’Inde compta au moins 16 unités politiques distinctes, qui fusionnent progressivement pour former un royaume unique. Peu après l’invasion de l’Inde du nord-ouest par Alexandre le Grand, un jeune aventurier prend le pouvoir et crée l’Empire MAURY A agrandi par ses descendants (Illème siècle av.J.C.). Les Grecs, les Scythes et les Kushana établissent successivement leur domination.

Au cours de ces deux millénaires, les Indo-Aryens s’imposèrent définitivement comme le peuple majoritaire et dominant du sous-continent indien : leur religion, le BRAHMANISME (qui donnera naissance plus tard au BOUDDHISME et à l’HINDOUISME) et leur organisation sociale (système des CASTES) marquent encore aujourd’hui les mentalités.

B – AU MOYEN-ORIENT : HITTITES, MEDES ET PERSES…

Le Moyen-Orient fut, dès la plus haute Antiquité, le berceau de grandes civilisations : l’EGYPTE (vallée et delta du Nil) et la MESOPOTAMIE (vallées du Tigre et de l’Euphrate) furent, dès 3 000 av.J.C, les centres de vastes Empires dont la longévité atteignit parfois plusieurs siècles.

Dès le début du 2ème millénaire av.J.C., les HITTITES, peuple de langue indo-européenne occupent l’Anatolie centrale et assimilent rapidement la population préexistante. A son apogée, il contrôle toute la Syrie et, quelque temps, le nord de la Mésopotamie. Après son effondrement, divers royaumes néo-hittites subsistent dans cette région pendant plus de 500 ans.

Plus à l’Est, sur les hauts plateaux d’Iran, divers peuples indo-européens se succèdent puis, après s’être durement affrontés, se mêlent pour constituer un puissant empire.

Dans cet Iran ancien, la religion était le MAZDEISME. Les invasions arabes du Vllème siècle ap.J.C. imposèrent l’Islam (en particulier shi’ite) à l’Iran, mais la mazdéisme survit encore aujourd’hui, principalement aux Indes avec les parsis.

D’autres peuples indo-européens tentèrent aussi de progresser vers le Moyen-Orient, mais nomadisèrent surtout entre le Turkestan chinois et l’Europe orientale : les principaux sont les Cimmériens, les Scythes et les Sarmates.

Autres peuples indo-européens qu’il convient de mentionner dans ces régions :

  • – les ARMENIENS : Vassaux des Mèdes puis des Perses, les Arméniens conquirent leur indépendance vers 190 J.C., mais sont quelques décennies plus tard englobés dans une sorte de condominium romano-parthe. Les Arméniens seront très tôt christianisés.
  • – le TOKHARIEN ne fut probablement qu’une langue (et non un peuple) parlé du Vème au Xlème siècle dans le Turkestan chinois (Sin Kiang).

C – EN EUROPE MEDITERRANEENNE : GRECS ET ITALIQUES –

La Méditerranée orientale entra dans l’Histoire voici plus de ^000 ans en Crète avec la civilisation minoenne (ce nom vient de Minos, roi légendaire, dont la femme Pasiphaé aurait, à la suite d’amours coupables avec un taureau, engendré le Minotaure). Cnossos aurait été la capitale d’un vaste empire maritime qui domina le monde égéen entre 3000 et 1500 av.J.C. D’autres peuples non indo-européens étaient installés alors sur les rivages méditerranéens : Pélasges en Grèce, Ligures en Italie…

  • – En grèce : les HELLENES :

Dès le 5ème millénaire av.J.C., la Grèce était déjà habitée par des populations néolithiques. A la fin du 4ème millénaire (vers 3000 av.J.C.) de nouveaux arrivants venus d’Anatolie s’installent dans le pays : c’est le début de l’âge de bronze. Vers 1900 av.J.C., une première vague d’envahisseurs indo-européens (venus de la steppe pontique) déferle sur la Grèce : les ACHEENS. Trois siècles plus tard, grâce à la multiplication des contacts avec le monde égéen et la Crète en particulier s’épanouit la Civilisation MYCENIENNE. Vers 1500 av.J.C., une gigantesque éruption volcanique détruit l’île de SANTORIN et provoque un raz-de-marée qui dévaste la Crète. Un demi-siècle plus tard, un incendie (sans doute provoqué par des conquérants continentaux) achève de détruire la civilisation minoenne.

C’est à la civilisation mycénienne, d’origine achéenne, que doivent être rattachées les légendes (à fondement historique indéniable) des Atrides (Agamemnon, Ménélas,…) et la guerre de Troie… qui eut effectivement lieu vers 1250-1240 av.J.C.

Au Xllème siècle av.J.C., la civilisation mycénienne s’effondra probablement à la suite de nouvelles invasions indo-européennes : celles des DORIENS, qui apportent avec eux deux nouveautés, la métallurgie du fer et la céramique géométrique. Tandis que la Grèce continentale connaît une période assez obscure, la poussée dorienne entraîne un vaste mouvement de migration qui aboutit à l’occupation par des Grecs des côtes occidentales de l’Asie mineure, des îles de la mer Egée et plus tard de contrées plus lointaines, en Italie du sud et en Gaule (fondation de Marseille = Massilie. Au Vème siècle av.J.C. se situe l’apogée de la Grèce classique (« Siècle de Périclès ») bien que les différentes cités grecques (Athènes, Sparte, Thèbes, Corinthe…) aient toujours jalousement préservé leur indépendance. Le principal facteur d’unité de la Grèce antique fut, outre l’origine ethnique commune, la religion.

Après l’apogée d’ALEXANDRE LE GRAND, le monde grec et les diverses civilisations de l’Orient ancien s’interpénètrent pour former la civilisation HELLENISTIQUE qui durera près de trois siècles, jusqu’à la conquête romaine.

  • – En Italie : les ITALIOTES ou peuples italiques :

Au milieu du 2ème millénaire (vers 1500 av.J.C.) des Indo-Européens édifient dans la plaine du Pô une civilisation contemporaine de Mycènes, tandis que s’installent dans la péninsule des populations désignées sous le nom général d’ITALIQUES et réparties en deux groupes linguistiques, (cf.carte en annexe). A partir du Vlllème siècle av.J.C., les Grecs s’installent sur les côtes méridionales de l’Italie, tandis que le reste de la péninsule est occupé pendant deux siècles (Vlème et Vème) par les ETRUSQUES, dont la domination se heurte à l’expansion de CARTHAGE puis au déferlement gaulois (IVème siècle). La ruine des Etrusques profite alors à ROME qui, du IVème au Ilème siècle fait la conquête de l’Italie. L’Empereur AUGUSTE (27 av.J.C.- 14 ap.J.C.), grand unificateur de la péninsule, constitue un Etat romano-italique dans lequel il incorpore la Gaule cisalpine.

D – EN EUROPE CENTRALE ET OCCIDENTALE : CELTES, GERMAINS ET SLAVES –

Tandis que le Moyen-Orient et le monde méditerranéen connaissaient dès le début du 3ème millénaire (voici près de 5000 ans) l’éclosion de grandes civilisations, ce n’est qu’au cours du 2ème et plus encore du premier millénaire avant notre ère que les migrations indo-européennes amenèrent vers l’Ouest de notre continent les dernières vagues de peuplement.

1 – Les Celtes : « Nos ancêtres les Gaulois… » :

Entre – 1800 et – 1600 s’installa en Allemagne du sud un peuplement « proto-celtique » du Bronze moyen, qui migra lentement vers la Gaule (du nord-est vers le sud-ouest) entre 1600 et 1200 environ.

Les îles Britanniques furent elles aussi touchées par cette invasion des Goidels à laquelle succédèrent entre 1200 et 800 av.J.C. celles dites des « champs d’urnes ».

Sous l’influence des Cimmériens se constitua la civilisation celtique du premier âge de fer. Aux Vlllème et Vllème siècles ce fut le début des contacts entre celtes et monde méditerranéen (création de Massilia (Marseille).

Deux nouvelles vagues d’invasions des Celtes d’Allemagne du sud et de la Gaulle de l’est aboutirent à l’ocupation du tiers nord de l’Italie, qui devint la Gaule cisalpine (c.à.d. « de ce côté-ci » des Alpes, pour les Romains). Ce fut l’apogée de la civilisation celtique, avec le deuxième âge de fer. Rome est prise et incendiée en 390 av.J.C.

Par bandes plus ou moins nombreuses, les Celtes s’élancent dans toutes les directions :

  • en Angleterre, les Bretons refoulent les Goidels, ils occupent l’Armorique et la vallée du Rhône; ils passent en Espagne où, par fusion avec les Ibères (pré-indo-européens), ils constituent le peuple des Celtibères;
  • au début du Illème siècle, de nouveaux peuples celtiques, les Belges, pénètrent en Gaule et occupent presque toute la région entre le Rhin et la Seine;
  • d’autres vagues s’élancent vers les Balkans (les Scordisques fondent ce qui deviendra Belgrade), pillent Delphes (279 J.C.) et, sous le nom de Galates, s’établissent en Asie mineure.
  • vers 180 J.C., les Romains ont achevé la conquête de la Gaule cisalpine;
  • vers 120 J.C., ils annexent le sud de la Gaule transalpine qui devient la « Provincia Romana » (origine du nom « Provence »);
  • en 58 et 50 J.C., après diverses péripéties, la conquête de la Gaule est achevée par JULES CESAR malgré la résistance désespérée des Arvernes et de leur jeune roi VERCINGETORIX.
  • la pacification totale de la Gaule demandera encore plus d’un siècle.
  • – Les Germains :

Avant-dernière des grandes vagues d’invasions indo-européennes, la branche germanique se caractérise par une multiplicité de déplacements, longtemps entravés par l’existence de l’Empire Romain.

Originaire du sud de la Scandinavie et des bords de la mer Baltique, les Germains s’étendent au premier millénaire dans la grande plaine européenne et atteignent le Rhin vers 500 av.J.C.

/X l’est de ce fleuve, ils remplacent les Celtes au fur et à mesure de l’émigration de ceux-ci plus à l’ouest. Comme pour leurs « cousins » celtes, les Germains restent subdivisés en de nombreux peuples (parfois temporairement coalisés) et se répandent dans presque toutes les directions :

  • vers 230 J.C., les Cimbres et les Teutons entreprennent une « marche à la Méditerranée » mais ils sont exterminés.
  • en 100, les Vandales s’établissent en Galicie et en Silésie (sud de l’actuelle Pologne), les Burgondes en Poméranie et dans le Brandebourg, les Goths et les Gépides sur les rives de la Vistule, tandis que les Suèves tentent des incursions en Gaule.

Rome limite le domaine territorial des Germains aux rives du Rhin et du Danube qui sont renforcées par une ligne fortifiée. Aux 1er et 2ème siècles de notre ère, la « Pax Romana » contraint le monde germanique à se stabiliser au centre et au nord de l’Europe sans former toutefois une communauté politique. Une écriture alphabétique, les runes, apparait.

A partir du Illème siècle après J.C., les infiltrations germaniques dans l’Empire Romain se multiplient. Sous la poussée des peuples slaves, ainsi que d’invasions venues de bien plus loin (les Huns d’ATTILA par exemple), les GERMAINS vont déferler sur l’Europe occidentale : ce furent les GRANDES INVASIONS BARBARES du Vème siècle.

  • – Les Slaves :

Dernier rameau connu de la grande famille indo-européenne (puisque leur nom n’apparaît pour la première fois qu’au Vlème siècle après J.C.) les Slaves restent à bien des égards mystérieux par leurs origines.

Avec le temps, les Slaves se répartirent sur un immense territoire, subirent des influences diverses.

Après les invasions des HUNS (IVème-Vème siècles) et des Avars (Vlème-Vlllème siècles), s’accentua la séparation des Slaves occidentaux et des Slaves orientaux.

L’existence de l’Empire Byzantin, l’arrivée de peuples non indo-européens jusque là étrangers à la région, comme les MAGYARS ou Hongrois, et les BULGARES, d’origine turque (mais ceux-ci seront progressivement « slavisés ») et enfin la poussée vers l’Est de certains peuples germaniques au cours du Moyen-Age, amèneront les Slaves à composer avec leurs voisins et à ne constituer que des Etats mouvants ou éphémères. Aux IXème et Xème siècles, on trouvait :

  • à l’Ouest, la MORAVIE et la POLOGNE.
  • au Sud, la CROATIE et la SERBIE ne réussirent pas longtemps à imposer leur domination aux autres peuples de l’actuelle Yougoslavie.
  • au Sud-Est, la BULGARIE forma un Empire qui (après quelques décennies de domination byzantine au Xlème siècle) devint la principale puissance des Balkans avant de se morceler en petites principautés et de subir le joug des Turcs Ottomans à partir du XlVème siècle;
  • enfin, à l’Est, la RUSSIE, après avoir subi les invasions des Varègues (Normands, équivalent des Vikings en Europe occidentale) et reçu le christianisme de l’Empire byzantin, constitua le Royaume de KIEV (882-1245)

De nos jours, le monde slave reste encore profondément divisé, malgré une communauté de destin et son intégration quasi totale dans le « bloc soviétique ». On continue à distinguer, de façon commode trois grands groupes (qui s’ordonnent autour du noyau de résistance non-indo-européen constitué par les Hongrois et les Roumains) :

  • les Slaves de l’Ouest (Polonais, Tchèques, Slovaques,…)
  • les Slaves du Sud (Yougoslaves=Serbes, Croates, Slovènes,…) auxquels il convient d’adjoindre les Bulgares (depuis longtemps slavisés);
  • les Slaves de l’Est ou Russiens, subdivisés en Russes (ou Grands Russiens), Ukrainiens (ou Petits Russiens) et Biélorusses (ou Russes Blancs).

Les vicissitudes de l’Histoire ont intégré dans ce dernier groupe les Baltes (Lituaniens et Lettons) ainsi que les Estoniens (d’origine finno-ougrienne).

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